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Stade Français


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2414 réponses à ce sujet

#2296 sebduth

sebduth

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Posté 17 novembre 2019 - 19:46

C'est un vieux con et c'est trop tard pour qu'il change.


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#2297 Jesus Hans Hubert Vorme

Jesus Hans Hubert Vorme

    Salut Fred

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Posté 17 novembre 2019 - 20:02

Les commentaires de Hans Peter-Wild suite au départ de Plisson ne donnent pas du tout envie de se bouger pour un tel président...pour le coup, je me demande clairement ce que représentent humainement parlant, ses joueurs pour lui...idem sur les critiques de son équipe...pour lui, les joueurs sont en gros les seuls responsables de l'échec de ce début de saison...ambiance ^^

Le docteur s'abuse.
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#2298 Manolito

Manolito

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Posté 17 novembre 2019 - 21:04

L espérance des lendemains
Ce sont mes fêtes
comme disait Rutebeuf.

pauvre Ruteboeuf...



#2299 Oscar

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Posté 15 décembre 2019 - 12:05

Il vont devoir se relever rapidement au risque de se faire piller des énormes joueurs..

#2300 Codoràvie

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Posté 15 décembre 2019 - 12:27

Honnêtement je ne m'attendais pas à un score pareil.

Je trouve que depuis Brive, ils se remettent en marche.

 

 

Parigot_Paris, je retire mon chambrage de l'autre jour, les roustes sont derrière vous dorénavant. :rolleyes:

Vous avez de chouettes jeunes entre les Francoz, Lapeigue, Tui et consorts.


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#2301 jm12

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Posté 15 décembre 2019 - 15:06

Honnêtement je ne m'attendais pas à un score pareil.

Je trouve que depuis Brive, ils se remettent en marche.

 

 

Parigot_Paris, je retire mon chambrage de l'autre jour, les roustes sont derrière vous dorénavant. :rolleyes:

Vous avez de chouettes jeunes entre les Francoz, Lapeigue, Tui et consorts.

C 'est assez logique puisque l 'abcès a été crevé avec comme objectif tout trouvé : le maintien !!!!

 

Et puis hier , j 'ai aperçu un joueur qui leur fait déjà énormément de bien , c'est ce talon Australien dont j 'ai mangé le nom! Excellent joueur à ce poste !

 

On verra sur la durée mais ce gars Latu ou quelque chose d'approchant , parait vraiment excellent dans tout le registre du poste de talon .

 

Voilà de quoi détendre Parigot pour les fêtes ! :original:



#2302 Parigot_Paris

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Posté 16 décembre 2019 - 11:02

C 'est assez logique puisque l 'abcès a été crevé avec comme objectif tout trouvé : le maintien !!!!

 

Et puis hier , j 'ai aperçu un joueur qui leur fait déjà énormément de bien , c'est ce talon Australien dont j 'ai mangé le nom! Excellent joueur à ce poste !

 

On verra sur la durée mais ce gars Latu ou quelque chose d'approchant , parait vraiment excellent dans tout le registre du poste de talon .

 

Voilà de quoi détendre Parigot pour les fêtes ! :original:

Oooooh moi vous savez je ne suis qu'un humble supporter qui se contente de croûtons secs et de sucer les os de hérisson laissés par Gourine63 ! :crying:


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#2303 ELSAZOAM

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Posté 16 décembre 2019 - 11:13

Oooooh moi vous savez je ne suis qu'un humble supporter qui se contente de croûtons secs et de sucer les os de hérisson laissés par Gourine63 ! :crying:

Ça serait meilleur de sucer le jonc de ta petite cane et le mouton bouillant...   :blink:



#2304 Gourine63

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Posté 16 décembre 2019 - 12:21

Oooooh moi vous savez je ne suis qu'un humble supporter qui se contente de croûtons secs et de sucer les os de hérisson laissés par Gourine63 ! :crying:


Ne te plains pas c'est le meilleur morceau ! La moelle est exquise dans ces petites bêtes ! 🦔🦔🦔
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#2305 Parigot_Paris

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Posté 16 décembre 2019 - 14:34

Ne te plains pas c'est le meilleur morceau ! La moelle est exquise dans ces petites bêtes !

C'est qu'il a un émoji à lui, le bougre ! Est-ce que j'ai un émoji en forme de plume dans le cul, moi ? Non, et je m'en passe très bien ! :w00t:


Ça serait meilleur de sucer le jonc de ta petite cane et le mouton bouillant...   :blink:

Je rentre d'Angleterre (Bristol) en ferry. La mer était telle qu'on a gratté le fond de la quille ! :crying:



#2306 Gourine63

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Posté 16 décembre 2019 - 14:52

C'est qu'il a un émoji à lui, le bougre ! Est-ce que j'ai un émoji en forme de plume dans le cul, moi ? Non, et je m'en passe très bien ! :w00t:


Le jour où il existera un emoji en forme de caravane, je pourrais mourir peinard.

#2307 George Abitbol

George Abitbol

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Posté 16 décembre 2019 - 15:03

Il y a un emoji chameau, mais je suis sûr que ça ne va pas te convenir. :P

#2308 Sushi

Sushi

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Posté 16 décembre 2019 - 16:33

Il y a un emoji chameau, mais je suis sûr que ça ne va pas te convenir. :P

Ça dépend, si on peut l'accompagner d'un chien qui aboie, ça peut le faire!
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#2309 Gourine63

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Posté 16 décembre 2019 - 17:19

Il y a un emoji chameau, mais je suis sûr que ça ne va pas te convenir. :P


Pas mon truc le désert, les caravanes double essieu ont tendance à s'enfoncer dans le sable. :D

L'orteil de chameau en revanche j'aime bien. :fume:

#2310 el landeno

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Posté 21 janvier 2020 - 22:04

La folle échappée de Thierry Futeu, pilier gauche du Stade Français Parti à 18 ans du Cameroun avec l'ambition de devenir pro, le pilier gauche du Stade Français a suivi la route des migrants, jalonnée d'espoir et de désillusions, pour rejoindre l'Europe et réaliser son rêve.

Arrivé au stade Jean-Bouin sur une trottinette électrique toute neuve, Thierry Futeu (24 ans) a accepté la semaine dernière de raconter son histoire. En début de saison, le pilier international espagnol avait choisi de ne pas la dévoiler, désireux de faire d'abord ses preuves sur le terrain dans son nouveau club. Depuis, entré en jeu à sept reprises avec le Stade Français toutes compétitions confondues (192 minutes de temps de jeu cumulé, un essai), « Titi », comme il est surnommé, s'est finalement livré pudiquement, pendant plus d'une heure, détaillant d'une voix douce son parcours, ses aspirations, et sa passion du rugby.

 

Quitter le Cameroun : « J'ai dit à mes parents que je partais pour le week-end »

« J'ai grandi au Cameroun, dans le troisième arrondissement de Douala. C'est un quartier chaud, où il y a des bagarres, des problèmes de drogue, de gangs. Gamin, je jouais au foot. Comme tout le monde, je voulais être Samuel Eto'o. Mais, pour entrer dans une école de foot, il fallait payer. Au départ, mes parents trouvaient ça normal. Sauf qu'ils ont constaté que je m'intéressais plus au sport qu'aux études, alors j'ai dû arrêter le foot. En classe de 6e, un ami m'a proposé de rejoindre son équipe gratuitement. Après les cours, un soir, on y est allés. J'arrive, je vois un ballon bizarre... J'ai d'abord pensé que c'était du foot américain. En fait, c'était une équipe de rugby.

C'est comme ça que je m'y suis mis. L'ambiance et l'harmonie m'ont plu. Mais aussi les contacts, ça correspondait à mon caractère. Petit, j'étais turbulent, j'aimais me bagarrer, j'avais toujours des problèmes.

En bref
THIERRY FUTEU
24 ans
1,85 m ; 115 kg.
Pilier gauche.
Club : Stade Français (depuis l'été 2019).
2019 : le 17 mars, il honore sa première sélection sous les couleurs espagnoles face à l'Allemagne (victoire 33-10) dans le cadre du Tournoi des Six Nations B.

Je me suis mis au rugby sans l'accord de mes parents. Mais au Cameroun, on n'a pas la chance d'avoir des terrains comme ici, c'est de la terre, du sable. Je rentrais souvent avec des blessures, c'est comme ça que mes parents ont appris que je jouais au rugby et m'ont interdit d'y retourner. Donc, j'y suis longtemps allé en cachette.

Plus tard, j'ai été convoqué à une présélection des moins de 20 ans du Cameroun. C'est là où ça a attiré l'attention de mon père, qui s'est dit que c'était du sérieux. Mais la Fédération camerounaise a commencé à avoir de gros problèmes, elle a été sanctionnée, privée de compétitions. Entre-temps, il y avait un gars de l'équipe première du club qui était parti jouer au Maroc. Il nous a dit qu'il y gagnait sa vie. Et que si on le rejoignait, il nous aiderait à avoir un club. Il me fallait une excuse pour quitter la maison. J'avais 18 ans. J'ai dit à mes parents que je partais pour le week-end jouer un tournoi dans une autre ville. C'est comme ça qu'avec un ami, on s'est mis en route pour le Maroc. On se disait que ce serait un voyage simple. Mon but était de gagner de l'argent, de subvenir aux besoins de ma famille, d'évoluer et de devenir pro un jour. »

Rejoindre le Maroc : « On est passés par la brousse, pour déjouer les patrouilles

« Je n'avais ni passeport, ni visa, rien. Juste ma carte d'identité. À la frontière, il fallait donner de l'argent à des passeurs pour entrer. On a d'abord traversé le Nigeria. Puis j'étais au Niger quand mes parents se sont aperçus que je n'étais pas allé disputer un simple tournoi au Cameroun. Le week-end était passé, ils ne m'avaient pas vu revenir, ils s'inquiétaient. Ils ont su par mes amis au quartier que j'étais parti jouer au rugby au Maroc.

J'ai fini par avoir mon père au téléphone alors que j'étais coincé au Niger, sans argent et que je ne savais plus comment faire. Il m'a envoyé des sous par Western Union pour que je rentre.

Toute mon enfance, j'ai eu peur de mon père, il me battait beaucoup. Si je rentrais à ce moment-là, je savais ce qui m'attendait, ce dont il était capable. Alors j'ai continué la route pour le Maroc. Je savais que, si j'y arrivais, en envoyant de l'argent à la famille, ils allaient tout oublier. J'ai pu traverser le Niger, puis il fallait passer en Algérie. C'était compliqué, ce n'est pas une frontière normale, il y a un désert. On a fait une partie de la traversée en voiture, l'autre à pied, en évitant de se faire attraper par les gardes. On est passés par la brousse, pour déjouer les patrouilles. Puis on a rejoint le Maroc. »

Forcer le passage à Melilla : « Je me rappelle avoir saisi une pierre pour essayer de faire peur à un policier »

« Quand on a retrouvé notre ami au Maroc, on s'est rendu compte qu'il ne jouait en fait pas au rugby. Il essayait d'entrer en Europe, en Espagne. Je lui ai dit : "Tu es fou, comment tu vas faire ? Il faut prendre l'avion ou le bateau !" Il m'a alors demandé de le suivre. On est allés sur la lagune de Nador, au mont Gourougou, qu'on a grimpé de nuit. Au sommet, il m'a dit : "Tu vois là-bas, la lumière qui brille tellement ? C'est l'Espagne." C'était Melilla (une enclave espagnole au Maroc). J'ai alors cru que c'était facile d'y aller. Mais mon copain m'a lancé : "Si c'est facile, pourquoi il y a un camp de migrants dans la forêt de Gourougou ? À la frontière, il y a la police, des gardiens, trois barrières, tout est contrôlé."

Je suis resté bloqué six mois au Maroc. En tout, j'ai fait trois tentatives pour passer la frontière. C'était tellement dur, ma famille me manquait. À un moment, j'ai lâché, j'ai voulu retourner au Cameroun. Pour survivre, j'étais obligé d'aller dans la rue demander de l'argent. Des membres d'une famille marocaine, chez qui je faisais des petits travaux, m'ont alors aidé, hébergé. J'ai souvent eu de la chance durant mon voyage... Chez eux, un temps, j'ai même oublié mon désir de passer la frontière. Ils voulaient me trouver une équipe de rugby au Maroc. La semaine où on avait rendez-vous avec un club, j'ai appris que des migrants avaient réussi à passer la frontière. La famille marocaine a compris que je devais tenter à nouveau ma chance. Je suis retourné au camp en forêt...

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(L'Equipe)

Le camp était très organisé, divisé par communautés. Il y avait le côté des Camerounais, celui des Maliens, des Sénégalais, etc. Lors de mes deux premières tentatives, je n'avais même pas pu atteindre la première barrière. On s'était fait repousser par les gardes marocains. Cette fois-là, les Maliens avaient décidé de tenter leur chance en pleine nuit. En principe, aucune autre communauté ne devait sortir. Mais nous, les Camerounais, on a pensé que les Maliens, qui ont la réputation de ne pas trop calculer, pouvaient attirer l'attention, et que nous pourrions en profiter. Alors on a aussi tenté notre chance.

Mais on s'est fait repérer, peut-être par le mirador espagnol. Un hélicoptère est arrivé, a tenté de voir où on était avec une lampe. Certains d'entre nous ont battu en retraite. D'autres ont pensé que c'était le moment ou jamais. J'ai paniqué, je ne savais pas quoi faire. Et j'y suis allé. C'était une scène de guerre. Il y avait la police marocaine qui nous attendait, leurs voitures nous fonçaient dessus pour diviser notre groupe. Je me rappelle avoir saisi une pierre pour essayer de faire peur à un policier qui s'approchait de moi. J'ai continué à courir, j'ai passé les barrières. Sur les 1 500 personnes qui ont tenté de passer cette nuit-là, 450 sont entrées, dont moi. C'était le 28 mai 2014, une date inoubliable.

De l'autre côté, à Melilla, il a fallu nous rendre dans un camp de réfugiés sans nous faire attraper par la police espagnole. Je suis resté trois mois et demi dans ce camp. Les conditions de vie étaient bonnes, on nous a donné des vêtements, fait passer des examens à l'hôpital. Il y avait aussi une petite équipe de rugby qui s'était montée, du coup j'allais m'entraîner avec eux pour reprendre la forme. »

S'intégrer en Espagne : « Un pays qui m'a presque tout donné »

« Une fois libéré du camp, on m'a envoyé à Madrid, dans une ONG, Movimiento por la Paz, où j'étais nourri, logé, où j'apprenais l'espagnol. J'ai commencé à rechercher sur Internet des clubs de rugby pour me préparer. J'ai trouvé une équipe de XIII, avec laquelle j'ai commencé à m'entraîner. Un jour, j'y suis arrivé plus tôt que d'habitude. À ma grande surprise, à mon arrivée, j'ai vu cinq policiers en tenue. J'ai commencé à paniquer, je n'avais pas encore de papiers, j'ai cru que c'était un point de contrôle. En m'approchant, je me suis rendu compte que c'était mes coéquipiers.

Je ne pouvais pas y croire ! Sans m'en rendre compte, moi, le sans-papiers, je m'entraînais dans une équipe en bonne partie composée de policiers. Dès lors, j'avais peur de venir au club. Ils ne connaissaient pas ma situation. J'ai fini par leur raconter, ils ont halluciné. Finalement, ils m'ont beaucoup soutenu, conseillé, ils sont devenus des amis. Ils m'ont dit : "Si un jour on t'interpelle, tu nous appelles".

Au bout d'un an à Madrid, je n'étais plus couvert par l'ONG, j'avais besoin de régulariser ma situation en trouvant un travail. J'ai donc cherché un club de rugby à XV qui pouvait m'aider. J'ai joué avec une équipe d'étrangers vivants là-bas, les Barbarians de Madrid. Puis un coéquipier a parlé de moi à un club de Première Division espagnole, Alcobendas. Je leur ai expliqué ma situation. Ils m'ont répondu qu'ils devaient d'abord me tester. J'ai disputé un match amical contre la meilleure équipe du pays, ça s'est bien passé. Ils m'ont dit : "Bienvenue dans ta nouvelle famille".

Ils m'ont trouvé un logement et donné 300 € par mois. J'ai beaucoup bossé, j'ai commencé à faire de la muscu. Je suis passé de 90 kg à 115 kg (pour 1,85 m). Je jouais flanker ou deuxième-ligne. L'entraîneur m'a dit : "Si tu veux devenir pro, tu dois devenir pilier". Au bout d'un moment, j'ai donc changé de poste. Puis l'entraîneur m'a parlé de la possibilité de jouer pour la sélection espagnole. Mon but était d'évoluer en Europe mais de jouer pour le Cameroun. Mais comme la Fédération chez moi était toujours en conflit avec World Rugby, j'ai répondu que ce serait un honneur de représenter l'Espagne, un pays qui m'a presque tout donné. Deux semaines après, la Fédération espagnole m'a appelé, ils ont vérifié que j'étais bien éligible à jouer pour eux. Et j'ai été convoqué pour le Tournoi des Six Nations B, c'était il y a un an.

À mon retour de sélection, j'ai été sollicité par des agents. Plusieurs clubs français se sont renseignés sur moi, Carcassonne, Vannes, le Stade Français et Montauban. J'ai fait un essai avec le Stade Français, et ils m'ont proposé un contrat... Je n'arrivais pas à y croire. J'allais pouvoir réaliser mon rêve, dans l'un des plus grands clubs français. »

Toucher au but en France : « Maintenant, mon père est fier de moi »

« Pieter De Villiers (alors entraîneur adjoint) a convaincu tout le monde de ma venue. Il y avait eu un débat au club, parce que je ne suis pas JIFF. Je suis arrivé fin juin à Paris. Je me suis vite intégré dans le groupe, c'était plus cool que ce que je pensais dans le vestiaire. Mais le départ du staff (de Heyneke Meyer, remercié mi-novembre) m'a beaucoup affecté. J'avais confiance en Pieter. Quand il est parti, il m'a dit qu'il était désolé de me laisser.

Avec la concurrence qu'il y a dans l'équipe, c'est également compliqué. Il faut que je tienne, que j'arrête de douter. Avec mon explosivité, ma vitesse, en Espagne, je transperçais les défenses. Ici, je sens que je suis dans un autre monde. Franchement, l'Espagne me manque, je n'ai pas pu y retourner depuis l'été dernier. Ici, je ne sors pas beaucoup, je suis soit au club, soit à la maison avec ma copine, une Française rencontrée en Espagne.

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Thierry Futeu sous les couleurs du Stade Français, lors d'un match de Challenge Cup face à Brive le 18 janvier (défaite 33-29). (M. Blondeau/Icon Sport)

Ma blessure, un début de pubalgie, m'a également freiné. Je n'avais encore jamais été blessé. Je ne savais pas comment la gérer, ça me rongeait.

Mais Laurent (Sempéré, actuel co-entraîneur du Stade Français) croit en moi, il m'aide beaucoup. Je suis certainement le joueur avec lequel il passe le plus de temps. On me dit que je vais progresser en ayant plus d'expérience au poste de pilier. Au club, on me dit aussi que mon problème, c'est que je suis trop gentil, je rigole avec tout le monde. Mais c'est ma nature, je ne peux pas changer du jour au lendemain. J'aimerais jouer davantage, apporter plus à l'équipe, que l'on sorte le Stade Français de cette situation (13e sur 14).

J'aimerais aussi me rendre l'été prochain au Cameroun, où je ne suis pas revenu depuis mon départ. J'ai le projet de monter une école de rugby là-bas. Je collecte du matériel pour soutenir des clubs, mais celui dans lequel j'ai débuté n'existe plus. Mon retour va motiver beaucoup de gens.

Maintenant, mon père est fier de moi, de ce que j'ai réalisé, de la façon dont j'aide la famille. Il avait peur que je prenne le mauvais chemin, que je rejoigne un gang. C'était un monde qui m'attirait beaucoup quand j'étais jeune. Je ne sais pas si je serais encore vivant si j'étais resté dans mon quartier. Je crois que le rugby m'a beaucoup aidé. Je n'ai jamais renoncé à y jouer, je ne sais rien faire d'autre. C'est ma passion. Quand je joue, je suis heureux. »

 


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