je vous poste un article sur votre club en faisant un copié/collé de notre site (merci à Scalp)
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Clermont, ce modèle de stabilité aujourd'hui en souffrances
Club loué pour sa stabilité et sa régularité sportive pendant plus de quinze ans, l'ASM vit sa saison la plus difficile et pas que sur le terrain.
Aurélien Bouisset (avec J.-F. P.)
Il y a un peu plus d'un mois, les réseaux sociaux de la LNR ont mis en ligne un visuel qui aurait pu faire la fierté des supporters clermontois : depuis l'instauration du Top 14, en 2005, leur ASM est le deuxième club à avoir accumulé le plus de points au classement, derrière Toulouse. Mais pour la Yellow Army, ce post aura surtout révélé à quel point, 18 ans plus tard, leur équipe a chuté, au coeur d'une saison plus que médiocre sur le terrain et agitée en coulisses.
Déclassement total
Il y a d'abord un juge implacable : le classement. Depuis l'instauration de la poule unique, en 2004, jamais les Auvergnats n'en ont connu un aussi mauvais que cette onzième place qu'ils occupent ce matin. Même lors de la saison post-Brennus 2017, dont on sait à quel point la digestion peut être délicate, ils avaient fait mieux (9e). Autre baromètre en berne, la Coupe des champions, quittée dès les poules, quand ils y avaient toujours sauvé une place en phase finale depuis 2017. Et leurs chances d'arracher un ticket pour la prochaine édition semblent bien théoriques, même si Christophe Urios clamait encore samedi, après la défaite à La Rochelle, que le Top 8 restait un objectif.
L'entraîneur avait, quelques jours plus tôt, pointé du doigt ses trois-quarts, « pas assez bons ». Derrière son reproche, il y a un mal profond, symbolique aussi des heures sombres des Jaune et Bleu. Car leur attaque est, cette saison, la 11e du Top 14. Quand, depuis 2004, elle reflétait plutôt les ambitions du club : en 18 saisons de poule unique, elle avait été la plus prolifique en saison régulière à neuf reprises ! Même dans les exercices moins aboutis, comme la saison dernière, terminée à la 7e place, elle gardait son efficacité (2e).
Si les chasseurs d'essais auvergnats ne sont pas tout à fait largués, c'est sans doute chez les buteurs que la déperdition est la plus palpable. Anthony Belleau comme Jules Plisson ont le pied qui tremble, avec des taux de réussite erratiques (63,2 % et 74,5 %), quand, dans la précédente décennie, Morgan Parra, Camille Lopez ou même Brock James maintenaient un standing de haut niveau.
Un club chahuté
À terrain miné, maison ébranlée. Bâtie sur des fondations toujours plus solides depuis la reprise en mains de René Fontès, en 2004, l'institution ASM a traversé cette année une série de crises qu'elle avait su éviter depuis. En décembre, Alexandre Lapandry, ancien flanker modèle, a annoncé avoir déposé quatre plaintes contre le club, lui reprochant la mauvaise prise en charge de sa santé après une commotion cérébrale. Puis le mois suivant, le président, Jean-Michel Guillon, a dû se résoudre à se séparer d'un entraîneur en cours de saison, Jono Gibbes. La dernière fois qu'on avait usé de ce procédé à Clermont, c'était en 2004, avec Alain Hyardet.
Les dossiers sensibles n'ont pas manqué pour le dirigeant auvergnat, puisque l'ASM a été épinglée pour un dépassement de salary cap de 320 000 euros, qui lui a valu un passage en commission de conciliation avec la LNR le mois dernier, et une amende.
Fin juin, l'ASM va aussi solder sa séparation avec Franck Azéma devant les prud'hommes. Mais l'affaire qui aura peut-être le plus touché l'image du club aura été le départ de Damian Penaud pour l'UBB, la saison prochaine : l'ASM tenait à prolonger sa pépite, son seul Bleu actuel, sans y parvenir, pour renvoyer l'image d'un club moins attractif sportivement.
La relance Christophe Urios
L'arrivée de Christophe Urios pour remplacer Jono Gibbes a sonné comme une révolution culturelle pour l'ASM, ne serait-ce que parce que la faconde du nouveau coach tranche avec les habitudes de discrétion de sa nouvelle maison. Le technicien n'a jusque là pas réussi à métamorphoser le jeu inabouti des siens, même si le pack a montré quelques progrès.
Le manager, lui, ne cesse de se démener, à sa façon. En tançant ses troupes publiquement, ses gros, d'abord, à sa prise de fonctions, qu'il n'estimait pas assez durs, ses trois-quarts la semaine dernière, pas assez tranchants. En reconnaissant qu'il veut se séparer de certains joueurs qui ne correspondent pas à son projet, même s'ils avaient prolongé leur contrat quelques mois avant son arrivée.
Urios fait bouger les lignes, dépoussière, recrée du lien en rouvrant la porte aux supporters pour une séance d'entraînement hebdomadaire. Mais ça ne l'empêche pas de se heurter à certaines réalités locales, comme ces dernières semaines où il pestait sur le nombre de blessures musculaires de ses joueurs subies à l'entraînement, avec Penaud pour principale victime.
Il pourra davantage imprimer sa marque lors de la saison prochaine, lui qui aime façonner ses groupes pendant les intersaisons, et ce d'autant plus qu'il aura pu établir son staff. Car presque tous les adjoints qu'il a hérités de l'ère Gibbes vont quitter le club, de Jared Payne (défense) à Johnny Claxton (préparateur physique), en passant par Julien Le Devedec (touche) et Davit Zirakachvili (mêlée, déjà parti). Urios rapatriera en Auvergne le duo qu'il chapeautait à l'UBB, Frédéric Charrier et Julien Laïrle. Reste à dégoter un préparateur physique.
Un effectif 2023-2024 à fignoler
Son plus gros chantier reste le recrutement. Urios a hérité de quelques départs qui ont fait mal au club. En plus de celui de Penaud, il y a eu aussi celui d'Arthur Iturria, autre joueur passé par la formation locale, et qui, devenu capitaine, restait un leader apprécié et plutôt efficace dans le jeu, mais a choisi de poursuivre sa carrière à Bayonne.
À l'arrivée de l'entraîneur, certains renforts étaient déjà actés, aussi, et comme ils concernent le pack, où ils apporteront de la densité, entre le pilier Mohamed Haouas, le talonneur Folau Fainga'a et le percutant troisième-ligne all black Pita-Gus Sowakula, ils ne lui déplairont sans doute pas.
L'ASM est enfin toujours à la recherche d'un trois-quarts qui pourrait combler le vide laissé par Penaud, tant sportivement que symboliquement, mais le dossier tarde à être bouclé, même si le nom de Leicester Fainga'anuku, auteur de sept essais avec les Crusaders en Super Rugby depuis deux mois, revient régulièrement. Le profil du Toulousain Lucas Tauzin, sous contrat jusqu'en 2024, plaît aussi en Auvergne.
Les Jaune et Bleu de demain, ce sont aussi certains jeunes qui se montrent dès cette saison. Le talonneur Benjamin Boudou (20 ans) a gagné en épaisseur jusqu'à sa blessure fin mars. Le troisième-ligne Killian Tixeront (21 ans) prend de l'expérience. Le centre Léon Darricarrere (18 ans) est proche de son premier match en Top 14.
Mais c'est surtout Baptiste Jauneau (19 ans) qui explose. Urios a titularisé l'international des moins de 20 ans à six reprises, sur les dix matches qu'il a dirigés avec Clermont. Ses prises de parole devant les médias se font de plus en plus nombreuses. « Ça doit être le grand leader de l'équipe de l'ASM des années à venir », a prophétisé Urios samedi, après un match à La Rochelle où le demi de mêlée y est allé d'un nouvel essai. « Mais ça ne vous a pas échappé qu'il était en fin de contrat à la fin de la saison prochaine ! », a souri le technicien. Qui va être exaucé : selon nos informations, Jauneau est tombé d'accord avec ses dirigeants. Il est en passe de prolonger jusqu'en 2026 et deviendra le symbole d'un possible renouveau.