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les mécènes du Top 14


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#1 el landeno

el landeno

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Posté aujourd'hui, 19:13

« Ils pensaient que leur argent suffirait pour gagner des titres » : les propriétaires mécènes du Top 14 face à l'usure du temps
Après avoir beaucoup investi, les riches présidents et mécènes les plus âgés du Top 14 aimeraient, pour la plupart, passer la main ou a minima faire évoluer leur modèle économique. Bernard Lemaître, Hans-Peter Wild, Mohed Altrad et Jacky Lorenzetti sont à un tournant.

Bernard Lemaître a 87 ans. Il est le doyen des présidents du Top 14. Il dirige le Rugby Club Toulonnais depuis 2020 après une carrière réussie dans la bio pharmaceutique. Jacky Lorenzetti, neuf ans de moins, a, lui, fait son succès dans l'immobilier. La 159e fortune française a reconstruit le Racing ces vingt dernières années. Hans-Peter Wild (85 ans) pèse encore plus lourd. Ce Suisse d'origine allemande est le (très) riche propriétaire du Stade Français depuis 2017. Son patrimoine, issu de l'industrie agroalimentaire, est estimé à 4,7 milliards de dollars (environ 4,1 milliards d'euros) selon le magazine Forbes. Quant à Mohed Altrad, 22e fortune française, il serait né en 1948 dans le désert syrien. Son groupe éponyme de BTP emploie 70 000 salariés dans le monde et a réalisé un chiffre d'affaires d'environ 6 milliards d'euros l'an dernier. Il est aussi l'actionnaire principal du club de Montpellier depuis 2011.

 
 
 
 

Ces quatre-là sont des visages familiers du Championnat. Des entrepreneurs dont la voix compte. « C'est une chance de les avoir pour l'énergie, les moyens et leur contribution, au service de leur club bien sûr, mais aussi de l'ensemble du rugby français, souligne Yann Roubert, président de la Ligue nationale de rugby. Sans eux, certains clubs seraient très nettement dans le dur voire en incapacité de continuer à exister au plus haut niveau. »

 
 
Seul le MHR a soulevé le Brennus depuis 2017

Pour viser les sommets, ils ont d'abord souvent surpayé leurs meilleurs joueurs, à l'image du MHR pour le Sud-Africain Handré Pollard et le Néo-Zélandais Aaron Cruden (800 000 euros annuels) et même les entraîneurs dont Vern Cotter (60 000 euros mensuels). « Ils se sont offert une danseuse, raconte un acteur influent du Championnat. Ils pensaient que leur argent suffirait pour gagner des titres. » Grave erreur. Parmi eux, sur les neuf derniers Championnats, seul Montpellier a soulevé le Brennus en 2022, avant d'échouer en finale le 27 juin dernier (28-20 contre Toulouse).

 

« Dans leur inconscient de compétiteurs et d'hommes d'affaires reconnus, ça peut être fatigant de se dire que ça ne fonctionne pas toujours malgré les structures et l'argent car l'aléa sportif est par définition incontrôlable alors qu'ils aiment justement tout contrôler », analyse Miguel Fernandez, agent sportif et vice-président exécutif de la société The Team.

 
 
 
 

« Ce sont des libéraux qui ont réussi dans les affaires et qui ne comprennent pas qu'on plafonne leurs masses salariales, complète Christophe Lepetit, directeur des études économiques du Centre de droit et d'économie du sport (CDES) de Limoges. Les mécanismes de régulation, dont le salary-cap, sont souvent une hérésie dans leur esprit. Je comprends que ça puisse susciter de la lassitude chez eux mais s'ils sautent, ces gens-là pourraient bâtir une équipe non plus avec 11 millions d'euros de masse salariale mais avec 15, 20 ou 25. Et là, ils gagneront. Mais il ne faut pas être totalement naïf. Cet investissement à perte est aussi réalisé parce qu'il permet d'avoir des investissements bien rentables ailleurs. Le fait d'être président d'un tel club ouvre des voies médiatiques quasi permanentes et des portes politiques, ça fait de vous un personnage public. Ce n'est pas une perte sèche et nette. »

 
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Mohed Altrad célèbre le sacre du MHR en Top 14 au milieu de ses joueurs, en 2022. (A. Mounic/L'Équipe)
 

Elle est pourtant parfois difficile à digérer pour ces grands patrons que l'on dit aujourd'hui éprouvés mentalement et physiquement. Lemaître en est la parfaite illustration. Le patron toulonnais donne de son temps (il est tous les jours au RCT Campus) et de son argent (il a investi plus de 100 M€ au total). « Il est épuisé, confirme un proche. Il s'est énormément impliqué en mode mécène bâtisseur. Il voulait marquer de son empreinte le club, le faire grandir et lui assurer une certaine continuité. Il est fatigué parce qu'il a l'impression que personne ne l'écoute, que ce soit les pouvoirs publics et tout l'écosystème. Il a vraiment envie de passer la main. »

 
 

« Ces mécènes se disent peut-être qu'il est temps de transformer aussi leur modèle »

Christophe Lepetit, directeur des études économiques du CDES de Limoges.

 
 

Lemaître se bat pour qu'un nouveau stade Mayol voie le jour. Un atout indispensable pour pérenniser le RCT et attirer un nouvel investisseur capable de sortir dix millions d'euros par an. Wild bouche également les trous tous les ans à Paris, plus mauvais élève du Top 14 avec un déficit d'exploitation de 16,3 M€ sur la saison 2024-2025. Il ne veut plus faire des chèques pour recruter des joueurs sous contrat. Et lui, comme expliqué dans nos colonnes l'an dernier, aimerait trouver « un partenaire français qui a de l'argent et qui a bien conscience qu'on ne peut pas faire de bénéfices avec un club de rugby ».

Dans les Hauts-de-Seine, Lorenzetti - toujours propriétaire via sa holding Ovalto et président du conseil de surveillance - cherche un actionnaire minoritaire avec qui il pourrait cohabiter. Il est par ailleurs récemment devenu un chantre de la baisse du salary-cap et a réduit le train de vie des Franciliens. À Montpellier, où le projet sportif est devenu moins clinquant, l'après Altrad est « aléatoire » selon ses termes, pour ne pas dire très incertain.

 
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Le Racing 92 de Jacky Lorenzetti s'est hissé en demi-finales du Top 14 cette saison. (F. Faugère/L'Équipe)
 

« Ces mécènes se disent peut-être qu'il est temps de transformer aussi leur modèle, note Lepetit. Ils savent qu'ils ne sont pas éternels et qu'il n'y a pas forcément beaucoup de chefs d'entreprise ou de grandes fortunes qui voudront assumer des trains de vie aussi dispendieux. Et si ces gens-là décèdent demain - on ne leur souhaite évidemment pas de mal -, quelle sera la décision des personnes qui leur succéderont ? Et sans même parler de leur décès, ils peuvent aussi du jour au lendemain fermer les vannes. Les clubs descendraient alors a minima en Pro D2 ou pourraient être exclus des compétitions nationales. Et c'est là toute la différence avec l'économie réelle développée dans d'autres clubs. Ce serait un tremblement de terre. Des clubs qui font faillite c'est rare mais ça existe... »

 

 


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#2 el landeno

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Posté aujourd'hui, 19:35

« S'il m'arrive malheur, il n'y aura plus de rugby à Montpellier » : le président Mohed Altrad s'interroge sur l'avenir du MHR en Top 14
Si Mohed Altrad n'entend pas s'en aller, le président et propriétaire du club de Montpellier ne sait pas encore comment s'opérera sa succession. Il ne croit pas à l'arrivée de potentiels acquéreurs.

Arrivé en 2011, le milliardaire Mohed Altrad est l'actionnaire majoritaire et président du MHR. L'homme d'affaires de 78 ans est en conflit avec la municipalité socialiste depuis de nombreuses années au sujet du Septeo Stadium qu'il aurait aimé racheter pour apporter de nouveaux revenus à son club. Il entend garder le cap. À Montpellier... ou ailleurs.

 
 
 
 
 

Son engagement : « J'ai investi des sommes très importantes »

« Lorsqu'on est venu me chercher en 2011, je ne savais pas dans quoi je m'engageais. Au départ, je voulais donner un coup de main à la ville, la métropole et la région pour sauver le club de la disparition. Je ne connaissais pas grand-chose ou rien au rugby. J'ai découvert les matches, les vestiaires et plein d'autres choses. Petit à petit, on se passionne pour les gens et le public. Quinze ans plus tard, peu de choses m'échappent, que ce soit le jeu, la composition d'équipe, les valeurs, la relation avec les intermédiaires et les agents.

 
 

J'ai mis la main à la poche régulièrement et investi des sommes très importantes (environ dix millions d'euros par an). Mais ce n'est pas qu'un mécénat, ce serait un peu trop réducteur de dire ça. Le club du MHR est l'une des 200 filiales du groupe Altrad. C'est un souci permanent mais pas un travail à plein temps, si ce n'est lorsqu'il y a des urgences ou des sujets difficiles à traiter. C'est comme ça que j'essaie de piloter toutes les filiales du groupe. La passion est toujours la même mais la question de l'avenir se pose. À un certain moment, il faut passer la flamme à quelqu'un d'autre.

 
 
 
 
 

Stade et politique locale : « Je ne suis pas le bienvenu aux yeux des édiles successifs »

La question du stade est essentielle dans le modèle économique. Elle est malheureusement au point mort. Le sujet a commencé avec l'élection de (Philippe) Saurel (DVG puis LREM, en 2014) puis celle Michaël Delafosse (PS, en 2020) qui a été réélu cette année. Il y a eu beaucoup de discussions, de courriers et de réunions. Je n'ai jamais compris pourquoi ça avait capoté. Mais je ne suis pas le bienvenu aux yeux des édiles successifs. C'est un frein dans le développement. Un stade est absolument nécessaire pour faire grandir des clubs comme le MHR. Celui-là (le Septeo Stadium) a été inauguré en 2007. Depuis, il n'y a pas eu de rénovation, que ce soit pour l'éclairage ou la sonorisation qui est défectueuse. On ne doit pas oublier que le public ne vient pas que pour le match.

C'est décourageant et surtout une perte de temps. Les collectivités locales n'ont pas le même discours que moi. Une des deux parties ment. Et moi, je n'ai aucun intérêt à mentir. Dans la vie d'un entrepreneur, si tu n'avances pas, tu régresses... Je n'ai jamais pensé à claquer la porte mais le club peut être à Montpellier ou ailleurs, et notamment à Béziers, où Robert Ménard (DVD) nous accueillerait avec plaisir. On ne sait toujours pas où aller. Bien sûr, ce serait une déception de devoir partir car la place du MHR est à Montpellier, encore plus aujourd'hui avec le foot qui est descendu en Deuxième Division (en 2025). »

 
 

Sa succession : « Je n'ai jamais parlé de vente. C'est une fiction »

Je n'ai jamais vendu de filiale dans mon groupe et je ne vendrai pas celle-là. L'autre point important est qu'il y a des investisseurs dans le foot mais pas dans le rugby, où on ne gagne pas d'argent. Il n'y a personne pour acheter le club. C'est une vente imaginaire qui ne peut pas exister. Autant j'ai évoqué la relation qui peut exister avec Béziers, autant je n'ai jamais parlé de vente. C'est une fiction. Toutes les histoires s'arrêtent un jour et je ne sais pas comment va s'arrêter celle du MHR.

 

Ma succession et la suite ? Je ne sais pas l'imaginer et je ne vois pas comment les autres mécènes la préparent. Faire entrer un actionnaire minoritaire pour qu'il devienne majoritaire n'est pas une solution de succession sûre. S'il m'arrive malheur, il n'y aura plus de rugby à Montpellier. Mes enfants ne sont pas comme moi pour l'aspect matériel. Je ne crois pas qu'ils soient prêts à reprendre le MHR. Aucun n'acceptera d'injecter des sommes considérables. Mais je ne suis pas mort encore ni en incapacité ! (Rire) Personne ne sait lire dans le temps. S'il m'arrive une tuile grave, vous pourrez oublier tout ce que je viens de vous dire.

 

L'avenir du MHR est aléatoire. (...) Il n'y a pas de rapport avec le procès (pour une affaire de corruption). C'est vrai que nous avons été condamnés (avec Bernard Laporte) en première instance mais avec du sursis (il a été sanctionné de 18 mois de prison avec sursis, 50 000 euros d'amende et une peine d'inéligibilité, pour corruption active, trafic d'influence, abus de biens sociaux). Je ne suis pas interdit de gérer un club de rugby. Donc attendons l'appel qui aura lieu finalement en (mars) 2027. »


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#3 el landeno

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Posté aujourd'hui, 19:45

« Si j'englobe tout, je suis bénéficiaire » : le propriétaire du Racing Jacky Lorenzetti dresse le bilan après deux décennies d'investissements
Président du conseil de surveillance du Racing, Jacky Lorenzetti rejette la dénomination de mécène et préfère insister sur tout ce que le club a apporté à ses autres activités, ce qu'il appelle le chiffre d'affaires « inquantifiable ».

Depuis son bureau de Punta Rossa, en Corse, Jacky Lorenzetti essaie, comme chaque été, de ne rien faire mais n'y arrive pas à tous les coups. Repreneur du Racing Métro en 2006, l'ancien fondateur de Foncia avait une feuille de route et un modèle pour faire prospérer son club. Il s'y est tenu et doit aujourd'hui, avec la vente programmée de l'Arena de Nanterre, bifurquer vers un projet moins dispendieux.

 
 
 
 

« Le modèle économique du Racing, de Montpellier, de Toulon et du Stade Français, avec des actionnaires mécènes, donne-t-il des signes d'essoufflement ?
C'est très réducteur et orienté de catégoriser ces quatre clubs. Le vocabulaire de mécène n'est pas du tout adapté à la réalité. Ce ne sont pas les personnes physiques qui sont propriétaires de ces clubs, ce sont des entreprises et en tant qu'entreprises, elles n'ont pas le droit au mécénat. Un mécène, c'est quelqu'un qui met de l'argent pour aider une cause et qui peut déduire fiscalement 66 % de son investissement. Rien à voir avec des chefs d'entreprise qui investissent dans une activité commerciale qui s'appelle le rugby et qui génère, si j'ai bien lu les derniers chiffres que la Ligue a publiés, 1,3 milliard d'euros de chiffre d'affaires ; une activité qui produit de la TVA, des taxes et des charges sociales pour l'État. Tout ça est donc plutôt vertueux, mais ça n'a rien à voir avec du mécénat.

 
 

Alors parlons plutôt d'un modèle avec un actionnariat très personnifié...
Le propriétaire du Racing, ce n'est pas moi, Jacky Lorenzetti, c'est la holding Ovalto. Aucune différence avec Clermont et Michelin, Castres et les laboratoires (Pierre) Fabre, Perpignan et la holding du président (François) Rivière, Bordeaux et la holding du président (Laurent) Marti, Lyon et GL Events ou La Rochelle et la holding du président (Vincent) Merling, etc. On oppose toujours les quatre clubs dont on parlait au début et les autres qui, eux, représenteraient l'économie réelle... On est tous dans l'économie réelle.

 

Mais elle peut se caractériser par des marqueurs différents. Il y a les chiffres d'affaires numéraires et les chiffres d'affaires en échange de marchandises. Moi, j'investis dans le Racing, j'essaie de faire en sorte que les recettes équivalent aux dépenses et pourquoi pas les dépassent, ce qui n'est pas le cas. Mais j'attends autre chose de mon investissement, en termes de communication, de notoriété me permettant d'avoir des discussions plus faciles avec des vendeurs, des clients ou des institutions pour mes autres activités comme le vin, l'immobilier ou l'agriculture. C'est inchiffrable mais c'est très réel. Et je peux vous assurer que le retour sur investissement pour Ovalto est assez considérable.

 
 
 
 

Je me doute que cet effet rugby existe aussi pour ceux qui ont fait ou font de la politique comme Mohed Altrad (président du MHR). Il ne faut pas non plus se voiler la face. Derrière cet investissement, il y a un peu de mégalomanie ou d'ego comme vous préférez. Et puis bien sûr de l'émotion, de l'humain, des souvenirs pour la vie. Vous le chiffrez comment ça ? C'est une richesse inquantifiable. Si j'englobe tout, je suis bénéficiaire.

 

La question de la longévité de ce modèle se pose. De nouveaux investisseurs vont-ils vous succéder ? Vos enfants auront-ils la fibre pour prendre le relais ?
Depuis vingt ans que je suis dans le rugby pro, il n'y a pas eu un seul club de Top 14 qui a connu de graves difficultés financières. Ces chefs d'entreprise sont des gens solides et jamais le rugby français n'a été aussi robuste grâce à ces entrepreneurs. C'est une force.

 
 

« Une banque d'affaires a été mandatée pour trouver la personne idoine. Mais je suis difficile, dans tous les sens du terme. Il n'y a pas d'urgence, j'en ai encore pour un bout de temps »

À propos du choix de son successeur en tant que propriétaire du Racing 92

 
 

Existe-t-il au Racing un plan de succession au cas où vous ne pourriez plus exercer demain ?
Ma holding Ovalto est organisée en termes de gouvernance et de succession financière pour gérer la suite. Ce sont mes enfants qui sont déjà propriétaires, tout est paré. Avant mon opération un peu compliquée du dos au mois de novembre (qui l'a énormément fatigué), je pensais être éternel. Maintenant, j'ai compris qu'il y aurait une fin... dans quelques décennies (rire). L'obsession d'un chef d'entreprise c'est de prévoir l'avenir, pour que tous les collaborateurs puissent continuer le plus longtemps possible.

 

Il y a un an, vous cherchiez un actionnaire minoritaire, à hauteur de 30 ou 40 %. L'avez-vous trouvé ?
Une banque d'affaires a été mandatée pour trouver la personne idoine. Mais je suis difficile, dans tous les sens du terme (rire). Il n'y a pas d'urgence, j'en ai encore pour un bout de temps.

La version de vous-même d'il y a vingt ans se lancerait-elle aujourd'hui dans l'aventure Racing ?
Si tu es entrepreneur, automatiquement tu as l'esprit de compétition. Donc je réponds oui, d'autant que le rugby reste attractif. Mais il faut faire attention à ce que les fédérations ne "bouffent" pas les clubs. C'est un point de vigilance sensible en ce moment. Si on tue les clubs, on tue l'équipe nationale.

 

La saison dernière, vous aviez dû remettre de l'argent pour compenser les pertes. Idem cette saison...
Je ne remets pas de l'argent, j'investis. Et aujourd'hui, au Racing, j'ai moins besoin d'investir qu'il y a quelques années.

 
 

« Tu repars à zéro tous les ans. Et moi, tous les ans, début septembre, je crois que je vais être champion de France »

 
 

Le président de Toulon, Bernard Lemaître, a chiffré son investissement à près de 110 millions d'euros en six ans. Le vôtre s'élève à combien ?
Déjà, moi, c'est en vingt ans. Disons que c'est entre moins et beaucoup moins que Bernard Lemaître. La différence, c'est que dès le départ, mon modèle comprenait la construction de l'Arena. J'ai toujours dit que faire un stade pour y jouer 15 ou 16 fois par an était une aberration. Ça n'a pas fonctionné aussi bien que je le pensais pour le rugby mais ça a dépassé nos espérances pour les spectacles puisque je suis même obligé de rendre des dates tellement j'ai de demandes. Quand j'ai pris le Racing, il était en position de relégable en Pro D2. Le club possède aujourd'hui un centre d'entraînement qu'on a construit il y a quinze ans et qui fait référence. Il aura bientôt un stade autonome (à Colombes) qui lui appartiendra pour cinquante ans (le recours déposé par la section football a été levé et les deux équipes se partageront le terrain).

 
 
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Le Racing va investir environ 23 M€ dans la rénovation du stade Yves-du-Manoir de Colombes, antre historique du club quitté en 2017. Les travaux ont débuté le mois dernier et devraient s'achever au printemps 2027. L'enceinte comptera 14 000 places.
Si l'autorité de la concurrence valide la vente à Live Nation, vous ne disposerez plus, au 1er janvier 2027, des bénéfices de l'Arena pour compenser les pertes du Racing. Votre modèle doit donc se transformer...

C'est déjà le cas. Le nouveau modèle est basé sur un club qui va dépenser un peu moins d'argent, avec une masse salariale moins importante. On a réduit les dépenses quotidiennes, par exemple le coût de certains déplacements avec des voyages en seconde classe. On s'est déjà recentré sur les jeunes de notre académie. Tenez, on m'a proposé un Néo-Zélandais qui est un très bon joueur mais qui aura 38 ans après la Coupe du monde 2027, le tout à un salaire démoniaque. Ça, c'est fini. J'ajoute qu'on a réussi à aller en demi-finales avec le dixième budget du Championnat.

 

Et l'usure dans cette équation ? L'usure du temps qui passe, des opportunités de titres qui s'envolent...
L'usure, elle est vite oubliée parce que tu repars à zéro tous les ans. Et moi, tous les ans, début septembre, je crois que je vais être champion de France. »

 
 
 

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