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Les dérives du rugby


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530 réponses à ce sujet

#511 Alex chocolatines

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Posté 08 septembre 2026 - 16:16

J'ai bien parlé de pseudo ambiguité.

J'avais bien compris, je développe juste un peu 



#512 Bad Zé

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    Nouvelle modération obscurantisse

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Posté 08 septembre 2026 - 16:21

J'avais bien compris, je développe juste un peu 

Ouais ben moi je me rétracte



#513 Bougnat et Breton

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Posté 08 septembre 2026 - 16:36

Non mais rassurez vous les gars, je comprend le processus légal mais c'est le principe qui me choque. Voir des mecs, flingues en pogne poursuivre un autre mec sans arme et lui tirer dans le dos, je ne peux pas entendre l'excuse de la légitime défense. Comme tu dis, les jurés devront répondre en leur âme et conscience. J'espère qu'il vont charger la mule au maximum.

Et si l'audience révélait une part non exploitée des faits (par la police ou les journalistes) ça ne vaudrait pas le coup de la porter à l'information des jurés ?

 

Il n'y a quasiment jamais un procès d'assises ou ce n'est pas le cas et c'est souvent provoqué par l'outrance des avocats de la défense qui déstabilisent l'accusation et libèrent des phrases ou des témoignages;

 

En résumé l'avocat il dit ce qu'il veut "dans la limite du légal" et après on voit ce qu'il en ressort  ....et les jurés ont le dernier mot !!



#514 Bougnat et Breton

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Posté 08 septembre 2026 - 18:05

Petit complément:

 

Comme le dit Zone et Bleu qui a eu l'expérience d'être juré , même si on arrive en audience avec des idées bien arrêtées la teneur des débats fait que ne nombreuses questions naissent et qu'elles n'ont pas toujours de réponses.

 

En résumé, quand tu es juré tu entres en audience avec des certitudes et tu ressors avec des questions, seuls ceux qui ont vécu cette expérience peuvent en parler et je suis bien persuadé que tous ceux qui aujourd'hui posent des jugements définitifs subiraient le même questionnement y compris pour une affaire "jugée d'avance".


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#515 Alex chocolatines

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Posté 08 septembre 2026 - 18:13

Petit complément:

 

Comme le dit Zone et Bleu qui a eu l'expérience d'être juré , même si on arrive en audience avec des idées bien arrêtées la teneur des débats fait que ne nombreuses questions naissent et qu'elles n'ont pas toujours de réponses.

 

En résumé, quand tu es juré tu entres en audience avec des certitudes et tu ressors avec des questions, seuls ceux qui ont vécu cette expérience peuvent en parler et je suis bien persuadé que tous ceux qui aujourd'hui posent des jugements définitifs subiraient le même questionnement y compris pour une affaire "jugée d'avance".

Les avocats peuvent aussi récuser des jurés sans motif avant un procès. c'est 4 ou 5 je ne sais pas exactement. Ils écartent donc ceux qui pourraient aller contre leurs plaidoiries. 

 

En gros je te répète que j'entends votre leçon sur la loi, (me prenez pas pour un con), mais cette affaire est quand même très mal engagée pour la défense non ?  



#516 Bougnat et Breton

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Posté 08 septembre 2026 - 18:35

Les avocats peuvent aussi récuser des jurés sans motif avant un procès. c'est 4 ou 5 je ne sais pas exactement. Ils écartent donc ceux qui pourraient aller contre leurs plaidoiries. 

 

En gros je te répète que j'entends votre leçon sur la loi, (me prenez pas pour un con), mais cette affaire est quand même très mal engagée pour la défense non ?  

Le nombre de jurés c'est 6 en première instance et 9 en appel.

 

Le parquet comme la défense ont la possibilité de récuser des jurés (4 pour la défense et 3 pour le ministère public en 1ere instance) mais cela se passe avant les plaidoiries et est basé sur le profil et le vécu des jurés (typiquement dans un procès pour viol s'il s'avère qu'une jurée à elle même été victime de viol dans le temps, elle a toutes les chances d'être récusée).

 

On verra à la fin si cette entrée en matière tonitruante des défenseurs est improductive ou pas, elle peut aussi provoquer des témoignages restés sous le boisseau jusqu'à lors ......à suivre !!!



#517 Elvis Presto

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Posté 08 septembre 2026 - 18:42

deux-cons.gif

Probablement plus grave que "2 cons". Leur passé, leur engagement, leurs propos et leurs soutiens... ça pue.



#518 Alex chocolatines

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Posté 08 septembre 2026 - 18:52

Le nombre de jurés c'est 6 en première instance et 9 en appel.

 

Le parquet comme la défense ont la possibilité de récuser des jurés (4 pour la défense et 3 pour le ministère public en 1ere instance) mais cela se passe avant les plaidoiries et est basé sur le profil et le vécu des jurés (typiquement dans un procès pour viol s'il s'avère qu'une jurée à elle même été victime de viol dans le temps, elle a toutes les chances d'être récusée).

 

On verra à la fin si cette entrée en matière tonitruante des défenseurs est improductive ou pas, elle peut aussi provoquer des témoignages restés sous le boisseau jusqu'à lors ......à suivre !!!

Alors là, je les attends les témoignage  à décharge...  à part la copine qui conduisait ou l'un des deux voyous qui vont tenter se se couvrir. 



#519 Bougnat et Breton

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Posté 08 septembre 2026 - 22:14

Alors là, je les attends les témoignage  à décharge...  à part la copine qui conduisait ou l'un des deux voyous qui vont tenter se se couvrir. 

Qui a parlé de témoignages à décharge ?

 

Je parle de témoignages nouveaux ou laissés en jachères qui peuvent émerger pour donner un autre éclairage (à charge ou à décharge), c'est à ça que sert  un procès et qui le différencie d'une vindicte populaire.



#520 el landeno

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Posté 09 septembre 2026 - 06:00

« J'ai dépassé toutes les limites » : Loïk Le Priol, une vie de violence passée au crible au deuxième jour du procès de l'assassinat d'Aramburu
Les bagarres de rue, l'agression vécue par sa soeur, les armes et tout ce que l'armée a gravé en lui : la trajectoire et le lourd casier judiciaire de Loïk Le Priol, accusé d'avoir assassiné Federico Martin Aramburu, sont un concentré de faits violents.

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« Oui, vous avez raison. » Par deux fois, Loïk Le Priol a fait la même réponse à l'avocat général. La première fois, il lui demandait si on pouvait le qualifier de « bagarreur. » La seconde, le magistrat suggérait que les belles paroles de contrition de l'accusé « étaient de la monnaie de singe ». « Vous êtes quelqu'un qui peut se mettre souvent dans des situations à risque, des situations de violence ? », poursuivit le représentant du ministère public. « Affirmatif » répondit Le Priol. L'avocat général enchaîna : « Quand on sort avec une arme chargée, on prend le risque de l'utiliser. D'où la dangerosité. Vous avez un profil de dangerosité monsieur Le Priol ? » « Au vu des faits, c'est clair », convient Le Priol.

 
 
 
 

Quelques minutes auparavant, le président de la cour d'assises a énuméré une succession de faits de violences impliquant celui qui est accusé d'avoir assassiné Federico Martin Aramburu le 19 mars 2022. Parfois, Le Priol se trouvait à la place de la victime. Souvent, il était à celle de l'auteur.

 
 

« J'étais dans un état lamentable, je faisais n'importe quoi »

Loïk Le Priol

 
 

Dans un débit saccadé, il a raconté les trois extorsions commises avec arme dont il dit avoir été l'objet : « Je ne suis pas fier, je me suis fait dépouiller dans mon quartier, dans ma banlieue, par une bande. Ça n'a pas amélioré mon sentiment de sécurité. J'ai porté plainte, il ne s'est rien passé. Je me suis senti abandonné et à la suite de ça, j'ai décidé d'avoir une arme. Ce que je regrette. C'était une pure folie. » On en vient ensuite à ce qu'il appelle un « déferlement de violence » sur une route de Corse.

 
 
 
 
 

Romain Bouvier, accusé de tentative d'assassinat dans le dossier Aramburu, est présent ce soir-là. Il est à nouveau là devant l'établissement Chez Castel, pour une nouvelle bagarre qui leur vaudra une condamnation. Il est toujours là au moment de l'expédition punitive chez l'ancien chef du GUD, Edouard Klein, qui coûtera trois ans de prison ferme à l'un (Bouvier) et deux à l'autre (Le Priol). Mardi, la cour a plongé dans les méandres de la relation de Bouvier à Le Priol.

 

Dans ce sens-là, pas dans l'autre. Bouvier considère son co-accusé comme un « membre de sa famille », « un héros de guerre ». De quoi imaginer une fascination ? Une relation inégalitaire ? Pendant son interrogatoire, Bouvier n'arriva pas à verbaliser la culpabilité de Le Priol dans l'accident de la route en état d'ébriété qui a plongé son amie d'enfance, « sa soeur », dans le coma. La justice l'a pourtant condamné pour ce fait.

Les images vidéo de l'agression de Klein, diffusées par Mediapart après expurgation des contenus les moins regardables figent un moment de perversion et d'agression physique dans lequel Le Priol menace la victime avec un couteau. « Tu sais que j'en ai buté plus d'un là-bas, l'entend-on dire. Tu sais que le coupe-gorge ça va très vite. » Confronté à ces agissements, Le Priol ne se défausse pas. « J'étais dans un état lamentable, je faisais n'importe quoi. » Il explique la « trahison intime » de Klein « que j'idéalisais. Pour m'attirer au GUD (Groupe Union Défense), il m'avait tenu le discours qu'on pouvait changer les choses pour les femmes subissant des violences. Et là, j'apprenais qu'il avait violenté deux filles dont une est une amie d'enfance. Ça m'a mis en rage. » De son compagnonnage au GUD, il fait peu de cas. « Je n'ai jamais collé une affiche. Je n'ai jamais été un grand idéologue mais à une période de ma vie j'ai pu être perméable à un certain discours. » La supposée trahison de Klein lui est également insupportable « car il savait que ma soeur avait été victime d'une agression sexuelle. »

 
 

« Ils ont envoyé mon gamin faire des trucs pas possibles à 18 ans et l'ont viré comme un malpropre »

La mère de Loïk Le Priol, à propos de l'armée

 
 

Prolongeant l'immersion dans une vie de violence, Yann Le Bras, avocat des parties civiles, en vient à demander à Le Priol si, comme un témoin l'a déclaré au magazine Society, il a pu lui arriver de pousser des camarades de collège sur les voies de chemin de fer en gare d'Angers. D'un ton sec, l'accusé refusa la question : « Je n'évoque pas la presse à scandales, les torchons politisés. » On s'enfonce encore plus profond. Cette fois, Le Priol est accusé de violences à caractère raciste. Il reconnaît avoir agressé cet homme mais nie la circonstance aggravante. Arrive l'affaire de l'arnaque à la djiboutienne. En 2015, soldat à Djibouti, il est mis en cause pour des violences sur une prostituée érythréenne. Il dénonce un coup monté. L'armée soldera en acceptant de verser une transaction financière de 1 812 euros.

 

« Ça fait beaucoup monsieur Le Priol », constate le président de la cour. « Ce n'est pas normal monsieur Le Priol d'être impliqué dans autant de faits de violence, ne trouvez-vous pas ? », demande l'avocat général qui ne comprend pas l'absence d'évolution chez lui, comme chez Bouvier. En 2015, Le Priol est rapatrié de l'armée avec le diagnostic d'un stress post-traumatique. En 2017, la Grande Muette le radie à la suite de l'affaire Klein. « En raison d'un article de Mediapart, tient-il à préciser. Déjà à l'époque les médias décidaient de beaucoup. » Dans sa vie de violence, celle qu'a imprimée en lui l'armée, dès son entrée à l'école des mousses à Brest à l'âge de seize ans jusqu'à son incorporation au sein du commando des forces spéciales de Montfort, compte. « Je n'étais plus moi-même au retour de Djibouti, indique-t-il. Quand l'armée s'est terminée, j'ai dépassé toutes les limites. »

 

Déjà, quand elle le retrouvait au fil de ses retours d'opérations, sa famille le trouvait « renfermé, hyper-vigilant, avec des terreurs nocturnes. » « Ils ont envoyé mon gamin faire des trucs pas possibles à 18 ans et l'ont viré comme un malpropre », résume à sa manière sa mère. Quand il se replonge dans ses souvenirs d'intervention, il les revit. Il parle du Mali, d'une rafale sur sa Jeep. Des balles qui bourdonnaient à ses oreilles. « On quitte notre petite sécurité française et on va où c'est le plus violent et on ne sait pas comment on va réagir », dit-il.

 

Ses avocats le poussent à s'épancher. « Quand on vous traite de facho, de nazi, pourquoi ne dites-vous pas que l'armée vous a appris l'inverse ? » Le Priol s'approche du micro : « L'armée, c'est mieux que le vivre ensemble, c'est le combattre ensemble. C'est le mourir ensemble. Il n'y a pas de différences dans l'armée. » Ses avocats veulent maintenant qu'il raconte ce qui le hante la nuit. Il refuse. Puis il bredouille une phrase inaudible où il est question d'un enfant dans ses bras. Et il se met à sangloter. On ne l'entendra plus. Ce mercredi, l'audience reprendra par le témoignage des enquêteurs de la Brigade criminelle.

 


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#521 el landeno

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Posté 10 septembre 2026 - 06:18

Au troisième jour du procès de l'assassinat de Federico Martin Aramburu, les enquêteurs entendus à leur tour : « Ce sont ceux qui veulent tuer qui vident totalement leur chargeur »
Soumis aux nombreuses critiques des avocats de la défense, le chef d'enquête de la Brigade criminelle a indiqué à la barre qu'une telle scène de tirs relevait habituellement des règlements de compte.

Au troisième jour, la cour d'assises s'est plongée dans le déroulement des faits qui ont coûté la vie à Federico Martin Aramburu, le 19 mars 2022, dans leur réalisme le plus cru, et même le plus glaçant. Très tôt dans la matinée, des images de la scène de crime ont été diffusées, salle Voltaire du palais de justice de Paris, sur les cinq écrans disséminés en hauteur. À l'invitation du président, l'épouse et le père du défunt ont choisi de quitter les lieux (la mère était absente, comme lundi) avant que ne surgisse l'image du cadavre de Federico Martin Aramburu, allongé sur le trottoir, des plaies par balles apparentes. À cet instant, Romain Bouvier lève les yeux vers un des écrans. Loïk Le Priol ne regarde pas.

 
 
 
 

Pendant plusieurs heures, le directeur d'enquête de la Brigade criminelle de Paris, qui a mené les premières investigations, a remonté le fil. Du premier moment de tension né des paroles prétendument moqueuses qu'aurait proférées Le Priol à un client intempestif et volubile dont Shaun Hegarty aurait pris la défense. Aux petites claques infligées par Le Priol sur la joue de l'ami d'Aramburu. Jusqu'à l'intervention du vigile, qui détecte une situation inflammable et le tirage de la capuche du sweat-shirt de Le Priol qui bascule brusquement en arrière.

« C'est un geste d'énervement répondant à l'attitude outrancière de Le Priol », déclare le policier. Et après ? Après, il faut bien questionner les raisons qui ont fait que cette scène unique a connu un prolongement épouvantable. D'après l'enquêteur, les témoignages concordent. Une fois la première bagarre terminée, deux camps s'opposent : ceux qui s'en vont calmement, ceux qui restent très excités. « Plusieurs témoignages convergent pour dire que les rugbymen ont eu le dessus pendant l'affrontement, déclare le policier. Et que les accusés l'auraient mal vécu. » « Pour nous, au niveau de l'enquête, viendra confirmer plus tard à la barre un autre enquêteur, les moteurs de crime sont l'alcool et l'ego. »

 
 
 
 
 

S'il veut bien croire à la réalité de cette blessure narcissique aux conséquences folles, le chef d'enquête n'adhère pas à « l'existence d'une concertation ou d'un conciliabule entre les trois (principaux accusés) ». Faut-il pour autant relier la scène de la double poursuite qui va s'engager comme la simple volonté de se retrouver et de reformer le trio ? L'avocat général Philippe Courroye relève que Bouvier et Lyson R., les occupants de la jeep porteuse d'une fausse plaque d'immatriculation, n'ont jamais tenté dans ce laps de temps de passer un coup de téléphone à Le Priol. « C'est vrai, ce n'est pas logique », abonde le policier.

 
Le téléphone de Le Priol retrouvé emballé dans de l'aluminium

La déposition chemine jusqu'aux perquisitions. Chez Lyson R., les enquêteurs découvrent le téléphone de Le Priol emballé dans du papier d'aluminium, « comme dans une cage de Faraday ». La carte SIM a disparu. Lyson R. l'a cassée en deux et jetée dans une poubelle près de son domicile. Au pied du lit, du côté où dort Le Priol, on trouve un livre dédicacé « to Loïk » avec deux autocollants : « Les nationalistes sont de retour » et « Le Pen, le vote vital. » Parallèlement, à Draguignan (Var), des armes sont retrouvées au domaine « Octopus » où vit Le Priol fils, dans un chalet, et ses parents, dans une autre villa. On apprend que Denis, le père, est sous contrôle judiciaire « car mis en examen pour l'achat de grenades sans autorisation », informe l'avocat général.

 

Rue des Saints-Pères, chez Bouvier, les enquêteurs débusquent un stock d'armes et de munitions, un insigne de la BAC, une figurine d'Hitler faisant le salut nazi ou encore une édition très rare en caractères gothiques de Mein Kampf (les images de tous ces objets ont été projetées). Très agité depuis le début de la matinée, Bouvier bouillonne sur sa chaise. Mardi, il a insisté pour que la cour comprenne que la majorité des ouvrages politiques dans les rayonnages de sa bibliothèque « était constituée de penseurs et théoriciens d'extrême gauche ». Pendant l'instruction, il avait dénoncé « une mise en scène de la brigade criminelle ».

Interrogé par Me Le Bras, avocat des parties civiles, le directeur d'enquête va porter un coup sévère à la thèse de la défense. Il lui est d'abord demandé si en observant l'appartement de Bouvier on a vraiment affaire à l'antre d'un collectionneur d'armes du XIXe siècle :

 

« Non, on s'attend plus à des vitrines avec des objets protégés.

 

- Et pas à des armes garnies de leurs munitions ?

 

- Non, normalement non.

 

- Est-ce courant de trouver deux tireurs dans une affaire criminelle ?

 

- C'est assez rare.

 

- Et deux tireurs qui ont chacun vidé leur chargeur ?

 

- Ce sont ceux qui veulent tuer qui vident totalement leur chargeur. »

 
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Maître Le Bras, avocat des parties civiles, mercredi au palais de justice de Paris. (B. Papon/L'Équipe)
 

Plus tard, il complétera sa pensée : « On retrouve d'habitude cela dans les règlements de compte. » Le chef d'enquête fut ensuite malmené par la défense, même si Me Nogueras, avocat de Le Priol, a commencé par lui donner crédit d'avoir dit à la barre que « dans les premières investigations, rien ne nous a permis de relier les faits à un mobile raciste ou à la mouvance du GUD (Groupe union défense, syndicat étudiant d'extrême droite) ». Me Nogueras se fit ensuite plus grinçant, questionnant non seulement « le travail des enquêteurs mais aussi leur neutralité ».

 
La défense reproche aux enquêteurs des fuites dans les médias

Il leur reprocha ces fuites ayant permis, « dès le 19 mars, que deux articles de presse » raccordent les faits à l'extrême droite, au racisme. « Le matraquage qui a suivi a pollué l'enquête puisque des gens vont alors se présenter et déclarer des choses. Dire qu'il s'agit d'un crime fasciste, commis par des suprémacistes blancs. » L'avocat de Le Priol cherche ensuite à établir que dans les deux scènes de bagarre, son client est l'agressé.

 

« Il s'est fait lyncher sur ce trottoir », déclarera-t-il aux micros pendant une suspension. Me Nogueras conclut en évoquant le cas de l'enquêteur chargé de l'exploitation de la vidéosurveillance, qui « a joué au rugby à l'USAP, un club où est passé monsieur Aramburu. Ne trouvez-vous pas cette proximité anormale ? » Le directeur d'enquête objecte : « Je ne qualifierai pas cela comme une proximité. Ils ne se connaissaient pas. » Ce policier est attendu à la barre ce jeudi matin.


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#522 el landeno

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Posté 10 septembre 2026 - 19:57

Assassinat de Federico Martín Aramburú : « C’est une exécution », les images de vidéosurveillance des tirs dévoilées à l’audience
reconstit-aramburu-xibirfojbjefi.jpgDes images de vidéosurveillance du Mabillon et du boulevard Saint-Germain ont été diffusées par la cour d’assises de Paris, au procès de Loïk Le Priol et Romain Bouvier. © Crédit photo : Pierre Botte

Publié le 10/09/2026 à 20h21.
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Les images de vidéosurveillance de l’assassinat de Federico Martin Aramburu ont été diffusées publiquement par la cour d’assises de Paris, ce jeudi 10 septembre, au quatrième jour du procès de Loïk Le Priol et Romain Bouvier. Ils encourent la prison à perpétuité

Dans l’ambiance feutrée et jaunâtre de la salle Voltaire, les regards attentifs se lèvent vers les cinq écrans lumineux. Les bruyants débats du matin laissent place au silence. Les parents de Federico Martin Aramburu viennent de quitter la salle. Maria Aramburu, veuve de l’ancien international de rugby argentin, a fait le choix d’affronter les images. La vidéo démarre, l’huissier monte le volume. Un premier coup de feu fait bondir la salle. Trois autres tétanisent le public. Le bruit est assourdissant. L’huissier baisse le son en catastrophe.

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Le procès de Loïk Le Priol et Romain Bouvier, deux militants d’ultra-droite accusés de l’assassinat de Federico Martin Aramburu, s’est ouvert ce lundi 7 septembre, devant la cour d’assises de Paris. Ils contestent les faits

La vidéo est ensuite repassée au ralenti. La bande-son est distordue, le bruit de chaque tir déformé. Il ressemble à un cri strident, interminable, difficilement supportable. Dans la salle, Maria Aramburu encaisse. Shaun Hegarty aussi. Comme s’il revivait une deuxième fois cette scène traumatisante. Lui qui a vu son ami mourir dans ses bras.

Six balles en quatre secondes

Romain Bouvier vient de vider les quatre balles de son pistolet Sharps sur Federico Martin Aramburu, boulevard Saint-Germain, à Paris. Une balle par seconde. Touché deux fois, l’Argentin ne peut que reculer. Les images montrent ensuite Romain Bouvier s’enfuir en courant. Loïk Le Priol, qui cherchait l’ancien joueur du Biarritz Olympique, entend alors les détonations, fait demi-tour et arrive en courant sur la scène.

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Deux policiers qui ont mené l’enquête après la mort de Federico Martín Aramburú ont témoigné à la barre de la cour d’assises de Paris, après la diffusion, ce mercredi à l’audience, des images de vidéosurveillance. Loïk Le Priol et Romain Bouvier comparaissent respectivement pour assassinat et tentative d’assassinat

Malgré ses deux balles dans le corps, Federico Martin Aramburu se relève et avance vers Loïk Le Priol. Ils s’empoignent. L’ancien commando militaire est projeté contre la vitre du magasin Geox avant de tomber par terre. Il réalise une planchette japonaise sur son adversaire qui chute à son tour. Ils se relèvent, s’agrippent à nouveau et sortent du champ de vision de la caméra du magasin.

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Jugés devant la cour d’assises de Paris pour l’assassinat du rugbyman argentin Federico Martín Aramburú, Loïk Le Priol et Romain Bouvier ont dressé ce mardi un portrait d’eux-mêmes policé, loin de l’image de militants d’ultra-droite dont ils veulent se débarrasser

Une autre caméra de vidéosurveillance capte la suite. Loïk Le Priol repousse l’Argentin, sort son revolver Colt New Pocket. Une première salve de trois balles fait sursauter plusieurs personnes dans le prétoire. Un flash est perceptible à l’écran. Une deuxième salve de trois balles, bien plus rapide, retentit. Six balles en quatre secondes. Quatre seront fatales au rugbyman.

Pas de tirs de sommation

« C’est du tir rapide », « Cela ressemble à un règlement de compte », « C’est une exécution », commentent les enquêteurs de la brigade criminelle à la barre. Ils réfutent totalement l’argument des deux tirs de sommation en l’air de Loïk Le Priol, brandi par la défense. « Il n’y a pas de temps de latence entre le premier tir et les suivants », « Aramburu n’a pas le temps de réagir », « Aucun élément matériel ne permet d’établir cette thèse », balayent-ils.

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Romain Bouvier a tiré à quatre reprises sur Federico Martin Aramburu, la nuit où le rugbyman a perdu la vie à Paris. Il comparaît depuis hier en cour d’assises à Paris pour tentative d’assassinat. Sa personnalité a été abordée ce mardi matin, au deuxième jour du procès

Ce jeudi, les avocats de la défense ont plusieurs fois tenté de déstabiliser le témoignage des policiers, en les bombardant de questions rhétoriques ou suggestives. Ces derniers n’ont pas bronché. « Oui ou non, Loïk Le Priol a-t-il sorti son arme dans un contexte de défense ? », assène l’un de ses avocats. « Il l’a sorti dans un contexte de bagarre », répond l’enquêteur. « Est-il conditionné à réagir par automatisme de par sa formation militaire ? », enchaîne l’avocat. « Oui, mais s’il ne fait pas la différence entre une bagarre de combat et une bagarre de civils, c’est un peu inquiétant… », réplique le policier.

Loïk Le Priol et Romain Bouvier, jugés respectivement pour assassinat et tentative d’assassinat, encourent la prison à perpétuité. Le verdict sera rendu le 25 septembre.

 
 
 

 


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Posté 11 septembre 2026 - 05:51

Huit secondes, dix tirs : l'analyse balistique qui contredit l'existence de tirs dissuasifs ou de sommation
S'appuyant sur la sonorisation et sur les images de vidéo surveillance qui ont été projetées dans la salle d'audience, les enquêteurs ont écarté l'existence de tirs dissuasifs ou de sommation par Romain Bouvier et Loïk Le Priol, ce jeudi, au procès de l'assassinat de Federico Martin Aramburu.

« Je suis à la Crim depuis dix ans. Au 36 (quai des Orfèvres), on n'enquête que sur des crimes de sang et je vous assure que c'est très rare d'avoir autant d'informations par la vidéo que dans ce dossier », a déclaré à la cour et aux jurés le troisième policier entendu dans le procès de l'assassinat de Federico Martin Aramburu, survenu le 19 mars 2022 à Paris.

 
 
 
 

Ce jeudi, tous les débats ont tourné autour des images vidéo capturées par les caméras du Mabillon ou d'autres enseignes. Celles aussi de la ville de Paris qui, pour une question pécuniaire - un oeil coûtant moins cher que quatre - tournent toutes les 45 secondes afin de rayonner à 360 degrés.

 
 

Certaines images sont floues, d'autres éloignées. Il arrive qu'on perde les protagonistes de vue, que les perspectives soient écrasées. « Source médiocre », dit l'expert vidéo venu présenter son travail d'assemblage réalisé pour reconstituer au mieux les événements. Toutes imparfaites soient-elles, ces vidéos sont « les meilleures sources objectives », a indiqué l'avocat général Philippe Courroye. Elles restent les seules traces visibles de ce qui est arrivé.

 

Disons-le : la netteté des images permet de mieux distinguer la scène de tir dont Romain Bouvier est l'auteur que celle impliquant, 41 secondes plus tard, Loïk Le Priol que la cour a pu voir à l'écran manipuler un objet qui semble être son arme à feu en remontant des toilettes du Mabillon, treize minutes avant de décharger cette arme sur Aramburu.

 
 
 
 

Commençons par les quatre tirs de Bouvier. À la barre, un des enquêteurs place et replace Me Le Bras, avocat des parties civiles, qui lui sert à mimer cette reconstitution balistique. « Sur une phase de tirs à cette distance, si vous voulez effectuer des tirs dissuasifs vers le sol, le bras doit descendre avec un angle prononcé. D'autant qu'après le premier tir, monsieur Aramburu recule en boitant. » On comprend que ce bras armé aurait dû suivre une inclinaison différente de ce que montre la vidéo surveillance.

 
 

« Pour qu'il y ait sommation, il faut laisser un temps de latence et une chance à l'autre de réagir »

Un enquêteur

 
 

Pendant la diffusion des images, Le Priol et Bouvier observent tout, parfois avec des hochements de tête. Pour les moments les plus sensibles, les parents du défunt préfèrent sortir, pas l'épouse. S'agissant des coups de feu tirés par Le Priol, « rien, dans l'exploitation des images, ne permet d'accréditer l'existence des deux premiers tirs de sommation en l'air, a déclaré un enquêteur. Les traits lumineux qu'on distingue partent à l'horizontal. Le témoin livreur du Franprix (celui qui comparera la silhouette de Le Priol à celle de Sherlock Holmes) ne décrit à aucun moment un tir en l'air. »

 

La défense se demande et demande où sont passées les deux balles tirées par Le Priol qui n'ont pas touché la victime. « Vous n'avez pas trouvé d'impact dans les façades derrière l'endroit où se situait monsieur Aramburu ? » Le policier explique qu'au contact d'un mur, la balle explose et que les micro-bouts de métal sont introuvables sur un boulevard.

Les deux principaux accusés affirment qu'ils ont commencé leur salve par des tirs de sommation. « Grâce à l'exploitation sonore des caméras du Mabillon, on peut établir que Bouvier tire quatre fois en quatre secondes et Le Priol six fois en quatre secondes, rappellent les policiers. Pour qu'il y ait sommation, il faut laisser un temps de latence et une chance à l'autre de réagir. Il faut isoler le premier tir des autres. Autant de tirs en quatre secondes, c'est trop court. » Toute la salle entend plusieurs fois ces sons saturés qui figent l'assistance mais lui permettent de saisir la rapidité de ces rafales.

 
 

« Ce type de scène avec des chargeurs vidés, c'est ce qu'on retrouve dans les exécutions et les dossiers de criminalité organisée »

Un enquêteur

 
 

« On voit qu'après la première balle de monsieur Bouvier, monsieur Aramburu recule, et il recule encore plus après le deuxième coup de feu, disent les policiers. Quant à monsieur Le Priol, désolé de dire cela devant la famille de la victime, mais quatre sur six, c'est un bon tir quand on sait que cette séquence ne se fait pas face à une cible immobile puisque les deux hommes luttent. Ce type de scène avec des chargeurs vidés, c'est ce qu'on retrouve dans les exécutions et les dossiers de criminalité organisée. C'est qu'on est déterminé à finir la personne. »

Un dialogue s'engage alors entre un des avocats de Le Priol et le policier en charge des commissions rogatoires.

- « Monsieur l'enquêteur, quand Le Priol part en courant après la toute première bagarre, vous avez déclaré qu'il part pour en découdre. Pas pour tuer ou finir quelqu'un. Qu'est-ce qu'il vous manque pour pouvoir le dire ? Le fait qu'il n'a pas son arme à la main quand il s'élance, ni quand il retombe sur Aramburu et que la lutte reprend (ce que les images corroborent). Ça a tendance à exclure l'intention homicide...

 

- Pas quand on décharge ensuite son barillet.

 

- Se saisir de son arme juste après avoir reçu des coups, ça porte un nom ? C'est de la défense, de la... (l'officier se refuse à dire légitime défense).

 

- Il ne s'agit pas d'une agression mais d'une bagarre. Et je ne pense pas que tirer six fois sur quelqu'un de désarmé soit de la défense.

 

- Vous avez expliqué que le geste de monsieur Le Priol était automatique, et que cela venait de sa formation de commando forces spéciales. C'est quoi le contraire d'automatique ?

 

- Réfléchi.

 

- Exactement.

 

- Attendez, dans l'exercice au tir, on est entraîné devant des cibles armées et des cibles non armées pour faire la distinction.

 

- Oui, enfin, il y a une différence entre la formation d'un policier qui a une dotation de cinquante cartouches par an et un commando qui dispose d'une dotation de 15 000 cartouches.

 

- Justement, c'est encore plus inquiétant. Le rôle d'un commando, ce n'est pas de tirer six balles sur un civil. »

 

La nuit tombait quand s'est approché à la barre un jeune homme, missionné par la défense de Le Priol pour projeter à la cour une modélisation 3D de la scène englobant la lutte sur le boulevard Saint-Germain puis les six coups de feu tirés par Le Priol, dont quatre ont touché Aramburu. Comment ne pas écrire que la diffusion de ce « dessin animé », selon l'appellation de l'avocat général, a tourné au naufrage. « Vous montrez que monsieur Aramburu donne un coup de poing au menton de monsieur Le Priol puis que ses deux premiers tirs partent en l'air mais cela ne ressort que des déclarations de monsieur Le Priol, s'est désolé Me Le Bras. Pas des images de vidéo surveillance. On fait quoi, monsieur, de votre travail ? Vous voyez, nous, on défend une famille. Elle a besoin de vérité, de savoir jusqu'où on peut aller dans la manifestation de la vérité. Là, on est venu vous faire jouer dans une cour d'assises, qui n'est pas une cour d'école. »

 
 
 

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Posté 11 septembre 2026 - 10:23

Avec stupeur je vois que le Site de L'Equipe a un Direct en live du procès... Le grand cirque du monde pro est stupéfiant.
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Posté 11 septembre 2026 - 11:22

Là, c'est le rôle de l'avocat. C'est sa fonction qui le veut, prouver l'innocence par tous les moyens à défaut trouver ces circonstances atténuantes.

BB pourrait certainement nous en dire plus (ou rectifier).

Vous pensez pas que la défense de l'avocat c'est plutot mettre le doute dans l'opinion ?
Ils savent tres bien qu'avec toutes les preuves qu'il y a, ils ne s'en sortiront pas de ce procès. Mais ils jouent autre chose. La bataille idéologique pour ne pas mettre la lumière sur la violence des mouvements d'extreme droite.
Donc ils donnent des arguments près à passer qui seront diffusés sur cnews et autres chaines d'extreme droite et réseaux pour détourner le sujet de la réalité de ce qu'il s'est réellement passé.
En plus comme ça, ils pourront jouer les victimes à l'annonce de la décision de justice et mettre en cause "les juges rouges" et tout l'argumentaire classique de toutes ces personnes...






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