SPORTS AUVERGNE :
Ce dimanche, l'ASM a concédé une deuxième défaite consécutive en Top 14 sur sa pelouse du Michelin face au Racing (16-20). Un nouveau revers qui interpelle et qui inquiète quant à la capacité de Clermont à atteindre ses objectifs. Toutefois, avec la nouvelle année qui arrive, des motifs d'espoirs subsistent. Voici un bilan de santé du club auvergnat après une fin 2015 qui soulève beaucoup d'interrogations.
Des symptômes inquiétants...
Le Michelin n'est plus imprenable
Après Toulon, le Racing est donc venu s'imposer ce dimanche au Michelin. Pour retrouver trace de deux défaites consécutives de l'ASM en championnat sur ses terres, il fallait remonter à... 2003, et deux revers contre Brive puis Colomiers. Longtemps imprenable (aucune défaite entre le 28 novembre 2009 et le 3 mai 2014), la citadelle clermontoise fait moins peur qu'avant.
Rien que sur l'année 2015, l'ASM y a concédé trois revers (Oyonnax, Toulon et Racing) et un nul au goût de défaite face à Bordeaux-Bègles. Depuis sa prise de fonction en tant qu'entraîneur en chef, Franck Azéma a déjà perdu 4 fois à la maison sur 19 rencontres dirigées en Top 14, soit autant de revers que Vern Cotter en... 107 matches ! Un comparatif plus qu'explicite.
Une conquête peu... conquérante
Depuis plusieurs saisons, la conquête de Clermont était considérée (à juste titre) comme l'une des plus redoutables de l'hexagone. Sur les cinq premiers mois de compétition, difficile d'en dire autant. Un jour, c'est la mêlée qui vacille (à Montpellier, au Stade Français). Le lendemain, c'est la touche (à Exeter, contre le Racing). De l'aveu de tous les avants, Didier Bès amène toute sa patte à la mêlée fermée et apporte beaucoup d'ingrédients techniques nouveaux, mais la recette tarde à prendre.
Concernant la touche, il y a également quelques fritures sur la ligne. Si le bilan en championnat est plutôt correct sur leurs propres lancers (84,81 % de réussite, 5e meilleur taux), les Clermontois sont en revanche déficients sur le contre puisqu'il n'ont réussi à chiper que 10 lancers adverses en 11 journées, soit le 13e et avant-dernier bilan actuellement. A titre de comparaison, les Toulousains et les Racingmen, rois des airs, totalisent déjà 22 ballons volés. Et s'ils sont aussi haut dans le classement, la touche n'y est sans doute pas étrangère.
L'ASM pas à la fête face aux cadors
Deux défaites à la maison, ça fait mal. Quand elles se suivent et qu'elles interviennent contre deux autres favoris du championnat qui nourrissent les mêmes hautes ambitions que les Asémistes, elles laissent encore plus de traces. C'est un fait, l'ASM a cédé sur ses terres contre Toulon et le Racing, deux formations qui adoptent depuis plusieurs saisons déjà un style beaucoup plus agressif que celui des Clermontois sur le marché des transferts notamment, misant sur beaucoup d'anciens internationaux très expérimentés et assoiffés de titres avant de tirer leur révérence.
Aujourd'hui, après ces deux confrontations, le sentiment de voir que Clermont est peut-être descendu d'un cran dans la hiérarchie des clubs français existe. Franck Azéma en convient : « Si on regarde l'opposition, ça veut dire qu'on n'est pas au niveau de ceux-là, c'est aussi simple que cela. » Mais ce qui est plus préoccupant, et qui interpelle, c'est que cette saison, les Auvergnats n'ont pas encore battu une seule formation du top 6 (revers à Montpellier, contre Toulon et le Racing, mais également match nul contre Bordeaux-Bègles), alors que trois de ces matches se disputaient en Auvergne...
Des raisons d'espérer...
L'infirmerie devrait se vider
Tuiles, coups durs, blessures. Ces mots ont souvent été utilisés en cette fin d'année 2015 pour évoquer l'infirmerie clermontoise, qui n'a cessé de se remplir semaine après semaine. Par exemple, pour la réception du Racing, le staff asémiste a du se passer des services de deux tauliers en première ligne (Thomas Domingo et Davit Zirakashvili) et d'une ligne de trois-quarts entière (Brock James, Noa Nakaitaci, Adrien Planté, Hosea Gear, Wesley Fofana, Benson Stanley et Nick Abendanon étaient tous sur le flanc). Bon nombre d'entre eux seront de retour début 2016, et nul doute que ces derniers insuffleront un vent de fraîcheur et de folie dans des lignes arrières qui ont cruellement manqué d'imagination et de concrétisation ce dimanche.
Dans les clous sur le plan comptable
Depuis quelques matches, la sinistrose semble s'être emparée des supporters Jaune et Bleu. Pourtant, malgré quelques déconvenues retentissantes, Clermont est dans les clous de ses ambitions. Sur la scène européenne, les Auvergnats ont certes concédé un lourd revers en Angleterre, mais ils sont encore en lice pour la qualification et pourraient bien s'emparer des reines de la poule en cas de résultat favorable (nul ou victoire) en Gironde contre Bordeaux-Bègles en match en retard. Et grâce aux bonus offensifs glanés contre les Ospreys et Exeter, l'ASM a toujours son destin en main pour recevoir un éventuel quart de finale.
Même topo en Top 14. Bien que les deux défaites au Michelin fassent tâche, il n'y a pas péril en la demeure puisque les troupes de Franck Azéma pointent au 3e rang du classement, à 3 petits points du leader toulousain. En effet, les nombreux bonus offensifs engrangés en début de saison (La Rochelle, Grenoble, Oyonnax, Pau et Castres) leur permettent de rester sur le podium. Puis, comme le rappelle Morgan Parra, ce n'est pas toujours le 1er de la phase régulière qui soulève le bouclier au mois de juin : « Par le passé récent on a fait des très bons débuts de saison, et même des saisons parfaites, et il n'y avait rien au bout... » Après tout, Castres en 2013 ou le Stade Français en 2015 avaient bien été sacrés champions de France en ne terminant qu'à la 4e place de la saison régulière...
Dos au mur, Clermont sait réagir
Depuis de longues semaines, l'ASM est branchée sur courant alternatif, n'arrivant pas à enchaîner deux succès consécutifs. Pour preuve, la dernière fois que cela est arrivé, c'était en tout début de saison contre Grenoble fin août puis à Oyonnax début septembre. Une époque où Clermont renversait tout sur son passage qui semble bien loin désormais... « On est inconstant et on n'arrive pas à répéter les bons matches », pestait Alexandre Lapandry après la défaite face au Racing.
Toutefois, dans ce yoyo incessant, force est de constater que les Auvergnats ont toujours su redresser la barre après des déconvenues. Ce fut notamment le cas à Brive après la claque toulonnaise, ou encore lors du retour contre Exeter après une manche aller plus que pénible. Après ce (nouveau) coup d'arrêt contre les Franciliens, les hommes de Franck Azéma seront donc remontés pour leur déplacement à Agen samedi. La lanterne rouge est prévenue !