Arrivé en 2018 en tant que n°8, Karl Sorin est aujourd’hui un joueur de première ligne “hyper épanoui”. © Crédit photo : XAVIER LEOTY
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Le Choletais de 23 ans (1,86 m, 135 kg) enchaîne les matchs en compagnie d’Aleksandre Kuntelia. Et s’il a marqué son tout premier essai dans le Béarn, il sait qu’il a encore beaucoup à démontrer
La mêlée a été l’un des points positifs relevés par Ronan O’Gara après la défaite à Pau (39-17). Sentez-vous que le travail effectué depuis la présaison porte ses fruits ?
Oui. On a mis un gros focus dessus, ça a toujours été notre ADN avec Uini (Atonio), qui a toujours apporté cette grosse mêlée, ce gros pack qu’on veut retrouver cette année. On le fait tout doucement en mêlée et je pense qu’on peut encore envoyer une meilleure image. Il ne faut pas s’arrêter là.
Le tout avec aucun pilier de plus de 25 ans…
Aujourd’hui, il ne faut pas qu’on regarde l’âge. On a tous des qualités, on est tous capables de jouer en Top 14. Bien sûr, l’expérience sert beaucoup mais à partir du moment où on y met de l’intensité, qu’on travaille dur toute la semaine, le week-end, ça ne peut que fonctionner.
La différence est-elle importante avec les saisons où vous étiez au milieu de piliers plus âgés ?
Je ne sais pas. Ce que je ressens, c’est qu’on a tous envie de se tirer la bourre, de bosser pour l’autre, de s’envoyer à 100 %. Aujourd’hui, pour nous tous, il n’y a rien qui est fait. Notre carrière n’est presque pas lancée, on n’a tous presque rien fait dans le club. Il faut qu’on lance nos carrières, tout simplement, donc on se pousse à l’entraînement. C’est d’autant plus stimulant d’avoir des jeunes qui veulent toujours faire le maximum, prendre le dessus sur l’autre en mêlée.
Avec deux piliers alignés de chaque côté (Aleksandre Kuntelia et vous à droite, Louis Keziah Penverne et Alexandre Kaddouri) depuis le début de la saison, l’émulation semble également fonctionner en match ?
Ce qui est sûr, c’est qu’on veut aller chercher la titularisation à chaque fois. On veut jouer le week-end, qu’on soit titulaire ou remplaçant. C’est cela qui pousse à toujours faire mieux à l’entraînement, ça se reflète en match.
« Je ne suis pas encore à 100 % de mes capacités, je sais que je peux encore aller chercher autre chose »
À titre personnel, vous a-t-on demandé de monter le curseur dans le registre de l’agressivité ?
Oui, ça a été un gros point à régler l’année dernière. Le staff voulait des piliers droits qui tiennent leur mêlée, qui soient dominants, avec bien sûr de l’agressivité dans le jeu, que ce soit défensif ou offensif. C’est ce qu’on essaie d’apporter. Ils nous demandent de l’intensité à 200 %, si tu dois sortir à la 40e parce que tu es cuit et que tu as tout donné, tu sortiras à la 40e.
Vous semblez mettre plus d’impact, balle en main ?
C’est quelque chose que j’essaie de bosser de mon côté, j’ai profité de ma présaison pour pouvoir le faire. Je ne suis pas encore à 100 % de mes capacités, je sais que je peux encore aller chercher autre chose.
Comment travaille-t-on cela ?
Il y a plein de « skills » (techniques individuelles, NDLR) avec Sean Dougall (en charge des attitudes au contact, NDLR), Kevin Gourdon m’aide aussi beaucoup là-dessus sur les jours « off », les après-midi. Il m’a beaucoup apporté sur les mains (la manipulation du ballon, NDLR). En fait, à partir du moment où tu es beaucoup plus à l’aise sur tes mains, tu ne réfléchis plus trop, tu baisses la tête et tu avances. Beaucoup d’exercices nous aident à nous rassurer. Mais il faut déjà être serein sur les basiques.
Vous avez souvent réussi à bonifier des ballons complexes. Est-ce lié à votre passé de troisième ligne centre ?
Je ne saurais pas le dire ou l’expliquer. Peut-être, mais c’est instinctif. J’étais n°8 à Cholet, au ROC (Rugby Olympique Choletais, NDLR), pendant deux ou trois ans, je crois. Arrivé ici, je dis que je suis 8, on m’a dit « non, tu joueras à droite ». J’ai vite compris (sourire). On apprend à aimer la mêlée, cela fait maintenant huit ans que je suis au club et que je bosse sur mon poste. Aujourd’hui, j’aime faire des mêlées, jouer devant, jouer ces matchs avec de l’agressivité. C’est ce que je recherche, je suis hyper épanoui.
Et vous marquez un essai à Pau…
C’est mon premier, donc je suis content. Bien sûr, c’est dans des circonstances qui font un peu ch…, donc on le célèbre un peu moins, mais j’ai pris ce qu’il y avait à prendre. J’ai réussi à me satisfaire de ce que j’ai su faire parce que si l’on ne satisfait pas des petites victoires comme ça, on n’avance pas. C’est important de pouvoir se dire que c’est positif, de savoir se recentrer sur soi, ce qu’on a bien et mal fait.


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