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Racing Métro Racing 92


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#5221 Silhouette

Silhouette

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Posté 08 janvier 2026 - 15:54

Qui est ce qui t'a expliqué tout ça ? 

C'etait dans la presse: https://www.leparisi...5HP7WRHVZRA.php

 

Parce que c'est tout a fait dans les regles et legal, juste un arrangement entre amis, ou juste entre gens qui se comprennent (tout le monde y trouve son compte, sauf le contribuable au final).


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#5222 le Sampaud

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Posté 09 janvier 2026 - 19:24

Qui est ce qui t'a expliqué tout ça ? 

C'est pour pour moi la question ?
Si oui, le marchés publics ont été publics, la rétrocession est également disponible. Le Parisien a fait un article dessus

#5223 el landeno

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Posté 30 janvier 2026 - 07:14

Auguste Albuisson, plus jeune Français à jouer chez les pros : « Collazo a dit à ma mère que c'était plus dangereux d'avoir quatre gars sur moi en Crabos qu'un en Challenge européen »
Cet hiver, le troisième-ligne du Racing Auguste Albuisson est devenu à 17 ans et 270 jours le plus jeune Français à jouer en pro. Surclassé, il vient d'être appelé avec les U20 pour le Six Nations.

Il faut bien commencer un jour. C'est juste que pour certains, ce jour arrive plus tôt que pour les autres. Le 5 décembre, en entrant en jeu à Belfast contre l'Ulster pour le compte de la première journée de Challenge européen (défaite 61-7), le Racingman Auguste Albuisson a repoussé les limites connues de la précocité. Âgé de 17 ans et 270 jours, le troisième-ligne, qui officia quatorze minutes cette soirée-là, est devenu le plus jeune Français à officier chez les pros.

 
 
 
 

Dans l'histoire des Coupes d'Europe, trois joueurs pas encore majeurs sont entrés dans le métier de plus bonne heure : le Roumain Alexandru Marin (Dinamo Bucarest, 17 ans et 124 jours), le Sénégalais Magname Koita (Biarritz, 17 ans et 155 jours) et le Gallois Gareth Chapman (Newcastle, 17 ans et 178 jours). En convoquant le souvenir de ces trois jouvenceaux, on parle d'un temps que les moins de 25 ans ne sauraient reconnaître.

Les plus jeunes à avoir joué en Coupes d'Europe :
1. Alexandru Marin (ROU, Dinamo Bucarest) 17 ans, 124 jours
2. Magname Koita (SEN, Biarritz) 17 ans, 155 jours
3. Gareth Chapman (GAL, Newcastle) 17 ans, 178 jours
4. Auguste Albuisson (Racing 92) 17 ans, 270 jours
(...)
6. Lilian Baret (Lyon) 17 ans, 285 jours
10. Julien Arias (Colomiers) 17 ans, 339 jours
11. Antoine Dupont (Castres) 17 ans, 345 jours

Un Crabos qui saute deux classes et débarque chez les pros, ça n'arrive pas souvent et ça ne peut arriver qu'en Coupe d'Europe (Coupe des champions ou Challenge européen). La réglementation en vigueur en Top 14 interdit formellement d'aligner un mineur. « Ce critère répond avant tout à une problématique liée au droit du travail, explique le docteur Bernard Dusfour, président de la commission médicale de la Ligue. Faire travailler un mineur implique certaines obligations, sur le temps de travail, l'intensité du travail, la médecine du travail... Pour nous, c'est clair et net : le critère, c'est une date sur un papier officiel. »

 
 
 
 

Une fois, seulement une fois, une exception à cette règle a été constatée pour un joueur d'exception : Antoine Dupont. Une semaine avant son dix-huitième anniversaire, soit le 8 novembre 2014, le jeune Castrais, qui venait, quinze jours auparavant, d'être lancé avec les pros contre le Leinster en Coupe d'Europe, apparaissait sur une feuille de match de Top 14, face à Toulon (22-14).

 
 
 
 

C'était une telle semaine de grand bricolage (en raison des nombreuses blessures d'un côté comme de l'autre) que Bernard Laporte, manager du RCT, envisagea le forfait « pour ne pas exposer nos jeunes piliers ». Il se ravisa mais son président Mourad Boudjellal se fit un sang d'encre jusqu'au bout : « On n'a plus qu'à se rapprocher du bon Dieu jusqu'à samedi 16 h 45, heure de la fin du match. Mais c'est sûr, on y va la peur au ventre ». Fort heureusement, aucun accident ne fut à déplorer et Dupont n'entra même pas en jeu.

 
 

« La maturité physique, c'est autre chose. Vous savez bien qu'un garçon de 17 ans et demi pourra être plus apte à jouer en pros qu'un autre de 19 ans »

Bernard Dusfour, président de la commission médicale de la Ligue.

 
 

Entre la nature même du jeu de rugby, la vitesse toujours plus importante et les impacts toujours plus sourds, il ne viendrait à l'idée d'aucun manager de lancer à la légère un mineur dans ce tambour-là. « La maturité physique, c'est autre chose, prolonge le docteur Dusfour. Vous savez bien qu'un garçon de 17 ans et demi pourra être plus apte à jouer en pros qu'un autre de 19 ans. Ce débat est évidemment essentiel mais il ne peut être mené qu'en interne avec le médecin, les kinés, les préparateurs physiques, les entraîneurs. »

 

Pour pouvoir inscrire un mineur sur une feuille de match, le club a besoin d'une décharge parentale. C'est non négociable. « Patrice Collazo (manager du Racing) a donné rendez-vous à mes parents dans les bureaux pour expliquer sa démarche, raconte Auguste Malbuisson, lycéen en terminale à Lakanal, très à l'aise pour la première interview de sa vie. Ma mère est venue et elle n'a pas eu besoin d'être rassurée davantage. Le discours était très clair, elle a signé la décharge. Patrice lui a dit que c'était plus dangereux d'avoir quatre gars sur moi en Crabos qu'un en Challenge européen. (Sourire.) »

 
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Auguste Albuisson (à droite) en action lors de son entrée contre l'Ulster (61-7), le 5 décembre. (A. Réau/L'Équipe)
 

C'est justement à l'occasion d'un derby en Crabos, entre le Racing et Massy, que Collazo a repéré la haute stature de ce troisième-ligne (1,95 m ; 97 kg) qui se verrait bien sur les bancs de Dauphine à la rentrée prochaine. « Il m'avait surpris, il est très complet, avec ou sans ballon, ce qui n'est pas commun à cet âge-là. Il a un QI rugby très élevé. Techniquement, dans l'analyse, il est bon. Il ne faut pas brûler les étapes mais c'est du temps gagné pour la suite. Il a joué les quatre matches de Challenge avec nous (le dernier, contre les Cheetahs, 31-28, en tant que titulaire avec un essai en prime) mais j'ai voulu qu'il retourne avec les Crabos entre les deux périodes européennes parce que c'est sa réalité. »

 

L'immersion chez les pros a défilé en accéléré. « Deux semaines avant l'Ulster, j'ai intégré les entraînements avec eux mais c'était chaud. Je ne connaissais pas les combis en touche, ni les systèmes. Mais j'étais déjà très content d'être là et les gars m'ont super bien accueilli. Quand on m'a annoncé que je serais remplaçant à Belfast, c'était dingue. Je n'avais fait qu'un entraînement à balles réelles. C'est pour ça que j'estime qu'on m'a plus donné cette chance que je ne suis allé la chercher. Mon entrée contre l'Ulster ? L'impression d'être dans un film. J'ai plaqué leur numéro 8 et ça m'a fait mal à l'épaule. Mais j'ai réussi le plaquage ! À ce niveau, tu ne peux pas te permettre de plaquer en haut. Il faut être intelligent. »

 
 

« Auguste est notre tête d'affiche. (...) Dans le jeu, il est très fort sur l'aérien, il se déplace très bien... Mais c'est aussi un garçon chez qui ça va très vite là-haut »

Clément Gomet, son entraîneur en catégorie juniors, et Sylvain Bouthier, directeur du haut niveau au centre de formation.

 
 

Formé au RC Courbevoie, Albuisson ne sait pas précisément de quoi sa fin de saison sera faite. Il vient d'être surclassé pour rejoindre les moins de 20 en vue du Tournoi des 6 Nations qui approche. À 18 ans - il les fêtera le 10 mars -, il pourra être appelé en Espoirs ou en Top 14 mais, au fond de lui, il a l'envie de vivre la phase finale avec ses amis de promo.

 

« Il est capitaine des Crabos et il est très impliqué dans ce projet d'équipe, il est très attaché à ses copains, disent en choeur Clément Gomet, son entraîneur dans cette catégorie juniors, et Sylvain Bouthier, directeur du haut niveau au centre de formation. Le premier enjeu, c'est qu'il obtienne son bac avec mention. On s'est engagés auprès des parents. À côté de cela, bien sûr, nous faisons tout pour qu'il accède au haut niveau le plus vite possible. Le fait qu'il ait été appelé chez les pros alors qu'il est loin d'avoir acquis sa maturité physique est un super indicateur. Auguste est notre tête d'affiche. Il a plein de super pouvoirs. Dans le jeu, il est très fort sur l'aérien, il se déplace très bien... Mais c'est aussi un garçon chez qui ça va très vite là-haut. (Ils montrent la tête.) » Depuis quelques mois, la formation rebourgeonne au Racing.

 

« Faire monter onze Espoirs chez les pros contre les Cheetahs, intégrer un Crabos prometteur, c'est envoyer des messages vers l'extérieur, pour dire que la santé du club est bonne et qu'on y travaille bien, et vers l'intérieur, pour que nos jeunes sachent qu'on compte sur eux », insiste Collazo. Sous son impulsion, les découvertes se succèdent : le flanker Shingi Manyarara, l'ailier Nolann Donguy, le pilier Édouard Jabea, le talonneur Yanis Basse, le demi de mêlée Antoine Latrasse...

 

Le Racing n'a plus rien gagné chez les jeunes depuis la génération Le Garrec-Baudonne-Moukoro, titrés en Alamercery en 2018. Si Auguste et sa bande cherchent un défi de taille pour les beaux jours...



#5224 el landeno

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Posté 24 mars 2026 - 07:09

Dominant et puissant comme son animal totem, Nathan Hughes est aussi une présence rassurante au Racing 92 : « Moi, c'est le rhino »
Dans son style revendiqué, Nathan Hughes, arrivé en juillet après trois années au Japon, est le numéro 8 que le Racing n'avait plus depuis Chris Masoe. En très peu de temps, il a pris une place immense dans le groupe.

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#5225 Silhouette

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Posté 24 mars 2026 - 14:54

Un placard a balai, ou une seringue ? Si besoin, je crois qu'on connait un illustrateur qui vit a Paris et se ferait un plaisir de creer un petit design pour rendre hommage a ce grand club du Racing.



#5226 Francoisbougnat

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Posté 24 mars 2026 - 19:34

Un placard a balai, ou une seringue ? Si besoin, je crois qu'on connait un illustrateur qui vit a Paris et se ferait un plaisir de creer un petit design pour rendre hommage a ce grand club du Racing.

Un polo au-dessus d'une paire de mocassins à glands

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#5227 el landeno

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Posté 14 mai 2026 - 20:28

« Fred Michalak est là pour me guider » : la trajectoire fulgurante d'Ugo Seunes, demi d'ouverture du Racing
L'ouvreur du Racing 92 Ugo Seunes. (Hugues Lawson Body/L'Équipe)
Il y a trois ans, il jouait en Nationale, à Blagnac. À l'été 2025, le Racing 92 l'a intégré à son effectif de galactiques, où Frédéric Michalak le suit de près. Si tout s'est passé très vite, il désire rester simple.
Bruno Garaypublié le 14 mai 2026 à 18h00
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En signant au Racing 92 lors de l'intersaison 2025, Ugo Seunes a découvert un truc fabuleux : on peut faire ses courses au supermarché sans être dérangé. « Quand je jouais en Pro D2, à Aurillac (2024-2025), il y avait celui qui t'expliquait comment buter, l'autre qui te passait un savon parce qu'il trouvait qu'on n'avait pas été à la hauteur lors de tel ou tel match. Mais la plupart des gens te tapaient sur l'épaule. Ils étaient gentils. »

 
 

À Clamart (Hauts-de-Seine) où il réside, personne ne l'alpague pour le moment quand il achète ses bananes. Si le Racing se qualifie pour les phases finales et que son jeune ouvreur parvient à se mettre en avant, peut-être que ça changera et qu'on se souviendra que le club a la particularité de recruter des 10 de tout premier ordre. Bien sûr qu'Ugo Seunes, né il y a vingt-cinq ans à Agen, ne possède pas le charisme de Dan Carter, de Johnny Sexton ni même de Finn Russell, mais le jeune provincial grandit. Et l'air de Paris lui va parfaitement au teint.

 
 

« Alors, comment vous la trouvez, votre nouvelle vie ?
Franchement, plutôt incroyable. Rien à voir avec avant. Avant, c'était classique : études, rugby, boulot, jongler entre le travail, le rugby, la vie perso... Là, tout est... ouais, tout est différent. J'avais déjà un peu connu ça à Aurillac où je ne faisais que du rugby, mais ici au Racing, avec l'environnement, les infrastructures, j'ai l'impression d'avoir débarqué dans un autre monde.

 
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À 25 ans, Ugo Seunes fait partie des meilleurs 10 du Top 14. (Hugues Lawson Body/L'Équipe)
 

La première chose que vous avez faite en arrivant à Paris, en "touriste", ça a été quoi ?
Déjà, je suis resté quinze jours dans l'hôtel qui jouxte le centre d'entraînement et ce n'était pas hyper passionnant. Comme ma copine n'était pas encore arrivée, mon père m'a accompagné. On a alors pris la voiture pour aller sur les Champs-Élysées, un dimanche d'été, Il n'y avait pas un chat. C'était bien.

 
 
 
 

Depuis, vous avez eu le temps de visiter d'autres sites dans la capitale ?
Oui, un peu. Montmartre, Notre-Dame... Surtout, je me balade. J'aime bien marcher, aller vers le Marais, des quartiers apaisants. Je ne fais pas forcément les monuments. Je préfère vagabonder, tranquille.

 
 

« Nous, les joueurs, on évolue devant du monde, y a de la pression... Mais à côté de ça, on a aussi du temps... C'est quand même la belle vie »

 
 

Vous qui êtes du Sud-Ouest, vous aviez des idées préconçues sur les Parisiens ?
(Il réfléchit.) Bah... ça se confirme un peu dans les transports. (Rires.) Les gens sont pressés, ça se pousse... Justine, ma copine me dit souvent : "Les gens, ici, ils sont à dix mille à l'heure." Nous, les joueurs, on a un mode de vie un peu à part. On évolue devant du monde, y a de la pression, OK, mais à côté de ça, on a aussi du temps, pas d'horaires fixes, on est souvent à l'air libre... C'est quand même la belle vie. Et puis, Paris, je pense que j'ai le bon âge, pour le vivre bien. Sans me projeter.

 

Vous vous êtes déjà dit "un jour, je serai pro" ? Ce genre de phrase ?
Jamais. Ni moi, ni ma famille. Je jouais pour m'amuser, avec les copains. On n'avait aucune connaissance du milieu professionnel. Aucune relation chez des joueurs. Ça n'a jamais été un objectif.

 

C'était quoi votre objectif ?
Continuer à jouer, prendre du plaisir, décrocher un boulot. Après le bac, je suis rentré en alternance chez Accenture, détaché chez Airbus à Blagnac. J'avais le bon combo : salaire correct et rugby. J'y suis resté six mois.

 
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Ugo Seunes devant la siège du Racing 92, au Plessis-Robinson. (Hugues Lawson Body/L'Équipe)
 

Vous nous apparaissez avant tout comme un passionné de sport, c'est bien ça ?
Oui, mais j'aime tout : moto, tennis, foot, basket, natation... Avec mon frère, c'était école, devoirs, puis ballon. Aujourd'hui encore, même à la plage, je joue : raquettes, pétanque... Et je joue pour gagner, toujours. Remarque, non, quand je perds... je m'en fous aussi ! (Rires.)

 

En avril, vous avez disputé pour la première fois de votre vie le clasico Racing-Stade Français (47-20), le plus vieux derby du rugby français. Mais vous, "votre" derby dans votre jeunesse, c'était lequel ?
(Sourire.) Derby, le mot est un peu fort. Notre gros match à nous qui jouions au SUA (Sporting Union Agen), c'était contre 4 Cantons. On n'était pas les meilleurs, mais c'était l'équipe qu'on voulait battre. Ils avaient un mec, Benjamin Mazet... "Casque noir", on l'appelait. Qu'est-ce qu'il nous faisait mal, lui !

 

On lui passe le bonjour. Quand vous signez à Blagnac en 2018, vous vous dites que ça commence à devenir sérieux ?
Sérieux... Oui et non. C'était la Fédérale 1. Après, le club descendra en Nationale. L'idée, c'était surtout de donner le meilleur de moi-même. Ce que nous répétait constamment Christophe Deylaud, notre manager.

 
 

« À Aurillac, les terrains n'étaient pas toujours au top mais cela avait aussi beaucoup de charme »

 
 

À Aurillac (Pro D2), vous sentez votre trajectoire prendre une nouvelle dimension ?
C'était dans la continuité de Blagnac. Les deux équipes partageaient les mêmes valeurs. On s'entraînait avec nos propres affaires. Les terrains n'étaient pas toujours au top mais cela avait aussi beaucoup de charme.

 

Le salaire, il change ?
Bof, pas tant que ça. Je gagnais presque autant en cumulant alternance et rugby à Blagnac. Autour de 3 000 euros par mois.

 

Quel souvenir garderez-vous de votre passage dans le Cantal ?
On était un peu les "petits", avec le plus faible budget de la Pro D2. Déjà, il fallait maintenir le club. Le bonheur d'y avoir contribué. Et puis l'adaptation à la vie pro. Et plein de petits détails. Le froid, la neige... mais c'était bien.

 
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Ugo Seunes au centre d'entraînement du Racing 92, au Plessis-Robinson. (Hugues Lawson Body/L'Équipe)
 

À Aurillac vous commencez à sentir le parfum du Top 14 ?
Au début, pas du tout. Après, j'ai entendu les rumeurs... mais ça ne m'est jamais monté à la tête. C'est arrivé un peu comme ça. Les tractations avec le Racing se sont passées vite, ça n'a pas duré plus de quatre jours. Chaque partie était satisfaite. Je ne peux pas dire que j'ai vraiment cogité.

 

La première fois que vous mettez les pieds au Plessis-Robinson, le siège du Racing 92, qu'est-ce qui vous marque ?
Une sensation de luxe que je ne connaissais pas. Le centre d'entraînement. Les terrains. La salle de vie. Cette salle de musculation, où on parle en ce moment, par rapport à celle d'Aurillac. Elle est six ou sept fois plus grande, au moins ! La hauteur sous plafond, c'est dingue.

Et la première fois que vous mettez les pieds à la La Défense Arena ?
Pareil. C'était juste incroyable. Mais j'ai plus été choqué positivement par le centre d'entraînement que par l'Arena. Finalement, c'est juste un terrain couvert dans une salle immense. Ça m'a moins « pris de court » qu'ici.

 
 

« Ce qui est bien au Racing, c'est qu'on n'a pas de joueurs qui se prennent un peu pour d'autres »

 
 

Côtoyer des joueurs que vous aviez peut-être en poster ou que vous suiviez sur Instagram, ça fait quoi, comme effet ?
Pareil, avec le temps, ça s'atténue, mais c'est sûr que de se retrouver au début avec Gaël (Fickou), "Tao" (Romain Taofifenua) ou même Max (Spring), des mecs que je suivais à la télé l'année précédente, ça fait bizarre. Donc, au début, oui, tu ne sais pas trop comment t'y prendre, mais une fois que tu t'entraînes avec eux, que tu fais tes premiers matches à leurs côtés, tu deviens l'un d'entre eux, c'est tout.

 

Ils ont fait quoi, ces joueurs-là, pour vous mettre à l'aise ?
Rien de spécial. Ce qui est bien au Racing, c'est qu'on n'a pas de joueurs qui se prennent un peu pour d'autres. Donc, entre le mec qui a 100 sélections en équipe nationale ou celui qui n'est là que depuis deux ans et qui ne joue pas trop, tu ne sens pas forcément la différence.

 

Quel devoir ça induit de faire partie d'un club prestigieux qui dispose de tels moyens pour réussir ? C'est quoi la contrepartie ?
Justement, il ne faut pas qu'il y en ait. En me recrutant, le Racing a fait une sorte de pari mais moi, je ne suis pas trop du genre à me poser dix mille questions. Des contreparties, comme vous dites, je n'en ai pas trop vu, à part jouer mon jeu, donner tout comme à Blagnac ou à Aurillac. Je n'ai pas ressenti de pression particulière.

 
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En arrivant pour la première fois au centre d'entraînement du Racing, Ugo Seunes a eu « une sensation de luxe » qu'il ne connaissait pas. (Hugues Lawson Body/L'Équipe)
 

Dans un papier qu'on a publié la semaine dernière dans le Mag, Ellie Kildunne - l'arrière du quinze d'Angleterre féminin - dit que son meilleur rugby, c'est quand elle jouait comme à 12 ans, totalement libre. La seule différence, c'est qu'il y a désormais 80 000 personnes pour la regarder jouer. Ça vous parle ?
Oui, je comprends. Finalement elle dit qu'elle joue son rugby à elle. Dans une saison, tu es parfois en haut, parfois en bas. Psychologiquement, ça peut influer sur ta manière de jouer, surtout quand tu joues 10, où tu as quand même beaucoup de responsabilités. Il faut faire la balance entre tous les conseils qu'on t'a donnés depuis que tu as commencé à jouer, ceux qu'on te donne pendant la saison que tu es en train de jouer et rester fidèle à ta façon de concevoir le jeu. Tu peux résumer ça par : être toi-même.

 

Justement, ici, sur le poste de 10, est-ce qu'il y a des choses qu'on vous a fait reprendre ou les entraîneurs vous laissent une marge de manoeuvre ?
Quand une équipe recrute un joueur, je pense qu'elle connaît son style de jeu. Après, le poste d'ouvreur, il est dépendant de ce que veut le manager ou l'entraîneur de l'attaque. Tu dois quand même respecter un certain plan de jeu. Si tu veux mettre ta patte, personne ne t'en empêchera. De toute façon Fred (Michalak) est là pour me guider.

On peut dire que vous avez eu de sacrés mentors : Christophe Deylaud (16 sélections) à Blagnac, Frédéric Michalak (77 sélections) au Racing 92. À chacun, vous prendriez quoi ?
C'est difficile de répondre vu qu'ils m'ont entraîné à deux niveaux différents, aussi à deux moments différents de ma carrière. Christophe Deylaud, c'était l'âme de Blagnac. Il nous avait enseigné l'art de ne rien lâcher. Fred Michalak, le meilleur conseil qu'il m'a jamais donné, c'est de ne pas vouloir faire la différence sur chaque ballon touché. Faire jouer les autres, gérer le tempo. C'est tout récent et je pense que ça va me faire progresser.

 
 

« Avec une certaine envie, tu arrives à retourner les mecs. Maintenant, je sais que je ne gagnerai jamais tous mes duels »

 
 

Vous vous inspirez de certains ouvreurs du passé ou d'aujourd'hui ?
Je regarde ce qui se fait. Parfois je me dis : "Ah là pas mal ou alors, celui-là, laisse tomber." Et pas que ceux qui évoluent en Top 14. Je prends tout, peu importe le niveau. Sur mon téléphone, je vois des vidéos de Pro D2, de Nationale. Je me le mets dans un coin de la tête et si ça peut servir, en l'adaptant au plan de jeu qu'on nous a fixé, pourquoi pas.

 

Vous êtes plutôt d'un gabarit léger (1,82 m pour 80 kg). Vous vous êtes étoffé depuis votre arrivée au Racing ?
J'ai pris 1 ou 2 kg, pas plus.

 

Peser 80 kg dans le Top 14 de 2026, ça permet de rivaliser ?
Je crois. Après, je m'en fous. Quand je suis arrivé ici personne ne m'a dit : "Il faut que tu prennes 5 kg de muscle si tu veux jouer." Moi, je vois que ça va. Je mange bien. Je fais attention à ce que je mange. En réalité, je ne me suis même pas posé la question de savoir si ça allait être dur ou pas avec mon physique. Avec une certaine envie, tu arrives à retourner les mecs. Maintenant, je sais que je ne gagnerai jamais tous mes duels.

 
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Ugo Seunes, c'est un gabarit léger avec une énorme détermination. (Hugues Lawson Body/L'Équipe)
 

Vous avez envie de vous inscrire dans la durée au Racing ou si un gros club du sud de la France vous fait les yeux doux vous réfléchissez ?
Je ne me pose pas ce genre de questions. Il me reste encore deux ans de contrat.

 

La première fois que vous débarquez à Marcoussis (pour la Tournée de novembre 2025), vous avez les yeux qui brillent ? L'impression de vous retrouver à Disneyland ?
Un peu. Antoine Dupont, je ne l'avais vu qu'à la télé. Je me demandais un peu ce que je foutais là avec mes quelques mois en Top 14. Presque dans la peau de l'usurpateur. Pourtant, j'y étais. Quand j'y suis retourné (début 2026, il faisait partie du groupe élargi pour le Tournoi des Six Nations mais ne jouera pas), ça allait mieux. On était quasiment aux deux tiers de la saison. J'avais pu montrer un peu plus de quoi j'étais capable. Et je connaissais déjà certains mecs.

 

Maintenant que vous avez goûté à l'équipe de France, avez-vous la volonté farouche d'y retourner ? Ou c'est : « Je ne me pose pas de questions », comme vous le diriez...
Déjà, il faut jouer en club. En ce moment, je ne suis plus titulaire. Après, des bons 10, il y en a un paquet en France. Je continue à faire ce que j'ai toujours fait. Travailler. M'entraîner. L'équipe de France n'est pas forcément l'objectif. C'est plus de faire une bonne fin de saison et de gagner du temps de jeu. Mais si Fabien Galthié m'appelle, je serai hyper content. Donc... je ne me pose pas la question. (Rires.) »



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Posté aujourd'hui, 06:29

« On a la bagnole, on a le moteur et puis des fois, on n'a pas le pilote » : Le Racing est-il mûr pour le style Collazo ?
Le choix du drop en fin de partie contre La Rochelle dimanche dernier a pu renvoyer l'image d'une équipe pas encore assez sûre de ses forces ou de son système. C'est un peu vrai mais pas inexplicable.

À y réfléchir à deux fois et même à trois, même mené 24-26 par La Rochelle, le Racing n'était pas si mal embarqué à dix-sept secondes de la fin. Il venait de poser un ruck puis un autre à trente mètres de l'en-but rochelais. Au septième, la jeune charnière Carbonneau-Seunes fit le choix du drop, un choix qui n'a pas payé (première défaite de la saison à domicile qui obscurcit les chances de qualification) et qui a paru hâtif à Patrice Collazo. « Cette tentative de drop n'est pas du tout adaptée à la situation. Il fallait essayer de redynamiser au bord. Il fallait user La Rochelle, continuer à les mettre à la faute, mais on a été impatients alors qu'il ne fallait surtout pas l'être. Ça a été souvent le cas cette année, sur des moments un peu tendus. Le même choix à vingt-cinq mètres, je ne dis pas. Mais à quarante-cinq, c'est chaud. »

 
 
 
 

En regardant cette action, on s'est demandé pourquoi cette équipe ne se faisait pas davantage confiance, pourquoi elle venait de refuser par deux fois (la première avait néanmoins bien tourné avec l'essai de Ravutaumada sur un jeu au pied très hardi de Carbonneau) de poser et d'imposer un jeu de puissance.

 
 

« Ce sont des choses qu'on a besoin de vivre pour les comprendre, dit Collazo. C'est des portes dans la gueule. Ce groupe-là en a pris beaucoup cette saison. On manque de vécu collectif. On manque de ressentir les choses ensemble, de contrôler. Parfois, on confond physionomie du match et dynamique. Mais n'occultons pas tout ce qu'il y a eu de bien jusqu'ici. C'est vrai que dans la gestion, on n'a qu'un seul mode. On a la bagnole, on a le moteur et puis des fois, on n'a pas le pilote. Parfois, on fait une sortie de route dans un virage, on sort tous de la bagnole, on la remet sur la route et on repart. Et il y a des fois où on s'enroule autour d'un arbre. »

 
 
 
 
 

« Maîtriser un système, ça demande du temps, de la répétition. On a eu quinze arrivées l'été dernier, l'équipe a encore besoin de se connaître »

Frédéric Michalak, entraîneur de l'attaque du Racing

 
 

Pour le staff du Racing, hors de question de blâmer untel ou untel, ni d'accréditer la thèse, défendue par certains observateurs, d'une charnière Carbonneau-Seunes qui aime jouer vite les coups et les pénalités, ce qui ne sert pas toujours la cause et le tempo d'une équipe puissante et lourde. « Pour moi, c'est un cliché, assure Collazo. Contre La Rochelle, le temps de jeu effectif était de 40 minutes, ce qui est haut pour le Top 14. Vous avez compté le nombre de mecs chez nous qui avaient les bras en croix à la fin ? Après chaque rafale, avec nos mecs lourds et puissants, on était sur nos appuis, on les attendait pour jouer. »

 
 
 

« Ugo (Seunes) découvrait le Top 14, "Carbo" (Léo Carbonneau) a 21 ans et ils ont tous les deux beaucoup progressé cette saison, insiste Frédéric Michalak, entraîneur de l'attaque. Maîtriser un système, ça demande du temps, de la répétition. On a eu quinze arrivées l'été dernier, l'équipe a encore besoin de se connaître. »

 
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Patrice Collazo lors du match du Racing face au Stade Rochelais. (Jean-Marie Hervio /L'Équipe)

En un an et demi, le Racing est passé de la Lancaster-touch au Collazo-ball, un exercice de haute souplesse qui oblige à bien s'échauffer les adducteurs. En 2023-2024, la saison la plus significative du manager anglais, le Racing nageait dans les mêmes eaux que Toulouse au nombre de passes par match (145-150), de défenseurs battus (20) et de mètres parcourus avec le ballon (716 mètres). Il est aujourd'hui l'élève qui se fait le moins de passes (108), parcourt le moins de mètres avec le ballon (393), franchit un peu moins que la moyenne (4) et joue le plus au pied (28).

 

« Certains font le rapprochement avec le jeu de l'Afrique du Sud, très axé sur les duels, la pression défensive, dit Michalak. On gagne pas mal de turnovers et on est efficaces pour les exploiter. Notre problématique, ça a été la possession. En début de saison, notre indiscipline nous empêchait de garder le ballon dans les bonnes zones. »

 
 

« Pour moi, le nombre de passes... Ce n'est pas ça qui fait gagner un match. Par exemple, on est très efficaces sur les ballons de récupération et il se trouve qu'on a les joueurs pour pouvoir marquer en trois passes »

À son arrivée, Collazo a traité certaines urgences, comme la mêlée, devenue celle qui rapporte le plus de pénalités dans le Top 14, juste derrière le sacré bidule à seize pattes du Stade Français. Il s'est attelé à resolidifier les bases. Il a aussi privilégié un jeu moins expansif, avec des lancements plus simples. Un jeu centré sur la puissance et la densité de plusieurs gros porteurs comme Hughes, Tupou, Taofifenua, Gogichashvili, Kolingar, Bamba, Hill, Joseph, Tuisova ou Habosi.

 

« Ce n'est pas moi qui veux faire une forme de jeu, explique le manager. Chaque fois que j'ai voulu transposer ailleurs des choses qui avaient marché à un endroit, je me suis planté. Il faut s'adapter à son effectif. Quand je suis arrivé (février 2025), le recrutement était déjà bouclé. J'ai choisi quatre joueurs à l'intersaison. Aujourd'hui, je trouve qu'on est un peu plus complet dans les formes de jeu qu'on veut faire. Avant La Rochelle, nous avions la cinquième attaque du Championnat. Et on n'a pas marqué nos essais à l'Arena, qui est une surface rapide, en ne faisant que des pick-and-go ou des ballons portés. Je sais qu'on est capables aussi de lâcher les chevaux. Après, pour moi, le nombre de passes... Ce n'est pas ça qui fait gagner un match. Par exemple, on est très efficaces sur les ballons de récupération et il se trouve qu'on a les joueurs pour pouvoir marquer en trois passes. Ça ne sert à rien de faire des passes pendant cinq ans. »

 
 
 





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