Non, je ne pense pas parce que c’est vraiment quelque chose d’assez accidentel, ce n’est pas une blessure musculaire qui peut venir de la fatigue. C’est sur un plaquage que je prends sur le côté, couplé à un plaquage que je prends en haut, donc c’est vraiment plus accidentel qu’autre chose. Mais j’essaie toujours de chercher du positif, ça me laisse six semaines de plus pour vraiment faire une grosse préparation pour entamer cette grosse saison.
Sur le même sujet
Le pilier gauche de l’UBB a été victime d’une entorse du genou à l’entraînement ce mardi
Est-ce votre dernière saison ?
Oui, c’est ma dernière saison. C’est ma dernière saison au club, enfin de rugbyman professionnel parce que je ne jouerai pas pour un autre club que Bordeaux. Cette saison est particulière pour moi. C’est aussi pour ça que je prends cette blessure de façon positive pour bien me préparer parce que j’ai envie que ça soit aussi la plus belle saison que j’ai pu faire ici.
L’expérience de votre retour en bleu cet été ne vous a pas fait changer d’avis ?
Non, bien au contraire. C’est la discussion que j’avais eue avec Fabien Galthié quand il m’a appelé la saison dernière avant de me sélectionner à nouveau. Il m’avait demandé mon avis là-dessus. Je lui avais dit que cette année était ma dernière saison de rugbyman et que mon but était de finir le plus haut possible. Ça ne m’a pas fait changer d’avis sur le fait de vouloir arrêter, mais ça a continué de me motiver : je veux que cette saison soit vraiment particulière et la plus belle de toutes.
« Si ça doit arriver, on trouvera une solution. S’il y a une possibilité, c’est sûr que je prendrai une licence à Lalinde »
La Coupe du monde en Australie, c’est un objectif ?
Forcément, quand on a regoûté au maillot bleu, c’est obligé que ça redevienne un objectif. J’ai quand même cette particularité de me dire que si on m’a rappelé en bleu, c’est aussi parce qu’on a fait des saisons extraordinaires avec le club. Mon but premier, le pourquoi j’avais arrêté l’équipe de France à l’époque, c’était de gagner des titres avec mon club. J’ai gagné deux Coupes d’Europe magiques. Maintenant, il me reste un titre à gagner avec mon club (le Brennus). Le but premier de ma saison, c’est surtout très bien figurer en Top 14 et qu’on soit en position de le gagner. L’expérience de la saison passée fait qu’on a envie de retrouver la phase finale.
Quelles émotions vous ont procuré cette tournée d’été avec le XV de France ? Quel bilan en tirez-vous ?
Six ans après, c’est long. Je ne pensais jamais que Fabien (Galthié) me rappellerait. J’ai accepté en lui disant que si je pouvais l’aider à quelque chose dans le projet, je serais là. Mais si je n’étais pas au niveau, ce n’était même pas la peine d’en parler. J’ai abordé la tournée en me disant : on va rapidement voir parce qu’on joue la deuxième nation mondiale d’entrée (Nouvelle-Zélande). J’ai eu des doutes un peu par moments auparavant, j’avais l’impression d’être un jeune qui n’était jamais venu. J’étais à 200 % aux entraînements comme si j’avais besoin de tout prouver. Il y a des moments où j’étais en surrégime à l’entraînement, j’étais mort, je me disais : « putain, ce n’est pas possible, je ne vais pas être au niveau ». Et puis après, sur les matchs, ça s’est plutôt bien passé, on a fait plutôt une belle tournée. Donc il y a eu la satisfaction de jouer ces grands matchs et de pouvoir bien y figurer.
Sur le même sujet
Le retour à la règle des huit remplacements en Top 14 et Pro D2 pourrait avoir des conséquences sur les profils des joueurs alignés et sur le scénario des rencontres durant les 20 dernières minutes
Arrêter sur une Coupe du monde, peut-être un titre, ça vous inspire ?
Ça serait la meilleure sortie. Aujourd’hui, je suis 100 % focus sur le club. Je reviens dans une équipe qui a quand même fini sur une désillusion la saison dernière. Je suis revenu en club avec beaucoup de motivation, en me disant : si je suis repris en novembre, ou au Tournoi, ou si j’ai la chance de faire la Coupe du monde, c’est parce que j’aurai fait le job en club. Si je ne fais pas le job, on n’en parle pas.
Si vous disputez cette Coupe du monde, vous aurez la particularité de ne plus être un joueur professionnel en octobre 2027. Y avez-vous songé ? Où prendriez-vous une licence ?
Je n’y ai pas songé, je ne sais pas du tout comment ça marche. Je suis un peu superstitieux, donc c’est la question que je repousse. Si ça doit arriver, on verra, on trouvera une solution. S’il y a une possibilité, c’est sûr que je prendrai une licence à Lalinde, mon club formateur.
Cette désillusion de la non-qualification de l’UBB peut-elle se transformer en tremplin comme la désillusion de la finale à Marseille en 2024 ?
Je l’espère. C’est différent parce qu’on a eu quand même un vécu heureux entre-temps. Mais je pense que ça nous montre que dans ce championnat, on ne peut pas se reposer sur nos acquis. Quand on a 5-10 % de moins d’efforts à certains moments de la saison, on le paye cash. On l’a payé cher parce qu’on a beaucoup perdu à domicile. Décevoir quatre fois nos supporters à la maison, c’est quelque chose qui nous marque quand même. Peut-être plus que la non-qualification finalement.
« La Coupe d’Europe reste toujours un objectif, mais on a une certitude : on va devoir s’épaissir en Top 14 »
Le staff a pointé un certain manque de dureté mentale par certains instants ou d’investissement. Partagez-vous ce constat ? Comment agir dessus ?
Oui, je pense qu’on a pu jouer certains matchs avec la tête ailleurs. Je ne sais pas si c’est la dureté mentale ou si c’est le fait de choisir nos matchs. À ce niveau, ce n’est pas possible. Je pense qu’il faut mettre de l’importance sur le cœur de l’équipe, sur les joueurs qui sont là toute l’année. Par moments, on a senti qu’il y avait une équipe à deux vitesses : les internationaux et certains qui pouvaient s’épuiser de ne pas être autant considéré que les autres. On a besoin de retrouver de l’unité. La qualif, pour moi, c’est le cœur de l’équipe qui la gagne. Les titres, ce sont nos facteurs X.
Sur le même sujet
La Ligue nationale de rugby a détaillé, pour la première fois, la redistribution des revenus aux 30 clubs de Top 14 et de Pro D2 pour la saison passée. Toulouse, l’Union Bordeaux-Bègles et la Section Paloise sont en tête
Le triplé européen et le doublé Champions Cup/Top 14 est-il possible ?