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Union Bordeaux-Bègles


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#2911 el landeno

el landeno

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Posté hier, 21:07

« Heureux », « bien dans sa tête » et « épanoui » : Cameron Woki, revenu indispensable à l'UBB
Depuis son retour à Bordeaux l'été dernier, après trois saisons mitigées au Racing 92, Cameron Woki a retrouvé son meilleur niveau. Parce que le troisième-ligne s'est replongé dans un environnement qui l'épanouit.

On pourrait empiler les chiffres et les faits pour en faire l'illustration d'un renouveau, ou au moins d'une réadaptation idéale, mais Cameron Woki a beau être le joueur le plus utilisé à Bordeaux depuis le début de la saison (1 791 minutes en 24 matches, dont 22 titularisations, depuis début septembre), le sauteur privilégié par son alignement, le meilleur contreur en touche (16 ballons sur lancer adverse), et même le quatrième marqueur d'essais des Girondins (10 réalisations, derrière Bielle-Biarrey [17], Rayasi [15] et Jalibert [11]), ce n'est jamais ce que pointent d'abord les témoins de sa deuxième expérience à l'UBB.

 
 
 
 

Coéquipiers, entraîneurs, simples observateurs extérieurs, tous orientent le regard vers un autre domaine : si le troisième-ligne brille à nouveau dans le club qui l'a lancé au niveau professionnel, où il a fait ses armes entre 2017 et 2022, c'est qu'il y est « heureux »« bien dans sa tête »« épanoui ».

 
 

« Je le trouve performant, joyeux, enthousiaste, plein de bonne volonté. C'est le Cameron qu'on avait souhaité recruter au Racing 92 ! », pointe ainsi Dimitri Szarzewski. Comme les autres, l'ancien coach de la conquête francilienne est plus généreux en qualificatifs sur l'état d'esprit de son ancien joueur.

 

Avec cette « frustration » toute personnelle, comme il le confesse, de ne l'avoir pas vu « exprimer ce plein potentiel » avec les Ciel et Blanc. « Son histoire avec Bordeaux n'était pas terminée et on le voit aujourd'hui, il joue avec le coeur, ce qui n'était pas forcément toujours le cas avec le Racing 92 », ajoute l'ancien talonneur des Bleus.

 
 
 
 
 
 
 

« La véritable histoire, c'est que Cameron n'a jamais demandé à partir de l'UBB »

Laurent Marti, le président de l'UBB

 
 

Woki ne lui en voudra certainement pas, il dresse de lui-même un constat sévère sur son passage au Racing 92, entre 2022 et 2025. Sur les ondes d'Ici Gironde, mi-avril, lors d'une de ses rares sorties médiatiques cette saison, le flanker s'est jugé « moyen » puis « pas performant » pendant son expérience dans la banlieue parisienne.

 

Sans doute parce que son transfert inattendu de Bordeaux, à l'été 2022, un an avant la fin de son contrat, sur fond de désaccord avec son manager de l'époque, Christophe Urios, l'avait marqué. Dans nos colonnes, Woki évoquait juste après un départ qui lui laissait « un goût d'inachevé ». Si fort qu'il a persisté au Racing 92, même s'il s'y rapprochait de sa famille, lui qui a débuté le rugby à Bobigny. « La véritable histoire, c'est que Cameron n'a jamais demandé à partir de l'UBB, nous confirme encore Laurent Marti, le président girondin. Et moi, je n'ai jamais demandé qu'il parte. »

 

Dans son entourage, on laisse entendre que Woki a très vite eu des envies de retour à Bordeaux. Accélérées ensuite par une dynamique qui s'inversait entre les deux clubs, avec des Girondins qui s'affirmaient sur les scènes nationale et transcontinentale, entre finales de Top 14 et titre en Coupe des champions, quand le Racing 92, lui, rentrait dans le rang, ballotté entre phases finales ratées et changements de coach.

 
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À Bordeaux, Cameron Woki (de dos, à droite) a retrouvé son ami Matthieu Jalibert. (A. Mounic /L'Équipe)
 

Woki a parfois discrètement laissé filtrer cette idée de come-back auprès de son ancien club, pas toujours reçue avec grand enthousiasme côté UBB. Jusqu'à ce qu'une fenêtre se rouvre l'été dernier, le Racing 92 acceptant de le libérer un an avant la fin de son contrat.

 

Et ce qui ressemblait à un pari de recrutement tardif à Bordeaux s'est quasi immédiatement transformé en bon coup du mercato. Dans une équipe qui avait laissé partir l'un de ses capitaines de touche, Guido Petti, Woki a apporté sa science de l'alignement. « Il est arrivé dans un environnement où il s'est senti utile, où on avait besoin de lui, analyse Szarzewski. Ça l'a aidé à trouver sa place rapidement et avoir toute l'adhésion de ses coéquipiers et de son staff. Il a été très vite performant, ça l'a mis en confiance. Il faut qu'il se sente aimé et important, et s'il n'a pas ça, il sera moins performant. »

 

L'affect, encore, comme moteur. « Il n'y a pas de question sur le potentiel de Cameron, écarte Marti. C'est l'un des plus gros potentiels du rugby français à son poste. Il faut qu'il soit bien dans sa tête. S'il ne l'est pas, c'est plus dur. C'est un garçon qu'il faut pousser et motiver. » Woki l'a résumé ainsi, il y a deux semaines, sur Ici Gironde : « Ce qui me permet d'être à ce niveau-là, c'est juste d'être heureux, dans le club que j'aime. »

 

Il y a retrouvé l'un de ses meilleurs amis, Matthieu Jalibert, et la même place dans le vestiaire de Chaban. En même temps que les distractions parisiennes s'éloignaient. « À un moment, vous ne pouvez pas répondre à toutes les sollicitations et être un bon joueur de rugby. Ça n'existe pas, certifie Frédéric Michalak, coach adjoint du Racing. Et un club de rugby ne peut pas accepter ça. Il faut savoir dire non et se recentrer. En étant à Bordeaux, il s'est sûrement recentré et il est plus performant. » Woki, lui, assure à la radio locale qu'il a « besoin de ces à-côtés », qu'il n'est « pas un joueur qui pense rugby tous les jours ».

 
 

« Je le trouve meilleur gratteur, sur le jeu au sol. C'est aussi l'état d'esprit de Bordeaux »

Frédéric Michalak, coach adjoint du Racing

 
 

Le monde de la mode le passionne, il s'y aventure souvent, mais Woki a tout aussi bien compris que, sur le terrain, on ne peut pas toujours faire dans la haute couture. Lui le joueur aérien, avide de déployer sa foulée dans les couloirs, manifeste désormais sur les bords de la Garonne un peu plus de hargne dans les tâches moins glamour de son poste.

 

« Il a ajouté une corde à son arc sur l'aspect défensif, décrit Michalak. Je le trouve meilleur gratteur, sur le jeu au sol. C'est aussi l'état d'esprit de Bordeaux, qui met beaucoup d'engagement dans les zones de contact. Il a vraiment progressé dans le combat. Il est plus complet. »

 

Szarzewski ne démentira pas son ancien collègue du staff francilien. « Au Racing, on pouvait lui reprocher de ne pas s'engager pleinement, se souvient le technicien. Il est capable de mettre des plaquages appuyés. Quand il porte le ballon, il peut casser le premier rideau et faire jouer derrière lui. C'est un joueur qui est puissant. »

 

« Lui, il aimait bien se retrouver sur les extérieurs mais il est aussi capable de mettre l'équipe dans l'avancée au milieu du terrain, poursuit l'ancien talonneur. Là, on le voit épanoui et il prend ces ballons, il fait la différence. Il a ces courses longues, mais il met aussi la tête là où beaucoup de personnes n'aimeraient pas mettre les mains. Mais ça, c'est la base du rugby, quand tu joues devant et que tu as son gabarit. »

 
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Cameron Woki a retrouvé les Racingmen dès la 2e journée de Top 14 en septembre dernier pour une défaite 44-32. (B. Papon/L'Équipe)
 

La condition physique de Woki, 109 kg pour 1,96 m, est suivie de près à l'UBB. « Pour être bon dans ce qu'il sait faire, "Cam" a besoin d'être bien physiquement, assure Thibault Giroud. Dès qu'il n'est pas physiquement dans une notion de répétition d'efforts, d'intensité, de répétition d'accélération, il est dans le dur. Il a besoin de régler son poids aussi. Donc tout est fait pour que son jeu soit régulé par sa dimension physique. »

 

Le directeur de la performance de Bordeaux-Bègles loue les qualités athlétiques de Woki, « qui a une accélération max à 4,6 mètres par seconde », et dont il chronomètre la vitesse à « 31,3 km/h ». Mais il lui voit un axe de progression clair. « Il a un taux de marche assez important pendant les matches, parce que c'est son jeu, c'est un joueur qui est fait de fulgurances. On travaille beaucoup avec lui pour qu'il passe en dessous des 40 % de taux de marche, ça lui permettra de rentrer dans des sphères vraiment de très, très haut niveau. » Ça ne paraît pas impossible, puisqu'à Bordeaux, Woki a retrouvé depuis l'été dernier ce qui le fait courir.






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