Mes hommages Mr JP ![]()
SPEDDING Scott
#1651
Posted 13 April 2018 - 14:57 PM
#1652
Posted 13 April 2018 - 19:22 PM
Spedding n'est plus tout jeune et les procédures peuvent couter cher. A mon avis, la fédé espere que tout ca ve se tasser tout seul. Dommage pour lui. Il mérite une meilleure fin de carriere.
#1653
Posted 13 April 2018 - 20:29 PM
C'est juste le terme JIFF qui est ridicule, on devrait juste considérer les selectionnables avec l'EDF.
Jtrouve ça plus normal qu'on considère "JIFF" (bon faudrait du coup changer l’appellation) un Spedding qu'un Tuisova ou Kolelishvili par exemple.
C'est illogique sur le papier mais relativement pertinent d'un point de vue juridique. Du fait des règles de l'Union Européenne, il est interdit de fixer des règles impactant les ressortissants des Etats membres ou des Etats ayant signé une convention avec l'Union. De ce fait, le statut de JIFF a été conçu selon ses modalités pour favoriser au maximum l'équipe de France sans virer dans l'illégalité.
Par contre, je suis d'accord pour dire qu'un joueur devrait devenir JIFF s'il porte la maillot bleu. Mais impossible d'exclure les non sélectionnables sauf en cas d'accord entre les clubs, comme en Irlande, mais c'est impossible en France.
#1654
Posted 14 April 2018 - 06:20 AM
J'aurais bien vu Scott dans la compo d'aujourd'hui pour jouer contre l'UBB...
A mon avis, toutes ses histoires de JIFF doivent lui mettre la tête à l'envers et il ne doit pas être en état de jouer !
#1655
Posted 14 April 2018 - 08:35 AM
C'est illogique sur le papier mais relativement pertinent d'un point de vue juridique. Du fait des règles de l'Union Européenne, il est interdit de fixer des règles impactant les ressortissants des Etats membres ou des Etats ayant signé une convention avec l'Union. De ce fait, le statut de JIFF a été conçu selon ses modalités pour favoriser au maximum l'équipe de France sans virer dans l'illégalité.
le basket espagnol a été retoqué pour ses JFL (Joueurs formés localement). La Cour Européenne a considéré que le quota de 40% était trop important, alors avec des JIFFS à 60%... la Commission Européenne retoquera le quota JIFF.
#1656
Posted 14 April 2018 - 20:39 PM
le basket espagnol a été retoqué pour ses JFL (Joueurs formés localement). La Cour Européenne a considéré que le quota de 40% était trop important, alors avec des JIFFS à 60%... la Commission Européenne retoquera le quota JIFF.
Comment ça se passe pour les provinces irlandaises?
#1657
Posted 16 April 2018 - 20:42 PM
Faut qu'il arrête Spedding un moment.
Il a beau avoir été naturalisé, donc a pu jouer pour l'EDF, il a été entièrement formé en Afrique du Sud.
Qu'est ce qu'il ne faut pas faire pour trouver un dernier gros contrat...
Et comme il joue en jaune ça pousse des cris d'orfraie.
Des cris d'Orfraie aux Enfers !
Attention, double référence...

#1658
Posted 16 April 2018 - 20:44 PM
Comment ça se passe pour les provinces irlandaises?
Gentleman agreement je suppose. Le jour ou un mec fait une Mourad/Mohed/Jacky, c'est la même.
#1659
Posted 26 April 2018 - 06:24 AM
C'est pourtant une belle petite saloperie administrative, une injustice majuscule qui devrait faire bondir les descendants des zélateurs de Jo Maso, décapité en comité de sélection parce qu'il avait le cheveu trop long, et s'émouvoir les défenseurs des droits de l'homme en général et des grands costauds en particulier. Pourtant, on a l'impression que tout le monde s'en fout. Peut-être parce que dans un pays qui a fait empailler le French flair et l'a monté en pied de lampe pour s'en servir de phare de la pensée, Scott Spedding est trop puissamment sud-africain, trop peu glamour avec sa coupe de cheveux de bushman et son regard périphérique à la relance, un oeil à Lombez et l'autre à Samatan, et peut-être même trop naïf dans sa manière d'exprimer son patriotisme, pour émouvoir vraiment les foules rugbystiques. C'est injuste bien sûr. Et, de plus, totalement ubuesque. Ainsi, sous prétexte qu'il a débarqué un an trop tard en Corrèze pour prétendre à l'estampille «joueur issu des filières de formation», Scott Spedding, natif de Krugersdorp (Afrique du Sud), devrait quitter Clermont tandis que son camarade de club, Alivereti Raka, de Nakorovotu (Fidji), pourra y poursuivre sa course vers l'équipe de France, attendu que des Abel Tasman d'ovalie ont soigneusement pris soin de l'assujettir à ces nouvelles filières de traçabilité. Et la loi qui risque de l'empêcher de trouver un nouveau club en France est d'autant plus inique que Spedding est désormais aussi français que Raka et qu'il n'a rien volé à personne.
Pour résumer les choses à ces messieurs du Conseil d'État qui n'ont pas forcément tous fait rugby première langue : si Spedding a réussi à jouer à vingt-trois reprises à l'arrière du quinze de France c'est que, misère de nous, le pays des Villepreux, des Blanco et des Sadourny est en panne de numéro 15. Et que si les Médard, Dulin, Ducuing, Palis, Bonneval, et on en oublie, avaient su donner autant d'eux-mêmes que Scott «toujours prêt» Spedding pour s'y imposer, le malheureux Sud-Africain ne servirait pas de tête de Turc au nouveau protectionnisme fédéral. Et son cas anonyme aurait été réglé en tapinois selon les bonnes vieilles recettes.
«Il y a au fond quelque chose de quasiment vichyste dans ce liberticide statut des JIFF, qui tente d'imposer une forme de droit du sang bleu»
Maintenant, sans vouloir noyer le Conseil d'État sous un tas de conseils, s'il pouvait en profiter pour enterrer une bonne fois la boîte à JIFF et en finir avec une appellation «qualité France» qui n'ose pas dire son nom (genre «ces balourds de Bruxelles ne verront pas qu'on est en train de se torcher avec l'arrêt Bosman»), ce serait une excellente nouvelle.
D'abord, parce que, si l'attitude adoptée par la FFR à propos de Spedding est si mesquine, si bornée, si caricaturale qu'on croirait l'entendre parodier Adolfo Ramirez dans Papy fait de la résistance - «Rassurez-vous, Madame Bourdel, c'est français, c'est la formation française !» -, il y a au fond quelque chose de quasiment vichyste dans ce liberticide statut des JIFF, qui tente d'imposer une forme de droit du sang bleu dans un sport ou la libre circulation des joueurs majoritairement issus du Commonwealth est une évidence d'origine. Ensuite, parce que l'acharnement de la «commission Ramirez» a autant de chance de contribuer à l'amélioration des performances tricolores à court terme que le mur de monsieur Trump d'empêcher les Mexicains de rêver à des jours meilleurs. Car on voit bien à quoi mène cette fermeture des frontières du Top 14. À remplacer des Sud-Africains, des Géorgiens ou des Fidjiens ordinaires par des Français moyens qui ne risquent pas d'améliorer le rendement du quinze de France. Parce que soit les jeunes ainsi imposés par une loi de discrimination positive plutôt humiliante ont un mental et des qualités de champion et ils arriveraient aussi à percer dans un monde de libre concurrence, comme l'ont fait Fickou, Dupont, Penaud, Serin, Poirot ou Vahaamahina avant eux ; soit ils sont là pour faire le nombre et ils ne sont d'aucune utilité. Sauf bien entendu à leurs agents qui profitent d'un marché local à la hausse.
Celui-ci a déjà subi, ces dernières années, les effets de l'élargissement galopant de la sélection sous l'effet des blessures de la médiocrité de débutants issus de cette fameuse formation. Par un effet de vases communicants, la dévalorisation du statut d'international a entraîné la revalorisation des salaires de ces Tricolores d'un soir. Une tendance qui s'aggrave avec cette «nouvelle qualité France» imposée aux clubs. On pourrait ainsi citer l'exemple d'un beau poulet de grain de pilier droit - plus onéreux que l'orchidée chez Lachaume, le pilier droit garanti France - dont la carrière doit davantage à un gabarit hérité de ses parents qu'à une évidente volonté de tout bouffer, qui émarge à près de 30 000 euros par mois, mais qui, de blessures en méformes, n'aura joué que six cent vingt minutes sur deux mille quatre cents possibles, ce qui le met quasiment au même taux de rentabilité que Neymar. Ça n'est qu'un cas parmi des dizaines d'autres, et seulement un début.
Pour faire place à ces chouchous malgré eux, le marketing du Top 14 va devoir se passer de certaines de ces têtes de gondole étrangères, et comment ne pas regretter, par exemple, le départ d'un Jesse Mogg, le seul arrière du Championnat qui n'aurait pas eu besoin d'une coupe de cheveux ridicule pour se faire remarquer, au profit de talents incertains. On nous dira que ces joueurs-là n'étaient pas bons parce qu'ils ne jouaient pas. Depuis le temps on est plutôt convaincu du contraire. Convaincu aussi que les présidents de club ont privilégié le recrutement à l'étranger parce qu'ils y ont trouvé des joueurs plus fiables, plus armés techniquement, plus faciles à gérer et meilleur marché que ce que proposait une formation française ringarde dont le DTN lui-même reconnaît qu'elle a pris quinze ans de retard.
Mais, en attendant qu'elle produise enfin des joueurs compétitifs au juste prix au poste d'ouvreur, d'ailier ou de pilier droit, où la France manque tragiquement de bras, de jambes et de rognons, on ne voit pas à quoi cela servira de fermer les frontières aux vertus de la concurrence et de l'échange de cultures. Sinon à enfermer une génération entière dans une fausse légitimité, à plomber le niveau du Championnat et à entretenir l'image d'un sport communautariste refermé sur ses propres limites.
#1660
Posted 26 April 2018 - 07:59 AM
Pierre Michel Bonnot suit l'actualité du rugby pour le journal L'Equipe depuis 1978. Il porte sur ce sport et son évolution un regard acéré et acerbe. Nouvel épisode de ses contre-pieds mensuels aujourd'hui : il serait temps de mettre fin au JIFF.
C'est pourtant une belle petite saloperie administrative, une injustice majuscule qui devrait faire bondir les descendants des zélateurs de Jo Maso, décapité en comité de sélection parce qu'il avait le cheveu trop long, et s'émouvoir les défenseurs des droits de l'homme en général et des grands costauds en particulier. Pourtant, on a l'impression que tout le monde s'en fout. Peut-être parce que dans un pays qui a fait empailler le French flair et l'a monté en pied de lampe pour s'en servir de phare de la pensée, Scott Spedding est trop puissamment sud-africain, trop peu glamour avec sa coupe de cheveux de bushman et son regard périphérique à la relance, un oeil à Lombez et l'autre à Samatan, et peut-être même trop naïf dans sa manière d'exprimer son patriotisme, pour émouvoir vraiment les foules rugbystiques. C'est injuste bien sûr. Et, de plus, totalement ubuesque. Ainsi, sous prétexte qu'il a débarqué un an trop tard en Corrèze pour prétendre à l'estampille «joueur issu des filières de formation», Scott Spedding, natif de Krugersdorp (Afrique du Sud), devrait quitter Clermont tandis que son camarade de club, Alivereti Raka, de Nakorovotu (Fidji), pourra y poursuivre sa course vers l'équipe de France, attendu que des Abel Tasman d'ovalie ont soigneusement pris soin de l'assujettir à ces nouvelles filières de traçabilité. Et la loi qui risque de l'empêcher de trouver un nouveau club en France est d'autant plus inique que Spedding est désormais aussi français que Raka et qu'il n'a rien volé à personne.
Le grand combat de Scott Spedding pour avoir le statut JIFF
Pour résumer les choses à ces messieurs du Conseil d'État qui n'ont pas forcément tous fait rugby première langue : si Spedding a réussi à jouer à vingt-trois reprises à l'arrière du quinze de France c'est que, misère de nous, le pays des Villepreux, des Blanco et des Sadourny est en panne de numéro 15. Et que si les Médard, Dulin, Ducuing, Palis, Bonneval, et on en oublie, avaient su donner autant d'eux-mêmes que Scott «toujours prêt» Spedding pour s'y imposer, le malheureux Sud-Africain ne servirait pas de tête de Turc au nouveau protectionnisme fédéral. Et son cas anonyme aurait été réglé en tapinois selon les bonnes vieilles recettes.
«Il y a au fond quelque chose de quasiment vichyste dans ce liberticide statut des JIFF, qui tente d'imposer une forme de droit du sang bleu»
Maintenant, sans vouloir noyer le Conseil d'État sous un tas de conseils, s'il pouvait en profiter pour enterrer une bonne fois la boîte à JIFF et en finir avec une appellation «qualité France» qui n'ose pas dire son nom (genre «ces balourds de Bruxelles ne verront pas qu'on est en train de se torcher avec l'arrêt Bosman»), ce serait une excellente nouvelle.
D'abord, parce que, si l'attitude adoptée par la FFR à propos de Spedding est si mesquine, si bornée, si caricaturale qu'on croirait l'entendre parodier Adolfo Ramirez dans Papy fait de la résistance - «Rassurez-vous, Madame Bourdel, c'est français, c'est la formation française !» -, il y a au fond quelque chose de quasiment vichyste dans ce liberticide statut des JIFF, qui tente d'imposer une forme de droit du sang bleu dans un sport ou la libre circulation des joueurs majoritairement issus du Commonwealth est une évidence d'origine. Ensuite, parce que l'acharnement de la «commission Ramirez» a autant de chance de contribuer à l'amélioration des performances tricolores à court terme que le mur de monsieur Trump d'empêcher les Mexicains de rêver à des jours meilleurs. Car on voit bien à quoi mène cette fermeture des frontières du Top 14. À remplacer des Sud-Africains, des Géorgiens ou des Fidjiens ordinaires par des Français moyens qui ne risquent pas d'améliorer le rendement du quinze de France. Parce que soit les jeunes ainsi imposés par une loi de discrimination positive plutôt humiliante ont un mental et des qualités de champion et ils arriveraient aussi à percer dans un monde de libre concurrence, comme l'ont fait Fickou, Dupont, Penaud, Serin, Poirot ou Vahaamahina avant eux ; soit ils sont là pour faire le nombre et ils ne sont d'aucune utilité. Sauf bien entendu à leurs agents qui profitent d'un marché local à la hausse.
La LNR muscle les JIFF à partir de la saison 2018-2019
Celui-ci a déjà subi, ces dernières années, les effets de l'élargissement galopant de la sélection sous l'effet des blessures de la médiocrité de débutants issus de cette fameuse formation. Par un effet de vases communicants, la dévalorisation du statut d'international a entraîné la revalorisation des salaires de ces Tricolores d'un soir. Une tendance qui s'aggrave avec cette «nouvelle qualité France» imposée aux clubs. On pourrait ainsi citer l'exemple d'un beau poulet de grain de pilier droit - plus onéreux que l'orchidée chez Lachaume, le pilier droit garanti France - dont la carrière doit davantage à un gabarit hérité de ses parents qu'à une évidente volonté de tout bouffer, qui émarge à près de 30 000 euros par mois, mais qui, de blessures en méformes, n'aura joué que six cent vingt minutes sur deux mille quatre cents possibles, ce qui le met quasiment au même taux de rentabilité que Neymar. Ça n'est qu'un cas parmi des dizaines d'autres, et seulement un début.
Pour faire place à ces chouchous malgré eux, le marketing du Top 14 va devoir se passer de certaines de ces têtes de gondole étrangères, et comment ne pas regretter, par exemple, le départ d'un Jesse Mogg, le seul arrière du Championnat qui n'aurait pas eu besoin d'une coupe de cheveux ridicule pour se faire remarquer, au profit de talents incertains. On nous dira que ces joueurs-là n'étaient pas bons parce qu'ils ne jouaient pas. Depuis le temps on est plutôt convaincu du contraire. Convaincu aussi que les présidents de club ont privilégié le recrutement à l'étranger parce qu'ils y ont trouvé des joueurs plus fiables, plus armés techniquement, plus faciles à gérer et meilleur marché que ce que proposait une formation française ringarde dont le DTN lui-même reconnaît qu'elle a pris quinze ans de retard.
Mais, en attendant qu'elle produise enfin des joueurs compétitifs au juste prix au poste d'ouvreur, d'ailier ou de pilier droit, où la France manque tragiquement de bras, de jambes et de rognons, on ne voit pas à quoi cela servira de fermer les frontières aux vertus de la concurrence et de l'échange de cultures. Sinon à enfermer une génération entière dans une fausse légitimité, à plomber le niveau du Championnat et à entretenir l'image d'un sport communautariste refermé sur ses propres limites.
Chaque année en France, la drogue fait des ravages. Si vous aussi vous connaissez quelqu'un qui traite tous les décideurs du rugby français de racistes égocentrés sur leur système idiot parce qu'ils refusent d'accorder le statut Jiff à Spedding. N'hésitez pas, contactez nous au 085674....
#1661
Posted 26 April 2018 - 08:00 AM
Il a raison...
#1662
Posted 26 April 2018 - 08:04 AM
Il a raison...
Pour Spedding oui.
Le reste c'est un ramassis de conneries moralisatrice comme on en lit de plus en plus et ce sur tous les sujets.
#1663
Posted 26 April 2018 - 09:05 AM
Sur Spedding non plus...Pour Spedding oui.
Le reste c'est un ramassis de conneries moralisatrice comme on en lit de plus en plus et ce sur tous les sujets.
Envoyé de mon SM-G361F en utilisant Tapatalk
#1664
Posted 26 April 2018 - 09:09 AM
Sur Spedding non plus...
Envoyé de mon SM-G361F en utilisant Tapatalk
il est juste français, international... et considéré comme étranger mais c'est normal effectivement... ![]()
#1665
Posted 26 April 2018 - 09:12 AM
Pierre Michel Bonnot suit l'actualité du rugby pour le journal L'Equipe depuis 1978. Il porte sur ce sport et son évolution un regard acéré et acerbe. Nouvel épisode de ses contre-pieds mensuels aujourd'hui : il serait temps de mettre fin au JIFF.C'est pourtant une belle petite saloperie administrative, une injustice majuscule qui devrait faire bondir les descendants des zélateurs de Jo Maso, décapité en comité de sélection parce qu'il avait le cheveu trop long, et s'émouvoir les défenseurs des droits de l'homme en général et des grands costauds en particulier. Pourtant, on a l'impression que tout le monde s'en fout. Peut-être parce que dans un pays qui a fait empailler le French flair et l'a monté en pied de lampe pour s'en servir de phare de la pensée, Scott Spedding est trop puissamment sud-africain, trop peu glamour avec sa coupe de cheveux de bushman et son regard périphérique à la relance, un oeil à Lombez et l'autre à Samatan, et peut-être même trop naïf dans sa manière d'exprimer son patriotisme, pour émouvoir vraiment les foules rugbystiques. C'est injuste bien sûr. Et, de plus, totalement ubuesque. Ainsi, sous prétexte qu'il a débarqué un an trop tard en Corrèze pour prétendre à l'estampille «joueur issu des filières de formation», Scott Spedding, natif de Krugersdorp (Afrique du Sud), devrait quitter Clermont tandis que son camarade de club, Alivereti Raka, de Nakorovotu (Fidji), pourra y poursuivre sa course vers l'équipe de France, attendu que des Abel Tasman d'ovalie ont soigneusement pris soin de l'assujettir à ces nouvelles filières de traçabilité. Et la loi qui risque de l'empêcher de trouver un nouveau club en France est d'autant plus inique que Spedding est désormais aussi français que Raka et qu'il n'a rien volé à personne.
Pour résumer les choses à ces messieurs du Conseil d'État qui n'ont pas forcément tous fait rugby première langue : si Spedding a réussi à jouer à vingt-trois reprises à l'arrière du quinze de France c'est que, misère de nous, le pays des Villepreux, des Blanco et des Sadourny est en panne de numéro 15. Et que si les Médard, Dulin, Ducuing, Palis, Bonneval, et on en oublie, avaient su donner autant d'eux-mêmes que Scott «toujours prêt» Spedding pour s'y imposer, le malheureux Sud-Africain ne servirait pas de tête de Turc au nouveau protectionnisme fédéral. Et son cas anonyme aurait été réglé en tapinois selon les bonnes vieilles recettes.
«Il y a au fond quelque chose de quasiment vichyste dans ce liberticide statut des JIFF, qui tente d'imposer une forme de droit du sang bleu»
Maintenant, sans vouloir noyer le Conseil d'État sous un tas de conseils, s'il pouvait en profiter pour enterrer une bonne fois la boîte à JIFF et en finir avec une appellation «qualité France» qui n'ose pas dire son nom (genre «ces balourds de Bruxelles ne verront pas qu'on est en train de se torcher avec l'arrêt Bosman»), ce serait une excellente nouvelle.
D'abord, parce que, si l'attitude adoptée par la FFR à propos de Spedding est si mesquine, si bornée, si caricaturale qu'on croirait l'entendre parodier Adolfo Ramirez dans Papy fait de la résistance - «Rassurez-vous, Madame Bourdel, c'est français, c'est la formation française !» -, il y a au fond quelque chose de quasiment vichyste dans ce liberticide statut des JIFF, qui tente d'imposer une forme de droit du sang bleu dans un sport ou la libre circulation des joueurs majoritairement issus du Commonwealth est une évidence d'origine. Ensuite, parce que l'acharnement de la «commission Ramirez» a autant de chance de contribuer à l'amélioration des performances tricolores à court terme que le mur de monsieur Trump d'empêcher les Mexicains de rêver à des jours meilleurs. Car on voit bien à quoi mène cette fermeture des frontières du Top 14. À remplacer des Sud-Africains, des Géorgiens ou des Fidjiens ordinaires par des Français moyens qui ne risquent pas d'améliorer le rendement du quinze de France. Parce que soit les jeunes ainsi imposés par une loi de discrimination positive plutôt humiliante ont un mental et des qualités de champion et ils arriveraient aussi à percer dans un monde de libre concurrence, comme l'ont fait Fickou, Dupont, Penaud, Serin, Poirot ou Vahaamahina avant eux ; soit ils sont là pour faire le nombre et ils ne sont d'aucune utilité. Sauf bien entendu à leurs agents qui profitent d'un marché local à la hausse.
Celui-ci a déjà subi, ces dernières années, les effets de l'élargissement galopant de la sélection sous l'effet des blessures de la médiocrité de débutants issus de cette fameuse formation. Par un effet de vases communicants, la dévalorisation du statut d'international a entraîné la revalorisation des salaires de ces Tricolores d'un soir. Une tendance qui s'aggrave avec cette «nouvelle qualité France» imposée aux clubs. On pourrait ainsi citer l'exemple d'un beau poulet de grain de pilier droit - plus onéreux que l'orchidée chez Lachaume, le pilier droit garanti France - dont la carrière doit davantage à un gabarit hérité de ses parents qu'à une évidente volonté de tout bouffer, qui émarge à près de 30 000 euros par mois, mais qui, de blessures en méformes, n'aura joué que six cent vingt minutes sur deux mille quatre cents possibles, ce qui le met quasiment au même taux de rentabilité que Neymar. Ça n'est qu'un cas parmi des dizaines d'autres, et seulement un début.
Pour faire place à ces chouchous malgré eux, le marketing du Top 14 va devoir se passer de certaines de ces têtes de gondole étrangères, et comment ne pas regretter, par exemple, le départ d'un Jesse Mogg, le seul arrière du Championnat qui n'aurait pas eu besoin d'une coupe de cheveux ridicule pour se faire remarquer, au profit de talents incertains. On nous dira que ces joueurs-là n'étaient pas bons parce qu'ils ne jouaient pas. Depuis le temps on est plutôt convaincu du contraire. Convaincu aussi que les présidents de club ont privilégié le recrutement à l'étranger parce qu'ils y ont trouvé des joueurs plus fiables, plus armés techniquement, plus faciles à gérer et meilleur marché que ce que proposait une formation française ringarde dont le DTN lui-même reconnaît qu'elle a pris quinze ans de retard.
Mais, en attendant qu'elle produise enfin des joueurs compétitifs au juste prix au poste d'ouvreur, d'ailier ou de pilier droit, où la France manque tragiquement de bras, de jambes et de rognons, on ne voit pas à quoi cela servira de fermer les frontières aux vertus de la concurrence et de l'échange de cultures. Sinon à enfermer une génération entière dans une fausse légitimité, à plomber le niveau du Championnat et à entretenir l'image d'un sport communautariste refermé sur ses propres limites.
C'est trop long je me suis arrêté a Bonnot





