Posté 26 mai 2010 - 16:30
TOP 14 / CLERMONT : Clermont chasse la pression
Aurélien Rougerie a écarté d'un revers de main la première question sur la finale de l'an dernier. Y pense-t-il ? « Pas du tout ». Question suivante ? Le capitaine de Clermont veut chasser depuis plusieurs semaines l'étiquette de loser qui colle à la peau de l'ASM. Les dix finales perdues par le club et les trois dernières consécutives ne pèsent pas dans l'approche de celle qui se profile, samedi face à Perpignan. « La pression, c'est vous qui nous la mettez. Le match se suffit à lui-même. On veut travailler dans la sérénité, régler les détails », poursuit celui qui devrait être titulaire au centre. Le discours est le même pour Mario Ledesma qui ne veut pas se laisser envahir par la pression populaire. « L'attente remonte à 100 ans. Mais je veux gagner ce match pour moi et mes coéquipiers, annonce le talonneur de l'ASM. Si on commence à écouter le boucher, le boulanger ou le mécanicien, ça devient compliqué. »
Lors du seul point-presse de la semaine, mardi, les Auvergnats sont apparus détendus. Comme pour chasser les vieux démons qui rodent autour du centre d'entraînement. Dans l'approche, les hommes de Vern Cotter perçoivent du changement. Le fait de laisser le statut de favori à Perpignan n'y est pas étranger. « On se prend beaucoup moins la tête, note Julien Malzieu. On est très appliqué, très concentré aux entraînements. Les mecs ont envie de bien faire et de ne pas galvauder ce match qui est hyper important. Je sens les mecs qui s'encouragent, qui sont sans cesse là les uns pour les autres. C'est convivial mais ça bosse très dur. » Les difficultés rencontrées en barrages face au Racing (21-17) puis en demi-finale face à Toulon (35-29) ont rassuré une équipe moins dominatrice dans le jeu mais plus sûre de sa force. « Il y a peut-être un peu moins de tension, cette année. On a eu plus de mal, on a moins dominé que les années précédentes, analyse l'arrière Anthony Floch. On nous attend moins, on n'est pas favori. C'est différent, il y a peut-être des choses sur lesquelles on domine moins. On a d'autres ressources. C'est vraiment différent des autres saisons. Mentalement notamment, on arrive à mieux terminer et à accrocher les matchs. »
Même Vern Cotter reconnait avoir appris des désillusions passées. L'entraîneur néo-zélandais, qui va disputer sa quatrième finale de rang, se sert de ces échecs répétés. « Moi aussi, j'ai évolué avec le groupe. C'est la quatrième fois, forcément ça change un peu et j'espère que le résultat va changer aussi. » Pas question de parler de malédiction. Pour s'en convaincre, les Jaunards cherchent des signes. « Depuis quelques semaines, même si on n'arrive pas à tuer le match, on renverse des situations très compliquées, appuie Ledesma. Ça me rassure plus que le fait de ne pas tuer le match. » De leur trois échecs consécutifs, les Clermontois ont appris à relativiser. Au point d'en devenir fatalistes. Même si dans le discours, un souffle nouveau revient caresser l'espoir de décocher enfin le Brennus. « Je suis allé voir jouer les Espoirs (ndlr : vainqueurs d'Agen en finale) à Malemort (Corrèze), raconte Malzieu. Pas mal de personnes sont venues me voir en me disant : ‘‘il faut suivre les petits jeunes et ne pas la rater cette année''. On sent une très grosse attente des gens. Il faut faire abstraction de toute cette pression autour. Ça nous serait néfaste. Il faut rester dans notre bulle. » On l'a bien compris, il est hors de question de raviver le spectre de la défaite.
Rédaction Sport365.fr