Finale ST / MHR
#76
Posté 26 juin 2026 - 17:20
- Parigot_Paris aime ceci
#77
Posté 26 juin 2026 - 18:01
Ils vont y prend'
J'ai une interrogation en mêlée fermée , pour le reste ça ne boxe pas dans la même catégorie car là conquête super rideau défensif , ça ne suffira pas et dès lors que Banks sera neutralisé peu ou pas de solutions derrière
Toulouse vraiment un jour sans, sait conserver, alterner , et jouer juste , poser les banderilles au bon moment et face à eux il faut être impérial 80mn et là avec des avants lourds et la chaleur ça peut faire quine et très mal si Toulouse les oblige à se déplacer!
#78
Posté 26 juin 2026 - 18:09
Toulouse se rate rarement en finale, hormis en 91 face à BEGLES.....et encore
..C'est génétique dans ce club, le mot finale est dans toutes les têtes peu importe les générations...D'ailleurs, l'ASM est bien placée pour le savoir......Aussi, même si je reste totalement indifférent à cette rencontre, je mets une pièce sur le ST......Et en souvenirs pour un certain LAPORTE Bernard .................Ne lâchez pas rouges !!! Alex c'est pour toi ... ![]()
#79
Posté 26 juin 2026 - 18:11
Jack Willis n'est pas le seul joueur anglais à évoluer au sein du Top 14. À Toulon, il y a David Ribbans, Junior Kpoku, Kyle Sinckler, Lewis Ludlam et Zach Mercer. À Pau, il y a Joe Simmonds et Dan Robson même si ce dernier a choisi de retourner en Premiership à l'issue de la saison. Tout comme Joe Marchant, l'ailier ou le centre du Stade Français. Jack Nowell, lui, porte le maillot de la Rochelle, Sam Simmonds celui du LOU et Billy Vunipola disputera la finale du Top 14 avec Montpellier (samedi, 21h05 face à Toulouse). Cela fait une très jolie colonie.
Mais on a la très nette impression, que l'Angleterre n'a d'yeux que pour le Toulousain (meilleur joueur de la saison 2024-2025 du Top 14) qui a quitté son pays, contraint et forcé, en novembre 2022. Il appartenait alors aux Wasps. En proie à de graves difficultés financières, les dirigeants avaient mis la clé sous la porte et libéré ainsi une ribambelle de professionnels. Willis semble désormais avoir digéré ce départ brutal, et ce changement de cap dans sa carrière. Nos confrères anglais ont un peu plus de mal, et se demandent régulièrement pourquoi aucun club ne fait l'effort de proposer un deal à un troisième-ligne de très haut niveau.
Ce fut le cas au début de l'aventure toulousaine quand Willis, sous le choc et chagriné après la disparition des Wasps, se demandait si cette parenthèse française allait lui plaire. Il n'était certain de rien, se posait des questions. Bristol était un des clubs qui était venu se renseigner. Jusqu'en 2024, il a donc signé des contrats de courte durée avec la possibilité de traverser à nouveau la Manche.
Mais le dernier signé (jusqu'en 2029) n'offre pas cette opportunité. Il n'y a aucune clause, contrairement à ce qu'on a pu entendre et lire dans les médias britanniques qui rêvaient de voir Willis revenir à l'été 2027, s'engager pour un an avec un club anglais et disputer la Coupe du Monde, celle qui se déroulera en Australie (du 1er octobre au 13 novembre). Ce ne sera pas le cas à moins que la fédération de son pays accepte la révolution, et autorise enfin les joueurs qui évoluent à l'étranger de revêtir la tunique du quinze de la Rose. Il ne rejoindra pas non plus la sélection irlandaise. Il a démenti cette rumeur qui l'envoyait du côté du Munster avec la possibilité d'évoluer sous les ordres d'Andy Farrell.
Pour le changement de règle, il ne faut pas rêver même si des voix s'élèvent et dénoncent cette iniquité. Chris Ashton l'a fait récemment, suppliant d'ailleurs la RFU de faire de temps en temps une exception, et si possible le plus rapidement possible pour Willis. Dan Biggar, lui, ne comprend pas pourquoi l'Angleterre ne se débrouille pas pour faire une place à Willis, « le Dieu absolu ».
« Il est très respecté en Angleterre, et les gens sont vraiment choqués, et trouvent ça honteux qu'il ne puisse pas jouer avec l'équipe de Borthwick »
Will Kelleher, journaliste au « Times »
Dans le Times, Stuart Barnes écrit régulièrement que le quinze de la Rose, pour briller, a besoin de faire jouer ses meilleurs joueurs. « Il est très respecté en Angleterre, et les gens sont vraiment choqués, et trouvent ça honteux qu'il ne puisse pas jouer avec l'équipe de Borthwick, explique Will Kelleher du Times. Et si vous êtes un fan, vous pouvez devenir cinglé quand vous voyez que son frère, Tom, va rejoindre Bordeaux. »
Mais il y a aussi des spécialistes anglais qui estiment que l'actuelle troisième ligne de Steve Borthwick est très compétente, et que le Toulousain n'est pas meilleur que Henry Pollock, Ben Earl, Guy Pepper ou Ollie Chessum. « En privé, nous glisse un confrère, certains membres du staff du quinze de la Rose expliquent que Jack Willis ne court pas suffisamment. » D'autres nous rappellent ce Crunch de mars 2023 quand les Bleus ont passé plus de 50 points sur la pelouse de Twickenham (10-53). « Jack Willis était titulaire... » C'est vrai, mais il n'est aujourd'hui plus le même joueur, c'est lui qui le dit, et l'Angleterre reste sur quatre revers consécutifs.
#80
Posté 26 juin 2026 - 18:25
allez les anglais ! Force à Aymeric et objectif 8 pages !
- Francoisbougnat aime ceci
#81
Posté 26 juin 2026 - 18:35
#82
Posté 26 juin 2026 - 19:37
#83
Posté 26 juin 2026 - 19:38
Wilfrid Hounkpatin et Mohamed Haouas. © Crédit photo : AFP
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Les deux piliers droits affichent un niveau très convaincant avec le MHR mais un retour en équipe de France demeure inenvisageable
À l’image de leur club, finaliste du Top 14, Wilfrid Hounkpatin et Mohamed Haouas sont là où peu les attendaient l’été dernier : parmi les piliers droits les plus performants de la saison. « Hounkpatin, c’est le meilleur Français à son poste, et Haouas n’est pas bien loin derrière en ce moment », glissait un technicien du championnat dimanche, au lendemain d’une demi-finale où le pack héraultais avait concassé celui du Stade Français (25-15).
Après une première période équilibrée, la première ligne de Montpellier, avec Haouas puis Hounkpatin entré avant l’heure de jeu, a fait exploser la mêlée parisienne, pourtant la plus performante de la division. Cinq pénalités obtenues, sans compter les multiples charges au milieu de terrain qui ont fait reculer la défense adverse et contribué à maintenir un Stade Français sous pression, finalement impuissant.
« Une machine physique, encore plus performant qu’avant », résumait récemment sur RMC le pilier héraultais Enzo Forletta à propos de Hounkpatin (1,92 mètre, 124 kilos), qui fêtera ses 35 ans le mois prochain. Avec 23 matchs joués, et en dépit d’une entorse au genou qui l’a tenu éloigné des terrains un mois durant au printemps, l’ancien Castrais a retrouvé le niveau qui l’avait amené chez les Bleus (1 sélection en 2021).
Acteurs majeursQuant à Haouas (32 ans, 16 sélections), il a vécu des premiers mois de saison délicats, avant d’en finir avec des gênes physiques récurrentes et de finir en trombe, à l’image du match gagné sur le terrain de l’Union Bordeaux-Bègles en avril dernier (21-23), ou de la victoire sur la Section Paloise (26-18) le mois suivant, où il avait été partout, en mêlée comme dans le jeu courant.
Tous les deux ont aussi été des acteurs majeurs dans la conquête de la Challenge Cup le mois dernier. À l’heure où le staff des Bleus essaie à peu près toutes les options possibles et imaginables pour identifier un successeur fiable à Uini Atonio, les options Hounkpatin et Haouas seraient sportivement crédibles vu le niveau qu’ils affichent. Mais elles sont inenvisageables pour le sélectionneur Fabien Galthié et la Fédération.
Hounkpatin a été condamné en avril 2024 à un an de prison avec sursis pour violences conjugales. Haouas, lui, a un casier plus chargé : 18 mois de prison en 2022 pour vol en réunion, un an ferme en 2023 pour violences conjugales, trois mois ferme en 2025 pour conduite en état d’ivresse. Si la FFR n’a pas annoncé une position officielle pour le premier, elle a décrété en 2023 que le second ne porterait plus le maillot tricolore.
« Deuxième chance »Cela n’a pas empêché Montpellier, à l’été 2024, de recruter Hounkpatin et de relancer Haouas, un enfant du club, parti une année en Pro D2 à Biarritz après que Clermont n’avait finalement pas souhaité l’enrôler. À l’origine de leur signature, Bernard Laporte, nommé quelques mois auparavant directeur du rugby par le patron du club, Mohed Altrad. La concomitance de leurs arrivées avait évidemment fait lever des sourcils plus que circonspects.
« J’en avais parlé avec le président car c’étaient deux dossiers sensibles, explique Laporte aujourd’hui. Mais il croit que tout le monde a droit à une deuxième chance, et je suis d’accord avec lui. Ils ont déconné, ça peut arriver à tout le monde. Aujourd’hui, ils se comportent bien, ce sont de super mecs, très sérieux. Ils ne sont plus tout jeunes mais ils ont encore la dalle et ils font une grosse saison, à l’image de tous nos avants. Je suis ravi qu’ils soient avec nous. »
Le week-end dernier, au moment de son remplacement, Haouas a été sifflé par une partie du public du Vélodrome. Mais il est chez lui à Montpellier. Hounkpatin, lui, a décidé l’an dernier de poursuivre sa carrière internationale avec le Sénégal, pays d’origine de son père, dont la sélection dispute à peine trois matchs par an. Ce samedi, ils soulèveront peut-être le Brennus ensemble.
#84
Posté 26 juin 2026 - 19:42
Ramos Charabas Brousset. C est du copinage pour Charabas ?
Le fait est que cette année les autres n’ont pas fait d’étincelles pendant que lui ne faisait pas trop le con
#85
Posté 26 juin 2026 - 19:44
Le fait est que cette année les autres n’ont pas fait d’étincelles pendant que lui ne faisait pas trop le con
non, c'est uniquement pour gérer les hyperthermies d'effort ![]()
#86
Posté 26 juin 2026 - 20:12
Z'ont pas rappelé Garces pour arbitrer les mêlées ?Ramos Charabas Brousset. C est du copinage pour Charabas ?
- Y&B aime ceci
#87
Posté 27 juin 2026 - 00:41
Je ne regarderais pas et bien content de me passer de ce moment dindignité entre Lacroix, Laporte, Altrad et cie..
- Velveteethol et Bougnat et Breton aiment ceci
#88
Posté 27 juin 2026 - 08:28
À moins d'être un peu zinzin, vous ne suivrez pas cette finale du Top 14 avec un compteur dans une main et une calculette dans l'autre. Avec ces deux instruments, pourtant, vous pourriez deviner en temps réel la tendance du match. Il vous faudrait pour cela, en plus d'avoir les mains pleines, ne pas suivre le ballon des yeux, mais uniquement regarder le comportement des Montpelliérains sur les rucks toulousains. Si, plus de deux fois sur trois, ils ne tentent pas de mettre la pression, le plus probable, voire le quasi-certain, est qu'ils ne touchent pas le Brennus à la fin.
Ce ne sont pas les stats du MHR qui le disent, mais celles de Toulouse. À onze reprises cette saison, selon les données d'AIA Sports, le champion de France en titre a été confronté à une équipe qui a « attaqué » moins d'un tiers de ses rucks offensifs ; il s'est toujours imposé (voir l'infographie). L'invincibilité en prend un sérieux coup quand l'adversaire est plus agressif dans le jeu au sol, puisque le taux de victoire stadiste passe à... 54 %.
Étonnant contraste statistique, par sa radicalité comme par son ampleur, mais qui ne se conteste pas. Même les dix derniers chocs face à Bordeaux-Bègles, que Toulouse a le plus souvent abordé avec une équipe très compétitive, suivent cette logique : l'UBB a perdu les deux matches où elle est restée sous les 32 % de regroupements contestés ou « contre-ruckés », alors qu'elle s'est imposée six fois sur huit dans le cas contraire.
Encore plus que d'habitude, ces données imposent le jeu au sol comme une clé de la rencontre, en même temps qu'elles fixent un cap pour la défense de Montpellier dans les rucks : l'agressivité plutôt que la passivité, la concentration de joueurs dans cette petite zone plutôt que l'étalement sur la largeur du terrain, le combat plutôt que les courses de replacement. Pour certains clubs, comme Toulon ou le Stade Français (respectivement 16 et 18 rucks « attaqués » par match), ces consignes auraient été difficiles à suivre. Pour le MHR, en revanche, elles sont dans la lignée du leitmotiv de son responsable de la défense, Geoffrey Doumayrou : « attaquer l'attaque. »
Ces trois mots vont dicter toute l'attitude des Héraultais ce samedi soir. Après être montés très vite pour prendre le porteur du ballon le plus loin possible dans son camp, puis avoir plaqué haut la plupart du temps (55,6 %, 2e du Top 14) pour gagner les collisions, ils rajouteront une couche de pression au sol (53,4 % de regroupements perturbés, 2e). Le cocktail leur va bien. C'est comme ça qu'ils ont pris peu d'essais cette saison (2,6, 1er) et récupéré beaucoup de ballons dans les rucks (8,6, 1er) dans le sillage des saignants Alexandre Bécognée, Jordan Uelese et Billy Vunipola.
C'est comme ça aussi (et avec une mêlée destructrice) qu'ils avaient étouffé les Toulousains le 20 septembre dernier (41-14), le plus crédible de leurs duels de la saison au vu des compositions d'équipe, même si le champion était à court de préparation. En bataillant dans 41 % des rucks, le MHR avait récupéré quatre ballons et obligé son adversaire à mettre plus souvent qu'à l'accoutumée un troisième joueur au soutien (+ 12 %), lequel manquait forcément pour la suite immédiate de l'action.
Dans le contexte surmotivant d'une finale, c'est certain, Montpellier va accentuer la pression dans chaque phase de combat, rucks compris. Attention cependant à rester lucide car Toulouse, avec son sens de l'adaptation et son talent pour jouer debout, sait punir les excès et les approximations comme personne. Quand son adversaire s'est emballé dans les regroupements cette saison (+ de 45 % de rucks ciblés), dégarnissant trop le rideau défensif, son taux de victoires est reparti à la hausse (60 %). Les Montpelliérains n'auront ni compteur ni calculatrice pour vérifier, mais ils seraient bien inspirés de trouver la bonne mesure dans les rucks sur la pelouse du Stade de France.
% de victoires de Toulouse en fonction du % de ses rucks offensifs « attaqués » par l'adversaire cette saison, toutes compétitions confondues
% de rucks « attaqués » par Montpellier face à Toulouse cette saison
#89
Posté 27 juin 2026 - 08:41
Avant la finale de Top 14 entre Toulouse et Montpellier, samedi (21h05), Louis Picamoles (40 ans) et François Trinh-Duc (39 ans) ont très vite accepté l'idée d'un entretien croisé. Le rendez-vous a été pris mercredi en début d'après-midi, alors que chacun était au volant de sa voiture. L'ex troisième-ligne du Stade Toulousain (2009-2016) et l'ancien ouvreur du MHR (2004-2016), qui ont joué ensemble dans l'Hérault pendant cinq ans, sans oublier leurs nombreuses sélections communes en équipe de France, ont replongé dans leur souvenir de la finale 2011, au cours de laquelle ils se sont retrouvés face-à-face, pour ce qui a été l'un des matches les plus importants de leur carrière. Un moment léger, avec, en bonus, la présence de Fulgence Ouedraogo (39 ans) au côté de Trinh-Duc, et un petit accrochage...
« En 2011, quel était le joueur le plus fort de votre équipe en finale ?
Louis Picamoles : Je dirais Yannick Jauzion. Il était à son meilleur niveau. Il était le stabilisateur de l'attaque, de la défense, c'était la poutre de l'équipe. En finale, dans un match fermé (victoire de Toulouse 15-10), il avait été difficile de mettre notre jeu en place. Mais Yannick, par rapport à ses qualités, avait fait un très bon match.
François Trinh-Duc : Nous avions une équipe très homogène. Notre force, c'était le collectif. Avant cette saison, personne ne connaissait les mecs qui composaient notre équipe ! Si je devais en citer un, je dirais Jim (Timoci) Nagusa. Il avait enflammé la finale en marquant un essai à lui tout seul avec un petit par-dessus. Comme pendant la saison, il avait été l'auteur de plusieurs fulgurances.
Quel était l'adversaire que vous redoutiez le plus à l'approche de cette finale ?
L.P. : Nagusa, justement. On savait qu'il avait réalisé des choses exceptionnelles durant la saison. Il avait été ciblé dans notre préparation. On savait qu'il ne fallait pas le lâcher. C'était un facteur X.
François (Trinh-Duc) n'était pas ciblé ?
L.P. : Aussi, pour faire déjouer la charnière. C'était le maître à jouer de Montpellier. Il fallait l'empêcher de s'exprimer. Mes compères de la troisième ligne, Jean Bouilhou et surtout Thierry Dusautoir, étaient missionnés pour se charger de lui. Ils l'ont très bien fait, je crois...
F.T-D. : Oui, je confirme (sourire). "Titi" (Dusautoir) était dans son registre de chasseur de numéro 10. Déjà, pendant la saison, le match à Toulouse avait été un calvaire. Je l'avais eu sur le râble tout le match !
« L'idée de Fabien Galthié était de faire douter le grand Toulouse »
François Trinh-Duc, joueur de Montpellier au moment de la finale de 2011
Rupeni Caucaunibuca n'était-il pas le Toulousain le plus craint ?
F.T-D. : Il faut demander à "Fufu" (Fulgence Ouedraogo). Il s'est éteint sur lui ! (il se marre)
Fulgence Ouedraogo : (présent dans la voiture à côté de Trinh-Duc) Oui, je m'en souviens bien, j'ai pris sa hanche. Mais à l'époque, il n'y avait pas de protocole commotion. Un coup d'éponge et c'était reparti. J'avais déjà le poignet cassé, j'ai passé une bonne finale...
Vu que ça chambre, quel était le plus gros chambreur de l'équipe ?
F.T-D. : Mickaël De Marco (deuxième-ligne de Montpellier, remplaçant au coup d'envoi). C'était lui qui mettait l'ambiance dans les vestiaires, avec Jean-Matthieu Alcade (ailier, hors groupe). On était heureux de vivre une semaine de plus ensemble. La préparation est restée légère. On pensait même déjà aux vacances et aux bringues qu'on pourrait faire. Quoi qu'il arrive en finale, l'année était déjà exceptionnelle.
L.P. : Yannick Nyanga, il aimait mettre l'ambiance. Il gérait la musique, le bien vivre dans le groupe. Cette semaine de finale, il avait tenu son rôle. On avait dîné plusieurs fois ensemble, sans modifier nos habitudes. J'ai vite compris qu'à Toulouse, une sérénité se dégageait dans la préparation des matches qui comptent. J'ai souvenir d'une ambiance très familiale.
Avec des managers emblématiques, Guy Novès d'un côté (Toulouse) et Fabien Galthié de l'autre (Montpellier), vous souvenez-vous d'une consigne particulière avant cette finale ?
L.P. : Guy avait insisté sur le fait de ne pas tomber dans le piège de l'ogre face au petit poucet. Même si, sur le papier, il y avait une différence, il nous avait demandé de rester très concentrés, de ne pas écouter ce qu'il se disait. On avait également ressenti sa rivalité avec Fabien (Galthié) quand ce dernier était au Stade Français. Enfin, Guy avait insisté sur le côté exceptionnel du Brennus, car le dernier qu'on avait remporté remontait à 2008.
F.T-D. : Fabien avait misé sur le côté émotionnel, celui d'écrire l'histoire du club. Il avait parlé des familles, des proches. Sur la stratégie, il avait insisté sur l'obligation de se lâcher, de jouer sur nos qualités, de ne pas avoir de regret. L'idée était de faire douter le grand Toulouse.
Novès avait branché Galthié avant la finale en déclarant : "Combien de titres pour Galthié, dites-moi, je ne sais pas..." Ça vous parle ?
F.T-D. : Ça me fait plutôt marrer. Je connais bien les deux, ils ont chacun leur caractère et leur ego. C'était une façon de mettre la pression sur les managers et non ses joueurs. Ça faisait partie du folklore. Fabien aurait pu faire la même.
L.P. : Venant de Guy, ce n'est pas surprenant (il sourit), il y a de la fierté. Ce genre de piques, on en prenait aussi en tant que joueur. Il savait trouver les leviers pour faire passer des messages.
Affronter l'un de ses meilleurs amis en finale du Top 14, est-ce particulier ? Avez-vous échangé avant ce rendez-vous ?
F.T-D. : On ne s'était pas écrit de la semaine. C'était une question de pudeur. Il n'était pas question d'entrer dans une forme de chambrage. À la fin du match, j'étais déçu pour nous, mais content pour lui quand même.
L.P. : De mon côté, c'est la sensation inverse. J'étais heureux de soulever mon premier Brennus... (Louis s'arrête de parler) Attendez. Désolé, je suis dans les bouchons et j'ai touché le mec. On se gare sur le côté, je vous reprends dans deux minutes. Quel boulet !
F.T-D. : "Fufu" va répondre à ta place !
« À la fin du match, j'ai profité, mais j'avais aussi un sentiment de pudeur puisque j'avais quitté le MHR deux ans plus tôt »
Louis Picamoles, joueur du Stade Toulousain au moment de la finale 2011
Louis n'est plus là. Est-ce qu'il a pris la grosse tête après avoir gagné le Brennus et avez-vous reparlé de la finale ?
F.T-D. : Pas avec nous ! Mais c'est vrai qu'on a senti qu'il s'était mis dans le moule toulousain. Il a été rongé et façonné à la toulousaine ! Après, je ne suis pas trop dans la nostalgie, on n'a pas forcément reparlé de cette finale. Jamais même, plus de la saison ou des bons moments vécus entre potes. Mais je ne lui en veux pas d'avoir gagné ce titre.
L.P. : (cinq minutes plus tard) C'est bon ! Je suis là.
F.T-D. : Tu as fait un constat ou tu as frotté la rayure avec la bave ? Le mec va se faire engueuler par sa femme à cause de toi. Bon, il dira que le gars avait les bras tatoués et qu'il a remonté les manches ! (ils se marrent)
L.P. : Non, il n'y avait rien. Vous avez balancé des saucisses j'imagine ?
On se demandait si, après le titre, vous aviez fanfaronné auprès de vos amis...
L.P. : Non. À la fin du match, j'ai profité, mais j'avais aussi un sentiment de pudeur puisque j'avais quitté le MHR deux ans plus tôt. J'avais un mélange de fierté et d'admiration de voir mon club de coeur arriver à ce niveau. Mon état d'esprit était mitigé.
Ce qui ne vous a pas empêché d'exposer le bouclier de Brennus lors de votre mariage quelques jours plus tard...
L.P. : Je ne l'ai sorti que le lendemain... Tout s'est bien passé. C'est aussi ça, le rugby. On a fait en sorte de passer un bon moment.
F.T-D. : On a quand même mis un peu de temps à se mettre dans l'ambiance. On se regardait en chiens de faïence avec Nyanga ou (Grégory) Lamboley... La première bière, on ne l'a pas partagée. Mais dès la seconde, ç'a été. Même si on ne s'est pas sautés dans les bras (rires) !
En parlant de fêtes et de soirées, pouvez-vous nous raconter l'après-match ?
L.P. : Le problème, c'est que depuis 2011, j'en ai eu pas mal d'autres des soirées ! J'ai surtout des souvenirs du lendemain et de la marée humaine place du Capitole, à Toulouse. C'était impressionnant.
F.T-D. : Malgré la frustration et la déception, j'ai le souvenir d'un vestiaire joyeux, radieux. On célébrait la fin d'une aventure et d'une saison extraordinaire. On a terminé au petit matin, au carrefour de l'Odéon, à Paris. Nous avions retrouvé le chef Yves Camdeborde et nous avions installé des tables dehors. Il nous avait préparé une petite omelette. Fabien (Galthié) était encore avec nous au lever du soleil. Éric Béchu (son adjoint, mort en 2013) aussi. Nous avions un superbe hôtel et nous n'avions même pas dormi. On avait terminé au marché Saint-Germain avant de prendre le bus pour filer à l'aéroport et rentrer à Montpellier. Malgré la défaite, nous avions partagé un moment de communion avec nos supporters, place de la Comédie.
Une anecdote que vous n'auriez jamais racontée sur cette finale de 2011 ?
F.T-D. : Il n'y avait rien de secret.
L.P. : J'ai vécu cette semaine de finale assez difficilement. J'étais parti deux ans plus tôt de Montpellier pour grandir et gagner des titres. Je me retrouvais face à mon club formateur. De plus, ma mère bossait au MHR à l'époque. Ce n'est pas la meilleure semaine de ma carrière. Ma mère était un peu des deux côtés et j'ai le souvenir qu'au club, ils n'avaient pas été très cools avec elle. C'est comme ça... Ce n'était pas ma finale rêvée pour mon premier Brennus. »
François Trinh-Duc a lui aussi raccroché en 2022, à l'UBB. Si l'ex-ouvreur (66 sélections) a réalisé un grand Chelem avec les Bleus (2010), son palmarès ne compte qu'un Challenge en club (2016, avec Montpellier). Aujourd'hui, il dispense des conférences ou des interventions en entreprises pour faire le lien entre le sport de haut niveau et le monde du travail. Il fait également du coaching sur le management ou le leadership. M.R.
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