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Stade Français CASG


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#3766 RCV06

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Posted 06 October 2025 - 17:05 PM

Avec les Landais on festoie beaucoup plus, je connais, faut avoir la santé  :D

C'est clair que niveau bringue je suis passé pro, j ai pas loupé beaucoup de lieux stratégiques dans Paris  :D 


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#3767 Alex chocolatines

Alex chocolatines

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Posted 06 October 2025 - 17:09 PM

C'est clair que niveau bringue je suis passé pro, j ai pas loupé beaucoup de lieux stratégiques dans Paris  :D

Moi j'ai fait ça chez eux, avec occasionnellement des Basques des Béarnais et des Gersois, c'était quelque chose.  On a bien rapproché les peuples.  :P  



#3768 RCV06

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Posted 06 October 2025 - 17:17 PM

Moi j'ai fait ça chez eux, avec occasionnellement des Basques des Béarnais et des Gersois, c'était quelque chose.  On a bien rapproché les peuples.  :P  

J ai fait une fois les fêtes de Soustons, j ai cru crever, en plus j avais un maillot du Racing sur le dos  :D 


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#3769 Alex chocolatines

Alex chocolatines

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Posted 06 October 2025 - 17:25 PM

J ai fait une fois les fêtes de Soustons, j ai cru crever, en plus j avais un maillot du Racing sur le dos  :D

Oh lekon !  :P



#3770 el landeno

el landeno

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Posted 25 October 2025 - 15:31 PM

Tondeuses de nuit et nettoyage express : comment le stade Jean-Bouin passe du foot au rugby en une nuit
Le stade Jean-Bouin, enceinte habituelle du Stade Français, qui accueille aussi depuis cette saison les matches du Paris FC, a été le théâtre d'une transformation express entre vendredi et samedi, pour passer de la configuration foot à celle du rugby. Récit d'une nuit animée et chronométrée.

Sur la pelouse du stade Jean-Bouin vendredi soir, quelques minutes seulement après la victoire de Nantes face au Paris FC (2-1), une étrange chorégraphie s'organise. À côté des remplaçants du FCN qui enchaînent les allers-retours, des gilets jaunes ont fait irruption. Munis de seaux et de balais, ils ne tardent pas à débuter le minutieux nettoyage des lignes. Autour du terrain, les chariots remplis de matériel se croisent déjà. Dans les tribunes, les agents de sécurité invitent poliment les derniers spectateurs à se diriger vers la sortie.

 
 

Il n'est pas encore 23 heures mais le temps presse. La nuit s'annonce longue et courte à la fois. À midi le lendemain, protocole oblige, l'enceinte doit avoir fait peau neuve pour le match de Top 14 entre le Stade Français et Montpellier, prévu à 16h35. Depuis la montée du promu parisien en Ligue 1 et la cohabitation actée avec le club de rugby, titulaire exclusif d'une convention d'occupation des lieux jusqu'en 2029, et de sa gestion via la SFPG, chacun sait que ce moment va arriver. Celui où il faudra se partager les clés le temps d'un week-end.

« C'est du travail relativement classique. Sauf que cette fois, le timing est beaucoup plus serré »

Thibault Le Bail, responsable arène et grands événements au Stade Français

 
 
 

Pour ce premier des quatre doublons programmés cette saison, l'heure n'est donc plus à l'improvisation. « Ça fait 15 jours qu'on travaille sur le sujet. On a vite identifié qu'il fallait avoir des prestataires communs et établir un planning prévisionnel pour respecter le cahier des charges », explique Thibault Le Bail, responsable arène et grands événements au Stade Français, en charge de la coordination de cette transformation express. Au total, près de 200 personnes et une douzaine de corps de métiers ont été mobilisés. Soit le double des effectifs nécessaires pour la même opération organisée en temps normal sur plusieurs jours.

 
 

« Je suis persuadé que ce test sera réussi parce que le travail se fait en symbiose entre les deux clubs », annonce Arnaud Campanella, secrétaire général du Paris FC. Derrière lui, le décor a déjà changé. Le parcage réservé aux supporters visiteurs, qui avaient bruyamment fêté le succès des Canaris peu avant, est vide depuis 23h20. Il faut maintenant remonter les quatre premières rangées de sièges, enlevées par précaution, et faire tomber le filet de protection. Pas le plus simple, au contraire d'une autre routine, celle de remplacer les buts de foot par les poteaux de rugby, expédiée en une heure à peine, à l'aide d'un tracteur pour hisser le pavillon rose. « C'est du travail relativement classique, affirme Le Bail. Sauf que cette fois, le timing est beaucoup plus serré. »

 
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Le parcage nantais était copieusement garni, vendredi soir à Jean-Bouin. (J.-B. Autissier/L'Équipe)

Pour Ewan Hauven aussi, jardinier chez Natural Grass, la société de maintenance et de création de terrains de haut niveau, l'objectif consiste à « s'avancer au maximum pour avoir le moins de travail possible (samedi) matin »« La seule contrainte, précise le jeune homme en poussant son engin à roulette pour effacer la peinture, c'est le stress de se demander si ce sera fini à temps. Mais il n'y a pas de raison, on a toute la nuit. »

 
400 housses laissées en présidentielle pour gagner du temps

Si le traçage du rugby, plus long que celui du foot, sera effectué en fin de matinée comme prévu, la mission de Najib, employé chez GL-Events, autre prestataire en charge de la signalétique, ne peut pas attendre le lever du jour. Entre les panneaux en bord de terrain à changer, ceux des partenaires en tribunes, les housses de sièges, les vomitoires ou encore les bancs de touche à remplacer, les allées et venues jusqu'aux coursives s'enchaînent à mesure que la nuit avance. Il est plus de minuit, la température est tombée en dessous des 10 °C, « mais on se réchauffe en travaillant », sourit le manutentionnaire.

« On a l'avantage de bosser avec le Stade Français depuis deux ans, on sait ce qu'on fait, ajoute-t-il, en s'accordant une petite pause, les yeux levés vers ce cadre de travail atypique. On ne va pas se plaindre non plus, on est un peu privilégiés d'être là. » Pour gagner du temps, plus que de l'argent, il a été décidé de laisser 400 housses bleues en tribune présidentielle. « Ça reste quand même les couleurs du Stade Français, souligne Maxime Jacquey, responsable séminaires et événementiel au club. On a d'autres priorités. »

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Les préparatifs se sont poursuivis ce samedi matin. (J.-B. Autissier/L'Équipe)

Le traitement des déchets, notamment les bâches laissées par les ultras nantais de la Brigade Loire, en fait partie. Pour pouvoir les évacuer et les stocker, il a fallu anticiper. « Nos conteneurs allaient être pleins après le match du PFC, alors on a commandé une benne tampon, montre Jacquey. Notre prestataire ménage nous avait alertés sur ce point. »

Des tondeuses peu bruyantes pour ne pas déranger le voisinage

À bientôt une heure du matin, au son feutré - par respect pour le voisinage - des tondeuses ultra-modernes entrées en scène, la fourmilière de petites mains s'active dans tous les coins. À l'extérieur, tandis que les écrans géants affichent un nouveau logo flashy, les projecteurs ont baissé en intensité. À l'intérieur, pas question de lever le pied. Une fois les loges débarrassées par le traiteur et un coup de propre donné, leur aménagement avec une nouvelle visibilité débute autour de 3 heures. Au petit matin, la relève est arrivée pour finir de dresser les tables et remplir les sacs-cadeaux pour les invités.

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Les sacs-cadeaux destinés aux invités ont été préparés ce petit matin. (J.-B. Autissier/L'Équipe)

Depuis 7 heures et le changement d'équipe, le rythme est moins soutenu. Le plus gros est fait. « La journée recommence comme d'habitude, constate Thibault Le Bail, satisfait de n'avoir eu à gérer aucun contretemps avant le briefing sécurité prévu à 13h30. On a un savoir-faire certain aujourd'hui, même si c'était une première à ce niveau d'exigence pour la Ligue 1. On se félicitera ce (samedi) soir, mais c'était un vrai défi à réaliser. »

Le switch sera amené à se renouveler dès mercredi pour la réception de l'OL en soirée (21h05), dans un délai cette fois plus raisonnable. D'autres nuits s'annoncent encore chargées pour le PFC et le Stade Français. « S'il suffisait d'appuyer sur un bouton, si c'était partout aussi simple... », lance une habituée des lieux, en allumant le couloir des vestiaires, désormais teinté de rose. Tout est fin prêt, le spectacle en coulisses est terminé, le vrai, sur le terrain, peut commencer.



#3771 Parigot_Paris

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Posted 17 November 2025 - 13:40 PM

Bouh ! BOUH !

 

Nan je dis "bouh" pour faire peur, comme Casper le fantôme, histoire de vous effrayer. :bush: Car LE STADE FRANCAIS en personne viendra vous hanter dès que vous aurez réglé l'affaire lyonnaise.

 

Ah, tout de suite ça rigole moinsse, hein ? Allez, déposez vos témoignages de frousse verte, de flubes intenses, de trouille irrépressible dans ce topic ! :w00t:

 

Oooooooh c'est moi qui ai les foies ! :crying:



#3772 el landeno

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Posted 20 December 2025 - 09:33 AM

Au rugby comme dans la vie, Giorgi Melikidze, le pilier sur lequel ses coéquipiers du Stade Français peuvent se reposer : « Sa présence apporte une vraie joie de vivre »
Giorgi Melikidze, le pilier droit du Stade Français, qui affronte samedi son voisin du Racing 92 (14 h 30), est le symbole de la force retrouvée du pack parisien. Personnalité rare, ce joueur qui a déjà inscrit 5 essais en Championnat, s'applique à rénover une église du VIIe siècle pour faire revivre son village en Géorgie.

Quand il a bien mangé, Giorgi Melikidze aime passer sa main sur son ventre en répétant « garage poulet » et plisser les yeux de satisfaction à mesure que s'ouvre son large sourire. « Il est drôle, s'amuse Perry Freshwater, l'entraîneur des avants du Stade Français. C'est un personnage fort de notre groupe. Il appelle tout le monde "ma belle", fait rire les gars avec son français approximatif. Sa présence apporte une vraie joie de vivre. » Dans son sabir franco-caucasien, Giorgi assure qu'il veut « gagner le Top Takorz ». Avant les matches, il parle de « casser mêlée adversaire ».

 
 

Ce jovial de 29 ans est né en Géorgie, pays de 3,9 millions d'habitants au coeur du Caucase écrasé par la grande Russie au nord, frontalier avec la Turquie, l'Arménie et l'Azerbaïdjan au sud. Avec pour respiration la mer Noire à l'ouest. Giorgi avait 19 ans lorsqu'il a débarqué à Paris en 2015.

« Ça fait dix ans, mais en français il a encore du mal, se marre Ryan Chapuis, son coéquipier. Il fait des fautes grossières et on attrape des fous rires. Comme il a le sens de l'autodérision, il est très apprécié. C'est un mec attachant, insouciant, on ne sent pas de vice en lui. Il est presque enfantin. » Tous deux se côtoient depuis les espoirs. « Au début, c'était compliqué pour communiquer. Giorgi était un peu un Indien dans la ville : il vient d'un coin très reculé de la Géorgie. Même l'anglais, il ne le parlait pas. »

Son compatriote Sergo Abramishvili, pilier gauche de 22 ans, précise : « Giorgi vient du Samtskhé-Djavakhétie, une région montagneuse du sud qu'on appelle "la porte de la Géorgie". C'est un bastion de notre pays qui a toujours résisté aux invasions des Macédoniens, des Ottomans, des Perses. » Il ajoute que les Géorgiens ont « une mentalité d'insulaires », un esprit « seuls contre tous ».

 

« On dit des gens de sa région qu'ils sont les piliers de notre pays, ils ont toujours été en première ligne pour le défendre des envahisseurs »

Sergo Abramishvili, pilier gauche du Stade Français

 
 
 

Abramishvili est passionné par l'Histoire de son pays, se débrouille en français et anglais. Il a grandi à Tbilissi, la capitale, où il s'entraînait aux côtés de Davit Niniashvili, l'ailier explosif du Stade Rochelais. « Giorgi, lui, vient d'un village à 300 kilomètres de Tbilissi, 500 habitants perchés à 1 200 mètres d'altitude. On dit des gens de sa région qu'ils sont les piliers de notre pays, ils ont toujours été en première ligne pour le défendre des envahisseurs. Et Giorgi est au rugby comme dans la vie, un pilier dans le sens où tu peux t'appuyer sur lui, c'est un mec de confiance, loyal et responsable. »

Melikidze habite à Boulogne-Billancourt, anonyme et discret. « Chez lui c'est une star, poursuit Abramishvili. Les policiers l'arrêtent pour des selfies, il y a eu des reportages à la télévision. Sa réussite a incité beaucoup de jeunes à se mettre au rugby. » Cette saison, il affiche un taux de 97 % de plaquages réussis et a déjà inscrit cinq essais en Top 14 avec le Stade Français, plus que certains ailiers et autant que ses coéquipiers Peniasi Dakuwaqa et Léo Barré.

Le 23 novembre, à Jean-Bouin, il s'est même offert un doublé face au RC Toulon (22e et 43e minute), lors d'une victoire éclatante (51-24)« Forcément, on l'a chambré, sourit Chapuis. Ce n'est pas courant pour un pilier droit. On lui a dit qu'il avait poussé tout le monde pour marquer. »

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Giorgi Melikidze, le 29 novembre lors de la défaite des Parisiens à Clermont (36-32). (F. Faugère/L'Équipe)

Chaque matin, Melikidze débarque au Camp des Loges avec sa bonne humeur. « On sent qu'il est content d'être là, observe Freshwater. Il bonifie l'environnement. C'est un gros bosseur, rapide et très à l'aise ballon en main. » Ce cube de muscles et de tendons pèse 121 kg pour 1,80 m. « Au squat, c'est le plus costaud de l'équipe », indique l'entraîneur. Une vidéo publiée sur le compte Instagram du joueur le montre arracher 300 kg sous les ovations de ses coéquipiers. Il porte de simples baskets, pas même des chaussures d'haltérophilie. « Pas besoin, dit-il. J'aime chose normale, naturelle ! » La puissance de ses appuis le rend redoutable. « On sait que dès qu'on s'approche des lignes, s'il a le ballon il est difficile à arrêter », rappelle Chapuis.

Entre deux éclats de rire, Abramishvili traduit les souvenirs d'enfance de Giorgi. Les deux hommes sont comme des frères. Melikidze est l'aîné de cinq ans mais se retrouve parfois dans le rôle du cadet, désemparé par ses difficultés à s'exprimer en français. Il a grandi dans un village où l'on ignorait tout du rugby. « Je faisais boxe avec mama », raconte-t-il. « Mama » signifie papa en géorgien, il parle du sien avec tendresse et ça le rend touchant.

Akaki Melikidze, né en 1965, avait servi quatre ans dans l'armée soviétique du temps de l'URSS. Il en était revenu avec la passion du noble art. Dans la petite ferme familiale, il tenait dans ses bras un large boudin de cuir sur lequel son fils tapait des poings. Un moment de partage lumineux dans une période sombre. « À l'époque, c'est beaucoup problèmes », dit Melikidze. Abramishvili éclaire : « La génération de nos parents a subi la crise des années 1990 après la dislocation de l'URSS, puis plusieurs conflits armés. On ne trouvait pas grand-chose à manger dans le pays. Beaucoup de gens ont survécu grâce à une agriculture de subsistance et à l'entraide familiale. »

Giorgi était écolier dans son village de Toloshi lorsqu'un entraîneur, Temuri Tivadze a débarqué pour lui proposer de s'essayer au rugby dans la ville d'Aspindza, à douze kilomètres de là. « J'ai trop aimé ! » s'illumine Giorgi. Désormais international, il compte 26 sélections avec la Géorgie. Il dit « je travaille rugby » car ce sport pour lequel il s'est pris de passion lui permet de réaliser un rêve plus haut encore. Une partie de son salaire est investie dans la rénovation d'une église orthodoxe du VIIe siècle, en ruines à cinq minutes de la maison familiale.

« Il investit seul dans un acte de piété désintéressé, pour ramener la vie dans son village car avant les églises n'étaient pas qu'un lieu de prière, les enfants y étudiaient »

Sergo Abramishvili

 
 
 

« Quatre fois église cassée dans Histoire, moi j'ai cinquième mec qui reconstruire. C'est pas béton, caillou. » Abramishvili précise : « il fait rénover l'église selon les méthodes traditionnelles ancestrales, pierre après pierre. Il investit seul dans un acte de piété désintéressé, pour ramener la vie dans son village car avant les églises n'étaient pas qu'un lieu de prière, les enfants y étudiaient. »

Avec l'hiver dans la montagne, les travaux sont à l'arrêt mais Giorgi espère que la rénovation sera achevée fin octobre prochain. Ce jour-là, il fera venir un prêtre pour bénir le lieu, conviera les habitants du village pour un immense repas où l'on fera rôtir une vache, quelques moutons et plusieurs poulets. Peut-être osera-t-il demander un congé au coach Paul Gustard. Ou pas, selon le contexte du club. « Si moi pas là, pas grave. Moi pas priorité. » Ainsi parle Giorgi Melikidze, pilier droit essentiel du Stade Français.


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#3773 el landeno

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Posted 26 February 2026 - 20:11 PM

Lecture, yoga, bienveillance, la reconstruction de l'ouvreur parisien Louis Carbonel : « Je joue mieux parce que je suis de plus en plus moi-même »
Le demi d'ouverture du Stade Français Louis Carbonel réalise un excellent début de saison à Paris. Il raconte un parcours sinueux qui lui a appris à surmonter l'exigence toxique et les doutes, l'a guidé vers la lecture, la pratique du yoga et plus de bienveillance personnelle.

Louis Carbonel (27 ans) a retrouvé l'étoffe de son talent cette saison avec le Stade Français. Après avoir explosé très jeune avec le RC Toulon, été champion du monde U20 (2018 et 2019), il était perçu comme l'un des grands espoirs français à l'ouverture. Pourtant, sa carrière a marqué le pas. Dans un bar, au pied de son appartement de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), il nous a détaillé comment il a retrouvé le sens et le goût du jeu . Puis il nous a convié chez lui, où la bibliothèque du salon témoigne de sa passion pour le développement personnel.

 
 
 
 

« Comment c'est, un lendemain de match ?
Après une victoire, on a le sentiment que tout va bien, on se dit : "J'ai été fort". L'euphorie masque les douleurs physiques. La défaite, elle, engendre beaucoup de ruminations. Après avoir perdu face à Toulouse (9-13, le 15 février), le lundi était gris. Perdre un tel match, un dimanche soir, devant un stade plein, ça crée beaucoup de frustration. On a vécu tant d'émotions que le lendemain est compliqué, le réveil difficile. La déception amplifie les douleurs du corps. On a mal partout. Le pire, c'est dans la tête, surtout quand tu joues 10, un poste à prises de décision. Tu ressasses sans cesse. Il me faut un jour et demi pour évacuer et basculer vers de la positivité. J'y mets tellement d'affect... Le moment de bascule, c'est le débrief avec le groupe : on analyse ensemble pourquoi on a perdu. Ça rassemble les énergies pour repartir au combat.

 
 

Entre joueurs, on s'appelle un lendemain de match ?
Il arrive qu'on se retrouve un peu le lendemain pour sortir. Mais, généralement, on s'appelle très peu. On a déjà fait beaucoup de choses ensemble tout au long de la semaine et, une fois le match terminé, tout le monde reprend un peu sa vie hors rugby.

 

Certains joueurs visionnent vingt fois leur match le lendemain...
Perso, un seul visionnage me suffit. Je me suis créé un oeil assez affiné. Mais il se peut que je passe plus de temps sur certaines actions, avec une vision plus collective. Je ne passe pas du temps à me regarder. Je cherche à comprendre comment on a réagi en tant qu'équipe, fait les choses mieux ou moins bien.

 
 
 
 
 
 

Entre votre ressenti terrain et un visionnage, il y a un gros delta ?
Oui, quand même. Parfois, j'ai de grosses frustrations sur une action et je me dis : "Tu aurais dû faire autrement". Souvent, les images vidéo me réconfortent : "Ah oui, j'ai fait ci parce qu'il y a eu ça". Les coaches nous aident à gérer et comprendre mais la plus grande partie de la frustration doit être gérée par le joueur. On est des adultes. Au Stade Français, en milieu de semaine, un préparateur mental vient nous aider.

 
 

« Perdre dépréciait ma valeur en tant qu'homme. Je me sentais comptable de la gestion du jeu de l'équipe, me rendais coupable de tout. Je me suis abîmé émotionnellement »

 
 

Vous avez 27 ans, été double champion du monde des moins de 20 ans, en 2018 et 2019, puis connu des moments moins prospères. Avez-vous appris à gérer la frustration ?
Après avoir gagné tôt, il m'a fallu apprendre à gérer mon rapport à la défaite. L'an passé, j'ai compris qu'il me fallait changer car j'ai eu des périodes où je broyais trop de noir ces dernières années. J'étais trop dur envers moi-même. Insidieusement, j'ai fini par perdre de la confiance dans des secteurs qui étaient mes points forts. Plus qu'une défaite sportive, perdre dépréciait ma valeur en tant qu'homme. Je me sentais comptable de la gestion du jeu de l'équipe, me rendais coupable de tout. Je me suis abîmé émotionnellement. Je me suis mis l'enfer et, quand j'y repense, je suis fier d'avoir tenu. Je garde beaucoup en moi. Je bouillonnais. Ça impactait mon physique. Un tas de blessures sont entretenues par l'état mental. On somatise. Pendant deux ou trois ans, une tendinite rotulienne m'empêchait d'accélérer, de sauter... Lors de ma dernière saison à Toulon (2021-2022), j'étais sous anti-inflammatoires. Je suis un gros bosseur et je cherchais la perfection. En rentrant chez moi, je n'étais pas heureux, alors que je fais le plus beau des métiers. Je joue au rugby, j'ai un toit et de quoi manger. Tout va bien. J'ai mis des années à le comprendre. Aujourd'hui, je suis super heureux de jouer en Top 14.

 

Vous dites avoir eu le déclic la saison passée, alors que Paul Gustard ne vous faisait que peu jouer au Stade Français...
Il faut parfois toucher le fond pour comprendre qu'il y a un souci dans notre manière d'appréhender les choses. Quand ça ne va pas, il faut puiser en soi plutôt qu'attendre des autres. Je suis descendu bien bas après le match face à Toulon, en septembre 2024 (3e journée, défaite 10-14 au stade Jean-Bouin). J'ai loupé trois pénalités, dont deux faciles, une aux 30 mètres en face, ce qui ne m'arrive quasiment jamais. On me sort à la mi-temps face à mon club de coeur. J'arrivais au Stade Français avec des choses à prouver après deux saisons à Montpellier où, malgré un contexte compliqué, j'avais tiré mon épingle du jeu... Ces dernières années, j'avais fait quelques petites dépressions à force d'être trop dur envers moi-même. Il fallait que je change ma manière de percevoir les choses. Personne ne pouvait rien pour moi. Les jours qui ont suivi la défaite face à Toulon ont été très durs mais, trois semaines après, face à Montpellier, j'ai fait gagner mon équipe (5e journée, 29-20). J'ai compris que j'avais de la vulnérabilité mais aussi de la puissance en moi, et un gros caractère. Jusque-là, j'avais toujours tout réussi, je ne comprenais pas trop ce qui m'arrivait. Normalement, plus la pression est forte, plus j'aime ça.

 
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Louis Carbonel, sous le regard attentif du coach du Stade Français, Paul Gustard. (A. Mounic/L'Équipe)
 

Vous aimez la pression extérieure mais le poids de vos attentes vous faisait déjanter ?
Oui, c'est ça. La pression extérieure, je l'ai toujours adorée, elle me stimule. C'est pour elle que je fais ce sport et que je suis buteur. Ce qui m'a joué des tours, c'est mon ressenti sur le regard des gens, l'estime de moi-même, le poids de mes attentes. Un truc anodin peut me ronger intérieurement. Un mauvais geste, une mauvaise parole, même maladroite plus que foncièrement méchante. Comme si je voulais être parfait, ne déranger personne. Je bosse dessus. J'ai compris qu'il faut de la bienveillance envers soi-même. Je sais que je peux avoir un gros potentiel, à moi de travailler pour le cultiver. J'essaie d'écouter un peu plus mes intuitions mais j'ai du mal à changer : je pense beaucoup plus aux autres qu'à moi. À Paris, je travaille avec une psy du sport. Le message passe bien. Il m'a fallu du temps car j'étais têtu.

 

À quelle fréquence la consultez-vous ?
Une ou deux fois par mois. J'ai compris le bien-fondé d'identifier mes émotions et de les transformer de manière positive. De ne pas tout garder en moi. J'apprécie le regard de Paul Gustard, qui fait attention à la dimension psychologique du groupe. Le jeudi, on a un atelier avec un psychologue, en collectif ou par petits groupes. On bosse sur le match passé, sur celui qui arrive, ça aide à mieux se connaître. C'est fou parce que, même si on se voit tout le temps, on ne sait pas vraiment comment pense un partenaire sur le terrain. Là, on le découvre en rigolant avec des exercices anodins et c'est super positif. Tu rentres chez toi, tu te dis : "Ah oui, c'est vrai que lui, il pensait comme ça".

 
 

« J'ai besoin de créer, de sentir autour de moi que les gars veulent adhérer à ce jeu. Et c'est surtout ça qui fait que je peux obtenir la quintessence de mon potentiel parce que c'est ce qui me rend heureux »

 
 

Quel est votre jour de la semaine préféré ?
Le vendredi, avec l'entraînement du capitaine. On sent que le match va arriver, c'est stimulant. Les entraînements, c'est bien, mais ce n'est pas ce qui me fait le plus plaisir. Perso, je ne conçois pas qu'à côté de moi, un mec ne s'envoie pas, alors on se met en mode guerrier mais, fondamentalement, ce qui me rend heureux, c'est le jeu : créer un espace, désorganiser une défense, toucher du ballon, faire des passes... Faire marquer les autres, quel kif ! C'est pour ça que je joue au rugby.

 

Fin janvier, Paul Gustard a déclaré que vous étiez le meilleur numéro 10 du moment en Top 14...
Je me suis fait charrier par les gars dans le vestiaire. Ce sont eux qui me l'ont appris car j'essaie de me tenir loin des réseaux et je m'en porte beaucoup mieux. J'ai pris cette décision à la fin de Toulon parce que ça devenait la folie.

 

Ce compliment du coach vous a touché ?
Ça fait plaisir oui, mais je sais qu'il y a de très bons joueurs à mon poste. Je sais que pour être le meilleur, je dois encore m'améliorer.

 

Dans quel domaine ?
Sur mon jeu personnel, savoir être plus individuel, amener à mon équipe un peu plus de jeu aussi. Au Stade Français, on a l'habitude de se rassurer sur les fondamentaux plus que sur le jeu. Donc voilà, être plus performant tout court, avec des actions individuelles parce que je pense toujours plus au collectif qu'à ma propre personne.

 

C'est une question de confiance ?
De confiance et d'environnement. J'ai besoin de créer, de sentir autour de moi que les gars veulent adhérer à ce jeu. Et c'est surtout ça qui fait que je peux obtenir la quintessence de mon potentiel parce que c'est ce qui me rend heureux.

 

L'ancien All Black, Tawera Kerr-Barlow, nous confiait que vous vous appelez dans la semaine pour parler de jeu...
Quel joueur de classe ! C'est lui qui m'a amené à cette routine. On s'appelle le mardi pour s'assurer qu'on est sur la même page en vue du match du week-end : météo, stratégie, lancements... Il me demande ce qu'il a besoin d'améliorer pour moi. C'est ultra-respectable parce qu'il a 35 ans et une immense carrière. Je me nourris de son expérience.

 

C'est ce qui explique votre renaissance ?
Non, ça, c'est un plus. Je ne parlerai pas d'une renaissance, je me rapproche de mon vrai niveau, je joue mieux parce que je suis de plus en plus moi-même. »

 
 
Respiration, yoga et lectures
Quand on a demandé à Louis Carbonel si le déclic lui permettant de retrouver l'étoffe de son jeu était venu d'un coup ou pas à pas, cet hypersensible a répondu : « C'est un travail de tous les jours que je poursuis aujourd'hui ».
Prudent, il sait que rien n'est jamais acquis, avant de détailler ses piliers émotionnels : « J'ai des routines de respiration dans la voiture, en allant à l'entraînement ou à l'hôtel avant un match, dès que je sens que j'en ai besoin. La respiration, c'est essentiel pour la performance et le bien-être général. Je pratique le yoga sur Paris. L'étirement, c'est un soin important pour le corps et l'esprit. Je me suis mis à la lecture aussi. Des ouvrages de développement personnel comme Le pouvoir du moment présent d'Eckhart Tolle, De l'estime de soi à l'estime du soi de Jean Monbourquette ou encore Écoute ton corps de Lise Bourbeau m'ont fait du bien. »


#3774 Alex chocolatines

Alex chocolatines

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Posted 26 February 2026 - 20:56 PM

Le mec prétend lire et il ne cite même pas le grand Rémy Calandra. Quel manque de considération.  :rolleyes:



#3775 Elvis Presto

Elvis Presto

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Posted 27 February 2026 - 10:43 AM

C'est fou comme le mental influence les performances. On vient de voir 2 exemples, un qui ne se pose pas trop de questions et un qui s'en pose trop.


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