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La FFR et ses magouilles


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#9961 Elvis Presto

Elvis Presto

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Posté 29 juillet 2026 - 09:59

Je me suis peut-être mal exprimé. Evidement qu'il faut identifier, juger et punir les responsables. Mais on est dans des situations où on est vite dans le responsable mais pas coupables, où on va vite dédouaner un fonctionnement amateur en ciblant 2-3 mecs mal armés, mal préparés ou mal secondés -(et/ou pas nickel dans ce qu'ils ont fait). 

Tu as raison.

Pourtant, dans cette affaire on vise directement la tête. Grill est attaqué, or le reproche qui lui est fait n'a rien à voir directement avec l'accident lui même.



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Posté 02 septembre 2026 - 20:09

Disparition de Medhi Narjissi : « Nous voulons juste la vérité, il faut qu’ils arrêtent de mentir », demandent ses parents qui suspectent « une version commune » des encadrants des U18
20260902114047-thi279.jpgJalil Narjissi en discussion avec son avocat Me Martial. © Crédit photo : Thierry Breton / SO

2 septembre 2026 Mis à jour le 02/09/2026 à 20h09.
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Ce mercredi, devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel, l’avocat de Jalil et Valérie Narjissi mais également le conseil de Stéphane Cambos ont demandé que le voyagiste, organisateur du séjour en Afrique du Sud des U18 du XV de France, soit entendu par le juge d’instruction, notamment en raison de ses versions contradictoires

Dans la salle des pas perdus du palais de justice d’Agen, Jalil Narjissi balaie l’idée selon laquelle lui et sa famille s’acharneraient sur la personne de Florian Grill, le président de la Fédération française de rugby (FFR). « Nous voulons juste la vérité. Chaque responsabilité dans ce drame doit être examinée. » La raison pour laquelle, l’ancien joueur du Sporting Union Agen (SUA) et son épouse avaient rendez-vous ce mercredi 2 septembre devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel d’Agen.

20250524125605-thi391.jpg?v=1788372561Medhi Narjissi, joueur du Stade Toulousain, avait 17 ans quand il a disparu.
Thierry Breton / SO

Lors de cette audience à huis clos, il n’a pas été question du président de la FFR, dont ils demandent aussi la mise en examen à titre personnel, mais du voyagiste Frédéric Plachesi, prestataire de la FFR en Afrique du Sud et organisateur du séjour des U18 du XV de France quand le 7 août 2024 Medhi Narjissi a été emporté par l’océan à Dias Beach. Me Édouard Martial, l’avocat de la famille Narjissi, a réclamé l’audition de ce dernier. Cette demande d’acte a été refusée par le juge d’instruction.

« Part de responsabilité »

« Il n’a jamais été entendu ni par le magistrat instructeur, ni par un officier de police judiciaire agissant sur commission rogatoire, ni même par des enquêteurs agissant dans le cadre d’une enquête préliminaire », se désole Me Martial. « Or, on nous dit que Frédéric Plachesi aurait déjà été entendu en procédure. C’est inexact. Ne sont versés au dossier que le compte rendu d’une audition menée dans le cadre d’une enquête interne diligentée par la FFR au lendemain du drame – je rappelle que la FFR est mise en examen dans ce dossier – et un procès-verbal d’une mission d’inspection administrative qui n’est pas une autorité judiciaire. »

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Deux ans après la disparition de Medhi Narjissi, ses parents et sa sœur sont de retour cette semaine en Afrique du Sud pour lui rendre hommage. L’émotion est toujours aussi forte. La colère de Jalil Narjissi aussi

Le refus de cette audition est incompréhensible aux yeux de Jalil et Valérie Narjissi pour qui le voyagiste tient un rôle central dans l’organisation de cette journée off du 7 août 2024 durant laquelle les joueurs des U18 étaient en excursion au cap de Bonne-Espérance. « Voilà quatorze ans qu’il s’occupe des séjours de l’équipe de France en Afrique du Sud. Il connaît les lieux, il connaît la dangerosité de Dias Beach. Pour l’organisation du séjour des U18, la FFR lui verse 100 000 euros. Certes, on a confié notre fils à la FFR mais il a une part de responsabilité. C’est comme un prof de ski qui amène des enfants en hors-piste quand se produit une avalanche », juge Jalil Narjissi.

Plusieurs contradictions

Au cœur du débat également, les contradictions du voyagiste. Me Martial confirme : « Ses déclarations successives entre le 26 août et 12 novembre sont inconciliables. À neuf reprises, à l’enquêteur de la FFR, il dit qu’il n’était pas sur place et qu’il n’a rien vu. Et quelques semaines plus tard, à l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (IGESR), il déclare avoir vu joueurs et staff à Dias Beach du haut des marches. Autre incohérence : une première fois, il assure ne pas avoir été consulté pour l’organisation de cette séance de récupération dans les eaux de Dias Beach et puis il indique aux enquêteurs du ministère avoir déconseillé cette mise à l’eau. Plachesi est pris en flagrant délit de contradiction. Or, la question de savoir si le caractère dangereux du lieu avait été signalé au staff est une question centrale. »

20260902113520-thi27243.jpg?v=1788372561Me Romain Vanni, nouvel avocat de Stéphane Cambos.
Thierry Breton / SO

D’une voix blanche, Valérie Narjissi pose simplement l’enjeu. « On veut la vérité sur ce qu’il s’est passé. Deux ans après, le récit qui en est fait n’est pas fluide. » Son mari va plus loin, dénonçant « une grosse magouille ». Devant la chambre de l’instruction, Me Martial a avancé l’idée, selon un aveu de Plachesi à Jalil Narjissi, « d’une version commune qu’auraient envisagée, après le drame, de mettre au point les encadrants à propos des consignes de sécurité qui auraient été données ce jour-là ».

« Fusible idéal »

« Il faut qu’ils arrêtent de mentir ! » peste Jalil Narjissi. Au soutien de la demande de la partie civile, figure la défense de Stéphane Cambos, l’ancien manager des U18. « Il est un fusible idéal. Cela dispense d’aller plus loin… » estime son avocat Me Romain Vanni. « Mon client se rendait pour la première fois en Afrique du Sud, rappelle-t-il encore. Il n’avait pas la connaissance de l’environnement. Le voyagiste l’avait. Robin Ladauge aussi et d’autres encore au sein du staff et de la Direction technique nationale (DTN). Et puis, on en sait encore trop peu sur les contours de l’organisation de ce séjour et plus particulièrement de cette journée off. Il va falloir déterminer le rôle exact de chacun. »

De nouvelles demandes d’actes d’instruction devraient aller dans ce sens. Concernant l’audition de Frédéric Plachesi, la chambre de l’instruction a mis en délibéré sa décision le 22 octobre. Entre-temps, Jean-Patrick Meslot, le nouveau juge d’instruction attendu le 1er octobre, le troisième dans cette affaire, se sera saisi du dossier.

 



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Posté 04 septembre 2026 - 09:10

Indemnité transfert pour les jeunes: 30 Ke

 

- 30 ke, ça suffit pour "limiter les éventuels dégâts sociaux liés à des déracinements prématurés mais aussi d’encadrer des politiques trop agressives?" Il y a des cubs qui ont suffisamment de pognon. L'indemnité entre-t-elle dans le Salary cap.

- Et puis la référence à la région est elle significative pour un déracinement ? Exemple Pro2 (je pense qu'elle est concernée), qui est le plus déraciné un jeune qui va de Valence à Aix, ou un qui part de Valence pour Aurillac ?

 

C'est une mesure intéressante, mais elle est mal-foutue.



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Posté 30 septembre 2026 - 19:54

« J'ai envie que la marque France Rugby, que les Bleus soient portés dans le monde » : la FFR et Adidas prolongent leur partenariat jusqu'en 2036

La Fédération française de rugby et Adidas annoncent la prolongation de leur partenariat jusqu'en 2036. Une durée inédite, preuve de l'attractivité actuelle du rugby français.

Redevenu équipementier des équipes de France de rugby en 2024 après sa dernière aventure avec entre 2012 et 2018, Adidas voit cette fois plus loin. La marque allemande et la Fédération française de rugby (FFR) se sont entendu pour un renouvellement de leur partenariat sur huit ans, les liant désormais jusqu'en 2036 (le contrat actuel arrivera à échéance fin 2028). Après une expérience délicate avec son précédent équipementier Le Coq Sportif, qu'elle avait fini par assigner en liquidation judiciaire en raison de 5,3 millions d'euros d'impayés, la FFR se donne une décennie de tranquillité avec une marque aux reins infiniment plus solides. Mais « ce n'est pas à cause du précédent qu'on signe sur une longue durée », tempère son président Florian Grill.

 
 
 
 

Les deux partenaires affichent leur satisfaction quant aux deux premières saisons de collaboration. « On est incroyablement contents, sourit Grill. Adidas nous offre quatre atouts : la performance, la créativité alors que le rugby est en train de devenir lifestyle, le travail de notre dimension internationale et tout ce qui est connecté à ce que j'appelle la fédération à mission. »

 
 
Des audiences qui ne cessent de grimper

Côté Adidas, la directrice marketing sportif France Marine Dussere décrit « des résultats exceptionnels ». Pour le rugby français, à un an pile de la Coupe du monde 2027 en Australie, cette annonce incarne sa capacité à capitaliser sur des audiences qui ne cessent de grimper. Pendant le Tournoi des Six Nations 2023, les matches des Bleus avaient rassemblé 6,2 M de téléspectateurs en moyenne. Ils étaient 7,6 M l'hiver dernier, soit une hausse de plus de 22 % en trois ans. La dynamique est encore plus soutenue pour les Bleues dont l'audience du match contre l'Angleterre est passée de 2,1 M à 3,1 M de personnes en un an.

 

Un argument de poids alors que la FFR a renouvelé tous ses partenariats en plus d'avoir su en attirer de nouveaux ces dernières années (Apicil, Intersport, TENA Men, Axa). Ces contrats pèsent « 40 et quelques millions d'euros » sur les plus de 140 M€ de budget de la Fédération. Au-delà de ces apports en cash, Florian Grill met en avant le rôle des partenaires à tous les niveaux du rugby. « Ils nous aident pour la performance des équipes de France mais ont aussi compris qu'il fallait nous aider pour l'ultralocal. Adidas a été le premier à plonger sur le rugby féminin en nous aidant à le booster dans les clubs amateurs. »

 
 
 
 

Le président fait notamment référence à « Rugby pour Elles », dispositif de tournois féminins pour des U15. « On équipe 5 000 filles chaque année, indique Marine Dussere. On va continuer à le développer et on va l'étendre à des catégories garçons en plus de tout le travail de dotations sur les clubs. »

 
 

« Le rugby est majeur en France. Ce qui nous intéresse, c'est évidemment sa valeur économique mais aussi sa valeur émotionnelle »

Marine Dussere, la directrice marketing sportif d'Adidas

 
 

Déjà équipementier du quinze de France dans les années 1970, Adidas n'est pas un nouveau venu dans le rugby. Mais la marque aux trois bandes y intensifie ses investissements ces dernières années en France, à l'image des contrats signés avec la plupart des vedettes des Bleus dont Antoine Dupont, Louis Bielle-Biarrey ou Romain Ntamack. L'entreprise se réserve de donner le moindre chiffre sur ce nouveau deal avec la FFR mais confirme l'avoir revalorisé.

 

« La valeur du rugby français a bien augmenté parce qu'on a remis en avant ce que pouvait faire le rugby, prolonge la directrice marketing. Évidemment le terrain compte pour nous mais, au-delà du sportif, il y a une vague d'engagement sur la pratique. » À ce jour, la FFR revendique 419 000 licenciés.

 

À l'image de l'immense succès du maillot et de toute la gamme de produits commercialisés à l'occasion des 120 ans du Crunch (48-46, le 14 mars), l'équipementier voit un immense potentiel marketing et commercial dans le rugby français. « Cette partie culture nous a permis ensemble d'aller gagner de nouvelles cibles. La Gen Z qui soi-disant était 100 % football, s'y est intéressée. Dont certains qui n'avaient jamais joué et ne joueront jamais, poursuit Dussere. Le rugby est majeur en France. Ce qui nous intéresse, c'est évidemment sa valeur économique mais aussi sa valeur émotionnelle qui découle des performances des équipes de France. »

 

De son côté, la FFR voit au-delà des frontières nationales et l'appui d'un équipementier d'envergure mondiale est plus que bienvenu. « Je suis toujours frappé par les All Blacks qui ont 300 millions de fans dans le monde, avec un pays de 7 millions d'habitants, image Florian Grill. Avec 70 millions d'habitants, on a tout à faire là-dessus. À l'évidence, on a besoin d'Adidas. J'ai envie que la marque France Rugby, que les Bleus masculins et féminins soient portés dans le monde. »

 

La marque compte miser sur le rugby à 7

 

Pour accompagner cette ambition, Adidas a déjà les idées claires. La marque compte d'abord miser sur le rugby à 7. « Le circuit couvre le globe et avec la médaille d'or de Paris 2024, il y a un héritage à aller défendre à Los Angeles, estime Marine Dussere. Et il y a un vecteur d'image entre les produits de la haute performance à la partie très culture en passant par le lifestyle. Ils doivent s'exporter parce qu'ils sont cool et beaux. Cela doit faire partie de notre stratégie commune d'expansion internationale. »

 

Les expériences comme la gamme de produits réalisés pour l'anniversaire du Crunch ont donc vocation à se répéter. « Cette capsule, le film et les produits ont largement dépassé les frontières de la France. Cela a montré que le rugby avait un fort potentiel. Il est encore au tout début de son histoire sur cette déclinaison héritage et lifestyle. »

 
 
De l'air pour les comptes
Pour la FFR, ce renouvellement du contrat d'équipementier vient appuyer le plan de redressement instauré depuis l'arrivée de Florian Grill à la présidence en juin 2023. Plombée par les pertes liées à la Coupe du monde 2023 et l'explosion de la masse salariale, la FFR s'avançait vers la banqueroute et la nouvelle équipe à sa tête s'était fixé l'objectif de retourner à l'équilibre. « C'est fait, assure Florian Grill. On va attendre l'atterrissage définitif des comptes de la saison dernière. Mais l'arrêté intermédiaire fin juin montre qu'on fait 1,6 M€ de résultat d'exploitation avant un don de 4 M€ à Rugby au coeur (son fonds de dotation). »
Le dernier versement de CVC (le fonds d'investissement à qui la FFR et le Six Nations ont vendu les droits commerciaux du Tournoi) a même permis un résultat net de 13 M€. « C'est de l'exceptionnel mais pour la première fois, cet argent a servi non pas à boucher les trous mais à reconstituer nos fonds propres. Les comptes de la fédé sont rétablis. » Une situation aussi permise par le nouveau contrat d'utilisation du Stade de France signé avec son concessionnaire GL Events ou encore par la renégociation de 16 % à 19 % de la part perçue des bénéfices du Tournoi. « On a 14 nouveaux partenaires qui ont rejoint la Fédération, poursuit Grill. La billetterie a explosé pour les garçons comme pour les filles. »
 
 


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Posté aujourd'hui, 08:41

Le jour où le rugby à XIII, interdit sous Vichy, a profité d'une partie de chasse pour recruter sa future grande vedette

À l'occasion des 80 ans de L'Équipe, le Mag a relu le premier numéro paru le 28 février 1946. En 1944, le père de Puig-Aubert part à la chasse. Des dirigeants de Carcassonne en profitent pour recruter son fils, tout juste champion de France à quinze. Le XIII, interdit sous Vichy, tient sa grande vedette.

C'est l'histoire d'une partie de chasse qui va changer le cours du sport. Le premier numéro de L'Équipe, le 28 février 1946, propose un article de « rugby à XV » puis trois entrefilets de « rugby à XIII » avec ce sous-titre de circonstance : « Ballon mort... » Un acte politique. À l'époque, les deux sports se livrent une bataille acharnée. Le premier ayant tenté, et presque réussi, à faire disparaître le second à la faveur de la présence dans ses rangs de membres du régime de Vichy. Juste avant la guerre, le rugby à XIII connaît en France un vrai succès.

 
 
 
 

Né en Grande-Bretagne à la fin du XIXe siècle d'un schisme dans le monde du rugby, le XIII a été introduit en France par d'anciens quinzistes, radiés en 1933 par leur Fédération pour entorse à l'amateurisme. Six ans plus tard, le XIII compte déjà 225 clubs. Le quinze, en pleine crise, n'en compte plus que 471, contre 891 quinze ans auparavant. Exclu du Tournoi des Cinq Nations en 1931, le quinze français connaît des épisodes de violences et des difficultés financières. La guerre va bouleverser ces dynamiques.

 
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Brimé et interdit par Vichy, le XIII (ici les Catalans contre Paris en 1947) reprend après la guerre. (Collections L'Équipe)
 

Après la défaite française de 1940, Jean Borotra, l'ancien Mousquetaire, est en charge de l'éducation physique et du sport dans le gouvernement du maréchal Pétain. Il entend débarrasser le sport du professionnalisme. Le rugby à XIII est visé. Borotra demande au docteur Paul Voivenel, président honoraire de la FFR, de rédiger un rapport qui préconisera l'union des deux rugbys, soit la disparition du XIII. Voivenel établit un lien entre le développement du XIII et la défaite française de 1940. Le 19 décembre 1941, un décret signé par Pétain supprime officiellement le rugby à XIII. Ses biens, ses stades, ses fonds sont confisqués. Le quotidien L'Auto, qui sera bientôt L'Équipe, titre : « À Toulouse, on a décidé : le rugby à XIII est mort, demain tous les clubs joueront à quinze. »

 
 
 
 
 

Débarrassé de son concurrent, le quinze reprend son développement pendant l'Occupation. D'autant que Borotra a nommé comme directeur des sports Joseph Pascot, ancien colonel et demi d'ouverture international de l'USAP. Pascot, en avril 1942, remplace Borotra, qui sera arrêté et déporté par la Gestapo. Le XIII ne peut plus organiser de rencontres. Nombre de ses joueurs rejoignent la Résistance. Comme certains quinzistes aussi.

 

En 1939, le jeune Puig-Aubert a 14 ans, c'est un surdoué du sport. Il a débuté par le rugby à quinze mais va également être champion du Languedoc-Roussillon de saut à la perche, champion départemental de tennis de table, avant de se lancer sérieusement dans le quinze. « Il jouait en juniors à l'USAP », raconte Henri Planel depuis Carcassonne. On l'a appelé après la sieste. Henri est l'un des derniers témoins de cette époque. Il a 98 ans. On écoute son récit. « L'USAP avait disputé les demi-finales du Championnat de France juniors de rugby à quinze contre Carcassonne, explique le presque centenaire. Et des dirigeants du club de rugby à XIII de Carcassonne présents dans les tribunes l'ont trouvé très bon. Ils ont voulu le recruter. Mais son père a refusé. »

 

Jean Puig, fervent supporter de l'USAP, ne voulait pas que son fils joue à XIII. Puig-Aubert reste donc à l'USAP, dont il intègre très jeune l'équipe première, avec laquelle il remporte le bouclier de Brennus en battant en finale l'Aviron Bayonnais de Jean Dauger en mars 1944. Il illumine le match de son talent que nul n'a oublié à Carcassonne. Quelques mois plus tard surviennent les débarquements alliés et la libération du pays. Le régime de Vichy défait, le XIII retrouve les terrains, le Championnat recommence en novembre 1944.

 
 

« Le père de "Pipette" était furieux, il a porté plainte »

Henri Planel, l'un des témoins de l'époque

 
 

Dirigeants et agents de foot lors du mercato utilisent parfois des méthodes troubles pour attirer des joueurs. Certainement n'ont-ils jamais usé de la méthode carcassonnaise. Les dirigeants de Carcassonne ont en effet profité, en cet automne 1944, que le père Puig soit parti à la chasse pour venir au domicile familial et faire une offre au fils qu'il ne pouvait refuser. C'est ainsi que Puig-Aubert a pris la Nationale 9 direction la cité médiévale. Une énorme prise pour le XIII. « Son père était furieux, il a porté plainte », explique Henri Planel. Comme le rugby est une affaire sérieuse pour les Catalans, les gendarmes sont envoyés au stade de la Pépinière (qui deviendra Albert-Domec en 1948), où Carcassonne doit débuter le Championnat avec sa nouvelle recrue. Ils ont pour mission de l'interpeller.

Là encore, les dirigeants de Carcassonne sont malins ; ils proposent aux gendarmes d'attendre la fin du match, qui acceptent, ignorant que si Puig-Aubert dispute un match sous licence à XIII il ne peut plus statutairement revenir au quinze. Le père a dû signer le contrat. « Je l'ai encore à la maison », lance Planel. La partie de chasse aura ainsi changé l'histoire du rugby. Car Puig-Aubert, surnommé « Pipette », va devenir l'une des grandes stars sportives de l'après-guerre.

 
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Reconnu comme l'un des meilleurs joueurs de l'histoire, « Pipette » a été sacré plusieurs fois champion de France avec Carcassonne et le XIII Catalan. (Collections L'Équipe)
 

Pendant que Pipette rayonne sur les terrains, ses dirigeants entendent légitimement retrouver la reconnaissance officielle d'avant-guerre. Mais le quinze fait barrage. Un Résistant, Paul Barrière, parvient à obtenir une existence officielle du XIII en novembre 1946. Le Conseil national reconnaît le droit de rejouer à XIII mais sous l'appellation de « jeu à XIII » et non de « rugby à XIII ». Ce changement d'intitulé sera lourd de conséquences. En effet, selon une ordonnance du général de Gaulle du 7 octobre 1943, les associations supprimées par le gouvernement de Vichy recouvreront leurs biens et leurs droits à la Libération. Mais avant-guerre, l'association était celle du « rugby à XIII » et non du « jeu à XIII ».

 

La Fédération à XIII ne peut donc prétendre à l'application du décret car il ne s'agit plus de la même association. Les treizistes ne retrouvent ni leur argent, ni leurs installations, dont certaines reviennent même à des clubs quinzistes. Si L'Équipe a intitulé sa rubrique « rugby à XIII », elle devra changer pour « jeu à XIII ». Ça n'empêche pas Puig-Aubert de faire des merveilles. L'Équipe parle dans son article du quinze de l'USAP. Le club aurait peut-être été champion de France en 1946 avec Puig-Aubert. Le fils du chasseur le sera à XIII avec Carcassonne et, surtout, deviendra le meilleur joueur du monde. Il est désigné par L'Équipe « champion des champions » en 1951, un des deux rugbymen distingués à ce jour avec Lucien Mias en 1959.

 

Le XIII baissera pavillon dans l'Hexagone par la suite. Mais finira par obtenir gain de cause. En 1985, Jacques Soppelsa, président de la Sorbonne et de la Fédération de jeu à XIII, engage une action pour retrouver l'appellation « rugby ». La réaction d'Albert Ferrasse, président de la FFR, est honteuse. Il promet de tout faire pour empêcher le XIII de reprendre son nom. Le 4 juin 1993, la Cour de cassation donne raison aux treizistes : ils peuvent de nouveau utiliser officiellement l'appellation « rugby à XIII ». Les biens confisqués pendant la guerre ne seront jamais restitués. Reste la statue de Puig-Aubert devant le stade Albert-Domec de Carcassonne et le souvenir de son génie.

 

 





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