L'U.B.B. aura t'elle assez de ressources pour remporter sa finale ? Ils me semblent commencer à manquer de jus sur cette fin de saison.
Champions Cup et Challenge Cup 2026/2027
#46
Posté 18 mai 2026 - 10:00
#47
Posté 18 mai 2026 - 10:12
Le minimum syndical comme l'année dernière...............................................
Pour un minimum, c'est un minimum... ![]()
L'ASM avait 3 objectifs pour cette saison :
1- Se qualifier pour les phases finales du Top 14 ; à voir, mais c'est mal barré...
2- sortir des poules en Ccup, c'est raté...
3- Se qualifier pour la Ccup 2026-2027, c'est réussi...
Pas mieux que la (les) saison (s) précédente (s).
On fera mieux en 2026-2027 !
- Arverne03 aime ceci
#48
Posté 18 mai 2026 - 10:27
L'U.B.B. aura t'elle assez de ressources pour remporter sa finale ? Ils me semblent commencer à manquer de jus sur cette fin de saison.
ils m'ont surtout paru la tête ailleurs
Ils avaient perdu à La rochelle et contre Montpellier avant de battre Bath
J'espère en tout cas pour une finale qui s'annonce sous la pluie et les orages
#49
Posté 18 mai 2026 - 12:19
ils m'ont surtout paru la tête ailleurs
Ils avaient perdu à La rochelle et contre Montpellier avant de battre Bath
J'espère en tout cas pour une finale qui s'annonce sous la pluie et les orages
Des habitudes inchangés …….. ![]()
Mon appli me renseigne 1mm dans les petites heures du matin
#50
Posté 20 mai 2026 - 20:28
Lundi, en fin de conférence de presse après avoir discuté de la qualification de Montpellier en phase finale de Top 14, Joan Caudullo a tenu à avoir un mot pour son staff à l'approche de la finale de Challenge face à l'Ulster (vendredi, 21 heures) : « Il y a de la lumière, du monde ici (en salle de presse), mais on ne va pas changer les choses. Comme on le fait depuis le début de la saison en Challenge, je serai en tribunes, Gaëlle (Mignot), Geoffrey (Doumayrou) et Jesse (Mogg) seront en bord terrain. » Le Challenge est un exemple de la façon dont Caudullo manage son staff, en cassant certaines habitudes, en développant certaines compétences.
Nommé manager en juin 2024 après un barrage de maintien gagné de peu à Grenoble (18-20), cet ancien talonneur du club (2004-2012) puis directeur du centre de formation (2020-2024) a refait du MHR une machine à gagner. Passionné de management, surnommé « monsieur réunion » par les membres de son staff, il travaille avec une grosse équipe, inexpérimentée quand il s'est lancé il y a deux ans. Le directeur du rugby Bernard Laporte l'accompagne, l'organisation est bien rodée, avec des résultats probants.
Quand on lui a proposé de nous présenter son staff, il n'a pas hésité et s'est posé plus d'une heure en début de semaine dernière dans une salle du Septeo Stadium. « J'ai un regret aujourd'hui, c'est que je ne suis plus entraîneur. Ce rôle m'a éloigné du terrain, en sourit-il. Mais l'avantage, c'est que je manage toute une équipe d'entraîneurs et j'y prends beaucoup de plaisir. Je délègue les yeux fermés. J'ai quelques mecs de caractère, on est partis un peu de bric et de broc au début, mais aujourd'hui, ça marche comme sur des roulettes... »
49 ans, responsable de la préparation physique arrivé au club en 2021
« Il fait partie de l'épopée du titre de 2022, et c'était aussi sa réussite. C'est clairement mon bras droit aujourd'hui. Je lui fais totalement confiance sur ce que je ne maîtrise pas, c'est-à-dire la charge de travail. Il a de grosses compétences, mais c'est aussi un super animateur, avec des challenges, des jeux, des exercices qui changent souvent. C'est quelqu'un qui part dans tous les sens, il faut le cadrer (rires) car il a des idées farfelues. Un peu un savant fou, quoi ! Mais un génie ! Moi qui suis très carré, ça me dévergonde. La saison dernière, je lui disais souvent non. Il me l'a reproché en fin de saison dernière, il me trouvait très fermé sur les nouveautés. Au fur et à mesure, je lui ai fait confiance. »
36 ans, entraîneur de la défense depuis juillet 2024
« C'est une pointure. Quand je reprends l'équipe (en 2024), je le veux dans mon staff (il finissait alors sa carrière de joueur au MHR). Il voulait une autre vie, loin du rugby, mais il avait cette fibre d'entraîneur quand il était joueur et il fera partie des meilleurs dans son domaine, si ce n'est pas déjà le cas aujourd'hui. Il a eu un rôle central au début du projet quand on a d'abord travaillé sur les fondamentaux, cela a très vite porté ses fruits sur la défense, et il évolue beaucoup depuis. Il n'a pas de diplôme mais une façon de travailler de très haut niveau. "Doum", c'est un gros caractère, ça n'a pas changé, il est dur avec les joueurs. À la sortie de réunions, certains ne peuvent pas l'encadrer. Mais quand il n'est pas là, ils demandent où il est (rires). Les mecs sentent bien qu'il est droit. Mais il ne met pas de pincettes. La gestion humaine, c'est mon domaine. »
38 ans, entraîneur de l'attaque depuis juillet 2024
« Il a basculé dès la fin de sa carrière de joueur (en novembre 2023) vers le centre de formation et une carrière d'entraîneur. On connaît son attachement au club (où il a fait pratiquement toute sa carrière professionnelle). Il reconnaît qu'il manque encore de formation mais c'est un gros travailleur. On n'a pas toujours été d'accord (sourire) mais c'est une grosse force de proposition, qui bosse et revient avec de nouvelles choses. Comme Geoffrey, il dit les choses aux joueurs quand ils ne sont pas bons. Il a rongé son frein au début du projet car l'attaque n'était pas une priorité. Il a fallu le freiner sur ses envies offensives. Notre groupe a évolué et il a pu poser sa patte avec le temps. On fait partie des équipes où les avants marquent le plus, on le sait, mais on a vu de gros progrès offensifs cette saison, on est la troisième attaque du Championnat. »
60 ans, entraîneur de la mêlée depuis décembre 2023
« Il fait partie des techniciens très expérimentés. Il est arrivé sous Patrice Collazo et la question ne s'est pas posée quand je prends le projet. C'est un historique du club, donc c'était important dans mon staff à l'ADN MHR. On a voulu mettre l'accent sur la défense et la conquête donc il a un gros temps de travail avec les joueurs, quasiment vingt minutes d'entraînement le mardi et quinze minutes le jeudi, sans compter les réunions avec les premières lignes, les débriefings et le gros travail individuel sur des postures, des vidéos... C'est un peu un électron libre car il n'est pas dans la stratégie globale de l'équipe mais c'est le papa des premières lignes. C'est un grand passionné de mêlée, je ne sais pas s'il partira à la retraite un jour (rires). »
42 ans, entraîneur de la touche et du jeu d'avants depuis novembre 2023.
« Il est arrivé dans le contexte du changement de staff, entre Richard Cockerill et Patrice Collazo. Je ne le connaissais pas. Ç'a d'ailleurs été dur au début car on a tous les deux du caractère. Mais j'avais vu son travail ici, il est ultra-compétent. J'ai déjà entraîné les avants, la mêlée, la touche, mais je ne vais même plus voir ce qu'il fait car je lui fais une confiance aveugle. Il s'adapte complètement à mes compos alors que je ne lui rends pas toujours la tâche facile, avec parfois peu de sauteurs. Avec ce qu'il a, il fait un joli travail, notamment sur les ballons portés. L'inconvénient, c'est que sa famille vit encore à Bayonne, donc il fait des allers-retours très fréquents. Mais il n'a jamais demandé d'avantages par rapport à ça. S'il y a une réunion à 15 heures la veille d'un jour off, il ne s'en plaint jamais et je trouve ça admirable. »
52 ans, consultant skills et jeu au pied
« J'ai joué avec lui ici, c'est un mec de la région. Je l'avais fait venir quand j'étais à la formation pour travailler le jeu au pied avec les jeunes. Il bossait à la pige et il a intégré au fur et à mesure le staff pro. On avait une problématique sur le jeu au pied, à la fois stratégique et technique, et il est le bon profil pour nous faire progresser. Il bosse par exemple sur les sorties de camp et il fait un gros travail technique dans toutes les strates du club. Sur la précision, la longueur, les types de jeu au pied, etc. »
41 ans, entraîneur spécifique des rucks et attitudes au contact depuis 2023
« Je l'ai vu travailler dans les anciens staffs et il est très pointu. Il intervient tous les mardis et jeudis en dernier, à la fin des entraînements, ce qui est le plus difficile. Car l'attention d'un joueur aujourd'hui, c'est 15-20 minutes. Lui arrive en fin d'entraînement, mais il a une tonalité, une voix qui porte, il est bilingue. Il utilise beaucoup d'images et fait des choses très intéressantes sur tous ces détails techniques dans le jeu au sol et les attitudes au contact. Il accroche les mecs assez facilement malgré la fatigue. Il est sur le détail, très méticuleux. »
39 ans, responsable capsule et entraîneuse adjointe rucks et attitudes au contact
« Elle savait qu'une fois son aventure avec l'équipe de France féminine terminée, la porte lui serait toujours ouverte. À la fin de la Coupe du monde (en septembre dernier), elle est revenue à la formation mais je trouvais intéressant dans son évolution, qui est très positive, de l'intégrer rapidement avec les pros. Mon intérêt, c'est de l'amener à entraîner les pros à 100 % à l'avenir. Elle a la formation et le management dans le sang.
D'une part, elle s'occupe de ce qu'on appelle la capsule, ces jeunes qu'on veut accrocher au wagon de l'équipe première. Elle pilote les avants, elle les suit aux entraînements avec les pros et elle les fait bosser par exemple sur des postures en mêlée avec Didier (Bès). D'autre part, elle anime des ateliers avec les pros. Je veux que mes joueurs s'habituent à la voir. Qu'ils ne voient pas une femme, mais une entraîneuse. »
36 ans, responsable capsule et entraîneur adjoint
« Il pilote la capsule et s'occupe de nos trois-quarts à fort potentiel. Il connaît bien le club, il y a joué aussi (2015-2018). C'est quelqu'un qui est passionné par la stratégie, tout ce qui est dépossession et repossession. C'est un profil qui manquait dans mon staff et il excelle là-dessus. Il est entre "Doum" et Benoît sur tout ce qui est organisation générale. Par exemple, il bosse sur tout ce qui concerne nos sorties et de camp - comment on s'organise derrière le coup de pied de dégagement ? - et les phases où on reprend la possession - comment on joue quand on récupère le ballon ? Sur nos réunions collectives, c'est lui qui va en parler, et ensuite Benoit et "Doum" s'occupent de l'animation. »
« On a trois analystes vidéo : Guillem Julia, Guillaume Soum et Pierrick Bras. Je suis en lien direct avec Guillem sur tout ce qui est retours de match et organisation. Guillaume travaille plutôt sur notre attaque, donc il dissèque les défenses de l'adversaire et bosse avec Benoît, et Pierrick sur notre défense, donc il travaille avec Geoffrey. Ils abattent un boulot énorme, ingrat mais indispensable. Je les fais intervenir dans les différentes réunions collectives, aussi pour les mettre en avant. Ils bossent beaucoup pendant le match pour le séquencer, puis après le match, quand tout le monde boit des bières. Très rapidement, on reçoit un bilan chiffré complet du match et de chaque prestation individuelle. Là, par exemple, après Montauban le samedi (9 mai, 59-7), on a tout reçu le dimanche à 10h46. »
- ZACH et Alligator427 aiment ceci
#51
Posté 20 mai 2026 - 21:02
Staff énorme et complexe dans la répartition des compétences.
Toujours étonné quand on parle de 15 / 20 minutes 2 fois par semaines pour bosser la mêlée.
- Lima aime ceci
#52
Posté 21 mai 2026 - 09:22
Merci Landeno
Ce qui ressort chez Cadulo c’est son extrême attention sur les capacités des coachs à accrocher et capter l’attention des joueurs.
C’est la base dans le management car, les discours qui ne captent pas, ça s’apparente à l’activisme.
Je comprends mieux pourquoi ces montpelliérains sont à ce niveau de performance.
La binocle a su bien s’entourer
#53
Posté 21 mai 2026 - 12:37
Ainsi, les All Blacks ont laissé filer Ben Tameifuna. À moins que ce ne soit l'inverse... En 2011, il a remporté la Coupe du monde U20 avec les Baby Blacks. Titulaire à droite de la mêlée durant quatre matches, il avait même inscrit un essai lors de la finale victorieuse contre l'Angleterre (33-22). Né à Auckland de parents tongiens, ce pilier droit solide et mobile évoluait au coeur d'une génération de juniors talentueux : Beauden Barrett, Codie Taylor, Sam Cane ou encore Brodie Retallick. « Une équipe construite sur une capacité inouïe à travailler les uns pour les autres, se souvient Tameifuna. Brodie et moi, on avait commencé ensemble dans la province de Hawke's Bay. Je le liftais en touche, lui poussait derrière moi en mêlée. On était les cellules d'un même corps humain. »
Quand on parle de Tameifuna (34 ans) à Beauden Barrett, le regard de l'ouvreur des All Blacks s'illumine : « D'abord, il a un coeur en or, sa lumière éclaire un vestiaire. Et puis, quel joueur ! Pas seulement puissant en mêlée ou pour porter le ballon, il est incroyablement talentueux balle en main et avec le pied. Après les entraînements, ça m'impressionnait de le voir s'enquiller des drops ou des pénalités depuis la ligne de touche, avec aisance et même une certaine élégance. »
Barrett, Retallick et les autres remporteront la Coupe du monde senior quatre ans plus tard, en 2015, à Twickenham (victoire 34-17 contre l'Australie). Sans leur pote Ben les yeux clairs. Une anomalie. « Ben a été aussi proche qu'on puisse l'être, dit son ancien coéquipier Brad Weber. S'il était resté en Nouvelle-Zélande, il serait devenu All Black à un moment ou à un autre. » Sauf qu'un matin, le jeune pilier d'alors vingt ans ne s'est pas réveillé, il a raté le bus de l'entraînement. Ce n'était pas la première fois qu'il faisait grincer l'horlogerie all black et ça a été fatal pour son avenir sous le maillot noir.
Enfant, à Mangere, dans la banlieue sud d'Auckland, Tameifuna se rêvait Jonah Lomu dans la cour de récré. « Je m'identifiais à lui parce qu'il venait d'ici, qu'il était tongien, grand et costaud », nous a-t-il confié un jour. Comme Lomu, Tameifuna a grandi dans un quartier où les trajectoires pouvaient bifurquer brutalement. Après le divorce de ses parents, il est allé vivre à Hastings, à plus de 300 kilomètres au Sud-Est : « À Hawke's Bay, au lycée, des amis avaient leurs parents dans le Mongrel Mob. Ils ont fini par rejoindre le gang. Moi, j'ai dû être plus malin, plus insaisissable. Il y a des temps pour la confrontation, d'autres où il faut savoir esquiver. » C'est sa mère, Anna, ouvrière de nuit à l'usine de conserves de Hastings, qui lui avait inculqué ça très tôt de sa voix douce : « Ne jamais te laisser attraper par ce qui te tire vers le bas. »
« Il habitait à une demi-heure de route et avait la responsabilité de son petit frère et de sa petite soeur. Leur maman travaillait de nuit. Ben s'occupait d'eux jusqu'à son retour »
Tom Coventry, entraîneur
Y a-t-il un bon ou un mauvais moment, dans la vie, pour rater un bus ? On avait posé la question à « Big Ben » il y a quelques années. Il préparait la Coupe du monde 2019 avec les Tonga. Il nous avait accueillis dans sa chambre en bazar, au rez-de-chaussée d'un hôtel modeste du quartier de Mangere. Authentique et solaire, il s'était raconté en rassemblant ses affaires, pliant ses chaussettes avec application. Il a expliqué que Mike Cron, le gourou de la mêlée black, le trouvait trop juste physiquement : « Il appréciait ma manière de jouer mais pensait que si le pilier droit titulaire devait sortir après les cinq premières minutes, il faudrait compter sur moi pour les 75 suivantes. Et il estimait que je n'avais pas ça dans le tank. Moi, j'étais juste heureux d'être là, à 20 ans, au milieu des Dan Carter et Richie McCaw. Deux ans avant, j'étais encore au lycée. Pour moi, c'était une opportunité d'apprendre. »
Il s'exprimait avec franchise et pudeur, l'amertume semblait avoir déserté son coeur. L'époque était triomphante pour la Nouvelle-Zélande, qui venait de remporter la Coupe du monde 2011 face aux Bleus de Thierry Dusautoir (8-7), à Auckland. Dans ce climat de sacre, nul n'a pris le temps de s'arrêter sur le cas d'un pilier de 20 ans, supposé désinvolte. Pourtant, c'est sa rage de progresser qui avait tapé dans l'oeil de l'entraîneur Tom Coventry, alors que Tameifuna jouait au Hastings Boys High School. Lycéen de 17 ans, il débarquait chaque matin à 7 heures au gymnase de Napier pour se perfectionner en mêlée fermée. « C'était compliqué pour lui de venir, raconte Coventry. Il habitait à une demi-heure de route et avait la responsabilité de son petit frère et de sa petite soeur. Leur maman travaillait de nuit. Ben s'occupait d'eux jusqu'à son retour. Alors plutôt que de sacrifier une séance, il les amenait en voiture. » Quitte à braver la loi avec son permis « apprentissage », qui ne l'autorisait pas à conduire des passagers.
« Après la séance, il rentrait à Hastings, les déposait à l'école. Qu'un si jeune homme assume une telle responsabilité, ça m'avait subjugué. Et Ben n'a jamais manqué une séance », poursuit Coventry. Alors pourquoi Benjamin Va'inga Charles Tameifuna, qui rêvait à ce point de réussir, ne s'est-il pas levé ce fameux matin de 2012 ? « Il s'était endormi seul dans sa chambre, sans sa machine CPAP (Continuous Positive Airway Pressure) », se désole Coventry. Ben Tameifuna souffre de sévères apnées du sommeil. Il lui faut dormir avec un masque relié à un appareil qui, pendant la nuit, régule l'air insufflé dans ses voies respiratoires. « Je ne cessais de lui répéter : "Ben, cette machine doit t'accompagner partout, mon vieux !" Sans cet appareillage, il ne parvient à atteindre un sommeil profond que tardivement, vers 4 heures du matin. Quand vous êtes censé être debout à 6 heures, c'est compliqué. »
Brad Weber, qui partageait sa chambre lors de la Coupe du monde U20, se remémore l'expérience : « Ben ronfle très fort. Il fallait parfois lui mettre des coups d'oreiller, ou le faire rouler sur le côté. Sans son masque, il pouvait faire des apnées d'une minute trente. C'est grave et extrêmement inconfortable. Parfois, dans la nuit, il l'enlevait, puis il se mettait à rugir de manière incroyable. » La solution qui s'imposait pour ne pas importuner ses coéquipiers était de le mettre en chambre isolée. Au risque de n'avoir personne pour l'aider à se réveiller.
Un tas d'histoires qui racontent les frasques de Tameifuna. L'une rapporte qu'au sortir d'une nuit de mauvais sommeil, il s'était endormi pendant une causerie de Wayne Smith, coach légendaire. « On en rigole mais ce genre de troubles nuit à une carrière, dit Coventry. Ben a perdu beaucoup de confiance en lui. Les gens vous jugent paresseux. Vous ne l'êtes pas. J'étais amer envers les All Blacks : ils n'ont pas pris en compte cette dimension. »
Pas initié à la diététique, Tameifuna avait aussi du mal à atteindre les standards athlétiques (1,82 m, 148 kg). « Alors ils l'ont surtout mis sur un vélo pour perdre du poids », déplore Coventry. Enfin, il ne disposait pas non plus des codes. « À une époque, c'était compliqué d'être quelqu'un de différent, détaille l'ancien ouvreur all black Lima Sopoaga. Certains le disaient électron libre, franc-tireur. Lui avançait à son propre rythme. Un jour, il s'est rendu à un entraînement avec des chaussures blanches. Richie McCaw, le capitaine, lui a dit de retourner se changer. Parce que les avants des All Blacks ne portent que des chaussures noires. »
« Il a les mains soyeuses d'un ouvreur, les appuis d'un trois-quarts, la dureté d'un flanker. Et surtout, c'est un pilier de classe mondiale rompu au combat ! »
Lima Sopoaga, ex-ouvreur des All Blacks
En 2012, Ben rejoint les Chiefs, avec lesquels il a remporté deux fois le Super Rugby (2012 et 2013). Là aussi, il connaîtra des pannes de réveil. « Je me souviens d'un match contre les Blues à Auckland, se rappelle Weber. Dave Rennie nous rassemble dans le vestiaire et nous dit : "Bon, Ben ne s'est pas réveillé et a raté le bus, donc il ne joue pas." On était tous là : "Bordel !" Ce sont des choses qui n'arrivent pas aux gens normaux, mais auxquelles Ben devait faire face. »
Des anciens tels que Mahonri Schwalger ou Tim Nanai-Williams prendront Ben Tameifuna sous leur aile pour l'aider à devenir un vrai pro. Il y avait du boulot. « Ça en valait la peine parce que Ben est un phénomène, estime Sopoaga. Pour un mec de sa corpulence, bouger aussi bien, avec une telle qualité technique, ça me dépasse. Il a les mains soyeuses d'un ouvreur, les appuis d'un trois-quarts, la dureté d'un flanker. Et surtout, c'est un pilier de classe mondiale rompu au combat ! »
Pour Coventry, qui après avoir coaché les Chiefs et les Blues est désormais entraîneur des avants au sein des Moana Pasifika, le cas Tameifuna mérite que les techniciens néo-zélandais fassent preuve d'introspection : « On cherche des athlètes génériques, aptes à tout faire. Il y a parfois une forme d'arrogance dans la façon dont on traite les jeunes hommes en exigeant ce qu'on attend d'eux, en oubliant ce qu'ils ont à offrir. Peut-être qu'il a trouvé plus d'attention dans votre pays. Il la méritait car sa longévité au sein d'une compétition aussi relevée que le Top 14 en dit long sur sa personnalité. »
À bientôt 35 ans, voilà que Tameifuna s'attaque à la conquête d'une deuxième Coupe des champions avec l'UBB, où il évolue depuis 2020. « C'est l'un des joueurs les plus talentueux avec qui j'ai joué, dit Weber. Il ne faut peut-être pas lui demander de jouer avec le style all black pendant 65 minutes. Mais si vous le faites entrer à 25 minutes de la fin, comme les Sud-Africains le font avec leur Bomb Squad, Ben peut totalement changer un match ! » Tant pis pour les All Blacks. « Attendez, il a aussi échappé à l'équipe de France, pointe Sopoaga. Il aurait fait du bien aux Bleus. Il est arrivé en France jeune, à 24 ans. Il est chez vous depuis onze saisons ! »
Quel que soit le lieu, Big Ben a surtout besoin de se sentir aimé, en confiance. « Les deux équipes où il s'est le plus épanoui, ce sont les Chiefs et maintenant Bordeaux, pointe Weber. Ils ont compris ses particularités. » Quand c'est le cas, Tameifuna donne tout. « Ben sourit en permanence, note Coventry. Comme nous tous, il garde les cicatrices de son enfance. Elles nous construisent. Il ne les cache pas, mais ne les laisse pas ressurgir car il a la sagesse de vivre dans l'instant présent. Si vous voulez vous faire un aperçu de qui il est, profondément, regardez le haka des Chiefs après notre second titre de Super Rugby. »
- Tchou aime ceci
#54
Posté 21 mai 2026 - 13:22
Challenge Cup, finale, Montpellier-Ulster, vendredi 21h
MONTPELLIER : Banks – Ngandebe, A. Vincent, Cadot, Taofifenua – (o) Miotti, (m) Price – Bécognée, Vunipola (cap), Nouchi – Duguid, Verhaeghe – Haouas, Uelese, Forletta.
Remplaçants : Akrab, Erdocio, Hounkpatin, Beard, Tauleigne, Coly, Darmon, Echegaray.
ULSTER : Lowry – Baloucoune, Hume, Postlethwaite, Ward – (o) Murphy, (m) Doak – Timoney (cap), Augustus, McCann – Izuchukwu, Sheridan – O’Toole, Stewart, Bell.
Remplaçants : McCormick, O’Sullivan, Wilson, Irvine, Ward, McKee, Flannery, McIlroy.
- TH69 aime ceci
#55
Posté 21 mai 2026 - 18:23
Come on Leinster
#56
Posté 21 mai 2026 - 18:25
Come on Leinster
Tu m'as l'air de ne pas aimer l'Ubb....
#57
Posté 21 mai 2026 - 19:40
Tu m'as l'air de ne pas aimer l'Ubb....
Ben dans nos rangs, j'ai quelques copains qui ne peuvent pas les blairer non plus. ![]()
Note : nous ne sommes pas dans le bon sujet, là C'est 2026 / 2027, pas la compète en cours (peuchère).
- Eastern Outpost aime ceci
#58
Posté 21 mai 2026 - 19:44
Ben dans nos rangs, j'ai quelques copains qui ne peuvent pas les blairer non plus.
Note : nous ne sommes pas dans le bon sujet, là C'est 2026 / 2027, pas la compète en cours (peuchère).
On va se faire recadrer par le Marseillais.😜
#59
Posté 21 mai 2026 - 19:52
Hé, faut pas exagérer non plus...
On va me faire passer pour un bolchevik ![]()
#60
Posté 22 mai 2026 - 11:45
Hé, faut pas exagérer non plus...
On va me faire passer pour un bolchevik
Mais non camarade. ![]()
- Le Marseillais aime ceci
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