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Les dérives du rugby


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530 réponses à ce sujet

#526 Elvis Presto

Elvis Presto

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Posté 11 septembre 2026 - 11:55

Vous pensez pas que la défense de l'avocat c'est plutot mettre le doute dans l'opinion ?
Ils savent tres bien qu'avec toutes les preuves qu'il y a, ils ne s'en sortiront pas de ce procès. Mais ils jouent autre chose. La bataille idéologique pour ne pas mettre la lumière sur la violence des mouvements d'extreme droite.
Donc ils donnent des arguments près à passer qui seront diffusés sur cnews et autres chaines d'extreme droite et réseaux pour détourner le sujet de la réalité de ce qu'il s'est réellement passé.
En plus comme ça, ils pourront jouer les victimes à l'annonce de la décision de justice et mettre en cause "les juges rouges" et tout l'argumentaire classique de toutes ces personnes...

A ce sujet, j'ai vu sur France.tv, un film "Chez nous" qui m'a fait froid dans le dos. En pleine actualité: élections, double langage, nervi, violence, racisme, immigration, etc....  les 2 salopards et les flics de Carcassonne en filigrane.

Toujours accessible sur france.tv



#527 Le vieux Tullois

Le vieux Tullois

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Posté 11 septembre 2026 - 13:05

https://www.radiofra...ramburu-3479658

 

Je viens de réécouter cette émission sur France Culture déjà diffusée en juin. Pour l'essentiel c'est le témoignage de Shawn Hégarty  .. ça fait froid dans me dos ... 


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#528 el landeno

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Posté 12 septembre 2026 - 23:32

« Les collectionneurs normaux ne font pas ça » : les armes découvertes chez Romain Bouvier et Loïk Le Priol au coeur du procès de l'assassinat d'Aramburu
Tandis que Romain Bouvier dénonçait une mise en scène des policiers, l'expert en balistique a signifié que le port et la détention d'armes chargées ou customisées par les deux principaux accusés du procès de l'assassinat de Federico Martin Aramburu n'étaient pas le comportement normal d'un féru d'armes historiques.

De bon matin, la cour d'assises s'est transportée dans une véritable cache d'armes en plein Paris, rue des Saints-Pères. C'est là, dans un appartement de 36 m2, qu'habitait Romain Bouvier, l'un des hommes jugés au procès de l'assassinat de Federico Martin Aramburu, survenu le 19 mars 2022. Expert en balistique, Julien Ducouret présente à la cour et aux jurés une série de photos du stock d'armes (dix-huit) et de munitions (plus de mille) saisies pendant la perquisition chez celui qu'on appelle « le Chauve » dans le dossier d'instruction. À la barre, il détaille leur catégorisation selon la législation (de A à D, A désignant les armes les plus contraignantes à acquérir), leur calibre, leur chargement en poudre noire ou en poudre sans fumée, etc.

 
 
 
 

Le tour du propriétaire de l'armurerie personnelle de Romain Bouvier confirme qu'il n'est pas seulement bibliophile. Étant donné la dissémination anarchique des Winchester, Smith et Wesson, Colts ou armes de fabrication liégeoise, le président de la cour se demande si nous avons bien été téléportés chez un collectionneur d'armes du XIXe siècle, un amoureux des armes de dame ? « Oui, ça peut correspondre, dit le balisticien. Un collectionneur n'accroche pas nécessairement ses pièces au mur ou dans une vitrine. Rue des Saints-Pères, le caractère historique se retrouve dans la plupart des armes découvertes. »

 
 
Dans le box, Bouvier prend des notes

La majorité des pièces datent d'avant 1900, ce qui les classe de fait en catégorie D, celle des armes qu'on peut se procurer sans autorisation. « La catégorisation D est-elle corrélée à la dangerosité de l'arme ? », demande le président. « Non, lui répond l'expert. Une arme de catégorie D peut être tout autant létale. » Dans le box, Bouvier prend des notes. Il les passe parfois à ses avocats.

 
 

« Là, on n'est pas dans le transport d'arme, mais dans le port d'arme. Et si on porte une arme chargée, c'est possiblement pour l'utiliser en cas de problème »

Julien Ducouret, expert en balistique

 
 
 
 
 

Nous en venons à une question d'importance : un collectionneur se promène-t-il dans la rue avec une arme, fut-elle historique, chargée, comme Loïk Le Priol et Romain Bouvier le soir du drame ? « Non, jamais, certifie le balisticien. Déjà parce qu'il y a le risque d'un départ de coup de feu intempestif. On peut se tirer dessus. Quelqu'un qui se rend au stand de tir ou un chasseur digne de ce nom n'effectuera jamais le trajet avec son arme chargée. En principe, on sépare les munitions et on transporte l'arme avec un verrou de pontet qui nécessite une clé et un code. Là, on n'est pas dans le transport d'arme, mais dans le port d'arme. Et si on porte une arme chargée, c'est possiblement pour l'utiliser en cas de problème. »

Avocate de la famille Aramburu, Me Tortos fait remarquer qu'au moment de la perquisition chez Bouvier, les policiers du 36 ont fait état de six armes qui étaient approvisionnées. « Ce n'est pas le nombre de cartouches retrouvées qui me choque, c'est le fait qu'il y ait des armes chargées, prêtes au tir. Les collectionneurs normaux ne font pas ça. »« Qui fait ça ? », interroge Me Le Bras, avocat des parties civiles. « Personne ne fait ça, sauf les gens qu'on retrouve dans les dossiers judiciaires. »

Pendant l'instruction, Bouvier a expliqué sortir armé parce qu'il se savait menacé de mort par le père d'Edouard Klein, l'ancien chef du GUD qu'il avait co-agressé en 2015. Lundi, il a déclaré à la cour qu'il ne voulait pas donner le nom de la personne lui ayant rapporté cette menace, « car cette personne ne confirmera pas. »

 

Une fois fini l'inventaire des armes, Me Vigier, conseil de Bouvier, invita ce dernier à s'exprimer. « Cela fait quatre ans et demi que je dis que la perquisition rue des Saints-Pères est une mise en scène totale. Quand j'ai vu les photos, j'ai vu un saccage ou un cambriolage. Les armes n'étaient pas chargées quand je suis parti de chez moi. La seule possibilité, c'est que les policiers ont voulu voir quelles munitions correspondaient à quelles armes. Ce dossier est tellement médiatico-politique qu'on a mis en scène la planque de Robert de Niro dans Taxi Driver. » Il est étonnant, ou à tout le moins dommage, de ne jamais avoir évoqué cela quand les trois enquêteurs policiers se sont succédé à la barre. S'agissant du colt de 1890 utilisé par Le Priol, l'expert tique sur plusieurs détails : « Il y a eu des modifications contraires au caractère historique de l'arme de collection, qui lui font perdre de la valeur. Elle a été entièrement repeinte en noir, on a ajouté une fibre fluorescente pour améliorer la visée et on l'a équipée d'une poignée ergonomique pour une meilleure préhension. »

 
 
 

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#529 el landeno

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Posté hier, 20:09

Personnalité de la victime et portrait de Romain Bouvier : le résumé de la 6e journée du procès Aramburu
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La mère de Romain Bouvier lors du procès de l'assassinat de Federico Martin Aramburu. (B. Papon/L'Équipe)

Ce lundi, au procès de l'assassinat de Federico Martin Aramburu, la mère et la compagne de Romain Bouvier ont dressé un portrait élogieux du prévenu. Les proches de la victime ont, eux, beaucoup pleuré au moment de témoigner.

La première journée de la deuxième semaine du procès de l'assassinat de Federico Martin Aramburu (mort à 42 ans) s'est achevée ce lundi soir. Si la matinée a été consacrée à la personnalité de la victime, l'après-midi midi a été centrée sur celle de Romain Bouvier, l'un des principaux prévenus de cette sordide affaire. Sa mère, une avocate de 72 ans, et sa compagne sont venues dresser le portrait de Romain Bouvier. Un portrait, elles l'ont dit et martelé, à des années-lumière de ceux publiés dans la presse : à les écouter, il serait doux, charmant, humaniste, drôle. Un homme qui a de belles valeurs et le sens du partage.

 
 
 
 

Des qualités exceptionnelles pour la maman qui n'a pas oublié de rappeler que son père biologique ne l'avait jamais reconnu, que son père adoptif, qu'il chérissait, était mort d'un cancer du pancréas. Elle raconte qu'elle a alors choisi de se remarier avec un homme qui s'est avéré être violent. Romain Bouvier aurait assisté à quelques scènes intolérables.

 
 
Les larmes des amis d'Aramburu

Sa compagne, qui parle d'un coup de foudre en 2020 ne savait pas, au moment des faits, qu'il collectionnait des armes. Elle ne savait pas non plus qu'il était proche du GUD. La mère et la compagne ignoraient donc le côté obscur du féru de littérature. Ce qui a surpris le président et agacé Philippe Courroye, l'avocat général, qui a fait vivre quelques minutes désagréables à la maman, ce qu'a regretté avec virulence Hugues Vigier, l'un des avocats de Bouvier.

 

La matinée avait été plus calme avec Cecilia Aramburu, la mère de Federico, Thomas Lièvremont et Gonzalo Quesada, les amis proches de l'ancien joueur du BO. Ils ont pleuré. Comme la femme de Shaun Hegarty, qui a dévoilé que son mari n'était plus le même. Il a perdu de sa légèreté, de sa joie de vivre. Mardi matin, ce sera à son tour de témoigner.

 
 
 


#530 el landeno

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Posté aujourd'hui, 05:08

« Il n'y a pas de mauvais Federico » : la personnalité d'Aramburu au coeur de la 6e journée du procès de son assassinat
De sa mère Cecilia à Thomas Lièvremont en passant par Gonzalo Quesada, la famille et les amis « rugby » de la victime se sont succédé à la barre pour honorer la mémoire de Federico Martin Aramburu, lundi, lors de la 6e journée du procès de son assassinat.


 
 

De Federico Martin Aramburu (mort à 42 ans), la cour et les jurés avaient jusqu'ici cristallisé l'image d'un client de fin de soirée assis à une terrasse parisienne, qui termine son burger et n'interagit jamais avec la table voisine, celle de Loïk Le Priol, Romain Bouvier et Lyson R, qui sont jugés pour son assassinat, constaté le 19 mars 2022. Sur ces scènes capturées par la vidéo-surveillance, Aramburu a l'oeil un peu sombre. Il finit par se lever et tire en arrière la capuche de Le Priol. Dans quelques minutes, il va mourir.

 
 
 
 

Lundi, sa mère Cecilia, assistée d'une traductrice, est venue à la barre parler de son fils perdu. « Pour nous, ce crime n'aurait pas dû avoir lieu. "Fede" est tombé sur des gens qui sont sortis de chez eux armés de pistolets, armés de haine et peut-être aussi d'impunité. Par impunité, je veux parler de gens qui s'exhibent avec un couteau (Le Priol a sorti un couteau au Mabillon) et avec des armes à feu. » D'une voix claire et posée, l'ancienne journaliste poursuit son exposé : « Fede a été tué par la haine. On ne savait pas ce qu'était le GUD. Quand on a appris qu'il s'agissait de gens qui ne devaient pas se côtoyer, qui ont violé leur contrôle judiciaire, qui avaient déjà commis des faits de violence graves, c'était une double peine. » Statufiés, Le Priol et Bouvier fixent le sol.

 
 

« Mon interprétation, c'est qu'il a vu son ami se faire humilier et qu'il a eu ce geste instinctif. Il n'avait pas l'alcool mauvais. Au contraire, ça le rendait encore plus drôle »

Gonzalo Quesada, ami d'Aramburu

 
 

« Qu'attendez-vous de ce procès madame ? », lui demande le président. « Nous avons face à nous des criminels qui n'ont pas d'humanité en eux. Ils ne méritent pas de vivre en société tant qu'ils n'ont pas pris conscience de leur dangerosité. Ils sont nés humains. Ce ne sont pas des animaux sauvages. J'espère qu'ils comprendront avant de mourir ce que c'est que de vivre avec les autres. » À l'issue de cette première déposition, on projette quelques photos de scènes de la vie familiale des Aramburu, avant le Mabillon, avant le drame. Federico et Maria sont rayonnants au milieu de leurs trois enfants. Le silence absolu s'impose de lui-même.

 
 
 
 

Une enquêtrice de personnalité rapporte les mots de l'épouse parlant de ses enfants : « La grande (qui vient d'entrer au lycée) ne veut rien dire, tout lui fait mal. La petite (collégienne) veut tout savoir : combien de balles, aller sur les lieux. Le petit dernier dit parfois que son papa a été mangé par un dinosaure ou bien par un méchant. Dimanche soir, les enfants ne voulaient pas que leur maman retourne à Paris. Ils avaient peur qu'elle ne revienne pas. » Comme leur père.

 
 

Le président a creusé pour essayer de comprendre d'où venait « la réaction ou la surréaction » du défunt lorsqu'il a tiré la capuche de Le Priol. « Il a senti la provocation des autres, leur pulsion de violence, dit Cecilia. Il n'a pas accepté les paroles racistes et le mépris sur l'Argentin et l'Irlandais (Hegarty) et il a choisi cet intermédiaire. » « Je n'ai jamais perçu une once de violence chez lui, certifie Thomas Lièvremont, qui a soulevé deux Brennus avec Aramburu à Biarritz avant d'en faire son homme de confiance quand il est devenu entraîneur à Dax. Je suppose qu'il y a eu des mots qui l'ont vexé. »

 

Comme Lièvremont, Gonzalo Quesada, l'ami franco-argentin, a besoin une ou deux fois de marquer un silence pour refouler les larmes. « On a fait des soirées ensemble en Espagne, au Pays basque, rue de la Soif : jamais je n'ai été témoin d'un épisode de violence avec "Fede". Mon interprétation, c'est qu'il a vu son ami se faire humilier (par les petites claques assénées par Le Priol) et qu'il a eu ce geste instinctif. Il n'avait pas l'alcool mauvais. Au contraire, ça le rendait encore plus drôle. »

 
Aramburu, toujours une excuse pour esquiver la muscu

Pour sa famille et ses proches, « il n'y a pas de mauvais Federico », résume l'enquêtrice. Lièvremont sourit en repensant à son ami qui « avait toujours mal quelque part pour esquiver la salle de muscu. Moi je faisais partie des boeufs, lui, c'était un joueur fin, au sens du jeu exceptionnel. » Le lendemain du drame, Lièvremont devait s'envoler pour l'Argentine avec son « frère ». Quelques heures avant, Quesada aurait dû dîner avec « Fede » au restaurant Volver à Paris. « Mais je suis resté encore une fois trop longtemps au bureau et j'ai annulé, raconte-t-il. Avec mon métier (entraîneur puis sélectionneur), je suis devenu super perfectionniste et je ne suis plus tellement moi-même. Avec "Fede", j'étais moi-même. On rigolait. »

Événement rare, Hugues Vigier, l'avocat de Romain Bouvier, a pris la parole à la fin de la déposition de Thomas Lièvremont : « Vous vouliez honorer la mémoire de monsieur Aramburu et vous l'avez fait admirablement bien. » Pour la femme de Shaun Hegarty aussi, le temps s'est figé au petit matin du 19 mars 2022. C'est elle qui a annoncé à l'épouse de Federico Martin Aramburu l'épouvantable nouvelle. « J'ai entendu Maria parler aux petites en espagnol, leur dire "le mataron" (ils l'ont tué). La plus jeune avait un tournoi de foot et elle nous a dit : "Normalement, c'est papa qui me coache. Et maintenant, c'est fini". »



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Posté aujourd'hui, 05:35

Romain Bouvier, premier tireur mais second rôle dans l'assassinat de Federico Martin Aramburu ?
Avocate de profession, la mère de Romain Bouvier a raconté l'histoire de son fils unique, abandonné par son père biologique, qui se rêvait écrivain et qui a fini par trouver en Loïk Le Priol un modèle, ce lundi, lors de la 6e journée du procès de l'assassinat de Federico Martin Aramburu.

Avec son pistolet de poche Derringer de 1859, Romain Bouvier a tiré quatre fois le 19 mars 2022. Deux projectiles ont atteint Federico Martin Aramburu (mort à 42 ans). Ils sont entrés par l'avant. La première balle a touché la cuisse droite, la seconde la région costale gauche. « Aucune de ces balles n'a participé au décès », a indiqué vendredi l'experte en médecine légale Isabelle Sec. « S'il n'y avait pas d'autres plaies que celles causées par l'arme de monsieur Bouvier, envisage Me Vigier, avocat de celui qu'on appelle "Le Chauve", vous auriez prononcé une ITT (incapacité totale de travail) de quelle durée pour la victime ? »

 
 
 
 

Petit délai de réflexion. « Quinze jours », répond la docteure. Un murmure parcourt la salle d'audience. La médecin légiste complétera peu après en précisant que chacune de ces balles a frôlé un organe vital ou un vaisseau critique. Elle attestera ensuite que « la balle dans la cuisse correspond à un tir vers le bas mais pas vers le sol », ce qui écarte la thèse du tir de sommation à laquelle s'arrime l'accusé qui comparaît pour tentative d'assassinat et encourt la même peine de perpétuité que Loïk Le Priol.

 
 
Des revolvers et des failles

Dans la vie de Romain Bouvier, il y a des revolvers et des failles. Des « cassures », comme les appelle sa mère Janine Bonaggiunta, avocate spécialiste des violences faites aux femmes et qui a défendu Jacqueline Sauvage. La première, c'est qu'il ne connaît pas son père biologique et ne veut pas en parler ni en entendre parler. Il l'a dit sur un ton très ferme le premier jour au président.

 
 
 
 

« Romain n'a pas été reconnu par son père, raconte sa mère à la barre. Tout petit, il demandait : "Où est-il ? Pourquoi ne m'aimait-il pas ?" » Ce père naturel était avocat lui aussi. Dans sa jeunesse, Bouvier participe à des concours d'éloquence mais bute toujours sur la dernière marche. « Éternel deuxième », résume sa mère. « C'est peut-être pour ne pas être comme lui que Romain a abandonné ses études de droit », suppose Mme Bonaggiunta. Élève moyen d'établissements huppés, son fils obtient sa licence de droit en cinq ans à la fac d'Assas, l'endroit où il commence à frayer avec des membres du GUD (syndicat étudiant d'extrême droite). « Son père adoptif, qui était au GUD, avait des amis qui étaient dans les ministères et qui y étaient aussi, intervient la mère. Qui ne fréquente pas des gens du GUD ? »

 

Autre cassure : l'accident de Jeep causé en 2015 par Le Priol, alors en état d'ébriété. Passagère du véhicule, la meilleure amie d'enfance de Romain Bouvier tombe dans le coma. « La famille de son amie a rendu Romain responsable alors qu'il ne conduisait pas, explique sa mère. Elle s'en est sortie mais il ne l'a jamais revue. » Bouvier dit qu'il dégringole. Qu'il boit de l'alcool tous les jours. L'expédition punitive chez Édouard Klein (*) survient peu de temps après. « Je considère que j'avais une masculinité toxique », a-t-il déclaré à la cour.

 
 
(*) Bouvier et Le Priol ont été condamnés pour violences en réunion à trois et deux ans de prison ferme.

Il ressent un « dégoût » de lui-même, envisage le suicide mais ne veut pas imposer cela à ses proches. Il fume clope sur clope. Quand il a 17 ans, ce père adoptif qu'il aimait tant décède. Nouvelle cassure. Le remariage de sa mère se passe mal. « Cet homme était violent avec moi et Romain ne comprenait pas pourquoi je subissais cela », explique la mère.Bouvier se réfugie dans les livres, rêve de vivre de sa plume. Chaque mois, sa mère lui fait un virement pour qu'il se consacre à l'écriture. Il commence un roman dont un personnage ressemble beaucoup à Le Priol. Ce dernier lui aurait même fait la remarque.

 
Agité dans son box, Bouvier balance ses lunettes

Bouvier-Le Priol, Le Priol-Bouvier : plutôt deux fois qu'une, Mme Bonaggiunta a été questionnée sur cette fréquentation si lourde de conséquences. De Le Priol, qu'elle assure n'avoir croisé que deux fois sept minutes, elle dit qu'il lui est apparu « poli, jovial, bien sous tous rapports. Bien sûr j'ai mis mon fils en garde de ne pas le revoir après l'affaire Klein mais je me dis aujourd'hui que c'était une amitié ou une attirance plus forte que je pensais. Romain a toujours rêvé d'un père ou d'un frère. Il était à la recherche d'un modèle et c'était Le Priol. »

L'avocat général se raidit : « Il ne pouvait pas trouver un modèle plus positif ? À moins qu'il adhère à cette référence, ce qui est une autre explication... » Dans son box, Bouvier s'agite. Il balance ses lunettes. Me Vigier arrive à le tranquilliser en le prenant par l'épaule. Puis l'avocat s'adresse à l'avocat général, « indigné qu'on traite ainsi un témoin de personnalité. »

 
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Me Vigier, avocat de Romain Bouvier. (B. Papon/L'Équipe)
 

Ni sa mère ni sa femme, qui lui a succédé à la barre, n'ont vu Bouvier avec une arme. Jamais. Les achats pour 28 000 € d'armes entre 2018 et 2022 ? « Il a eu un héritage », explique sa mère. Les six armes chargées découvertes dans son appartement rue des Saints-Pères ? « C'est insensé mais il n'aimait pas les voitures, alors peut-être qu'il a investi dans les armes. Moi-même j'ai des connaissances qui ont des armes », signale-t-elle. La figurine d'Adolf Hitler effectuant un salut nazi retrouvée au domicile de son fils ? « Ça fait partie de sa collection de soldats. C'est un garçon très éclectique. » Ce mardi, l'audience reprendra avec l'interrogatoire du témoin Shaun Hegarty.

 
 
 





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