Elite 1 : comment l'ASM Rugby Féminin a revu ses ambitions à la hausse pour recevoir Blagnac en demi-finale
En recevant cette demi-finale face à Blagnac, ce dimanche après-midi (17 h 30, match à suivre en direct vidéo sur notre site) au Michelin, l’ASM Rugby Féminin a déjà rempli un premier objectif. Mais c’est bien le titre de championne de France qu’elle vise in fine. Une ambition que le club assume pleinement.
Il n’y a qu’à observer Didier Deschamps se démener en conférence de presse afin de ne surtout pas enfiler le costume de favori à la Coupe du monde de football pour comprendre combien ce statut peut parfois être perçu comme embarrassant. Assumer ses ambitions et les crier haut et fort n’est jamais chose aisée. Pourtant, c’est le virage qu’a décidé d’opérer l’ASM Rugby Féminin cette année.
Dès le coup d’envoi de la saison, Fabrice Ribeyrolles et Vincent Fargeas, le duo d’entraîneurs auvergnats, avaient annoncé leur volonté de terminer la phase régulière à l’une des deux premières places. Un objectif qui pouvait alors être perçu comme osé au regard du précédent exercice, conclu au 4e rang derrière le Stade Bordelais, Blagnac et le Stade Toulousain. Mais un objectif qui s’est finalement avéré être plus que réaliste 18 journées plus tard puisque ces mêmes équipes ont toutes fini dans le rétroviseur d’une ASM n’ayant concédé qu’un seul revers (réception de Toulouse).
Une performance déjà historique pour le club puydômois qui n’avait jamais bouclé le championnat d’Élite 1 à la 1re place. De quoi lui permettre de recevoir Blagnac (4e) en demi-finale, ce dimanche après-midi (17 h 30) au stade Michelin, avec la faveur des pronostics.
Un recrutement de qualité
« Cette ambition assumée et cette communication viennent tout simplement de la connaissance que l’on a de notre groupe », répond Fabrice Ribeyrolles. Un groupe qui depuis son sacre en 2021 n’a jamais été absent du dernier carré, sans toutefois être réellement en mesure de bouleverser la hiérarchie. « Pour cela, on savait que pour passer un cap, il nous fallait renforcer notre collectif par un peu plus d’expérience et de qualité. Il nous manquait deux-trois petites choses. Le recrutement qu’on a fait nous a permis de les combler, explique Fabrice Ribeyrolles. Avec Vincent (Fargeas), on avait dit au club que si on était capable de faire un effort avec ces trois internationales françaises, on allait performer. C’était obligé ! »
Les arrivées des deux piliers de l’équipe de France Yllana Brosseau et Assia Khalfaoui ont en effet fini d’asseoir la suprématie du pack auvergnat dans ce championnat. La venue d’Alexandra Chambon à la mêlée a, elle, amené de la fluidité et une expérience du haut niveau toujours appréciable à ce poste. Difficile, également, de ne pas souligner l’apport des autres recrues comme Chloé Vauclin, Izzy Page ou encore Élodie Fernandez.
Des anciennes affamées
Dans ces conditions, c’est tout un groupe qui s’est finalement vu tiré vers le haut. Et c’est de façon assez naturelle qu’il s’est emparé sans sourciller des hautes ambitions affichées dès le début de saison. « Il faut dire aussi qu’on est quand même pas mal d’anciennes à toujours être là et qu’on en a un peu marre de rester sur notre faim ces dernières années, témoigne la capitaine, Mathilde Lazarko. En ce sens, je pense que la saison dernière (terminée à la 4e place, ndlr), nous a plutôt aidées cette année pour ne pas échapper ces petits points en route qui sont si précieux au final. On savait que c’était important de se montrer régulières en montant les curseurs sur ce qui fait notre ADN. »
Une large partie de cet ADN n’est autre que la formation. Et de ce côté-là, le club a une nouvelle fois prouvé qu’il avait de la ressource. Car au-delà de faire plus que dépanner quand le groupe premier en avait besoin (notamment pendant le Tournoi des VI Nations), l’équipe Espoirs a aussi été sacrée championne de France des réserves Élite, le 6 juin dernier. « Ça nous donne encore plus envie d’aller le chercher », sourit Mathilde Lazarko. « Le » ? Le bouclier évidemment. Car le véritable objectif de la saison est bien celui-là. « On a souvent eu le rôle d’outsider. Aujourd’hui, on veut assumer notre statut de leader. À nous de le montrer dès ce dimanche. » La capitaine pouvait difficilement être plus claire.