Top 14 : comment l'ASM Clermont a su rectifier le tir en défense pour mieux faire déjouer le Stade Toulousain
Si la défense a failli lui coûter cher en première mi-temps, entre indiscipline et mauvaise approche dans le jeu au sol, l'ASM Clermont a parfaitement su rectifier le tir lors du deuxième acte pour renverser Toulouse (24-27), dimanche soir, en clôture de la 22e journée de Top 14.
Pour Baptiste Jauneau, aucun doute. "C'est la défense, c'est sûr, qui nous a permis de gagner le match", pointait-il après le succès renversant de son équipe sur la pelouse du Stade Toulousain (24-27), dimanche soir.
Une analyse que peinerait à avaler quiconque ayant quitté la partie à la mi-temps. Car si le score n'était alors pas si significatif (21-14), la défense de l'ASM avait néanmoins pris la foudre lors des dix premières minutes où Toulouse avait emporté le rideau défensif clermontois par sa vitesse, sa puissance et sa justesse. Bien aidé, il faut dire, par sa très nette supériorité dans le jeu au sol.
"On a essayé de s'imprégner de ce qu'avait fait Bordeaux en quart de finale de Champions Cup où ils avaient fait la guerre dans les rucks, expliquait Jauneau après coup. On a essayé d'être bons là-dedans, mais après les dix premières minutes, tu te dis 'aïe, ça ne marche pas'. Ils avaient des rucks rapides, ils nous prenaient dans le sens, on ne courait pas".
Moins se consommer pour mieux agresser
Autre détail mal réglé durant ce premier acte : la hauteur de coupe. Avec deux cartons - un orange à l'encontre de Marcos Kremer (23e) et l'autre jaune pour Harry Plummer (40e) - pour deux plaquages hauts sur Kalvin Gourgues, l'ASM se mettait encore un peu plus en difficulté. Mais bizarement, c'est peut-être lorsqu'elle s'est retrouvée à 13 contre 15 qu'elle est devenue bien plus efficace en défense. Et le passage aux vestiaires n'y semble pas étranger avec des réajustements tactiques bien sentis.
"L'une des premières consignes que l'on a donnée, c'est de plaquer bas car on aurait pu recevoir un troisième carton pour un autre plaquage haut", racontait après la partie Christophe Urios. Une autre de ses consignes a aussi été de moins se concentrer dans les rucks pour mieux agresser les porteurs adverses sur la première passe, au ras comme large, et mieux couper les extérieurs.
"Je trouvais qu'on perdait trop d'énergie au sol où parfois on pouvait être 3-4 dans un même ruck. Contre eux, c'est surtout ce qu'il ne faut pas faire. On avait tellement envie de les amener dans un match étouffant qu'on se perdait un peu. Mais en deuxième mi-temps, je dirais qu'on a été plus malin sur ces phases, appréciait le coach. On a su mieux défendre avec la touche notamment."
Christophe Urios (Manager de l'ASM Clermont)
Un constat partagé par l'arrière du Stade Toulousain et du XV de France, Thomas Ramos. "On a eu beaucoup de mal à trouver des solutions dans cette défense. Ils étaient assez agressifs tout en nous amenant vers la touche. On se faisait des passes, mais on se déportait à chaque fois vers la touche. Puis, sur le peu de temps forts qu'on a eu en deuxième période, on a manqué d'efficacité et de justesse pour marquer."
La faute certainement à la farouche intensité mise par les Clermontois sur les impacts (avec 86 % de plaquages réussis, 125/149). "Je trouve que sur la deuxième mi-temps, on a été très forts au plaquage. On a eu beaucoup de plaquages positifs, me semble-t-il, ce qui les a surpris et déstabilisés sûrement un peu", analysait Christophe Urios.
Léon Darricarrère et Baptiste Jauneau, ont par exemple terminé la partie avec 3 et 2 plaquages dominants à leur actif. Le genre de comportement qui dit beaucoup de l'état d'esprit qui habitait les Clermontois ce dimanche soir.