"Ce n’est pas n’importe quel joueur" : titulaire avec l'ASM, Justin Bouraux peut offrir une alternative crédible à Harry Plummer
Aligné d’entrée à l’ouverture, Justin Bouraux aura la lourde responsabilité de faire oublier Harry Plummer, ce samedi après-midi (16 h 35) à La Rochelle. Mais au-delà de bénéficier de la confiance de son entraîneur et de ses partenaires, l’ancien d’Oyonnax peut aussi s’appuyer sur un tempérament bien assuré.
À l’échelle de l’ASM, c’est un petit événement. Pour la première fois depuis le 17 janvier dernier et un déplacement pour du beurre à Durban en Champions Cup, un autre joueur qu’Harry Plummer va enfiler le numéro 10 jaune et bleu, ce samedi après-midi (16?h?35), à La Rochelle. Et si on ne se concentre que sur le Top 14, il faut même remonter à il y a presque un an, au 18 octobre 2025, lors de la 7e journée à Bayonne, pour ne pas voir le demi d’ouverture néo-zélandais au coup d’envoi d’un match de Clermont.
C’est dire la tâche qui attend Justin Bouraux, recruté à Oyonnax (Pro D2) l’été dernier avec l’idée d’enfin offrir une alternative crédible à Harry Plummer qui n’a, pour l’heure, pas manqué la moindre seconde de Top 14 après 4 journées et qui débutera sur le banc ce samedi. « Je sais que Justin sera à la hauteur. C’est un joueur qui avait l’habitude de beaucoup jouer à “Oyo” et donc de mener des équipes, de prendre ses responsabilités », pose son entraîneur Christophe Urios.
« Je n’attends pas de lui qu’il nous fasse gagner le match, mais qu’il mène l’équipe comme on l’a préparé. Je veux qu’il soit capable d’être lui-même parce que c’est un joueur intéressant, important pour nous et qui va surprendre. »
Christophe Urios (Manager de l'ASM Clermont)
Sa bonne entente avec Baptiste Jauneau, son compère à la charnière, sera forcément à observer, eux qui n’ont pas encore eu l’opportunité d’évoluer ensemble en match officiel. Car pour l’heure, Justin Bouraux n’a évolué qu’à l’arrière avec Clermont, en entrant en cours de match à Bayonne (remplaçant face à Castres, il n’a pas été utilisé).
« Ça va un peu changer mes habitudes parce que ça fait maintenant plus d’un an qu’on joue ensemble avec Harry. Mais durant la semaine, ça s’est plutôt bien passé avec Justin, on a beaucoup échangé, confie le demi de mêlée. Ils sont différents. Harry est quelqu’un qui parle énormément, qui pèse beaucoup sur l’équipe et qui porte plus le ballon. Mais après, franchement, sur la qualité du jeu au pied par exemple, ils sont ex aequo. Et attention, Justin, ce n’est pas n’importe quel joueur, il a de la bouteille, il ne va pas non plus faire ses premiers pas. Loin de là?! »
Un tempérament bien trempé
En effet, du haut de ses 24 ans, le natif de Saint-Claude (Jura) compte déjà plus de 100 matchs professionnels : 72 de Pro D2, 27 de Top 14 et 2 de Challenge Cup. Un bagage qui, malgré l’image réservée qu’il peut renvoyer de l’extérieur, lui permet d’avoir une certaine assurance.
« Il a beaucoup de tempérament. Rien que dans sa posture, quand tu lui parles, que tu lui dis des choses qui ne font pas forcément plaisir à entendre, il te regarde droit dans les yeux, apprécie Christophe Urios. Peut-être qu’il fera des erreurs, comme tout le monde, mais il n’est pas du genre à baisser la tête. Il a du tempérament, et quand tu mènes une équipe, si tu n’en as pas, tu t’effondres, ça ne marche pas. »
On avait d’ailleurs pu en avoir un aperçu cet été lors de la préparation et des Défis Vulcains où il nous avait confiés : « Avec Harry, je vais avoir une concurrence bien plus forte que ce que j’ai connu auparavant. Cela va me pousser dans mes retranchements pour essayer de le titiller, mais je veux réussir à m’imposer et à jouer le plus possible. Je suis là pour ça. »
L’heure est donc venue. La saison dernière, Tom Raffy et Irae Simone n’avaient pas su saisir les rares opportunités qui leur avaient été offertes. Accentuant, de fait, l’ultra-dépendance de l’ASM à un Harry Plummer, miraculeusement épargné par les blessures et sujet à de très rares baisses de régime. L’assurance de posséder en ses rangs une doublure aux solides épaules ne seraient néanmoins pas du luxe.