"On prend vraiment un coup sur le contre de Ward" : l'ASM Clermont a-t-elle lâché le match face au Stade Français ?
Face au Stade Français, l'ASM a concédé dimanche soir l'une des défaites les plus humiliantes de son histoire (64-20). Jamais Clermont n'avait encaissé autant de points en championnat. Plus de la moitié d'entre eux ont été enregistrés en l'espace de onze minutes. Retour sur une fin de match désastreuse.
Par Vincent Balmisse (La Montagne)
Publié le 30 mars 2026 à 11h24
C'est un match qui fera date. Mais les Clermontois présents dimanche soir à Paris s'en seraient bien passés. Jamais dans son histoire, l'ASM n'avait encaissé autant de points dans une rencontre de championnat de France.
Pourtant, à la 69e minute (31-20) - et même si Joris Jurand avait laissé ses coéquipiers à 14 quelques instants plus tôt (67e) - on était bien loin d'imaginer que les hommes de Christophe Urios finiraient par encaisser 5 essais et 33 points supplémentaires pour porter le score à 64-20.
"Je ne sentais pas le groupe lâcher, pourtant c'est ce qu'il s'est passé"
Vexé, touché, le capitaine Baptiste Jauneau peinait à trouver des explications à cette vilaine et soudaine coupure de courant, à laquelle il a assisté depuis le banc (remplacé par Lucas Zamora à la 68e). "Je ne sentais pas le groupe lâcher, pourtant c'est ce qu'il s'est passé. Je ne sais pas si c'est mental... Est-ce qu'on n'est pas trop parti à l'abordage pour essayer de recoller au score, ce qui a créé des trous dans notre défense ? Je ne sais pas..."
Pour Léon Darricarrère, les têtes clermontoises ont peut-être bien commencé à vaciller quelques instants avant ces satanées onze dernières minutes. "On prend vraiment un coup sur le contre de Jérémy Ward. A ce moment-là, on est dans le match, on est bien, on n'est pas forcément en danger, on a l'énergie nécessaire, on a tout ce qu'il faut pour renverser la partie... Mais bon, le carton, leurs facteurs X, ça ne pardonne pas."
Effectivement, le score était alors de 24-15. Il aurait même pu être de 24-18 si une minute plutôt, Harry Plummer avait converti sa pénalité située à une grosse quarantaine de mètres des perches. Mais sur un ballon poussé au pied par les Parisiens et qui ne paraissait pas, à première vue, si délicat à négocier, Alex Newsome se faisait contrer dans ses 22 mètres par le centre sud-africain qui n'avait plus qu'à plonger entre les perches.
"Ce contre nous fait très très mal, confirme Frédéric Charrier. A partir de là, c'est devenu très difficile pour nous, encore plus après le carton".
Encore la preuve que Clermont a besoin de toutes ses forces
Clermont n'était peut-être aussi tout simplement pas assez équipé pour rivaliser avec le Stade Français sur la durée. Quand Paris lançait dans la partie Sekou Macalou, Thierry Païva, Mathieu Hirigoyen ou Paul Alo Emile, l'ASM ne pouvait que lui opposer sa jeunesse avec Mathéo Frisach, Giorgi Dzmanashvili, Léo Michaux ou encore Lucas Zamora. Au total, les entrants parisiens totalisaient 773 matchs de Top 14 cumulés, contre 370 pour les Auvergnats.
Malgré tous les espoirs qu'elles suscitent, les jeunes pousses asémistes ne disposent encore que d'une expérience du (très) haut niveau tout à fait relative. Alors, dans un tel contexte, quand les vagues s'enchaînent, il n'est pas toujours évident de sortir la tête de l'eau.
Mais ce naufrage n'est pas de leur seule responsabilité, loin de là. Simplement, il met encore un peu plus en exergue combien Clermont a besoin de toutes ses forces face à ses concurrents directs.