Ca serait peut-être mieux dans la rubrique articles de presse, je sais pas..
article midol du Lundi 05 Octobre 2009 par Marc Duzan
"Au nom du fils"
Mathieu Maillard, l'ancien ouvreur d'Albi et Bayonne, porte en lui une cicatrice idélébile. Voici son histoire ...
Il n'est pas à proprement parler une star Mathieu Maillard n'a pas fait de pub pour Petrol Hann, n'a pas reçu de coup de fil de François Fillon et ne tiendra jamais la main de mimi mathy aux enfoirés. Dans le milieu, on dit de lui qu'il est un excellent buteur, un bon soldat et un camarade exquis. De mémoire, on recense son fait d'armes le plus clinquant en Novembre 2007, avec Albi contre le Biarritz Olympique : "un drop et 4 pénalités pour un match nul à Aguilera!". Pourtant, ce que nous compte Mathieu Maillard aujourd'hui à la terrasse banale de ce café sans nom, à la force des histoires d'hommes, de celles qui vous frappent, vous crèvent, pour finalement vous renvoyer à un confort bourgeois subitement devenu inestimable...
9 Juin 2009. Mathieu Maillard, qui sort d'une saison quasi blanche à l'Aviron Bayonnais, est en plein footing. Coup de téléphone de Lyse son épouse. Lilian, le petit dernier a fait un malaise. Il est transporté d'urgences à la Clinique Pasteur. " A sa naissance le toubib lui a diagnostiqué un souffle au coeur. Mais on ne s'est jamais vraiment inquiété. Moi aussi, j'ai un souffle au coeur". Et Mathieu vit avec depuis presque 30 ans. Ce 9 Juin, Lilian, 2 ans, va pourtant subir trois opérations chirurgicales lourdes. Les artères de l'enfant sont endommagées par une maladie rare. Son coeur n'est plus irrigué. Les heures passent. Longues et blanches. Une première nuit sans sommeil, elle accouchera des dizaines d'autres. A 7 heures du matin, Mathieu et Lyse Maillard sont toujours vissées au siège inconfortable de cette salle d'attente, un rien sépulcrale. Le toubib pétrifié s'invite à pas hésitant au coté du couple. Le verdict tombe " ou on débranche le petit, ou on le laisse comme un légume sur ce lit d'hôpital jusqu'à la fin de ces jours." Mathieu s'approche de son fils, lui glisse un dernier baiser sur le front et rentre à Bayonne ou le cauchemar commence. "Je suis monté dans sa chambre. J'ai pris tous ses jouets. Je les ai mis à la cave. Ma femme a tenu à garder son doudou et sa couverture. " Les Maillars avaient prévu fin Juin pour Lilian un voyage à Disneyland, les valises resteront vides.
Deux jours plus tard, Lilian est enterré à St Georges dans le Tarn et Garonne. Entretemps, Rémy Martin, Eric Béchu, Lilian Ducos et Julien Candelon ont écrit, appelé, pleuré avec leurs potes. Et si, au même moment, l'affaire Bastareaud n'avait, dans sa ridicule exubérance, phagocyté nos esprits vaporeux, on aurait donc probablement demandé au capitaine de l'Aviron pourquoi il portait une crêpe noir au bras droit, ce Samedi 20 Juin 2009, à Wellington... "Dans ces moments là, tu comptes tes vrais amis". Au cimetière, Mathieu a beau dévisager la foule, il ne reconnait là aucun dirigeant de l'Aviron Bayonnais, un club ou il vient pourtant de passer plus d'un an. "Ni appel, ni message, rien... juste une gerbe de fleurs envoyée par Interflora." S'il s'était écouté, Mathieu l'aurait probablement brûlée. Les jours suivants, l'inhumation se résumeront pour lui, à une série de nuits blanches de sommeil sans rêve. "A la maison, j'essayai de rester digne. Je ne voulais pas pleurer devant Lyse. Je faisais le costaud. Quand je me retrouvais seul, c'était plus difficile...".
Mathieu Maillard, formé à Toulouse par Guy Nouvès, adoubé à Biarritz par Patrice Lagisquet puis passé par Dax et Albi, a encore un an de contrat à Bayonne. Du moins, c'est ce qu'il croit... Il ne s'est pas écoulé 4 jours, quand les dirigeants de l'Aviron l'appellent. Dans le bureau de Richard Dourthe, l'entrevue n'excèdera pas 1/4 d'heure. "Il me fait comprendre que mon départ, négocié à l'amiable arrangerait le club. Il me dit que ma place est là bas, près de la tombe de mon fils. Que voulez vous répondre à ça. Le rugby est un business, le club une entreprise. Franchement, j'aurais aimer avoir la force de caractère de Daniel Larrechea (licencié par le club au même moment NDLR), j'aurais voulu taper un scandale, vider mon sac, claquer la porte... mais j'ai baissé la tête et je suis parti." Mathieu Maillard, l'ancien protégé de Patrice Lagisquet à Biarritz, vide son appartement du centre ville, et quitte la cote basque. Son nouvel employeur ? Les assédic du tarn et garonne.
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Aujourd'hui, Mathieu Maillard a signé à Valence d'Agen, en Fédérale 1. S'il n'y a pas "une seule minute" ou il ne pense pas à Lilian, il est pourtant parvenu à s'affranchir de la fascination étrange qu'exercait au départ, sur lui, la tombe de son fils. " Je ne vais plus au cimetière que deux fois par semaine pour arroser les plantes et lui faire un petit coucou." Trois mois ont passé. Il s'est tatoué le prénom de l'enfant sur le poignet gauche, a tracé les plans de sa maison et tente de se convaincre que, malgré tout "la vie continue". La semaine dernière, il a reçu une proposition alléchante de Montauban. Marc Raynaud et Sébastien Calvet cherchent un jocker médical à Régis Lespinas et Cédric Rosalen, leurs ouvreurs blessés. "J'hésite encore. C'est une torture pour moi. Ai je encore la force de jouer en Top14 ? Ai je encore l'envie de me faire mal ? Je leur ai dit que le problème n'était pas financier. Je me fou que ma maison soit plus grand, je me fou que ma piscine soit plus belle. Je veux juste être en paix."
SOURCE MIDI OLYMPIQUE
réponse d'AB le 13/10/2009 publiée sur le forum par BOURRIN
Top 14
13/10/2009 - 20:15
Maillard : Bayonne répond
Suite à l'article paru ce lundi dans Midi Olympique, dans lequel l'ancien ouvreur de Bayonne Mathieu Maillard évoquait son départ de l'Aviron suite au décès de son fils, le club exerce son droit de réponse à travers le communiqué suivant.
"Il y a des mots dans l'article que le Midi Olympique a consacré à Mathieu Maillard qui ont fortement perturbé les dirigeants du club et leur environnement. Il y était question de leur absence lors des obsèques de Lilian Maillard.
Si personne, à la tête de l'Aviron Bayonnais, ne souhaite entrer dans une quelconque polémique sur un événement aussi tragique dans la vie d'une famille, il y a tout de même le désir d'exprimer un regret profond au sujet de l'interprétation d'une discrétion voulue, et résultat d'une concertation partagée au sein du club.
Sur un plan plus sportif, mais qui rejoint bien sûr l'humain, quelques éléments méritent, dans un tel contexte, d'être portés à la connaissance de tous.
Depuis janvier 2009, une succession d'entretiens a eu lieu avec le staff de l'Aviron Bayonnais pour régulièrement faire le point sur la situation de Mathieu au sein du club. Une situation sportivement insatisfaisante pour les uns comme pour les autres à la mi-saison. Aussi, dès le mois de janvier des solutions de prêts ont été espérés mais en vain. En fin de saison, son temps de jeu ne s'étant pas amélioré, les dirigeants bayonnais ont confirmé la décision de ne pas prolonger l'aventure avec Mathieu.
Trois semaines après, le drame survenait.
Tout le monde conviendra qu'il est pour le moins délicat d'intervenir, avec la certitude de bien faire, face à de telles blessures de l'existence. La discrétion souhaitée par le club n'a pas empêché le Président et le staff de témoigner à Mathieu, ainsi qu'à sa famille, par divers messages, leur soutien dans cette douloureuse épreuve.
Les dirigeants bayonnais se concertent, l'humain prend le dessus sur le sportif et ils décident de revenir sur leur décision de mettre un terme au contrat de Mathieu. Il n'est question pour personne de rajouter des mauvaises nouvelles à un tel contexte.
C'est alors que le club apprend que son épouse, pour des raisons bien compréhensibles, souhaite élire domicile en Lot et Garonne, auprès de sa famille.
Le staff du club réexamine cette nouvelle situation avec Mathieu et décide de se mettre en quête d'un club proche de sa cellule familiale car il semble évident que Mathieu ne pourra s'astreindre aux exigences et contraintes imposées à tout joueur de TOP 14 dans un tel contexte d'isolement familial.
Le club de Valence d'Agen, où évolue Mathieu aujourd'hui, se présente alors comme une opportunité, grâce en particulier aux relations amicales que Richard Dourthe entretient avec ses dirigeants. On peut fort bien admettre que cette option ne corresponde pas aux légitimes ambitions sportives du joueur mais elle constituait le seul moyen du moment pour Mathieu de garder le contact avec sa famille. La priorité d'alors. Cette attitude de l'Aviron Bayonnais a été conditionnée par la conviction que Mathieu devait passer par une période de «reconstruction» personnelle et familiale avant d'aborder à nouveau les contraintes non négligeables du sport de haut niveau.
Encore une fois, l'Aviron Bayonnais, s'il regrette que ses décisions aient pu être aussi douloureusement interprétées, veut rappeler ici qu'elles n'ont jamais été dictées par le désir de nuire à Mathieu Maillard, mais, bien au contraire, de l'aider au mieux, si tant est que ces mots aient un sens dans de pareilles circonstances."
rugbyrama.fr
Modifié par le Sampaud, 13 octobre 2009 - 20:53 .
ajout de la réponse de l'AB







