SAlut Baba,
Les académies ont des taux a respecter. Les inspecteurs veillent et je te parle en connaissance de cause.
Pour les bahuts huppés ce n'est pas une nouveauté qu'il y a écrémage dès l'entrée en seconde.
La réalité est qu'aujourd'hui sous le sceptre de "Liberté Egalité" les grands bahuts mettent en place des classes pour les élèves qui ont de très bons résultats issus des banlieues difficiles (ZEP, ambition réussite...).
Le résultat est que ces gamins en seconde ont 2 de moyenne à la fin de l'année (encore une dizaine d'exemple que j'ai sous le coude). Certes il y a un poids sociologique là dessous mais on ne va pas enfouir les meilleurs tout de même. L'autre problème est que ces gamins qui ont un potentiel se retrouvent ensevelis sous la médiocrité ambiante.
1/ Démagogie de la part du système éducatif qui leur assure qu'ils ont le droit à beaucoup de chose sans risquer le bâton (je précise qu'un bahut est caractérisé par le rectorat selon le nombre de conseils de disciplines effectués dans l'année. Plus tu en as et plus le chef d'établissement risque des sanctions...CQFD), ensuite démagogie de la part de certains profs qui leur font croire qu'ils ont les moyens de leurs ambitions et que l'affect est un palliatif nécessaire à leur besoin de reconnaissance (je connais des profs qui sont potes avec des gamins de collèges sur Facebook et vont boire des pots avec eux... ça me laisse baba), enfin démagogie voulue par les parents qui voient en leurs gosses des génies en puissance (comment osez vous écrire sur le carnet que ma fille mon fils ne travaille pas. Il a eu d'excellents résultats les années précédentes... sauf que Madame quand on demande d'apprendre une leçon on la sait ou pas)...ou alors qui n'en ont rien à cirer et ne prennent même pas la peine de venir à une réunion, un conseil de vie scolaire ou un conseil de discipline.
2/ Classes ingérables, quelque soit la qualité du prof, élèves inintéressants et non intéressés par l'école. Par ailleurs lorsqu'ils te balancent que ta paie misérable ils se la font en 2 week end avec leur "business " dans un premier temps tu te marres parce que tu les plains, ensuite tu te dis qu'au final ta place et ton énergie pourraient être utiles ailleurs.
les Dolto, Meirieu et compagnie ont été dévoyés de leurs propos premiers, l'Education Nationale est phagocytée par des uluberlus qui voient dans la prise de parole de l'élève une affirmation de son identité propre et une marque d'intelligence par l'élaboration d'une démarche d'explication de ses agissements.
Seulement là il y a un gros soucis. Quand il y a une règle et un règlement et que l'on ne le respecte pas il y a sanction normalement. Mais là on se heurte à
1/ Peut être a t'il un problème à la maison? (moi aussi et c'est pas pour ça que je lui balance "va te faire...." du Anelka en somme)
2/ On doit l'écouter, il en a besoin. (Ok Madame l'assistante sociale. Seulement je connais bien ses parents et frères et soeurs que j'ai eu par le passé, et en habitant à 5' à pied du lycée comment fait il pour arriver avec 20' de retard?)
3/ Ses parents ne répondent pas au téléphone et/ou ils ne savent plus quoi en faire.
4/ Pourquoi c'est toujours avec ce prof qu'il y a des embrouilles les autres ne disent rien? Ben oui quand le laxisme entre dans la salle de classe on se bat seul même contre ses propres collègues. Laxisme parfois du au manque d'aide de la part des administrations.
5/ exemple: mot de la direction: "tout élève en retard a droit à assister au cours donné". E.N. qui le demande car des gamins qui ne sont pas en cours sont des gamins potentiellement dans la rue.
Bref voilà une liste non exhaustive de ce à quoi nombre de profs sont confrontés. Mais il est vrai que là c'est plus puissant selon les académies.
Pour ce qui concerne les études à la fac, je rappelle qu'en 1996 les STAPS de Clermont et en France étaient encore gérées selon le principe du mérite par le passage d'un concours d'entrée (épreuves physiques et écrites).
Seulement une famille a porté plainte en 1997 contre la fac pour que le droit aux études supérieures soit équitable "Liberté Egalité" vous voyez on le retrouve partout. Bref, la famille a fait des émules et le combat a été gagné sans trop de difficultés. "Bah oui ça c'est vrai pourquoi tout le monde ne pourrait pas entrer en fac de sports?". Les parents ont mis la main sur un terrain qui leur échappait complètement l'E.N. La problématique qui se pose est que le curseur entre je fais, en tant que prof, bosser mes gamins un max pour en tirer le meilleur et les défenseurs des droits de l'enfant (les parents qui rejettent leur propre égo sur les remarques du prof à l'encontre du travail et du comportement de l'enfant, les pédopsy qui te soutiennent que de classer par des notes est un traumatisme pour l'enfant, les pétés du bulbe qui pensent que donner des devoirs c'est une surcharge de travail pour des gosses aux journée bien remplies, complétez la liste s'il vous plaît) on en arrive à ça!!!
En France on a le droit de faire ce que le veut car faire une remarque sur le comportement non citoyen d'un individu c'est fachiste, il ne faut pas dire qu'un individu est mal intentionné c'est son comportement qui est inadapté et pas lui, il ne faut pas réprimander un gamin qui ne veut pas se mettre à bosser car cela est atteinte à son psychisme.(sauf que quand on est sensé on sait que tout se joue dans les 2 premières années. Non c'est non, la règle c'est la règle et si elle existe c'est pour le bien de tous.
Bon je suis allé un peu plus loin que prévu mais ça fait du bien j'aime mon job et j'en ai ras le bol de voir ce qu'ils en font...
Et sinon la suppression des allocs en cas d'absentéisme, t'en penses quoi ?
Sérieusement, je suis bien d'accord sur la mode de "l'élève roi" qui est en train de tuer l'éducation nationale (en plus accessoirement, de tuer des enseignants qui se pendent dans leur classes).
Concernant le respect, je me souviens de cette interview de Julien Benneteau après la victoire de l'Espagne. Qu'est-ce que ça m'a fait du bien de lire ça :
Guy Forget n'a pas besoin de vous dire de ne pas porter de casques. Finalement, vous nous montrez le contraire de ce que l'on a vu il y a peu de temps à la Coupe du Monde de football...
Je ne sais pas. Pour moi, quand on est entre nous, c'est la base de ne pas répondre au téléphone, au dîner par exemple. Chacun, après, a une vie différente. Certains aiment jouer au poker sur internet, d'autres lisent des revues sur le vin, d'autres regardent la télévision. Lors des moments de vie en commun, on doit respecter les autres joueurs et le staff. Le staff, ce sont des personnes qui ont entre 35 et 45 ans. J'ai beaucoup aimé ce qu'a dit Arsène Wenger: "Sans respect de la hiérarchie, on arrive à rien". Cela fait peut-être vieille école, mais c'est la base de tout. Le médecin qui est là pour toi, tu le respectes. Un capitaine qui a fait une carrière incroyable et qui a vingt ans de plus que toi, tu le respectes. C'est comme au collège, tu respectes ton professeur, tu ne lui réponds pas. Chaque milieu est différent. Je sais que le football veut réfléchir sur le mode de sélection. Il ne faut pas seulement sélectionner sur les critères sportifs. Nous, dans la filière fédérale, à Poitiers ou à l'INSEP, le comportement que l'on pouvait avoir au collège avec les personnes du CREPS influait sur les sélections. On n'hésitait pas à nous sanctionner. Je crois qu'on a eu une bonne éducation sportive.