Changement de braquet ! Alors que les joueurs de l’ASM ont bénéficié d’une semaine de récupération pour se remettre du plus long bloc de la saison - onze week-ends consécutifs à jouer entre le 22 novembre et le 31 janvier - c’est un tout autre calendrier qui les attend désormais. Un agenda façon gruyère où il conviendra de trouver la bonne carburation jusqu’au 6 juin.
Car après le déplacement à Toulon, ce samedi (21 heures), les Clermontois couperont le week-end suivant pour laisser place au VI Nations, avant de recevoir Bayonne (le 28 février), puis d’être à nouveau privés de match durant deux week-ends pour les 4e et 5e journées du Tournoi. Derrière, les hommes de Christophe Urios n’auront jamais la possibilité d’enchaîner plus de deux rencontres consécutives jusqu’à la fin de saison en raison de leur élimination précoce en Coupe d’Europe.
« Il faut qu’on profite de ces périodes sans match pour travailler notre jeu, être plus qualitatif sur nos entraînements pour pouvoir le retrouver ensuite en match », tente de positiver Frédéric Charrier, l’entraîneur des arrières de l’ASM, qui aurait préféré un calendrier moins décousu. Sans doute garde-t-il en tête la séquence délicate traversée par son équipe la saison dernière à pareille époque avec six défaites en sept matchs, entre le 16 février et le 19 avril. Cela, alors que le calendrier était un poil plus compact avec des blocs de trois matchs.
Idéal pour aménager les retours à la compétition
Cette période peut néanmoins être profitable à Clermont. Plusieurs de ses éléments encore à l’infirmerie auront l’opportunité de revenir dans des conditions confortables, sans précipiter leur retour et sans qu’ils ne manquent trop de rencontres. On pense notamment à des joueurs importants tels que Marcos Kremer, Léon Darricarrère ou Alivereti Raka qui devraient être opérationnels pour la réception de Montpellier, le week-end du 21 mars et qui ne devraient donc louper plus que deux rencontres.
En revanche, cette fin de saison s’annonce délicate à gérer sur le plan athlétique. Difficile de garder le rythme de la compétition dans ces conditions et ce alors que le sprint final du Top 14 est sur le point d’être lancé.
Antoine Klein (Préparateur physique) : « Dans ces moments de coupure, le plus dur, c’est d’arriver à garder les intensités de match, confie Antoine Klein, préparateur physique du CA Brive, passé par le rugby à XIII en Australie, véritable école de la préparation physique. Reproduire à l’entraînement les intensités de course, ce n’est pas ce qu’il y a de plus dur. Cela peut même se faire avec ou sans ballon, selon la philosophie prônée. En revanche, c’est beaucoup plus compliqué de reproduire les intensités de contact. »
Si plusieurs formules existent pour s’en rapprocher, les corps ne sont jamais mis à aussi rude épreuve que dans des conditions réelles de match. « Il y a moyen de faire des exercices vraiment basés là-dessus ou alors d’organiser des séances où le contact est autorisé comme en match, poursuit le préparateur physique. Mais cela signifie d’être prêt à prendre le risque de blesser des joueurs, ce qui est dommage… Lorsqu’on le fait, on le fait généralement sur de courtes séquences. » Mais jamais durant 80 minutes.
De plus, le risque de blessure est souvent décuplé à l’entraînement lorsque les semaines ne présentent pas de match au bout. « Effectivement, il y a souvent un peu de relâchement, constate Antoine Klein. Dans ces moments-là, notre rôle, c’est de présenter aux joueurs des exercices plus ludiques pour les garder motivés et concernés. »