Parigot s’éveilla la tête encore douloureuse. Non pas qu’il eût bu la veille, non, il avait arrêté toute consommation d’alcool lors du Tournoi des six Nations 2004, fêtant à l’eau gazéifiée une victoire mémorable des Bleus sur le Quinze du Trèfle.
Non si Parigot souffrait de la tête c’était d’avoir écouté attentivement Paul Gustard lui exposer, dans un anglais largement teinté d’accent « Geordie », les hypothèses de fin de saison et donc les résultats possibles des trois dernières journées.
Anglophone parfait voire subtil, Parigot avait hoché la tête, les yeux mi-clos en signe de grave compréhension. A la vérité il n’y pigeait que tchi, Gustard alignant chiffres et conditionnels à la vitesse de la caisse enregistreuse du Stade Toulousain quand le maillot floqué « Dupont » est de nouveau disponible à la boutique.
« So you get the whole picture, now?” avait conclu Gustard avec un haussement d’épaules dans lequel Parigot croyait déceler une once de fatalisme Britiche. « On se battra jusqu’au bout, où que soye le bout en question ! » avait répondu Parigot avec une prudence justifiée et un hochement de tête entendu.
La plupart des gens souffrent d’être pris pour des cons, Parigot tenait une solide migraine du fait que Gustard l’avait pris un moment pour un être capable de calculs, ignorant tout du 2/20 en maths ramassé par son interlocuteur lors de son Bac 82.
Une fois rentré dans son galetas sordide où les femmes de ménage refusaient d’entrer les salopes, Parigot s’allongea sur son bat-flanc et se mit à spéculer. Montpellier Pau. Bien. Je retiens la Rochelle qui descend à Montauban et j’ajoute le Stade toulousain au Racing, ce qui nous fait… oooooooh. Une aspirine plus tard le Parigot se lova entre les draps douteux et dit sa prière, puis s’endormit confiant. Avec la raclée que Toulouse allait passer à la Rochelle, la dernière journée serait une promenade. ![]()











