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Combinaisons/Skills/Technique


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#151 el landeno

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Posté 15 avril 2026 - 20:22

L'entraîneur de la défense du MHR Geoffrey Doumayrou raconte sa méthode : « L'objectif est de coller le bordel dans la tête des adversaires »
Devenu entraîneur de la défense de Montpellier dès sa fin de carrière en juin 2024, l'ex-centre international Geoffrey Doumayrou (36 ans, 13 sélections) a fait du MHR, qui reçoit l'USAP samedi (16 h 30), l'une des meilleures équipes du Top 14 dans ce secteur de jeu.

Alors que la fin de saison approche, Montpellier (5e) peut notamment s'appuyer sur sa défense. Avec 452 points (22,6 de moyenne par match) et 52 essais (2,6 par match) encaissés après 20 journées, la défense du MHR est la seconde du Top 14 derrière celle du Stade Toulousain (438 points, 51 essais), leader écrasant du Championnat. Geoffrey Doumayrou (34 ans), l'architecte de ce secteur clé, a accepté de dévoiler ses convictions et les bases de son système.

 
 
 
 

« Quels sont les principes de base d'une bonne défense ? 
Avoir une bonne organisation. Il faut connaître le plan de jeu par coeur pour respecter ce que j'ai mis en place sur la circulation des joueurs. L'organisation générale doit être acquise dès le début du Championnat. Si ce n'est pas le cas, tu ne peux pas être bon sur le terrain. Un lancement en touche adverse à 4, à 5, à 6 ou à 7 ne se défend pas pareil. Ce ne sont pas les mêmes mouvements, pas la même circulation, pas les mêmes bascules. Idem pour savoir combien vont passer au premier ruck, si le ruck est là, là ou là, savoir qui garde les retours, etc.

 
 

Que ce soit Toulouse, Perpignan ou Clermont en face, c'est la même organisation. Si tu es en place et que tu as une bonne communication, même sous l'effet de la fatigue, ça se passe bien. À ce moment-là, c'est la qualité individuelle de chacun et son énergie, son intensité qui entrent en jeu. La défense, c'est un état d'esprit. Il faut savoir souffrir ensemble. Si un mec lâche, c'est fini. C'est ce qui est le plus difficile à inculquer. Et changer les habitudes de certains, notamment les nouveaux arrivants.

Comment travaillez-vous la défense ?
Je suis adepte du travail participatif. J'accorde beaucoup d'importance à la vidéo, primordiale pour développer la matrice intellectuelle des joueurs. Si tu connais par coeur ce que va proposer l'adversaire, que tu as déjà intégré leur forme de jeu, le jour J, c'est simplement une question d'énergie. Il y aura quelques ajustements à faire pour contrer des nouveautés ou des imprévus, mais 70 % du temps, ce sera surtout la qualité de tes plaquages qui feront la différence, car tu liras leur jeu un peu comme dans un livre. C'est la clé.

 
 
 
 

« J'aimerais faire comme les Sud-Africains, à fermer comme des frelons dans tous les sens du terrain. Mais on n'a pas les joueurs pour le faire »

 
 

Adaptez-vous néanmoins votre système défensif à vos adversaires ?
Pas sur les lancements. Ce serait trop compliqué de changer chaque semaine de système défensif. Il doit être bon contre toutes les équipes. Ensuite, tu as toujours 5 à 10 % d'ajustement sur des points précis. Parfois ça fonctionne, d'autres fois non.

 

Vous êtes plutôt défense agressive ou défense en contrôle ? 
Rush defence, j'aime cette agressivité. C'est le meilleur moyen de récupérer des ballons. Tu peux forcer de mauvaises passes, empêcher de bien capter le ballon, être en avance sur les soutiens offensifs. Il y a des choses à faire pour éviter de défendre pendant dix ou quinze temps de jeu. Si tu attends les rucks, tu peux y passer la journée... Ça exige beaucoup de déplacements, d'agressivité sur les plaquages et cette volonté d'aller vers l'avant.

Mais l'intelligence d'un entraîneur est de faire en fonction du profil de ses joueurs. Tu as des convictions, mais il faut s'adapter. J'aimerais faire comme les Sud-Africains, à fermer comme des frelons dans tous les sens du terrain. Mais on n'a pas les joueurs pour le faire. Je vais essayer de m'en rapprocher au regard des capacités de déplacement, de vitesse, de lecture, de qualité de plaquage de mon groupe. Après, tu ne peux pas être en rush defence toute la partie, notamment sur les situations de surnombre.

 
 

« J'étais déjà comme ça quand j'étais joueur, je marchais au bluff. L'objectif est de coller le bordel dans la tête des adversaires »

 
 

D'où la nécessité d'avoir une bonne intelligence de jeu... 
J'essaie de former mes joueurs à réagir du mieux possible à toutes les situations. Je leur soumets souvent des problématiques, à la vidéo ou sur le terrain. Une autre clé est la lecture de jeu. Parfois, quand je les interroge, les mecs pensent qu'ils ont fait une connerie. Mais pas du tout, c'est justement pour leur montrer qu'ils ont pris la bonne décision. Et d'autre fois, oui, on corrige. C'est un travail interminable car l'incertitude est partout. (Il sourit.) Il faut comprendre ce que tu fais. Si c'est le cas, tu réussiras. La défense, c'est aussi un équilibre. Les Sud-Africains mettent d'abord l'accent sur le travail de l'ombre. En équipe de France, le premier que je mettrais sur la feuille de match, c'est François Cros (le troisième ligne aile du Stade Toulousain). Comme Yacouba Camara, ici, au MHR.

 
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Yacouba Camara s'impose en touche lors du succès du MHR contre les Irlandais de Connacht (45-22), samedi dernier, en quarts de finale du Challenge. (B. Bade /Presse Sports)
 

Peut-on surprendre son adversaire en défense ? 
Oui ! Avant que le ballon ne sorte, tu peux montrer une image à ton adversaire de ton placement défensif. Mais dès que le ballon sort, tu modifies ton placement. Le coup d'après, dans sa tête, le numéro 10 adverse aura peut-être une petite hésitation qui nous fera gagner du terrain ou lui fera commettre une erreur. J'étais déjà comme ça quand j'étais joueur, je marchais au bluff. L'objectif est de coller le bordel dans la tête des adversaires. Va-t-il fermer ou pas ? Monter fort ou contrôler ? Il faut être aussi imprévisible en défense qu'en attaque.

Ronan O'Gara, le manager de La Rochelle, assimile la défense à de « l'attaque sans ballon ». Qu'en pensez-vous ? 
Cette vision m'a inspiré. C'est ce que j'ai dit aux gars en débutant ici. "On va attaquer sans ballon, on va attaquer l'attaque !" Ils m'ont tous regardé avec de grands yeux. Et puis j'ai présenté ma vision, beaucoup l'ont comprise et ça a pris du sens. On ne s'oppose pas, on impose ! J'anime ma ligne de défense comme on anime une ligne offensive. Il y a autant de lecture de jeu en attaque qu'en défense.

 
 

« Le nombre de pénalités est important également. On exige 10 fautes maximum, même si, dans l'idéal, ce serait mieux d'être à 8 »

 
 

Depuis les tribunes, pouvez-vous encore influer sur la défense de votre équipe ? 
Oui, j'y crois ! D'ailleurs, en match, je suis horrible ! (Il se marre.) Avec le casque audio, je suis connecté avec les kinés qui sont en bord de terrain. Si je vois un mauvais placement, je peux intervenir sur les phases statiques. Après, une fois que le jeu est lancé, c'est fini. Tu peux aussi alerter les mecs sur pas mal de trucs en faisant passer des messages.

 

Un bon match en défense, ça veut dire quoi ? 
C'est un match qu'on a gagné ! Bon, si on gagne et qu'on en prend 35, je suis quand même dégoûté. Par contre, ne pas prendre de points, c'est impossible. Ne pas prendre d'essai, c'est faisable, on l'a déjà réussi. Sauf qu'un match a été perdu (7-9 face à Clermont, le 1er novembre). Et puis les règles vont de plus en plus dans le sens de l'attaque. Disons que si tu prends entre 12 et 15 points, c'est bien. Mais il n'y a pas que ça qui entre en compte. Le nombre de pénalités est important également. On exige 10 fautes maximum, même si, dans l'idéal, ce serait mieux d'être à 8.

 

Et le pourcentage de plaquages réussis ? 
C'est bien d'en parler ! Suivant les types de défense, tu acceptes d'avoir plus de déchet dans ce secteur. D'ailleurs, j'ai ma propre évaluation d'un plaquage manqué. Si, dans mon système, il ne met pas l'équipe en danger, je ne le compte pas comme un plaquage manqué. Prenez l'exemple des Sud-Africains qui ferment vers l'extérieur, les ailiers vont fermer le 12 ou le 13. S'il lui met un impact et que l'adversaire rebondit vers l'intérieur du jeu, là où ils souhaitent les emmener, et qu'il n'a donc pas joué vers l'extérieur, dans ce cas, ce n'est pas un plaquage manqué. Il a rempli sa mission. »

 
 
 

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Posté 18 avril 2026 - 13:07

« Il y a des situations où tu peux être en danger » : Aplatir un essai serait-il dangereux ?
Le troisième-ligne de Toulon Lewis Ludlam s'est blessé en aplatissant face à Perpignan lors de la dernière journée. Une telle mésaventure est arrivée avant lui à Ange Capuozzo, Leone Nakarawa et bien d'autres. Alors, est-ce dangereux d'inscrire des essais ?

Marquer un essai serait-il dangereux ? C'est la question qu'on pouvait se poser à l'issue de la précédente journée de Top 14. Contre l'USAP (36-20, le 28 mars), le troisième-ligne anglais de Toulon Lewis Ludlam s'est gravement blessé à l'épaule gauche en aplatissant pour le RCT, saison terminée. Le lendemain, l'ailier de Clermont Bautista Delguy est lui aussi resté longuement au sol après avoir marqué face au Stade Français (64-20). Sans grande conséquence pour l'Argentin. « Je suis simplement retombé sur le ballon au niveau de l'abdomen et ça m'a coupé le souffle », raconte le joueur de l'ASM.

 
 
 
 

Aplatir n'est donc pas un geste neutre. « C'est moins dangereux que de plaquer ou d'être plaqué, estime Aaron Grandidier-Nkanang, l'ailier de la Section Paloise. Après, le rugby est un sport de contact avec le risque que cela suppose. J'ai vu des épaules luxées en tendant le bras pour marquer. Je pense à Nisié Huyard qui a joué avec France 7 qui s'est blessé à l'épaule en marquant. Pareil pour Enahemo Artaud qui s'est aussi luxé l'épaule. Ça arrive malheureusement. »

Des essais, Vincent Clerc en a aplati des dizaines. Sans se blesser. « Quand tu es seul, qu'il n'y a pas de pression, que personne ne te tombe dessus, il y a peu de chance de risquer une blessure sur un tel geste. Après il y a des situations où tu peux être en danger. Parce que tu dois aplatir le ballon en bout de bras, que c'est la seule solution et des joueurs peuvent te tomber dessus. Mais le geste en lui-même n'est pas dangereux. »

 
 
 
 
 

D'autant plus qu'on apprend à en faire une « routine » comme l'explique Juan Imhoff, l'ancien ailier argentin du Racing aujourd'hui consultant pour Canal+ : « Avec le temps, tu apprends comment ne pas te blesser, à bien contrôler le corps. J'ai marqué des essais avec deux ou trois joueurs sur moi. Je n'étais pas le plus fort, mais en positionnant bien le corps, tu parviens à te protéger et à maîtriser cette force-là. »

 
 
 
 

« Le plongeon en coin, en l'air, c'est un skill sous-coté. Les joueurs à XIII sont très forts pour ça. C'est un geste technique magnifique, à la fois du feeling et du travail. »

Aaron Grandidier-Nkanang, ailier de la Section Paloise

 
 

On comprend bien que la densité physique autour du porteur de ballon à proximité de la ligne est facteur de risque. Mais il y a aussi tous ces cas où le joueur plonge dans l'en-but. « C'est hyper dangereux, tranche Juan Imhoff. Pour le contrôle de la balle, pour la maîtrise du terrain mais aussi pour la retombée. Tu tombes de haut à grande vitesse ! Ça m'est arrivé de le faire quelques fois. Parfois avec succès, d'autres fois non. Mais là encore, plus tu le fais, plus tu maîtrises le mouvement. »

 
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L'essai d'Aaron Grandidier-Nkanang avec les Bleus face à l'Argentine lors des Jeux de Paris 2024. (A. Mounic/L'Equipe)
 

Grandidier-Nkanang distingue le plongeon ordinaire, ballon sous le bras, inoffensif, à celui qu'on ose en coin, en équilibre au-dessus de la ligne de touche. « Le grand plongeon spectaculaire comme celui que j'ai réussi aux JO contre l'Argentine (26-14), oui ça peut être dangereux, reconnaît-il. Pourtant je n'ai pas hésité parce que c'était le geste nécessaire dans cette situation précise. On ne pense qu'à marquer, pas à la possibilité de se faire mal. Le fait d'être en l'air, en suspension, fait que l'adversaire aura moins d'impact sur toi. Le plongeon en coin, en l'air, c'est un skill sous-coté. Les joueurs à XIII sont très forts pour ça. C'est un geste technique magnifique, à la fois du feeling et du travail. »

 

Mais comme le rappelle Imhoff « plonger n'est pas forcément nécessaire. C'est pour la photo, pour les émotions, notamment pour moi en quarts de finale de Coupe du monde (2015), contre l'Irlande (43-20) ». Difficile de résister à l'euphorie que provoque l'essai. « On peut être dans l'obligation de plonger comme un sprinter casse sur la ligne, insiste Vincent Clerc. Pour prendre de vitesse un défenseur qui revient, pour ne pas risquer de se faire taper dans le ballon, de se faire sortir de l'en-but, de mettre un pied en touche etc. Et il y a le plongeon de satisfaction, de soulagement. C'est la fin de l'action, c'est une délivrance. On apprécie ce moment de pause en l'air avant d'aplatir, c'est agréable de se laisser glisser. »

 
 

« C'est quand on vit le moment avant qu'on peut se tromper »

Bautista Delguy, ailier de Clermont

 
 

Mais c'est aussi un instant où on est davantage exposé selon Delguy : « Parce qu'on se relâche avant d'aplatir. C'est quand on vit le moment avant qu'on peut se tromper. Moi j'aplatis le plus vite possible et toujours en assurant, sans prendre de risque si possible. Et après on célèbre. » Mais le plongeon en lui-même est déjà une célébration de l'essai. « Une célébration assez humble, estime Clerc. On plonge, on se relève et c'est fini. C'est un peu festif mais sans manquer de respect. »

 
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Chris Ashton, spécialiste du « Ash Splash » lors de son passage par Toulon (2017-2018). (A. Mounic/L'Equipe)
 

Même quand le mouvement est très démonstratif façon « Ash Splash », la signature de Chris Ashton, l'ancien international anglais passé par pratiquement tous les clubs d'Outre-Manche et par Toulon (2017-2018), un saut de l'ange avec le ballon dans une seule main ? L'ancien sélectionneur du quinze de la Rose Martin Johnson (2008-2011) lui avait même interdit d'exécuter ce geste, dangereux pour le joueur, dangereux pour l'équipe. Ça peut évidemment agacer, être mal perçu. Pas pour Grandidier-Nkanang qui a grandi en Angleterre, bercé par les Ash Splash. « Pour moi, ce n'est pas de la provoc, juste du show. Et c'est très bien pour le rugby qu'il y ait des joueurs comme lui. Pollock non plus n'hésite pas à surligner. »

 
 

Au risque de se faire mal sur l'action, peut s'ajouter la blessure d'amour-propre en cas de cagade. Les exemples nombreux alimentent les compilations sur la Toile. L'envol majestueux du septiste japonais Kosuke Hashino qui s'écrase au sol après avoir perdu le ballon. Freddie Burns, ancien joueur de Bath, qui pénètre dans l'en-but, salue son public, profite de l'instant qui va permettre à son équipe de repasser devant au score face à Toulouse à cinq minutes de la fin. Mais laisse échapper le ballon après que Maxime Médard lui a tapé le bras. Les plus grands - Owen Farrell face à Toulouse, Stuart Hogg face à l'Irlande, Christophe Dominici contre l'Italie etc.- ont un jour manqué l'immanquable et tutoyé le ridicule. Et ça aussi ça fait mal.



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Posté 15 mai 2026 - 13:58

Très présentes dans le rugby professionnel, comment les datas sont-elles appréhendées par les joueurs de Top 14 ?
Le rugby professionnel regorge aujourd'hui de statistiques en tous genres, des plaquages manqués aux mètres parcourus en passant par la rapidité du retour au jeu. Familiers de tous ces concepts, les joueurs en font-ils pour autant une obsession ?

Entre les GPS placés dans le dos des joueurs, les caméras et drones auxquels aucune image n'échappe et l'énorme boulot abattu par les analystes vidéo des clubs et les plateformes de statistiques, sans parler des puces placées dans les protège-dents dits connectés, les chiffres inondent aujourd'hui le rugby professionnel.

 
 
 
 

Sur un seul match de Top 14, des milliers de données sont rapidement disponibles, qu'elles soient collectives (possession, occupation, passes, jeu au pied, franchissements, ballons perdus, fautes, touches, mêlées, etc.) ou individuelles (mètres parcourus, plaquages manqués, ballons grattés, duels aériens gagnés, pourcentage de réussite dans les tirs au but...).

 
 

« Tous les joueurs aujourd'hui sont familiers de ces données, explique le manager du MHR, Joan Caudullo, qui a arrêté sa carrière de joueur en 2017. Nous, on a vu débarquer les GPS, on regardait les chiffres mais on ne maîtrisait pas grand-chose (sourire). Aujourd'hui, dès le centre de formation, on éduque les joueurs aux données et à leur signification. »

 

De là à en devenir accro et passer une nuit blanche pour trois plaquages manqués, un en-avant et un ballon perdu en touche ? Pas vraiment, si l'on en croit les joueurs que nous avons interrogés sur le sujet. « Généralement, quand tu sors du match, tu sais ce qui n'a pas été, c'est rare d'avoir besoin des stats pour te le confirmer, sourit Domingo Miotti, l'ouvreur de Montpellier. Par contre, j'ai très vite envie de revoir des aspects collectifs du match, des séquences de jeu, des lancements, des placements en défense. Mes stats, elles passent bien après... »

 
 
 
 
 
 
 

« Je fais souvent partie des mecs qui sont le plus hauts en termes de stats GPS, et je suis très souvent mal noté dans les médias »

Adrien Séguret, centre de La Rochelle

 
 

« À mon poste, des pénalités concédées en mêlée ou des plaquages ratés, tu n'en veux pas, poursuit le pilier de La Rochelle, Reda Wardi. Même chose sur les volumes de courses, on sait que marcher sur le terrain, c'est non. Les datas peuvent nous aider. Si je vois que je n'ai pas été trop performant sur un secteur, j'essaie de faire un focus dessus la semaine suivante... »

 

« Ça peut donner une autre vision du match, estime de son côté le centre des Maritimes, Adrien Séguret. Il y a des matches où souvent, tu as l'impression que ç'a beaucoup couru et que ç'a été dur alors que les stats GPS te disent le contraire. Et a contrario, des matches où tu te rends compte que tu as beaucoup couru alors qu'il n'y avait pas beaucoup de rythme. »

 

D'où la nécessité de bien appréhender tous ces chiffres qui inondent l'après-match et de ne pas en faire une fixette. Séguret encore : « Ce sport est tellement collectif... J'ai pu faire des matches en 13 cette année où je touchais très peu de ballons, donc c'est compliqué d'évaluer ma perf. Je fais souvent partie des mecs qui sont le plus hauts en termes de stats GPS, et je suis très souvent mal noté dans les médias. C'est quelque chose qui peut m'énerver. »

 
Des chiffres qu'il est important de contextualiser

« Quand vous (les journalistes) notez les joueurs, vous parlez souvent des plaquages manqués. Mais si c'est un plaquage manqué d'un joueur qui est monté très fort extérieur, qui a forcé l'attaquant à revenir dans le trafic, ce qui était le but collectivement, pour moi, ce n'est pas un plaquage manqué », nous expliquait récemment Geoffrey Doumayrou, l'entraîneur de la défense montpelliéraine.

 

Le troisième ligne de Castres, Baptiste Delaporte (29 ans), va dans le même sens, sur l'importance de contextualiser tous ces chiffres. « Au début de ma carrière, je me raccrochais beaucoup aux stats, comme quasiment un bulletin de notes. À mon poste, c'était caricatural : les plaquages, les grattages, les mètres parcourus... Tout ce qui tourne autour de l'intensité et de l'engagement. Ça te rassure, ça te montre que tu peux avoir ta place. Je regarde encore les statistiques mais au-delà d'un chiffre brut, j'essaie de l'associer à un contexte du match. Match d'été ou match d'hiver ? Match où ça tape beaucoup au pied ou match où ça ne tape pas beaucoup ? Ça permet de mieux analyser ta performance. Je suis content si je fais un 20/20 aux plaquages mais je me suis rendu compte que si tu ne veux briller que pour tes datas individuelles, ça peut parfois être contre-productif collectivement. »

 

Reste que certaines stats individuelles sont aujourd'hui primordiales pour juger la performance d'un joueur et son état de forme. « On est très attentifs à tout ce qui est courses sans ballon, ce que permet de mesurer le GPS, explique Caudullo. Un joueur qui s'est beaucoup déplacé, qui a enchaîné les courses à haute intensité et revient rapidement au jeu, c'est un joueur qui a fait son boulot. »

 
La jeune génération ultra-connectée sur ses performances

Sa cellule d'analystes mesure par exemple le temps que met un joueur pour recourir après être passé au sol. Avec l'objectif qu'il soit inférieur à trois secondes dans la grande majorité des situations : « Contre Montauban (59-7, samedi dernier), on était à 80 % en situation offensive, on n'a pas été assez performants. » Détails que les joueurs savent importants car ils dénotent de leur activité globale sur un match. « Les distances parcourues, le nombre de courses à haute intensité, le nombre d'accélérations au-dessus de telle vitesse, le nombre d'accélérations tout court », liste ainsi Hugo Reus quand on lui demande quels sont les chiffres qu'il regarde après un match.

 

L'ouvreur bordelais (22 ans), champion du monde des moins de 20 ans en 2023, symbolise bien cette nouvelle génération ultra-connectée sur ses performances. Il fait partie des très rares joueurs à avoir lui-même acheté une licence SportsCode, pour environ 2 000 € par an. Ce logiciel de montage est utilisé dans les clubs pour séquencer les images des entraînements et des matches. « On peut y faire des recherches précises, avoir plusieurs angles de vue et à mon poste, je trouvais super intéressant d'analyser les choses en passant directement par cet outil. Rapidement après un match ou un entraînement, j'ai accès aux images, je peux y passer entre trente minutes et une heure pour analyser ce qui m'intéresse dans mon match et dans celui de l'équipe. J'ai en stock toutes mes actions, puis je peux rapidement faire un retour avec les entraîneurs sur des choses qui m'ont interpellé. »

 

« Cette génération a besoin de comprendre les choses, conclut Joan Caudullo, qui a entraîné Reus à Montpellier et était agréablement surpris par sa démarche. Les entretiens individuels sont super importants pour déterminer ce qu'on attend d'eux et ça peut passer par l'utilisation des données. Si un joueur a des stats en deçà de nos attentes sur les courses sans ballon par exemple, ça va nous permettre de lui parler des efforts supplémentaires qu'on attend de lui. Tout de suite, ça leur permet de comprendre. Un joueur comme Lenni Nouchi (22 ans, autre champion du monde U20 en 2023) a besoin de retours individuels fréquents. C'est un outil parmi d'autres dans le boulot d'un joueur. »



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Posté 16 mai 2026 - 12:43

« C'est plus rentable d'aller en pénaltouche » : le but de pénalité, une option de moins en moins tentante pour les équipes de Top 14
La saison en cours accélère une tendance palpable depuis 2021 : les équipes de Top 14 tentent de moins en moins souvent les buts de pénalité. Et développent d'autres armes pour marquer.

À intervalles réguliers, le petit monde du rugby entonne l'oraison funèbre du drop, souvent quand un pied audacieux en claque soudainement un, qui vaut toujours trois points mais provoque bien plus encore de lamentations outrées sur sa lente disparition. Mais l'ovalie ne devrait-elle pas songer à préparer, dorénavant, la complainte du but de pénalité ?

 
 
 
 

Car l'exercice en cours est en train d'accélérer brutalement une tendance lourde, palpable sur les cinq dernières saisons de données, collectées par AIA, dans lesquelles nous nous sommes plongés. Quand, en 2021-2022, les équipes de Top 14 tentaient en moyenne 6,6 buts de pénalité par match, elles n'en osent plus que 3,9 par rencontre, sur les 23 premières journées de 2025-2026. La part des buts sur le total des points marqués en Top 14 est tombée à 16,5 %, contre 33,8 % quatre ans avant. Vertigineux.

Le but est-il à son tour en train de passer au rang d'espèce en voie d'extinction ? « Oui, c'est vrai », approuve d'abord Joan Caudullo. Avant d'orienter les regards plus au nord : « Mais je trouve que les Anglo-Saxons le font encore plus que nous ! » Le coach de Montpellier a raison : la Premiership anglaise comme l'URC feraient passer les Championnats français pour des zones de protection de la pénalité tentée. Et c'est d'ailleurs deux équipes de ces compétitions que citent la plupart de nos interlocuteurs comme étant symptomatiques, si ce n'est à l'origine, de cette mutation : Exeter et le Leinster, futur adversaire de l'UBB en finale de la Coupe des champions.

 
 
 
 
 
La pénaltouche, un choix « plus rentable » que le but de pénalité

À ceux qui hurlent souvent que taper le but, c'est respecter le tableau d'affichage, Rob Baxter, le coach des Chiefs, aurait pu répondre : « Aller en touche ou jouer à la main, c'est honorer la data ». « Aller en pénaltouche, c'est au final plus rentable que tenter les pénalités », résume François Gelez, actuel coach du jeu au pied à Clermont.

 
 
 
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Juan Cruz Mallia tape en touche. Une option de plus en plus souvent privilégiée lorsqu'une pénalité est sifflée. (A. Mounic/L'Équipe)
 

« C'est l'évolution de notre sport, reprend Frédéric Michalak, ancien buteur emblématique du Stade Toulousain et des Bleus, notamment. Quand tu décides d'aller dans le coin, tu sais que tu vas mettre la pression sur l'adversaire, et avoir un résultat positif, soit en gagnant une pénalité de plus, soit en provoquant un carton jaune, soit en marquant. Au pire des cas, tu perds la possession, mais tu sais que tu as de bonnes chances d'en avoir vite une nouvelle dans le camp adverse. Le rugby moderne valide la possession dans les bonnes zones. »

 

Cette tendance lourde a encore été précipitée par la chasse aux bonus offensifs, et surtout par l'évolution des règles. « L'arbitrage à l'approche de la zone de marque est devenu très rigoureux, approuve Sébastien Piqueronies. Avoir aujourd'hui une possession proche de la ligne est un gros avantage et, statistiquement, une probabilité forte de marquer. Depuis un an et demi, on en tient compte pour prioriser la possession dans ces zones-là. » Sa Section Paloise n'est pas la seule à avoir évolué là-dessus, quand on voit que le taux de pénalités obtenues dans le camp adverse désormais tentées a chuté de 54 % l'an dernier à 43 % cette saison, quand le choix de la pénaltouche ne fait qu'augmenter, pour avoisiner désormais les 40 %.

 
 

« Cette évolution met peut-être plus de pression sur le buteur qu'avant. Car si on les tente aujourd'hui, il faut les mettre, vu qu'elles sont moins nombreuses »

Sébastien Piqueronies, manager de Pau

 
 

« Cela a été conforté avec plus de vigilance et de sévérité sur les défenses de mauls notamment, ajoute Laurent Labit, le manager de Perpignan. On voit que c'est très difficile de défendre quand l'équipe arrive sur une pénaltouche, soit sur la pénaltouche directement, soit sur le jeu en pick-and-go près des lignes. C'est cette adaptation aux règles qui donne plus de possibilités à l'attaque. » D'où l'inflation absolue du nombre d'essais marqués cette saison.

 

« Par contre, cette évolution met peut-être plus de pression sur le buteur qu'avant, remarque Piqueronies. Car si on les tente aujourd'hui, il faut les mettre, vu qu'elles sont moins nombreuses. » C'est juste, et les botteurs, d'ailleurs, selon Michalak et Gelez, n'ont pas fait évoluer leur routine d'entraînement sur le but en lui-même, même si on aurait pu penser que le fait d'avoir davantage de transformations à tenter les aurait incités à travailler plus dans des angles compliqués.

 
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Louis Carbonel, le buteur du Stade Français, a réussi 30 pénalités cette saison. (C. Mahoudeau/L'Équipe)
 

« L'évolution du travail de jeu au pied s'est principalement portée sur deux aspects, estime Gelez. La qualité des renvois aux 50 m et celle des pénaltouches. » Logique, puisque la pénaltouche est un choix qui, chaque année, gagne en popularité parmi la majorité des équipes de Top 14. « Pour les pénaltouches, reprend celui qui est aussi coach des Espoirs de l'ASM, je fais travailler mes jeunes en leur demandant de passer le ballon entre les poteaux depuis n'importe où dans les 22 m et l'en-but. Ça fait bosser tous les angles et les deux côtés. »

 
L'importance de choisir la bonne option

Et comme, dans le même temps, la précision des alignements s'est améliorée... « La touche, ce n'est plus un problème d'y aller, il y a moins d'incertitudes quant au contre, juge ainsi notre consultant Jean-Baptiste Élissalde. Les stratégies sont beaucoup plus claires et définies et il y a des endroits où tu prends le ballon assez facilement, qui permettent de faire des ballons portés ou de créer une longue zone d'affrontement près des lignes. »

 

Les staffs ont dû aussi peaufiner d'autres secteurs de jeu, pour valider techniquement ces choix. Élissalde évoque « les heures d'entraînement, les semaines entières passées à penser les stratégies offensives et défensives sur les ballons portés. » Les combinaisons sur les pénalités jouées à la main près de la ligne d'essai ont aussi gagné en précision. Surtout, les entraîneurs veulent que leurs joueurs soient capables de décider quelle est la bonne option.

 

« Je travaille beaucoup avec les leaders là-dessus, insiste Caudullo. Tous les lundis, on fait des retours sur les décisions prises. Sans vouloir juger, mais juste pour formaliser les choses, si la situation se représente. Comment s'est passé le process ? Qui a décidé ? Comment s'est fait le choix ? » Parce que le meilleur reste encore le but, parfois. Ce n'est pas le Stade Toulousain, qui a soulevé son Brennus 2025 grâce à la botte de Thomas Ramos, qui dira le contraire.


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Posté 30 mai 2026 - 06:22

Comment les équipes de Top 14 préparent les fins de match : « Il faut créer un climat où il y a de la fatigue, du stress et des décisions à prendre »
Travailler les divers scénarios possibles de fin de match pour augmenter ses chances de victoire est monnaie courante dans les clubs du Top 14. Encore plus à l'approche de la phase finale, comme ce week-end, pour la 25e et avant-dernière journée, quand tous les points valent très cher.

Toutes les équipes du Top 14 s'y adonnent plus ou moins aujourd'hui. Certaines parce qu'elles viennent juste de perdre un match qu'elles n'auraient jamais dû paumer à cause d'un mauvais choix avant la sirène. D'autres parce qu'elles pressentent qu'au regard du profil de l'adversaire, leur prochain match a de bonne chance de se terminer de telle ou telle façon. Alors, elles bossent à l'entraînement d'éventuels scénarios de fin de match.

 
 
 
 

« L'idée est de préparer les joueurs à ce qui pourrait se passer dans le money-time, explique Julien Dumora, le coach des trois-quarts de Castres. Pour que, le jour où ça arrivera ou que ça se reproduira, ils aient les idées suffisamment claires pour adopter la bonne attitude. » La plupart du temps, les équipes travaillent cette thématique lors de la grosse opposition de la semaine d'entraînement, celle qui se rapproche le plus du match du week-end. À Clermont, par exemple, c'est le jeudi. « À la fin de chaque mi-temps, on imagine un scénario, souffle Frédéric Charrier, l'entraîneur des trois-quarts de l'ASM. Par exemple, on bénéficie d'une pénalité sur la ligne de ses 40 m alors qu'on joue à 14 contre 15 et qu'on a 2 points d'avance à deux minutes de la fin. Quel lancement de jeu annoncer ? »

 
 

« Une fin de match serrée, c'est toujours le chaos. Disons qu'en faisant ça, on réduit un peu la fenêtre du chaos »

Laurent Labit, manager de Perpignan

 
 

Même chose à Montpellier, où Joan Caudullo, le manager, introduit souvent ces scénarios lors des séances du mardi ou du jeudi. « On refait souvent une fin de match qu'on a déjà vécue, dit-il. Du genre : "Il reste une minute et on a une pénalité en bonne position pour gagner le match. Est-ce qu'on essaie de prendre les points ? Et si oui et qu'on rate la pénalité, comment se place-t-on sur le renvoi de l'adversaire pour récupérer le ballon et repartir à l'assaut ?" On travaille comme ça, souvent sur une minute de temps de jeu effectif, pas plus, dans des conditions de fatigue proches de celles des fins de match. »

À Perpignan, le manager Laurent Labit s'efforce lui aussi de caser ce qu'il appelle « des moments de live » dans la grosse opposition de la semaine. « On est capables d'y mettre trois ou quatre séquences scénarisées de deux minutes sur un thème bien précis, confie-t-il. Une fin de match serrée, c'est toujours le chaos. Disons qu'en faisant ça, on réduit un peu la fenêtre du chaos. »

 
 
 
 

« Ce qu'il faut, c'est créer un climat, c'est-à-dire entraîner des situations proches d'un contexte où il y a de la fatigue, du stress et des décisions à prendre »

Sébastien Piqueronies, manager de Pau

 
 

Bien sûr, l'entraîneur qui annonce le scénario tient autant compte des qualités et défauts de ses joueurs que de ceux de l'adversaire. « Si tu tapes dans le ballon contre le Stade Toulousain pour occuper, tu sais que tu t'exposes à une remontée rapide du ballon, schématise Dumora. On rentre là dans un cadre hyperstratégique, où la ligne entre la bonne et la mauvaise option est extrêmement ténue. »

 
 

Les joueurs ne savent jamais à quelle problématique ils seront soumis. Ils la découvrent toujours sur le moment, par surprise. « Si on les prévient, ils auront le temps de se réunir et d'y réfléchir avant, justifie Charrier. Or, ce n'est évidemment pas ce qui va se passer en match. » Des réunions existent quand même avec les leaders en amont de l'entraînement pour évoquer un fait de jeu rencontré précédemment et les sensibiliser, sans les préparer complètement, à un scénario possible. C'est notamment le cas à Toulouse. « On pose beaucoup de questions à nos leaders à la vidéo pour débriefer une issue de match défavorable et essayer de la corriger pour la fois d'après, observe Laurent Thuéry, le coach de la défense. On travaille donc autant ces fameux scénarios sur le terrain qu'en dehors. »

 
 

« Parfois, marquer ou encaisser des points en fin de partie peut générer un climat d'euphorie ou de désarroi dans lequel les gens ne s'écoutent plus trop »

Sébastien Piqueronies, manager de Pau

 
 

À Pau, le manager Sébastien Piqueronies accorde aussi beaucoup plus d'importance aux échanges avec ses joueurs qu'à ces répétitions de fin de match à l'entraînement. « Si on prévoit et joue ces scénarios à pression zéro en les considérant comme acquis,on se trompe, dit-il. Car le stress ressenti par les joueurs en plein chaos en fin de match ne sera jamais le même qu'à l'entraînement. C'est pour ça que je n'en fais pas toutes les semaines. Je n'ai pas envie de tomber dans une routine. Je veux qu'il y ait de l'éveil, de l'attention. Ce qu'il faut, c'est créer un climat, c'est-à-dire entraîner des situations proches d'un contexte où il y a de la fatigue, du stress et des décisions à prendre. Parfois, marquer ou encaisser des points en fin de partie peut générer un climat d'euphorie ou de désarroi dans lequel les gens ne s'écoutent plus trop. Une fin de match est un plein concentré de stress. Il faut donc pousser nos joueurs à vivre ces climats-là pour que cette expérience les aide à mieux décider le Jour J. »

Parfois, ça marche. Il arrive qu'un scénario bossé dans la semaine se produise le week-end suivant, ou celui d'après. Dumora se souvient du barrage que le CO avait remporté à Toulouse (11-23), l'année de son dernier Brennus, en 2018 : « Dans les jours qui précédaient, on avait travaillé l'éventualité d'une fin de partie qu'on devait gérer avec un joueur en moins. Et sur ce match, notre talonneur Jody Jenneker a justement pris un carton rouge (59e). Du coup, on avait su comment faire. »

 

Labit, lui, se remémore un temps où il usait beaucoup de cette méthodologie en équipe de France, lors du premier mandat de Fabien Galthié, alors qu'il était adjoint en charge de l'attaque des Bleus. « On gagnait beaucoup de matches dans les dernières minutes. Je me rappelle notamment de notre deuxième test en Australie (victoire 26-28, le 13 juillet 2021). On s'était dit dans la semaine que si on menait d'une courte tête et qu'on obtenait une pénalité dans les deux dernières minutes, on éviterait d'aller en touche parce que les Australiens étaient très bons dans ce domaine. On avait travaillé ce scénario et c'est exactement ce qui s'est produit. Quand on a obtenu cette pénalité, on a vu les Australiens se diriger sur le côté pour défendre la pénaltouche, sauf qu'on a joué la pénalité à la main et qu'on a fait deux séquences de jeu pour faire écouler le chrono avant de taper en touche. »

 

Reste le scénario impensable. Celui que personne n'a imaginé et qui arrive. « Tout ne se passe pas toujours comme prévu, admet l'ouvreur toulousain Romain Ntamack. Et c'est alors à nous, les joueurs, de nous adapter à la situation. »

 
 
 

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Posté 02 juin 2026 - 21:00

le saviez vous ?

 

Top 14. Le point de règlement qui aurait pu permettre à la Section Paloise d’arracher un bonus défensif à Montpellier
20260530223706-29735412.jpgLes Palois après leur premier essai. © Crédit photo : SYLVAIN THOMAS / AFP

Par Vincent Romain, envoyé spécial
Publié le 31/05/2026 à 1h52.
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Le deuxième essai palois, inscrit juste avant la sirène, aurait pu ne pas être transformé pour contraindre Montpellier à effectuer un ultime renvoi

Au moment où Loïc Credoz s’est affalé dans l’en-but montpelliérain (son premier essai depuis octobre 2023), il restait cinq secondes avant la sirène. Les Palois étaient revenus à 26-16. Trop tard pour espérer décrocher un bonus défensif… ou pas. Car un point de règlement, méconnu, prévoit la disposition suivante : « Une équipe qui marque un essai peut choisir de tenter ou de ne pas tenter la transformation. »

À VOIR AUSSI
Finale Leinster-UBB : Maxime Lucu inscrit le premier essai bordelais
 
 

Auquel cas l’équipe ayant concédé l’essai doit taper un renvoi et l’action se poursuivra jusqu’à un en-avant, une faute, une touche… ou des points inscrits par l’une des deux équipes. C’est visiblement ce que Joe Simmonds avait en tête puisqu’il s’est immédiatement rapproché de l’arbitre pour lui faire part de sa volonté de reprendre immédiatement le jeu. Le règlement impose de dire « pas de transformation » à l’arbitre après que l’essai a été accordé.

Incompréhension

« Et il a dû mal s’exprimer, car M. Ramos a compris que Joe demandait s’il avait le droit à une réception de coup d’envoi après transformation, expliquait le manager Sébastien Piqueronies, qui est allé à la rencontre de l’arbitre après le coup de sifflet final. On a travaillé (ce point) sur les scénarios à l’entraînement, Joe savait, et visiblement, il n’a pas dit la bonne phrase en français. C’est mon interprétation. »

L’ouvreur anglais a donc dû taper – et réussir – la transformation en conclusion du match (26-18). « Je suis heureux que dans ce moment de pression, mes joueurs connaissaient le règlement », se consolait Sébastien Piqueronies. Le bonus défensif, de toute façon, était loin d’être garanti, et il n’aurait rien changé au classement. Mais il aurait pu adoucir la déception de cette défaite… et envoyer un message pour la suite, en cas de retrouvailles durant les phases finales.

 
 
 
 

 



#157 Elvis Presto

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Posté 13 août 2026 - 11:10

J'ai pas réussi à trouver un article détaillé sur la bajadita.

Un cyber peut-il en trouver un ou faire un topo.

Allez les gros, à vos crayons.



#158 zone et beu

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Posté 13 août 2026 - 15:48

J'ai pas réussi à trouver un article détaillé sur la bajadita.

Un cyber peut-il en trouver un ou faire un topo.

Allez les gros, à vos crayons.

suffit de demander

Bajadita” puede significar distintas cosas según el contexto. En español, suele ser el diminutivo de “bajada”: una pequeña bajada o descenso



#159 el landeno

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Posté 19 août 2026 - 11:55

Autorisés en Top 14 et en Pro D2, les terrains synthétiques deviennent de véritables fournaises dès que la température s'élève
La température des terrains synthétiques, utilisés en Top 14 et en Pro D2 par une dizaine de clubs, peut rapidement devenir insupportable pour les joueurs et même monter jusqu'à 90 degrés.

La température est clémente ce dimanche 14 juin à Aix-en-Provence : 25 degrés. Il fait bon, le temps est sec. Des conditions a priori idéales pour le barrage d'accession au Top 14 entre Provence Rugby et Perpignan, remporté par les Catalans (24-47). A priori, car au niveau du terrain, la température est suffocante : 45 degrés. L'explication est simple : le stade Maurice-David est équipé d'une pelouse synthétique.

 
 
 
 

« Une surface qui peut atteindre 60 à 90 degrés en surface lors de fortes chaleurs, sans que les fibres ne fondent », peut-on lire dans une note technique de la LNR envoyée aux clubs cet été. Nous avons d'ailleurs pu le constater à travers un relevé permettant de comparer la température d'une pelouse naturelle renforcée et d'une synthétique. Alors que le thermomètre affiche 38 degrés dans l'air, la température maximale du terrain naturel renforcé est de 35,5 °C contre 63,3 °C pour le synthétique.

 
957dc.jpg
 
La différence de température entre une pelouse naturelle renforcée et une pelouse synthétique. (DR)
 

Le terrain de Provence Rugby n'est pas le seul en France. Le stade Gerland du LOU en Top 14, mais aussi les enceintes de Biarritz, Montauban, Nevers, Soyaux-Angoulême, Oyonnax et Agen - depuis cet été - en Pro D2, ont tous adopté ce type de terrains (*) pour des facilités d'entretien. Qui s'avère être beaucoup plus délicat que prévu, à mesure que le changement climatique opère en France et que les températures s'élèvent.

 
 
(*) Le Racing 92 évolue également sur une pelouse synthétique, qui n'est toutefois pas sujette à la chaleur, la Plenitude Arena étant une salle de spectacle fermée.
 
 
 

Dans sa note technique, la LNR préconise de « réaliser un apport d'eau important sur l'ensemble du terrain » pour en faire baisser la température et le rendre praticable. Il est donc conseillé d'arroser du plastique, la composition de ces pelouses (du polyéthylène pour être précis), alors même que les restrictions d'eau se multiplient avec la sécheresse de cet été, ce qui préfigure notre avenir climatique. Le but de la manoeuvre étant d'atteindre une « valeur cible de 40 à 45 °C avec un seuil maximal de 55 °C ».

 
 

« Le vrai problème arriverait si l'atmosphère était tellement saturée d'eau qu'elle empêcherait la transpiration, ce qui ne devrait pas souvent être le cas sous nos latitudes »

Basile Chaix, directeur de recherche sur le changement climatique et la santé à l'Inserm

 
 

Dans le podcast Rugby Confidential, Gaël Fickou (RC Toulon) et Max Spring (Racing 92) revenaient sur ces conditions de jeu, auxquelles ils ont déjà été confrontés. « C'est un enfer. Ça brûle », disait le premier, quand le deuxième avançait : « C'est horrible. Tu sens que c'est chaud, quand tu tombes au sol, tu te brûles. » Nous en avons parlé à Malik Hamadache, le président de Provale (le Syndicat national des joueurs de rugby), qui a joué à Pau, Montpellier ou encore Albi pendant sa carrière (2008-2024). « Quand j'étais joueur, je détestais évoluer sur du synthétique. J'étais lourd (il était pilier) et c'était terrible pour mes articulations. Ça augmentait aussi la vitesse du jeu, donc l'importance des chocs. Sans oublier les escalopes à cause des brûlures. » Il n'en garde donc pas un souvenir impérissable. De là à positionner le syndicat des joueurs pour en demander l'interdiction ? « Je partage mon ressenti, mais c'est délicat de formuler la demande sans s'appuyer sur des données scientifiques. »

La question est importante, car une forte chaleur peut accroître le risque de stress thermique chez les sportifs. « Le synthétique va restituer du rayonnement pendant le match, ce qui peut affecter négativement le bilan thermique des joueurs, nous explique Basile Chaix, directeur de recherche sur le changement climatique et la santé à l'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale). Il faudrait donc alerter sur les risques liés à ce type de surfaces. »

 
 

En revanche, précise l'épidémiologiste, « l'humidité (générée par l'arrosage) ne posera pas de problème si son taux dans l'atmosphère n'est pas excessif. Le vrai problème arriverait si l'atmosphère était tellement saturée d'eau qu'elle empêcherait la transpiration, ce qui ne devrait pas souvent être le cas sous nos latitudes ». Les rugbymen seraient alors exposés à un risque de coup de chaleur, une urgence médicale potentiellement mortelle. La Ligue de Football Professionnel a tranché dès 2016. Ces terrains sont interdits dans le football professionnel français depuis dix ans, notamment pour préserver les joueurs des risques de blessures articulaires et de brûlures.

 


#160 Milian

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Posté 19 août 2026 - 13:07

Dingue que ça soit interdit dans le foot depuis 10 ans et qu'on en construise encore pour le rugby...
Vivement que ça soit interdit.


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Posté 07 septembre 2026 - 14:59

La victoire de La Rochelle contre Toulouse va-t-elle lancer pour de bon la mode du banc en 7-1 ?
Vainqueurs renversants du Stade Toulousain dimanche soir (30-27), les Rochelais doivent une grande partie de leur succès à l'apport énergique de leurs avants remplaçants. Avec la nouvelle règle des huit changements, la composition du banc en 7-1 va-t-elle se démocratiser en Top 14 ?

Où le Stade Rochelais est-il allé chercher cette victoire face au champion toulousain ? Menés 10-24 à la pause, réduits à 14 après le carton rouge de Tolu Latu (72e), les Maritimes ont fait chuter les Rouges et Noir sur une ultime pénalité convertie par Antoine Hastoy (80e + 1, 30-27). Mais c'est ailleurs qu'ils ont bâti leur succès de contrebandiers.

 
 
 
 

Quelque part entre les charges rageuses d'Alexandre Kuntelia, les relais furieux de Louis Penverne et les soutiens éclair de Paul Boudehent. Les remplaçants rochelais ont répondu aux attentes du staff, et elles étaient grandes puisque le manager Ronan O'Gara avait décidé de former un banc à sept avants pour un seul trois-quarts. Une composition initiée par les Springboks en 2023, qui demeure rare même si elle est désormais bien connue.

 

« J'avais fait beaucoup de simulations dans ma tête sur le papier avec le 7-1 », a expliqué l'Irlandais après la victoire. En musclant son banc de la sorte, il ne voulait pas seulement répondre au défi physique de l'armada toulousaine. Le stratège rochelais s'est aussi et surtout adapté à la nouvelle règle qui limite les équipes de Top 14 à seulement huit changements (et non plus douze). Fini les allers-retours sur la pelouse afin de reposer certains titulaires pour les faire revenir dans le money-time.

 
 
 
 
 
« Pas un risque » pour O'Gara

« Ce n'est pas évident, on va mettre quelques matches pour trouver le bon rythme, présidait Rémi Talès, l'entraîneur des trois-quarts maritimes, avant la rencontre. Il va falloir que les joueurs soient fit et qu'ils aient de l'énergie. Pour nous les coachs, c'était devenu quand même sympa de pouvoir coacher autant de joueurs. Donc, on va devoir bien réfléchir et ne pas coacher trop vite. »

 

Finalement, le staff rochelais a procédé à ses premiers changements plus rapidement que prévu, dès la 32e minute, avec les sorties de Karl Sorin, Charles Kante Samba et Thomas Adélaïde à un moment où l'équipe était dans le dur. « J'ai pris la décision de changer, mais après ça, j'avais encore quatre autres avants. Donc, pour moi, ce n'est même pas un risque, c'est juste assez normal », a justifié « ROG ».

 
 

« Les rôles des athlètes ont évolué, il y a des trois-quarts qui peuvent jouer devant, des avants qui peuvent jouer derrière. C'est ça, le rugby de demain, des joueurs hybrides »

Rémi Talès, entraîneur des trois-quarts de La Rochelle

 
 

Entré en deuxième ligne, Boudehent a grandement participé à revivifier l'équipe. « Tout le monde doit apporter quelque chose, c'est ce qu'on s'est répété toute la semaine, a-t-il confié. Beaucoup de joueurs n'ont pas joué à leur poste. Tout le monde a fait l'effort de s'adapter. De là à dire que c'est ce qui nous fait gagner, je ne sais pas. Mais avoir des joueurs polyvalents, ça va être une clé de la réussite pour l'avenir. »

 

« Les rôles des athlètes ont évolué, il y a des trois-quarts qui peuvent jouer devant, des avants qui peuvent jouer derrière. C'est ça, le rugby de demain, des joueurs hybrides », résume Talès. Si les remplaçants doivent désormais pouvoir couvrir plus de postes, c'est également le cas des titulaires, notamment chez les trois-quarts. Quand Nolann Le Garrec s'est tordu le genou sur un plaquage d'Antoine Dupont (62e), la soirée aurait pu prendre un sale tournant car le seul arrière sur le banc, Sacha Elissalde, est capable de jouer ouvreur, centre ou numéro 15, mais pas forcément à la mêlée, même si le staff aimerait qu'il développe cette faculté.

 
La mort du 5-3 ?

Finalement, le Breton est resté sur la pelouse jusqu'au bout, au grand soulagement de son staff. « Avant le match, on a imaginé les scénarios possibles, surtout s'il y avait des blessures derrière, parce que c'est un peu le risque quand on fait un banc en 7-1 comme ça, a reconnu l'ouvreur Antoine Hastoy. Mais ça apporte énormément de fraîcheur, et c'est important pour rivaliser tout le long du match dans le défi physique et dans le volume de jeu. »

 

Alors, gloire au banc en 7-1 ? La mort du 5-3 est loin d'être actée. Sept équipes y ont eu recours sur cette première journée de Top 14, trois d'entre elles se sont imposées (Castres, Lyon, Stade Français) face à des bancs en 6-2 (Vannes, Clermont, Perpignan). Davantage qu'une histoire de répartition avants-arrières, c'est la polyvalence le maître mot du rugby 2.0. N'est-ce pas, Boudehent ? « J'aurais bien aimé jouer 10, c'est moins douloureux (rires) ! » Il y a peut-être quelques limites à ne pas franchir.



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Posté 15 septembre 2026 - 17:47

Top 14. « Ces 15 secondes, parfois, il me les fallait » : comment les buteurs s’adaptent au temps réduit face aux poteaux
20260913224107-142112.jpgMaxime Lucu en est à 8/12 cette saison face aux poteaux. © Crédit photo : AFP

Par Vincent Romain (avec Y. L. et B. D.)
Publié le 15/09/2026 à 18h30.
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Pour augmenter le temps de jeu effectif par match, la Ligue a réduit de 60 à 45 secondes le temps accordé aux buteurs pour taper pénalités et transformations

Une fois, deux fois, trois fois Thomas Ramos a visé et raté la cible face aux poteaux, dimanche soir, lors du match du Stade Toulousain face à l’Union Bordeaux-Bègles. Alors, même si cela n’empêchait pas son équipe de prendre le large (48-12), l’arrière international a laissé le but à Romain Ntamack pour le reste de la rencontre. Un zéro pointé, c’est inhabituel, pour ne pas dire inédit, chez celui qui affichait pourtant 82,5 % de réussite la saison passée.

Certes, les trois transformations étaient proches de la ligne de touche, et donc loin d’être aisées. Mais rien d’insurmontable pour le meilleur réalisateur de l’histoire du XV de France. Sauf que cette saison, il n’a plus 60 mais 45 secondes pour transformer les essais et passer les pénalités. Un changement instauré par la Ligue nationale de rugby pour « augmenter le temps de jeu effectif », puisque celui du Top 14 serait le plus bas des principales compétitions de clubs.

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Alors que, comme révélé par « Sud Ouest », Ronan O’Gara et ses dirigeants discutaient depuis plusieurs semaines d’une prolongation de quatre ans supplémentaires, l’accord a rapidement été trouvé

Au micro du diffuseur après la rencontre, Ramos s’est montré aussi franc que d’habitude : « Une minute sur les transformations, c’était très bien. Moi qui joue à l’arrière, si l’essai est à l’opposé, il ne te reste pas beaucoup (de temps). Ce serait bien que sur des décisions comme ça, on puisse échanger avec les acteurs. On n’est pas trop consulté donc c’est dommage. Je pense que la majorité des buteurs auraient plutôt voté pour une minute et que ça reste comme ça. »

Tendance lourde

Dès le lendemain du match, le Tarnais a échangé avec Mathieu Raynal. Le manager des arbitres de Top 14 et Pro D2 a rappelé au Toulousain que cette expérimentation a été validée à l’unanimité lors d’un séminaire réunissant, en février dernier, l’ensemble des managers, les arbitres et le syndicat des joueurs. Avec quasiment huit essais par match en deux journées, cela donne potentiellement deux minutes de plus pour le jeu.

Il faut d’ailleurs distinguer les transformations, où le chrono se déclenche au moment où l’essai est accordé, des pénalités, où le décompte commence quand le capitaine indique à l’arbitre que l’équipe prend les points. Et cela confirme une tendance lourde : longtemps, les buteurs tapaient simplement dans un délai jugé raisonnable par l’arbitre. Puis la règle de 60 secondes a été instaurée en 2023 pour les pénalités, et en 2024 pour les transformations.

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Passée complètement à côté de sa première période à Toulouse (48-12) dimanche soir, l’UBB cherche à comprendre les raisons de sa passivité mais ne veut pas tirer de conclusions trop hâtives
Simmonds, l’imperturbable

Paradoxalement, ces deux premières journées de Top 14 ont vu le taux de réussite des buteurs augmenter par rapport aux saisons précédentes. À confirmer sur la durée bien sûr. « Et ça aidera forcément les buteurs lors des matchs de coupes d’Europe ou les matchs internationaux », sourit Mathieu Raynal. Car à ces niveaux-là, 60 secondes sont toujours accordées sur les pénalités et les transformations.

Certains sont en tout cas « dans la zone », comme le Palois Joe Simmonds (15/15), déjà habitué à ne pas (trop) célébrer les essais et dont la routine assez courte n’est pas perturbée par ce rabotage. Au sein du club béarnais, l’adjoint terrain chargé d’amener le tee au buteur a été sensibilisé pour être plus réactif encore. À l’UBB, « on a une grosse chance, c’est que Heini Adams est super fit », rigole le manager Yannick Bru.

capture-decran-2026-09-15-163001.jpg?v=1 Ajuster sa routine

Le Bordelais Maxime Lucu, lui, en est à 8/12 pour l’instant. « Je suis quelqu’un qui ne prend pas énormément de temps non plus, mais ces 15 secondes, parfois, il me les fallait. C’est sûr que ça va être quelque chose à bien travailler. Il va falloir s’adapter vite et ne pas perdre de temps à célébrer ou à aller chercher un ballon. Des fois dans l’euphorie, c’est difficile de calmer les ardeurs de certains quand on marque… J’irai chercher le ballon auprès du ramasseur de balles, mais à l’extérieur, ça va être compliqué. »

Charge aussi au buteur de se mettre plus rapidement dans sa bulle et de faire vite redescendre son rythme cardiaque. Au Stade Rochelais, Nolann Le Garrec (4/5 pour l’instant) a supprimé un geste de sa routine et Antoine Hastoy (6/9) a accéléré la sienne. « Je ne pense pas que c’est ça qui va nous aider à augmenter le rythme des matchs », pointe d’ailleurs le second. Un point d’étape sur cette expérimentation sera fait au prochain séminaire « Shape of the game », en février. Pour le plus grand plaisir de Thomas Ramos.

 



#163 Milian

Milian

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Posté 15 septembre 2026 - 19:43

Une solution toute simple pour agumenter le temps de jeux effectif par match : faire respecter cette putain de ligne de hors jeux. Quand on regarde Afrique du Sud Nz, c'est frappatn à quel point ça change tout quand la ligne est clairement derriere le dernier participant au ruck. Ca permet aux défenses de monter moins vite, du coup moins de pressions, moins de pertes de balles et d'en avant et plus de jeux...
En Top 14 les arbitres sont d'un laxisme avec ça, ce qui fait qu'au niveau international apres nos joueurs se font sanctionner...


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#164 Elvis Presto

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Posté 16 septembre 2026 - 09:07

Quelqu'un pour mettre l'article de LMT ?

 



#165 el landeno

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Posté 18 septembre 2026 - 22:33

Plus que 45 secondes pour tenter une pénalité ou une transformation : ce qu'en pensent les buteurs du Top 14

Nouveau changement de règle en Top 14 : les buteurs n'ont plus 60 secondes mais 45 pour tenter leur pénalité ou transformation. Et ça change beaucoup de choses pour eux.

Après le slogan « le changement, c'est maintenant » de l'élection présidentielle de 2012, le Top 14 pourrait peut-être tenter « le changement, c'est permanent ». La saison a commencé il y a trois semaines avec son lot d'évolutions de règles dont le rugby a le secret. Dans la cuvée 2026 : le retour à huit remplacements par équipe, un changement de protocole pour le recours à l'arbitrage vidéo et la réduction du temps accordé aux buteurs avant de tenter leur chance face aux perches.

 
 
 
 

Passé de 1'30 à 1 minute en 2023, le chrono est désormais de 45 secondes. Une baisse propre au Championnat de France, dans le cadre d'une expérimentation accordée par World Rugby, tout de même significative puisqu'on a vu plusieurs buteurs s'élancer dans la précipitation, comme Antoine Hastoy lors de La Rochelle-Toulouse (30-27), ou des artilleurs fiables tels que Melvyn Jaminet et Thomas Ramos dans des situations d'échec inhabituelles le week-end dernier. « Une minute sur les transformations, c'était très bien, a réagi auprès de Canal+ le Toulousain, qui a laissé le but à Romain Ntamack après un 0/3 face aux perches. Ce serait bien que sur des décisions comme ça, on puisse échanger. On n'est pas trop consultés. »

 
 

« C'est une règle un peu bête, pour ne pas dire débile »

Un ouvreur du Top 14

 
 

Le but de la manoeuvre est d'accélérer le rythme et de lutter contre les matches hachés par les temps morts. « Il est nécessaire que le jeu s'accélère, mais n'y a-t-il pas d'autres solutions ? Je pense qu'on aurait pu trouver autre chose, notamment sur les mêlées. Enlever quinze secondes aux buteurs, je trouve ça un peu stupide », estime l'ancien ouvreur Maxime Petitjean, récemment libéré de son poste au RCT et désormais responsable du jeu au pied du XV de France. « C'est une règle un peu bête, pour ne pas dire débile », tranche un ouvreur du Championnat.

 
 
 
 
 

Globalement, les buteurs ne sont pas enchantés par cette modification, mais ils l'accueillent avec pragmatisme. « C'est perturbant parce qu'on n'a pas encore l'habitude mais on va s'y faire petit à petit, positive le Castrais Louis Le Brun. Tu as 25 secondes pour vraiment te concentrer, tu as moins le temps de respirer, il faut directement rentrer dans ton truc. On doit s'entraîner à ça. » Antoine Aucagne, un des buteurs de l'USAP, a lui changé sa routine : « Avant, je regardais trois fois les poteaux, maintenant je ne le fais que deux fois. Pour le reste, c'est moins posé, j'accélère les gestes. Et puis tu as le rythme cardiaque qui est plus haut, tu as eu moins le temps de récupérer. Mais ce qui ne change pas, c'est que je me place au même endroit et je prends le même temps pour poser le ballon parce que c'est primordial pour la suite. »

 
Pas de célébrations, porteur de tee déterminant et buteur de secours

Les clubs ont anticipé ce changement pendant l'été. Les marqueurs d'essais ont par exemple été briefés : on ne jette plus le ballon dans les tribunes et on pense à son buteur. « Ou alors il faut le balancer derrière, mime Maxime Lucu. Mais parfois, dans l'euphorie, c'est difficile de calmer les ardeurs ! Je doute que Louis (Bielle-Biarrey), vu les réactions qu'il a, n'envoie pas le ballon en tribunes (rires). » « On a décidé que nous, les buteurs, on ne pouvait plus trop aller célébrer dans l'en-but et féliciter les copains. On va vite se placer », complète Le Brun.

 

Mais la clé est dans les mains du teeman. « Chez nous, c'est Jacques-Louis Potgieter, l'entraîneur du jeu au pied, qui amène le tee. Il a toujours un ballon proche de lui et l'apporte à chaque coup de pied, développe Aucagne. Ça résout le problème du ballon aplati qui peut traîner à sortir ou s'il est compliqué de récupérer. Le porteur du tee doit être réactif, il a un rôle primordial. » « Chez nous, c'est Julien Dumora. Il lui reste pas mal de vitesse donc il n'y a pas trop de soucis », sourit Le Brun.

 

« J'en ai parlé avec Domingo Miotti (le buteur de Montpellier) qui m'a dit qu'il voulait changer de routine. Moi je lui ai dit que non, qu'il fallait qu'on s'organise absolument pour lui amener rapidement le tee, raconte Jérémy Valls, consultant jeu au pied et skills dans le staff du MHR. On a décidé que le kiné, qui est de l'autre côté du terrain, aurait aussi un tee pour les transformations de l'autre côté du banc. » Le Palois Axel Desperes est, lui, moins convaincu par cette option : « On s'est posé la question d'avoir un entraîneur avec un tee disponible de chaque côté du terrain, mais chaque joueur a un peu un rapport superstitieux avec son tee. »

 
 

« La meilleure solution serait d'arrêter le chrono quand le marqueur aplatit et de lancer trente secondes quand le buteur est en place et commence sa routine »

Jérémy Valls, consultant jeu au pied et skills dans le staff du MHR

 
 

Les Montpelliérains ont aussi pensé à la solution d'un « buteur de secours », « au cas où le numéro 1 aurait un petit souci, continue Jérémy Valls. Contre Pau (19-27, 1re journée), c'était Auguste Cadot. Il avait un tee de prêt et jetait un coup d'oeil à chaque essai pour être sûr que c'était ok pour Domingo (Miotti). Sur une pénalité, c'est moins embêtant car si le buteur est blessé, on va en touche ou on prend la mêlée. Mais sur une transformation, tu n'as pas le choix, il faut un mec prêt au cas où et être ultra-réactif. »

 

Mais peut-être que cette règle pourrait connaître quelques adaptations ? « Pour moi, la meilleure solution serait d'arrêter le chrono quand le marqueur aplatit et de lancer trente secondes quand le buteur est en place et commence sa routine, propose Valls. Là, il y a trop d'aléas que tu ne contrôles pas qui peuvent te faire perdre du temps. On va avoir des scénarios où le buteur aura dix secondes et sera en danger en termes de temps. » Pour le moment, le chrono fatidique se déclenche dès que l'essai est marqué.

 





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