« Dans un pays comme la France avec sa multitude de sports, ces physiques sont souvent phagocytés par d’autres disciplines »
« On parle beaucoup de ces trois-quarts qu’on forme et qui sont fantastiques, pose le nouvel entraîneur de la mêlée sectionniste Carlos Muzzio. Mais j’aimerais aussi qu’on parle des piliers que l’on amène à jouer en Top 14, même à 18-20 ans. » Hugo Parrou en a 23 et compte déjà 21 apparitions en championnat. À 21 ans, Alexandre Etchebehère en a compilé six, à cheval entre un prêt à Colomiers de mars à mai dernier (7 apparitions en Pro D2). Parti s’aguerrir à Mont-de-Marsan pour mieux revenir, Guido Reyes (21 ans) épouse les mêmes courbes.
Problématique(s)
Astucieux, et assez audacieux, en ces temps de pénurie de piliers français. « Chez nous, on refuse l’ordre établi », revendique Brandon Fajardo, manager sportif adjoint et responsable du plan de succession sectionniste. « Même si ces profils sont rares : il faut être grand, costaud, courir beaucoup, être très intelligent, discipliné, répéter les efforts… Dans un pays comme la France avec sa multitude de sports, ces physiques sont souvent phagocytés par d’autres disciplines. » Une problématique amplifiée par les considérations géographiques. « De grandes métropoles comme Toulouse ou Bordeaux ont plus facilement accès à ce genre de profil. En France, avec tous les clubs pros, la demande est tellement déséquilibrée par rapport à l’offre… »
« Recruter, c’est un métier de réseau, pose le technicien béarnais. Évidemment d’agents, mais aussi de connaissances qui te font remonter des profils de manière très informelle. Via des applis, des logiciels, en récupérant des vidéos, on se dote aussi d’une capacité d’accès aux plus de matchs possibles partout dans le monde. C’est un travail de fourmi, on peut vite se perdre. »
Sachant que l’enjeu est moins d’obtenir que de former, si possible en accéléré, sur un poste à maturité réputée tardive. « Une fois qu’on les a, on n’est pas sûr de « les réussir », prolonge Fajardo. Cela demande une culture et une exigence de travail forte, des compétences très spécifiques. » Et un suivi nouveau sur la formation en général, assuré par Carlos Muzzio chez les avants et Julien Sarraute pour ce qui est des trois-quarts. Arrivés à la formation l’an passé, les deux entraîneurs ont été promus, cette saison, avec les pros. De quoi sécuriser un suivi, une transversalité entre les deux catégories grâce à la double casquette de Muzzio.
« Le fait que Carlos fasse la mêlée du centre de formation va être un accélérateur pour les accompagner chez les pros, c’est évident », parie Fajardo. « L’avenir du club, c’est aussi la capacité à former des entraîneurs qui adorent la formation et les joueurs qui y passent. C’est comme ça qu’on va durer dans le temps, qu’on optimisera nos richesses. » En accélérant le processus de formation des piliers notamment.
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Le prêt en accélérateur
« C’est un leitmotiv du club : on veut challenger tous les préceptes, les concepts, les préjugés, prolonge Fajardo. Alors évidemment, ça reste un poste à maturité tardive. Le jeune pilier se heurte à des mecs qui ont 10 ans d’expérience, et autant de muscu derrière, à une dureté générale. Par contre, le fait de reconnaître qu’un jeune a les compétences pour être bon chez les professionnels fait partie des forces du club. On le sait très bien en première ligne de manière générale, parce qu’on a de bons indicateurs. »