Malgré la lourde défaite de Bayonne à Pau (70-28), les deux clubs de Top 14 du 64 prennent de la hauteur en ce début de championnat. © Crédit photo : David Le Deodic / SO
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En ce début de Top 14, la réussite de la Section Paloise (2e) s’inscrit dans la dynamique de la saison passée. Pour l’Aviron (3e), il est trop tôt pour tirer des conclusions : le très bon début comptable ne s’accompagne pas (encore ?) d’un rugby maîtrisé
La stabilité. Le cas du dauphin palois, s’inscrit dans une logique de prolongement, après le changement de dimension observé l’an passé chez le dernier barragiste de Top 14. Pour le deuxième ligne Hugo Auradou, le stimulus de ce premier match couperet perdu à la maison face au Racing, a d’ailleurs nourri ce goût de reviens-y. « Faire une bonne saison c’est bien, mais si c’est pour ne pas aller disputer les demies à Marseille… »
Une forme de rupture dans la « continuité » appréciée par l’entraîneur Thomas Choveau, sur laquelle repose le nouveau départ canon de la Section en championnat. « C’était le premier enjeu, pointe le responsable de la touche et des ballons portés béarnais. Après cinq journées, notre bilan concrétise notre régularité de l’an passé. On a l’impression que les choses ont changé durablement. »
Et que la tendance s’est même amplifiée pendant l’été. Des points forts toujours plus forts (attaque, efficacité en transition, touche, mauls offensifs…), adossés à une profondeur de banc qui s’est étoffée. « J’ai la sensation que notre potentiel est plus important, parce que le groupe en général, et nos leaders en particulier, ont toujours une marge de progression considérable, comme nos internationaux, qui sont encore jeunes. Et puis notre recrutement nous apporte plus de solutions. » À l’image de celui du meilleur marqueur actuel de Top 14, Rodrigo Marta, « ultra-performant à un poste où on l’était déjà. Devant, on a aussi plus d’épaisseur dans l’effectif avec Baptiste Pesenti ou Bastien Vergnes-Taillefer. On avait déjà de bons joueurs, mais en a encore plus. Tout ça me fait dire que sur la durée, on doit être meilleurs. »
D’autant que le cercle vertueux de la confiance, chasse le poids du doute en même temps qu’il renforce les certitudes. « Quand on fait un match un peu moins bon, quand sur deux ou trois touches de suite par exemple, on fait de la m…, les joueurs savent qu’ils ont du crédit, qu’ils sont capables de switcher », apprécie l’entraîneur de l’alignement et des ballons portés béarnais.
2 L’Aviron est « satisfait » mais « frustré » sur la formeC’était paradoxal, mais il vaut mieux dans ce sens-là : l’Aviron n’a livré aucun match abouti depuis le début du championnat mais s’est imposé quatre fois sur cinq. Les Bayonnais se sont faits peur à chaque fois, ils auraient très bien pu perdre chacune de leurs rencontres mais ils ont affiché suffisamment de caractère pour squatter le podium du Top 14. Gerard Fraser apprécie mais ne fait pas l’autruche : « Je suis satisfait mais un peu frustré de notre façon de gagner. »
Face à Toulon (27-26), Clermont (46-24), à Créteil contre le Racing (17-20) et devant le Stade Français (35-32), les Basques ont largement eu les opportunités pour flinguer rapidement le suspense. Au contraire, ils ont souvent joué à se faire peur. « Si on veut grandir comme équipe, il faut savoir aussi tuer les matches, plante le Néo-Zélandais. On a eu les occasions pour le faire et on a laissé de l’espoir aux adversaires. C’est une chose qu’on doit vite changer. »
Comme l’indiscipline, mal récurrent des dernières saisons. Avec 57 pénalités concédées, l’Aviron est sur le podium des équipes les plus sanctionnées. « On met beaucoup de pression au niveau des rucks, ce qui nous permet de récupérer beaucoup de ballons, mais de temps en temps, nous sommes pénalisés, justifie Fraser. C’est à nous, staff, de coacher la prise de décision des joueurs. On doit les éduquer sur ce point pour rester plus ou moins autour des dix pénalités par match. »
« Si on veut grandir comme équipe, il faut savoir aussi tuer les matches »
En ce début de saison où, hormis Toulouse et Pau, beaucoup de formations surfent sur le vague, l’Aviron passe un vrai test, ce dimanche à Toulouse. L’équipe dirigée par Laurent Travers et Gerard Fraser n’a pour l’instant battu que des équipes de la deuxième partie de tableau, au contenu balbutiant. Évidemment, personne n’exigera la victoire chez le quadruple champion de France en titre. « L’exploit est dans un coin de notre tête, admet le troisième ligne Baptiste Heguy, mais en restant raisonnable et raisonné, l’important sera de faire bonne figure, d’être consistant et de coller au score. On sait que ce sont les meilleurs. » L’humiliation à Pau (70-28) lors de la 2e journée reste, aussi, « dans un coin de la tête » : « Il faut que cela nous serve pour ne pas que ça se reproduise. » Un résultat ou un rendu intéressant à Ernest-Wallon crédibiliserait le bon début de saison de l’Aviron.










