Top 14 : encore une fois, l'ASM Clermont déçoit à un moment où elle était attendue
Au regard du visage plutôt flatteur affiché ces dernières semaines par l’ASM et de l’enjeu, les attentes étaient grandes dimanche soir face au Racing 92 (13-41). Mais une fois de plus, Clermont s’est pris les pieds dans le tapis au pire des moments, laissant le sentiment que ce groupe n’était peut-être pas encore tout à fait prêt à assumer ses ambitions.
La déception était immense dimanche soir après le coup de sifflet final. Au moins aussi grande que les espoirs qu’avait fait naître cette équipe de l’ASM durant ces dernières semaines. Il faut dire que l’uppercut infligé par les joueurs du Racing 92 (13-41) a laissé tout le monde K.-O, au Michelin. Personne ne l’avait vu venir et c’est peut-être ce qui fait le plus mal. Si près d’une qualification avant le coup d’envoi, mais finalement si loin au coup de sifflet final. Dans le contenu peut-être encore plus qu’au niveau du classement.
Car Clermont n’est pas encore tout à fait éliminé. Certes. Mais pour rester en vie, il lui faudra d’abord réaliser l’exploit de s’imposer samedi prochain (21 heures) sur la pelouse de l’Union Bordeaux-Bègles, qui joue aussi sa qualif’, avant de compter sur un faux pas du Racing ou de La Rochelle.
Plus à l'aise en outsider qu’en favori
Une configuration qui ressemble, sur le papier, à celle de l’an dernier, quand les Auvergnats n’étaient déjà pas maîtres de leur destin au moment d’aborder une dernière journée finalement heureuse. Mais à observer les regards hagards des partenaires de Baptiste Jauneau au moment de la cérémonie d’adieux aux partants, on se demande bien quels leviers va bien pouvoir actionner Christophe Urios pour remobiliser ses troupes cette semaine.
Dimanche soir, le manager clermontois, lui aussi sous le choc, n’en avait aucune idée.
« Je n’arrive pas à comprendre pourquoi on s’est comporté de la sorte. Donc tant que je n’aurais pas trouvé ces clés de compréhension, je ne peux pas me remobiliser derrière. On savait que c’était un match important, que c’était un point de passage important pour nous, pour le projet, et on en prend 40 à la maison… Ce n’est pas facile ce soir. »
Christophe Urios (Manager de l'ASM Clermont)
Ce lundi, à Vichy, à l’occasion du troisième rendez-vous des Cafés Jaunards, le coach a notamment intimé les siens à faire leur auto-critique. « On a fait le choix d’une semaine courte parce que je crois que c’est important de se laver un peu la tronche seul. Il faut que chacun d’entres nous, joueurs et staff, on a fasse notre auto-évaluation. Tout le monde sait ce qu’il a fait de bien ou non. Après, c’est juste une question d’honnêteté. Hier (dimanche, ndlr), on a fait un mauvais match. Comme rarement j’en ai vu depuis que je suis arrivé à Clermont, notamment dans l’esprit d’équipe. »
Cet ASM - Racing a en tout cas été une nouvelle preuve que dès lors que Clermont est attendu, il peine à assumer. « Je ne sais pas si ce qui nous arrive ce soir (dimanche, NDLR) est injuste. Il y a certains moments “bascules” dans la saison qu’on n’a pas su saisir », analysait, avec lucidité, Thomas Ceyte, malgré l’immense déception qui l’habitait après la rencontre.
L’heure n’est pas encore au bilan. Mais plusieurs rendez-vous manqués nous reviennent déjà en tête. Comme ce déplacement à Lyon au retour de la trêve de novembre. Deux semaines plus tôt, l’ASM avait surpris Montpellier au Septeo Stadium (7-9). On la pensait alors enfin lancée dans sa saison et en mesure de bousculer un LOU alors franchement pas flamboyant. Mais au lieu de faire sa première apparition de la saison dans le top 6, c’est finalement à la 11e place qu’elle a reculée après un vilain gadin (43-24). Un mois plus tard, les Clermontois tombaient à Perpignan (26-20) face à un adversaire réduit à 14 dès la 20e minute et qui n’avait alors pas remporté le moindre match en championnat après 11 journées. Nouvelle désillusion.
Mais l’une des plus grandes d’entre elles restera très certainement ce revers concédé au Michelin face au MHR (17-20). Clermont avait la possibilité de prendre ses aises au sein du top 6 et même de se présenter en sérieux prétendant à un barrage à domicile. Mais encore une fois… patatras.
Le constat est peut-être un peu dur, mais pour l’heure, l’ASM ne semble tout simplement pas avoir les moyens de ses ambitions. Sa reconstruction est toujours en cours. Les progrès existent. Mais il lui reste encore à acquérir ce qui fait l’essence des grandes équipes, cette faculté à répondre présent quand les attentes sont grandes.
À cet instant, ce groupe semble mieux supporter le costume d’outsider qui le fait se sublimer là où on l’attend le moins, comme à Toulon ou à Toulouse. En ce sens, si par miracle Clermont venait à se qualifier pour les barrages, il pourrait être un bien pénible adversaire pour l’équipe chargée de le recevoir et de toute la pression qui accompagnerait son statut de favori. C’est aussi pour cela que les regrets pourraient être d’autant plus grands samedi prochain…