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EDF de Galthié


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9776 réponses à ce sujet

#9181 Bougnat et Breton

Bougnat et Breton

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Posté 28 novembre 2023 - 19:26

Depuis que le XV de France gagne 8 rencontres sur 10, l'équipe t'es indifférente? 

oui, trop  d'environnement toxique et tellement éloigné de ce que devrait être notre sport


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#9182 Bon Chasseur

Bon Chasseur

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Posté 28 novembre 2023 - 20:18

Bah deja, il a pas pris une tarte par Urios pour rien. Ensuite y'a eu les episodes de la gaufre, le publi-reportage de France 2 ou il humilie volontairement Lauret en public pour asseoir son autorite, et les choix faits autour d'un mec comme Chalureau. A chaque fois, ses declarations c'est "j'accepte totalement la critique, mais j'ai 100% raison".. Donc "manque de respect" a mon sens c'est ca, cette absence totale de dialogue public et cette arrogance affichee constamment. 

Encore il y a quelques jours, il essaye d'etre humble, mais il peut meme pas finir une phrase sans s'auto-qualifier de "courageux" et "lucide": "C’est mon échec, je l’assume, on peut employer le mot avec courage, avec lucidité.". Bref apres c'est que mon avis, clairement c'est une personnalité et une communication que je n'apprecie pas (question de gout et de compatibilité j'imagine), et depuis que Galthie est a sa tete, cette equipe de France me laisse totalement indifférent (voir pire quand elle accueille a bras ouverts un mec comme Chalureau).

ah oui 'fin bon, je reste sur l'idée que je préfère largement un mec comme ça qu'un mec "trop" respectueux et mou. Les derniers entraîneurs avaient peur d'être arrogants, tellement ils étaient mauvais et savaient qu'ils étaient mauvais. Quand on leur posait la question dans les médias av. les matches, ils disaient qu'ils craignaient les qualités de l'adversaire et espéraient rivaliser. La confiance même, quoi. Galthié, av. même qu'il n'entre en fonction on lui demande en interview télévisé: "et vous vous sentez prêt ?" et il répond avec un sourire en coin "oui, je suis tellement prêt". Alors qu'il n'a même pas encore entamé sa fonction. Le mec a beau être chiant (et plusieurs adjectifs péjoratifs au choix), il vaut avec son staff stratégiquement/techniquement et cérébralement 10x les staffs sur la dernière décennie, sans problème. Et pour ça, je pense que je peux laisser passer les qqs travers.



#9183 Silhouette

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Posté 29 novembre 2023 - 05:33

Depuis que le XV de France gagne 8 rencontres sur 10, l'équipe t'es indifférente? 


Oui. Mais comme dis plus bas je suis en train de me rendre compte j'ai moi aussi décroché après Lièvremont, donc en fait ça fait un petit moment. C'est pas mon idée du rugby et j'ai aucune attache affective avec cette équipe comme je l'ai avec l'ASM donc...
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#9184 grospaquet33

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Posté 29 novembre 2023 - 10:56

Oui. Mais comme dis plus bas je suis en train de me rendre compte j'ai moi aussi décroché après Lièvremont, donc en fait ça fait un petit moment. C'est pas mon idée du rugby et j'ai aucune attache affective avec cette équipe comme je l'ai avec l'ASM donc...

il manque peut etre les 7-8 selectionnés de l'ASM aussi...



#9185 Silhouette

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Posté 29 novembre 2023 - 13:45

il manque peut etre les 7-8 selectionnés de l'ASM aussi...

Non, honnetement j'en ai pas grand chose a faire. En fait il n'y a qu'une seule equipe de rugby qui a mon soutien inconditionnel et irrationnel, c'est l'ASM. Tout le reste, c'est en fonction de ce qui me plait ou pas, et ca change avec le temps.



#9186 Bon Chasseur

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Posté 29 novembre 2023 - 18:59

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#9187 el landeno

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Posté 29 novembre 2023 - 20:36

Shaun Edwards défend Fabien Galthié : « Ne pas oublier où était le rugby français avant son arrivée » Même s'il n'a pas encore digéré la déception suscitée par la défaite en quarts de finale de la Coupe du monde contre l'Afrique du Sud, l'entraîneur de la défense française défend le bilan du sélectionneur et se projette déjà sur les prochaines échéances des Bleus.

C'était une fin d'après-midi, Shaun Edwards était installé dans un coin de cuisine de sa petite maison du Canet-en-Roussillon. Le soleil déclinait quand l'entraîneur de 57 ans se racontait. L'Anglais, responsable de la défense du quinze de France, nous expliquait comment il se requinquait dans ce petit « gym » bricolé dans son garage. Entretenir et réparer autant que possible un corps fracassé par le XIII et par l'exigence du haut niveau.

 
 

Sa compagne Maggie était rentrée avec leurs deux filles. Efficace, entre mille tâches, elle venait de mettre un poisson au four. Un bonheur simple guettait Edwards. Il savourait l'instant. En même temps, on lisait dans son oeil à quel point il n'avait pas encore digéré la défaite de la France face à l'Afrique du Sud (28-29, le 15 octobre) en quarts de finale de la Coupe du monde.

« Il paraît que vous étiez totalement abattu après la défaite de la France...
La vérité, c'est que je suis toujours en train de me remettre... J'aurais aimé être rapidement de retour à l'entraînement. C'est mon caractère. Je suis comme un boxeur qui a été au tapis, qui se relève et veut repartir au combat. J'ai hâte de préparer le match face à l'Irlande (le 2 février à Marseille, en ouverture du prochain Six Nations). Après cette défaite face aux Boks, j'ai ressenti un sentiment de vide absolu. On venait de sortir des matches de poules par une performance magnifique face à l'Italie (60-7 à Lyon, le 6 octobre). Notre défense avait été solide. Faut se souvenir qu'on ne les avait battus que de cinq points (24-29, le 5 février à Rome) lors du dernier Tournoi.

Vide, c'est le mot juste ?
Vide, mais aussi amer et en colère. Abattu, tellement désolé pour les gars, pour moi, pour tous les Français. Je ne veux pas être ce mec qui critique l'arbitre. Je sais à quel point c'est un job difficile. Tout se passe à une vitesse dingue, c'est quasi impossible de tout voir. Et puis, le rugby ce n'est pas ça : tu perds, mais tu serres la main de l'adversaire. La défaite, ça s'encaisse comme une droite au menton. Après coup, quand même, j'ai eu besoin de clarifications sur les décisions d'arbitrage. Jérôme Garcès (consultant arbitrage des Bleus) m'a expliqué les choses en détail. Par exemple sur les mains au sol du gratteur Kwagga Smith qu'on a tous vues sur l'écran dans le stade...

 
 

L'arbitre (le Néo-Zélandais Ben O'Keeffe) n'avait pas l'opportunité d'avoir accès à la vidéo. Son recours est réservé aux situations de fautes, comme un coude au visage, par exemple, ou alors à la suite d'un essai. Je ne veux pas garder en moi que de l'amertume. On aurait pu mieux jouer sous les chandelles. Les ailiers sud-africains (Cheslin Kolbe et Kurt-Lee Arendse) ont été super bons pour se nourrir de chaque ballon perdu. C'est terrible car notre attaque avait été incroyable en première période face à une énorme défense adverse. Quand je regardais les Springboks, certains cherchaient de l'air. Tout ce qu'on avait travaillé pour les contrer dans les mauls ou dans leurs enchaînements à trois temps de jeu a bien fonctionné. On a bien su répondre dans la dimension physique. On les a plaqués avec férocité. Et chaque essai qu'on a inscrit, c'était du pur rugby.

« Aujourd'hui, on est en plein dans la troisième dimension avec ce combat au-dessus des têtes. À nous de bosser encore plus sur cet aspect »

 

 
 
 

Mais vous avez mal géré les chandelles...
On avait pris ça en compte. C'est important de connaître ses faiblesses, de savoir là où l'adversaire va porter les coups. Si le gars que tu boxes a un bon jab, il te faut pouvoir l'esquiver. Face aux Australiens (victoire 41-17, le 27 août), on avait pris deux essais sur des chandelles. Après ça, on a bossé dur sur ces cas de figure. Face aux Boks, malheureusement, on a eu deux incidents sur des ballons aériens mal captés. C'est d'autant plus surprenant qu'un de nos joueurs impliqués dans l'action est très bon dans les réceptions. Peut-être qu'il a été ébloui par une lumière du stade ou je ne sais quoi. Bref, on s'est ratés sur deux chandelles. Ça nous coûte quatorze points.

Le secteur aérien, c'est devenu capital. La palette des coups de pied s'est énormément développée. Avant, l'affrontement était latéral ou au sol. Aujourd'hui, on est en plein dans la troisième dimension avec ce combat au-dessus des têtes. À nous de bosser encore plus sur cet aspect. On est déterminés.

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Shaun Edwards, Fabien Galthié, Raphaël Ibanez et Laurent Labit (de gauche à droite) lors de la victoire des Bleus contre les Fidji (34-17, le 19 août). (A. Mounic /L'Équipe)

La défense française avait connu des difficultés en début d'année. À cause de l'évolution des règles, des adversaires qui ont bien étudié ?
Lors des deux premiers matches du Six Nations, on avait encaissé 24 points face aux Italiens. Puis 32 unités contre les Irlandais (défaite 19-32 des Bleus, le 11 février) contre lesquels on n'a pas eu beaucoup la possession du ballon. On a bien défendu par séquences. Mais la clé pour défendre à très haut niveau, c'est la condition physique. Pour pouvoir, sans relâche, enchaîner les sprints de "rush defense". Il faut beaucoup de vitesse et de fraîcheur. Avant la Coupe du monde, durant le stage de préparation à Monaco, on a poussé les organismes à leur intensité absolue, sous de fortes chaleurs.

Derrière, on a fait des matches de préparation de grande qualité. Tous ces éléments nous ont aidés à battre la Nouvelle-Zélande lors du match d'ouverture (27-13, le 8 septembre). Et, finalement, on a fini les matches de poules avec 32 points encaissés (en 4 rencontres), soit le taux le plus bas de la compétition. C'est une première pour une équipe de France, la preuve que les Bleus ont fait du chemin. Pendant tant d'années, le rugby français priorisait l'attaque. Ce que je peux comprendre. Quand je jouais, je faisais de même. Et ça m'a aidé à cerner les gars pour les motiver à redoubler d'efforts et d'intensité en défense. À se donner à fond tout en restant disciplinés.

« L'idée majeure que j'ai tenu à transmettre à Matthieu était qu'il devait être à l'initiative de la collision sur les plaquages. Ne pas la subir »

 

 
 
 

Comment travaille-t-on la discipline ?
D'abord, il faut leur montrer des clips de leurs erreurs et leur demander : "Y a-t-il moyen de faire autrement ?" Sur certaines situations de rucks, la solution est parfois de ne pas contester. Dans d'autres cas, il faut ferrailler, mais ce n'est pas toujours possible quand un gars est au sol. Là, j'ai mis au point des "drills" (exercices) reproduisant chaque situation à l'entraînement (il se lève pour nous montrer l'exercice). Après le match face à l'Italie dans le Tournoi, on a bossé ça sans relâche.

En quoi le changement de règles a challengé votre défense ?
C'est surtout sur la hauteur des plaquages. J'ai dû trouver un truc facile à capter pour les joueurs dans l'instantanéité du combat. J'ai interdit les mouvements circulaires des bras, comme les crochets en boxe. Pour une raison simple, selon la hauteur à laquelle l'adversaire est positionné, cela peut devenir un plaquage à la gorge. J'ai préparé nos joueurs à attaquer le ballon au corps, avec un mouvement de bas en haut. Comme des uppercuts. Les coudes serrés, avec les hanches pour avoir de la puissance à l'impact. Un truc que les caméras ne voient pas.

Perdre Ntamack juste avant la Coupe du monde, ça a été un gros coup dur pour votre système défensif...
Un coup dur à titre personnel aussi. C'est un joueur que j'aime bien, un ouvreur très robuste en défense. Un peu comme le Sud-Africain Handré Pollard. Mais Matthieu (Jalibert) a aussi très bien joué.

Comment êtes-vous parvenu à convertir Jalibert à la défense ?
En lui donnant plus de confiance. On s'est fait des sessions d'entraînement supplémentaires, des ateliers de plaquages. Toujours sur bouclier car je me fais un point d'honneur à ne jamais blesser mes joueurs lors d'un entraînement. S'entraîner à plaquer, ça peut être dangereux si le gars vous retombe sur les chevilles. J'ai connu ça avec Leigh Halfpenny au pays de Galles. L'idée majeure que j'ai tenu à transmettre à Matthieu était qu'il devait être à l'initiative de la collision. Ne pas la subir.

C'est comme en boxe quand on casse la distance pour éviter que le coup adverse prenne de la vitesse qui s'additionne en force et en puissance. Face à Etzebeth (essai de la 67e), ça a été compliqué pour Matthieu. Mais franchement, quand on a les Sud-Africains lancés à trois mètres de sa ligne, ce n'est jamais simple. Sur l'ensemble, Matthieu a bien répondu présent.

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Matthieu Jalibert lors de la défaite de la France contre l'Afrique du Sud en quarts de finale de la Coupe du monde (28-29, le 15 octobre). (F. Faugère/L'Equipe)

Est-il vrai que vous vous réveillez la nuit pour noter des exercices et des séquences ?
Ça m'arrive. En principe, je vois les choses aux entraînements et je les note sur un bout de papier. Un mélange de mots et de croquis. J'ai un carnet aussi. Parfois, la nuit, les pensées arrivent par vagues. Mieux vaut les noter pour ne pas les perdre. Cette hyperactivité mentale m'arrive surtout pendant les camps d'entraînement. Et je ne suis pas le seul.

« La défense, l'attaque, c'est un travail en commun, tellement interdépendant »

 

 
 
 

C'est pour ça que vous avez besoin d'une petite sieste en début d'après-midi ?
(Il se marre.) Maintenant, je suis un vrai Français du Sud ! Il y a dix ans, je ne dormais jamais. Blague à part, on bosse dur. Et ce serait bien que les gens n'oublient pas où était le rugby français avant que Fabien ne prenne la tête des Bleus (en janvier 2020). En février 2019, l'Angleterre avait battu la France 44-8 à Twickenham. Chez les Bleus, on trouvait déjà Ntamack, Dupont, Alldritt, Ramos, Penaud, Aldegheri. Cette année, en mars, ces mêmes mecs ont battu l'Angleterre 10-53 à Twickenham. Il ne faut pas oublier qu'en février 2019, la France était au dixième rang des nations mondiales. Depuis, elle est régulièrement à la troisième ou quatrième place (son classement actuel).

Je sais que quand on joue pour l'équipe nationale, l'argent n'est pas la priorité. On est d'abord fier de représenter son pays. Mais on ne peut pas occulter les chiffres : voilà quatre ans qu'on bosse avec Fabien (Galthié). On a fini deuxièmes en 2020 et 2021, premiers en 2022 (Grand Chelem) puis deuxièmes, encore, en 2023 lors du Six Nations. Ce qui a permis à la Fédération française d'engranger près de vingt millions d'euros en prize money. Une victoire dans le Tournoi rapporte cinq millions de livres (environ 5,7 millions d'euros) et un Grand Chelem encore un autre million. C'est colossal comme dotation. C'est vital pour le rugby de l'hémisphère Nord. Tout cet argent récolté va permettre de former les prochaines générations de joueurs français.

Quel sera votre prochain défi ?
On a une nouvelle équipe qui se forme avec l'arrivée de Patrick Arlettaz (entraîneur de l'attaque) et Laurent Sempéré (co-entraîneur des avants). Ils sont du coin. Il n'y a pas longtemps, je les ai invités à venir voir du Top 14 à la maison autour d'un barbecue. Ils n'étaient pas dispos, on se fera ça bientôt. La défense, l'attaque, c'est un travail en commun, tellement interdépendant. Karim Ghezal (ancien co-entraîneur des avants) a été ultra-précieux pour améliorer notre défense sur maul. Dans l'idéal, la défense, c'est notre premier tremplin pour l'attaque. Avec l'encadrement de l'équipe de France, on se retrouve tous ensemble début décembre. Puis après le réveillon du 31 décembre, on aura un stage de quatre ou cinq jours à Naples, avec aussi les moins de 20 ans. »

 

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#9188 Francoisbougnat

Francoisbougnat

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Posté 01 décembre 2023 - 07:07

Shaun Edwards défend Fabien Galthié : « Ne pas oublier où était le rugby français avant son arrivée » Même s'il n'a pas encore digéré la déception suscitée par la défaite en quarts de finale de la Coupe du monde contre l'Afrique du Sud, l'entraîneur de la défense française défend le bilan du sélectionneur et se projette déjà sur les prochaines échéances des Bleus.


C'était une fin d'après-midi, Shaun Edwards était installé dans un coin de cuisine de sa petite maison du Canet-en-Roussillon. Le soleil déclinait quand l'entraîneur de 57 ans se racontait. L'Anglais, responsable de la défense du quinze de France, nous expliquait comment il se requinquait dans ce petit « gym » bricolé dans son garage. Entretenir et réparer autant que possible un corps fracassé par le XIII et par l'exigence du haut niveau.

 

 



lire aussiOwen Farrell fait une pause dans sa carrière internationale



Sa compagne Maggie était rentrée avec leurs deux filles. Efficace, entre mille tâches, elle venait de mettre un poisson au four. Un bonheur simple guettait Edwards. Il savourait l'instant. En même temps, on lisait dans son oeil à quel point il n'avait pas encore digéré la défaite de la France face à l'Afrique du Sud (28-29, le 15 octobre) en quarts de finale de la Coupe du monde.



« Il paraît que vous étiez totalement abattu après la défaite de la France...
La vérité, c'est que je suis toujours en train de me remettre... J'aurais aimé être rapidement de retour à l'entraînement. C'est mon caractère. Je suis comme un boxeur qui a été au tapis, qui se relève et veut repartir au combat. J'ai hâte de préparer le match face à l'Irlande (le 2 février à Marseille, en ouverture du prochain Six Nations). Après cette défaite face aux Boks, j'ai ressenti un sentiment de vide absolu. On venait de sortir des matches de poules par une performance magnifique face à l'Italie (60-7 à Lyon, le 6 octobre). Notre défense avait été solide. Faut se souvenir qu'on ne les avait battus que de cinq points (24-29, le 5 février à Rome) lors du dernier Tournoi.



Vide, c'est le mot juste ?
Vide, mais aussi amer et en colère. Abattu, tellement désolé pour les gars, pour moi, pour tous les Français. Je ne veux pas être ce mec qui critique l'arbitre. Je sais à quel point c'est un job difficile. Tout se passe à une vitesse dingue, c'est quasi impossible de tout voir. Et puis, le rugby ce n'est pas ça : tu perds, mais tu serres la main de l'adversaire. La défaite, ça s'encaisse comme une droite au menton. Après coup, quand même, j'ai eu besoin de clarifications sur les décisions d'arbitrage. Jérôme Garcès (consultant arbitrage des Bleus) m'a expliqué les choses en détail. Par exemple sur les mains au sol du gratteur Kwagga Smith qu'on a tous vues sur l'écran dans le stade...

 

 



lire aussiEn attendant Dupont, les Bleus du 7 entament leur saison à Dubaï



L'arbitre (le Néo-Zélandais Ben O'Keeffe) n'avait pas l'opportunité d'avoir accès à la vidéo. Son recours est réservé aux situations de fautes, comme un coude au visage, par exemple, ou alors à la suite d'un essai. Je ne veux pas garder en moi que de l'amertume. On aurait pu mieux jouer sous les chandelles. Les ailiers sud-africains (Cheslin Kolbe et Kurt-Lee Arendse) ont été super bons pour se nourrir de chaque ballon perdu. C'est terrible car notre attaque avait été incroyable en première période face à une énorme défense adverse. Quand je regardais les Springboks, certains cherchaient de l'air. Tout ce qu'on avait travaillé pour les contrer dans les mauls ou dans leurs enchaînements à trois temps de jeu a bien fonctionné. On a bien su répondre dans la dimension physique. On les a plaqués avec férocité. Et chaque essai qu'on a inscrit, c'était du pur rugby.



« Aujourd'hui, on est en plein dans la troisième dimension avec ce combat au-dessus des têtes. À nous de bosser encore plus sur cet aspect »


 


  
 



Mais vous avez mal géré les chandelles...
On avait pris ça en compte. C'est important de connaître ses faiblesses, de savoir là où l'adversaire va porter les coups. Si le gars que tu boxes a un bon jab, il te faut pouvoir l'esquiver. Face aux Australiens (victoire 41-17, le 27 août), on avait pris deux essais sur des chandelles. Après ça, on a bossé dur sur ces cas de figure. Face aux Boks, malheureusement, on a eu deux incidents sur des ballons aériens mal captés. C'est d'autant plus surprenant qu'un de nos joueurs impliqués dans l'action est très bon dans les réceptions. Peut-être qu'il a été ébloui par une lumière du stade ou je ne sais quoi. Bref, on s'est ratés sur deux chandelles. Ça nous coûte quatorze points.



Le secteur aérien, c'est devenu capital. La palette des coups de pied s'est énormément développée. Avant, l'affrontement était latéral ou au sol. Aujourd'hui, on est en plein dans la troisième dimension avec ce combat au-dessus des têtes. À nous de bosser encore plus sur cet aspect. On est déterminés.



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Shaun Edwards, Fabien Galthié, Raphaël Ibanez et Laurent Labit (de gauche à droite) lors de la victoire des Bleus contre les Fidji (34-17, le 19 août). (A. Mounic /L'Équipe)



La défense française avait connu des difficultés en début d'année. À cause de l'évolution des règles, des adversaires qui ont bien étudié ?
Lors des deux premiers matches du Six Nations, on avait encaissé 24 points face aux Italiens. Puis 32 unités contre les Irlandais (défaite 19-32 des Bleus, le 11 février) contre lesquels on n'a pas eu beaucoup la possession du ballon. On a bien défendu par séquences. Mais la clé pour défendre à très haut niveau, c'est la condition physique. Pour pouvoir, sans relâche, enchaîner les sprints de "rush defense". Il faut beaucoup de vitesse et de fraîcheur. Avant la Coupe du monde, durant le stage de préparation à Monaco, on a poussé les organismes à leur intensité absolue, sous de fortes chaleurs.



lire aussiSempéré : « De belles choses à faire »



Derrière, on a fait des matches de préparation de grande qualité. Tous ces éléments nous ont aidés à battre la Nouvelle-Zélande lors du match d'ouverture (27-13, le 8 septembre). Et, finalement, on a fini les matches de poules avec 32 points encaissés (en 4 rencontres), soit le taux le plus bas de la compétition. C'est une première pour une équipe de France, la preuve que les Bleus ont fait du chemin. Pendant tant d'années, le rugby français priorisait l'attaque. Ce que je peux comprendre. Quand je jouais, je faisais de même. Et ça m'a aidé à cerner les gars pour les motiver à redoubler d'efforts et d'intensité en défense. À se donner à fond tout en restant disciplinés.



« L'idée majeure que j'ai tenu à transmettre à Matthieu était qu'il devait être à l'initiative de la collision sur les plaquages. Ne pas la subir »


 


  
 



Comment travaille-t-on la discipline ?
D'abord, il faut leur montrer des clips de leurs erreurs et leur demander : "Y a-t-il moyen de faire autrement ?" Sur certaines situations de rucks, la solution est parfois de ne pas contester. Dans d'autres cas, il faut ferrailler, mais ce n'est pas toujours possible quand un gars est au sol. Là, j'ai mis au point des "drills" (exercices) reproduisant chaque situation à l'entraînement (il se lève pour nous montrer l'exercice). Après le match face à l'Italie dans le Tournoi, on a bossé ça sans relâche.



En quoi le changement de règles a challengé votre défense ?
C'est surtout sur la hauteur des plaquages. J'ai dû trouver un truc facile à capter pour les joueurs dans l'instantanéité du combat. J'ai interdit les mouvements circulaires des bras, comme les crochets en boxe. Pour une raison simple, selon la hauteur à laquelle l'adversaire est positionné, cela peut devenir un plaquage à la gorge. J'ai préparé nos joueurs à attaquer le ballon au corps, avec un mouvement de bas en haut. Comme des uppercuts. Les coudes serrés, avec les hanches pour avoir de la puissance à l'impact. Un truc que les caméras ne voient pas.



lire aussiGalthié : « Aucune raison qu'on ne soit pas encore plus fort »



Perdre Ntamack juste avant la Coupe du monde, ça a été un gros coup dur pour votre système défensif...
Un coup dur à titre personnel aussi. C'est un joueur que j'aime bien, un ouvreur très robuste en défense. Un peu comme le Sud-Africain Handré Pollard. Mais Matthieu (Jalibert) a aussi très bien joué.



Comment êtes-vous parvenu à convertir Jalibert à la défense ?
En lui donnant plus de confiance. On s'est fait des sessions d'entraînement supplémentaires, des ateliers de plaquages. Toujours sur bouclier car je me fais un point d'honneur à ne jamais blesser mes joueurs lors d'un entraînement. S'entraîner à plaquer, ça peut être dangereux si le gars vous retombe sur les chevilles. J'ai connu ça avec Leigh Halfpenny au pays de Galles. L'idée majeure que j'ai tenu à transmettre à Matthieu était qu'il devait être à l'initiative de la collision. Ne pas la subir.



C'est comme en boxe quand on casse la distance pour éviter que le coup adverse prenne de la vitesse qui s'additionne en force et en puissance. Face à Etzebeth (essai de la 67e), ça a été compliqué pour Matthieu. Mais franchement, quand on a les Sud-Africains lancés à trois mètres de sa ligne, ce n'est jamais simple. Sur l'ensemble, Matthieu a bien répondu présent.



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Matthieu Jalibert lors de la défaite de la France contre l'Afrique du Sud en quarts de finale de la Coupe du monde (28-29, le 15 octobre). (F. Faugère/L'Equipe)



Est-il vrai que vous vous réveillez la nuit pour noter des exercices et des séquences ?
Ça m'arrive. En principe, je vois les choses aux entraînements et je les note sur un bout de papier. Un mélange de mots et de croquis. J'ai un carnet aussi. Parfois, la nuit, les pensées arrivent par vagues. Mieux vaut les noter pour ne pas les perdre. Cette hyperactivité mentale m'arrive surtout pendant les camps d'entraînement. Et je ne suis pas le seul.



« La défense, l'attaque, c'est un travail en commun, tellement interdépendant »


 


  
 



C'est pour ça que vous avez besoin d'une petite sieste en début d'après-midi ?
(Il se marre.) Maintenant, je suis un vrai Français du Sud ! Il y a dix ans, je ne dormais jamais. Blague à part, on bosse dur. Et ce serait bien que les gens n'oublient pas où était le rugby français avant que Fabien ne prenne la tête des Bleus (en janvier 2020). En février 2019, l'Angleterre avait battu la France 44-8 à Twickenham. Chez les Bleus, on trouvait déjà Ntamack, Dupont, Alldritt, Ramos, Penaud, Aldegheri. Cette année, en mars, ces mêmes mecs ont battu l'Angleterre 10-53 à Twickenham. Il ne faut pas oublier qu'en février 2019, la France était au dixième rang des nations mondiales. Depuis, elle est régulièrement à la troisième ou quatrième place (son classement actuel).



lire aussiArlettaz : « Pas envie de décevoir Galthié »



Je sais que quand on joue pour l'équipe nationale, l'argent n'est pas la priorité. On est d'abord fier de représenter son pays. Mais on ne peut pas occulter les chiffres : voilà quatre ans qu'on bosse avec Fabien (Galthié). On a fini deuxièmes en 2020 et 2021, premiers en 2022 (Grand Chelem) puis deuxièmes, encore, en 2023 lors du Six Nations. Ce qui a permis à la Fédération française d'engranger près de vingt millions d'euros en prize money. Une victoire dans le Tournoi rapporte cinq millions de livres (environ 5,7 millions d'euros) et un Grand Chelem encore un autre million. C'est colossal comme dotation. C'est vital pour le rugby de l'hémisphère Nord. Tout cet argent récolté va permettre de former les prochaines générations de joueurs français.



Quel sera votre prochain défi ?
On a une nouvelle équipe qui se forme avec l'arrivée de Patrick Arlettaz (entraîneur de l'attaque) et Laurent Sempéré (co-entraîneur des avants). Ils sont du coin. Il n'y a pas longtemps, je les ai invités à venir voir du Top 14 à la maison autour d'un barbecue. Ils n'étaient pas dispos, on se fera ça bientôt. La défense, l'attaque, c'est un travail en commun, tellement interdépendant. Karim Ghezal (ancien co-entraîneur des avants) a été ultra-précieux pour améliorer notre défense sur maul. Dans l'idéal, la défense, c'est notre premier tremplin pour l'attaque. Avec l'encadrement de l'équipe de France, on se retrouve tous ensemble début décembre. Puis après le réveillon du 31 décembre, on aura un stage de quatre ou cinq jours à Naples, avec aussi les moins de 20 ans. »
 

Merci !
Shaun, pour moi le socle, l'élément indispensable sans qui Galtoche n'aurait pu construire, personnage attachant, humble et visiblement très accessible.
Heureusement qu'il a l'air de gérer avec notre "gourou", son départ aurait été fatal je pense...

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#9189 Rugby ?

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Posté 05 décembre 2023 - 11:29

L'EDF,  les valeurs, l'exemplarité.

Je voulais juste revenir sur le devoir d’exemplarité des éducateurs, des entraineurs, des dirigeants du rugby.

Revenir sur la sélection de Chalureau, pourtant condamné pour des propos raciste.

On apprends aujourd'hui, qu'une bagarre de village a été déclenchée par un rugbyman déclarant qu'il "avait envie de frapper des bougnouls", et que cette bagarre a finit par la mort d'un gamin.

Alors oui, la FFR a fait apporter une gerbe....Quelle ironie !

J'espère que Galthié dort bien, que les dirigeants de l'EDF dorment bien, eux qui ont conclu que le racisme, bof !, c'est une opinion comme une autre.

Et qu'une mandale parce que c'est à un bougnoul, c'est un acte acceptable. Que même après ça on peut représenter la France. Qu'on peut être un exemple.

S'il vous plait camarades éducateurs, entraineurs dans vos clubs, apprenez à vos gamins que le racisme est inacceptable. Que ce n'est pas une opinion.

S'il vous plait, si le rugby a des valeurs, la lutte contre le racisme est surement une des premières. Et le sport en général en est un parfait exemple.


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#9190 el landeno

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Posté 06 décembre 2023 - 05:37

Uini Atonio : « Si je suis encore performant, je pense que je peux continuer » Pilier droit du quinze de France, le Rochelais Uini Atonio (33 ans) confirme qu'il envisage de poursuivre son aventure en sélection. À condition de rester au niveau qui était le sien ces dernières saisons.

Survêtement à capuche noir sur le dos, Uini Atonio traînait mardi son habituelle bonhomie à l'Apivia Parc, le centre d'entraînement du Stade Rochelais. Le pilier droit a déjà enchaîné quatre matches depuis sa reprise en club, il y a près d'un mois, et s'attaque avec appétit à la préparation du choc de Coupe des champions contre le Leinster dimanche. Mais quand il s'agit de revenir sur la Coupe du monde, son visage tend à se fermer, son débit se fait plus lent, sa voix presque mélancolique. L'élimination en quarts contre l'Afrique du Sud (28-29, le 15 octobre) n'est, chez lui comme chez nombre de ses coéquipiers en équipe de France, pas encore digérée.

 
 

« Ça va rester très longtemps, peut-être toute ma vie, nous avoue-t-il avant de marquer un silence. J'ai encore cette image de l'arbitre qui siffle la fin du match. Il est parti et nous, on est restés là. C'était le vide. Après, je me suis demandé : est-ce que tu as donné 100 % de ce que tu pouvais donner ? Cette question m'a suivi pendant trois semaines. J'ai repensé à tous les scénarios du match, est-ce que j'aurais dû rester plus longtemps sur le terrain ? Sortir plus tôt ? Je suis revenu ici, à La Rochelle, j'ai switché juste avant de retrouver Ronan (O'Gara) pour ne plus avoir de pensées négatives. »

« Avec les qualités qu'il y avait dans cette équipe, je ne vois pas comment on a fait pour perdre ce match (face à l'Afrique du Sud) »

 

 
 
 

Un mois et demi après cette élimination, le colosse aux 145 kg et 57 sélections reste marqué. Trop de regrets, d'investissements non récompensés : « On est restés quatre ans ensemble, avec le même objectif commun, à vouloir la même chose. Avec les qualités qu'il y avait dans cette équipe, je ne vois pas comment on a fait pour perdre ce match. C'est une génération en or, avec des joueurs... Je n'en ai jamais vu d'aussi talentueux, aussi investis dans le projet. Le staff a tout donné pour être champion du monde. Et quand tu tombes deux matches avant la finale, forcément ça va te perturber pendant un moment. Même là, en Top 14. Ça se voit, les mecs (de l'équipe de France) ne sont pas dans leur meilleure forme. Il faut plus de temps avant de pouvoir passer à autre chose. »

 
 

Atonio a, lui, eu droit après la Coupe du monde à trois semaines de vacances qui lui ont permis de se ressourcer en famille, « de couper de tout ». Enfin presque. « On m'interpellait parfois dans la rue, c'était sympa, on me félicitait pour notre parcours avec les Bleus... mais on n'avait rien gagné ! Et pour moi c'était encore plus dur, parce que c'était la dernière (Coupe du monde). »

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Uini Atonio lors de La Rochelle - Bayonne (18-15), le 11 novembre. (Romain/Presse Sports)

Et la dernière apparition en équipe de France ? C'est ce qu'on a d'abord cru. Dans la foulée du quart de finale, Fabien Galthié a annoncé en conférence de presse qu'Atonio et Romain Taofifenua arrêtaient la sélection. Resté muet sur le sujet, le pilier droit n'avait, lui, rien officialisé. « En fait, j'avais prévenu Fabien avant le Tournoi des Six Nations 2023 que je pensais qu'il était temps que je laisse la place. Je lui ai dit que je pouvais tenir jusqu'à la Coupe du monde s'il avait besoin de moi et qu'on verrait bien après. Il l'a dit en conférence de presse, c'était logique. »

« Ronan (O'Gara) m'a chopé en un-contre-un, dans son bureau, il m'a dit qu'il ne fallait pas annoncer des choses prématurément »

 

 
 
 

Mais comme nous l'avions révélé mi-novembre, le Rochelais pourrait finalement poursuivre son aventure en équipe de France. Plusieurs membres du staff des Bleus, dont Fabien Galthié, confrontés à l'absence de relève au poste de pilier droit, l'ont convaincu que son temps en équipe de France n'était pas forcément terminé. Le joueur, lui, se veut encore prudent sur le sujet mais reconnaît que la porte est entrouverte pour prolonger un peu son histoire en sélection.

« Il n'y a pas eu que Fabien dans les discussions, détaille-t-il. William Servat (co-entraîneur de la conquête) m'avait dit, après mon échange avec Fabien dans le Tournoi : "Attention, c'est facile à annoncer maintenant, mais moi je pense que c'est trop tôt." Il y a eu Ronan (O'Gara) aussi. Quand je suis rentré à La Rochelle après la Coupe du monde, il m'a appelé direct pour qu'on se voie. Il m'a chopé en un-contre-un, dans son bureau, il m'a dit qu'il ne fallait pas annoncer des choses prématurément. Mais j'avais l'impression qu'il était trop tard. Et en même temps, après le quart de finale, j'avais aussi eu l'impression, à chaud, que je pouvais tenir encore. »

Certains coéquipiers de l'équipe de France aussi ont fait du lobbying auprès du Rochelais. « C'est vrai, reconnaît-il en souriant, mais c'était plus pour me mettre des pièces. Ils me disaient que je n'avais que 33 ans. Quand tu vois que chez les Sud-Africains, tu avais des joueurs de 36-37 ans... Il y a une question d'âge, d'envie, de niveau. Pour aller en sélection, il faut être au moins à 9/10 dans sa tête et physiquement, parce qu'on en fait des matches. »

À ce stade, Atonio n'envisage d'ailleurs un avenir bleu que s'il reste compétitif. Et les prochaines semaines lui serviront de révélateur. « Si le staff de l'équipe de France sent que je suis en forme et que j'arrive à tenir le rythme des matches internationaux, pourquoi pas ? Mais il faut que les deux parties soient d'accord. Je ne vais pas me forcer si je ne le sens pas. Si je suis encore performant en club, si je reste au niveau qui est le mien depuis deux ou trois ans, je pense que je peux continuer. On verra dans les mois qui viennent mais pour l'instant je suis investi à 100 % avec le Stade Rochelais. Et le mois de décembre va être épais pour nous. » Le reste de l'hiver pourrait l'être tout autant pour lui.

 

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Posté 26 décembre 2023 - 18:14

Désolé de revenir là-dessus, je pense que j'ai dû lire que très peu d'opinions sur la chose à ce moment là... mais quelqu'un m'a dit l'autre jour qu'il trouvait que Dupont ne jouant pas le 6N était impensable et en qq sorte une trahison, qq'ch de cet ordre là.

 

Mon opinion est que je n'avais mm pas fait de place dans ma tête pour une telle notion car je vois les joueurs professionnels comme des agents au libre-arbitre total, par ex., si Dupont quittait le Stade Toulousain pour X raison je ne trouverais pas ça répréhensible car il n'y a pas de valeur dans ce milieu autre que la valeur/cote d'un joueur (donc valeur marchande) et de son choix professionnel. Si je suis joueur bien installé dans un club depuis 6 ans, et que mon agent et moi convenons qu'il serait plus intéressant de bouger à tel autre club, ça n'engage que moi et je n'ai de compte à rendre à personne d'autre qu'à moi-même comme compétiteur, à mes proches comme homme, et à mon club comme embaucheur. Rien d'autre n'existe en dehors de ces entités là. Donc je n'avais même pas anticipé de voir ça comme "Dupont doit jouer le 6N ! Sinon ... [trahison, répréhensible, ne dépend pas de lui... etc]".



#9192 el landeno

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Posté 26 décembre 2023 - 21:06

Ugo Mola, manager du Stade Toulousain :« On ne gère que des frustrations » Le manager du Stade Toulousain, Ugo Mola, se pose en défenseur des clubs et des joueurs alors que les négociations sur la mise à disposition des internationaux sont en cours de finalisation.

Ugo Mola est rodé à l'exercice médiatique. Pourtant, le manager du Stade Toulousain limite ses prises de parole en tête à tête. Après plusieurs semaines de sollicitations, au cours desquelles il a effectué quelques sorties remarquées, Mola (50 ans) a accepté de se livrer plus longuement sur les sujets d'actualité et plus particulièrement ceux qui fâchent, comme la mise à disposition des internationaux pour les quatre prochaines années en vue de la Coupe du monde 2027 en Australie.

 
 

Jeudi dernier, Mola a reçu L'Équipe au centre d'entraînement des champions de France en titre. Malgré l'horaire très matinal, avant le lever du soleil, l'ancien arrière ou ailier (12 sélections) était déjà bien réveillé. L'échange, d'une grosse heure, a été riche et sans filet.

« Vous avez participé à la réunion du 13 décembre en présence du sélectionneur Fabien Galthié, qui a présenté ses souhaits de mise à disposition des internationaux. Dans quel état d'esprit êtes-vous ?
Nous sortons d'une période où, pendant quatre ans, tout ce qui a été demandé par le sélectionneur a été accordé. Les clubs ont joué le jeu à 100 %. L'équipe de France est l'une des nations qui a disposé le plus de ses joueurs. Sauf que l'on nous rétorque qu'ils ont été plus exposés en termes de temps de jeu. Oui, nos joueurs dits "majeurs" ont disputé trois, quatre ou cinq matches de plus que ceux des autres nations.

Mais la comparaison est impossible avec des nations et un rugby qui n'ont rien à voir avec le nôtre. Nos joueurs sont dans la machine à laver de l'écosystème du rugby français malgré la vigilance et la bienveillance des clubs. Je constate que, quinze jours après la finale entre le Stade Toulousain et le Stade Rochelais (29-26), les deux plus gros pourvoyeurs de la sélection, les Bleus étaient déjà réunis à Monaco pour démarrer leur préparation.

 
 

Le Stade Toulousain a été fortement impacté avec les blessures de Romain Ntamack, Julien Marchand, Cyril Baille, François Cros avant ou pendant la compétition. A-t-on trop tiré sur la corde ?
Je défendrai le Top 14, un Championnat de plus en plus compétitif, que tous les joueurs ont envie de jouer. Le souci principal est le suivant : cinq clubs représentent 85 voire 90 % de la fameuse liste des 42. Si vous réduisez le nombre à 34 joueurs, ce seront toujours les mêmes clubs avec un pourcentage sans doute plus élevé. La répartition n'est pas uniforme, les clubs impactés en souffrent. Il y a un avantage : cela engendre une homogénéité et une attractivité du Top 14. La principale difficulté reste le niveau de fraîcheur, physique et mentale, de nos joueurs. Quand vous achetez un billet pour un match du PSG, vous êtes quasiment certain de voir jouer Kylian Mbappé.

Au Stade Toulousain, entre les doublons et la gestion, vous n'êtes sûrs de rien ! Pour le match à La Rochelle (samedi, 21h05), vous aurez très peu de mondialistes ! Il me semble logique et symbolique de leur permettre de passer la fin d'année en famille. À l'inverse, les joueurs que je vais solliciter auront une certaine frustration. Au final, on ne gère que des frustrations. Le temps de jeu est un faux débat ! Dire : il faut jouer x matches en club et x matches en équipe nationale n'est pas la solution.

Si la France avait été championne du monde, les temps de jeu n'auraient pas posé de problème et la méthode aurait été vantée comme révolutionnaire...
Après un échec, il faut trouver des coupables. Il a d'abord été question d'arbitrage... Puis c'est passé au temps de jeu... Un match de rugby est très complexe. Beaucoup de choses ont une influence. Quand j'entends Jean-Marc Lhermet (vice-président de la FFR) dire qu'il y a une vingtaine de commissions à World Rugby dans lesquelles la FFR est absente, ça m'interpelle. Un échec nécessite une vraie analyse.

J'espère que l'équipe de France l'a effectuée. Le Tournoi arrive (2 février-16 mars), il va dicter l'état d'esprit des années à suivre. Le staff veut adapter la convention pour être plus performant. Mais nous avons envie de répondre : "Si la formule des 42 devait nous permettre d'être champions du monde, continuons !" Évidemment qu'il faut s'adapter. Mais c'est difficile d'entendre qu'on doit encore donner... En la fermant en plus !

« Depuis quatre ans, je n'ai pas la sensation d'avoir été un frein à ce que mes joueurs ne puissent pas être performants pour les échéances internationales »

 

 
 
 

Que préconisez-vous ?
La réalité reste la fraîcheur mentale. Combien de fois un joueur peut couper, se régénérer, récupérer et se préparer ? Jamais ! Sauf quand il se blesse. Le cas de Grégory Alldritt est très intéressant. Le Stade Rochelais a pris le parti de le faire souffler deux mois. Au Stade Toulousain, on n'a pas souhaité faire de cas particulier. En revanche, on ne sollicite pas nos internationaux sur deux, trois, quatre dates dans l'année. Il y a des rythmes de performance et une multitude de cas particuliers.

Ce qui me gêne ? Comme il y a quatre ans, un préparateur physique nous a encore expliqué les différences avec l'Afrique du Sud, la Nouvelle-Zélande et l'Irlande. Mais on s'en fout ! On le sait. Et bizarrement, on ne nous parle pas des Anglais et des Argentins, demi-finalistes, qui ont vécu la même saison que nos internationaux. Dire que les joueurs sont arrivés rincés à la Coupe du monde et que c'est pour cette raison que ça n'a pas fonctionné... (Il s'arrête)

Fausse excuse ?
Je constate que les clubs ont dit oui à tout et fait beaucoup d'efforts. Quand vous prenez le joueur majeur d'un club moins réputé que le Stade Toulousain ou le Stade Rochelais, c'est tout autant que dix joueurs chez nous. Ce n'est pas le nombre qui compte, mais l'influence, le poids, la fréquence. Les clubs connaissent leurs joueurs.

Prenons le cas sensible de Marchand (talonneur), blessé lors du match d'ouverture (face à la Nouvelle-Zélande, 27-13), et conservé dans le groupe jusqu'à la défaite en quarts de finale sans jouer. Il n'a d'ailleurs toujours pas rejoué... (Il a enfin effectué son retour samedi face à Toulon, 25-17). Il a été très fortement impacté d'un point de vue mental. L'idée n'est pas de se poser en donneur de leçons. On fait tous des conneries. Au Stade Toulousain aussi. La ferveur populaire était telle que, deux mois après l'échec en quarts (défaite 28-29 face à l'Afrique du Sud), les joueurs se demandent encore : "Comment n'a-t-on pas été champions du monde ?"

Vos internationaux français ont-ils digéré ?
J'ai la sensation que nos deux victoires en Coupe d'Europe leur ont permis de basculer. Après, je ne milite pas pour un Top 12 ou pour changer de formule. Si je me positionnais en défenseur des joueurs, je dirais : "Augmentons les effectifs !" Si je défendais les clubs, je dirais : "Laissez-moi choisir mes doublons !" Pourquoi ne pourrions-nous pas jouer deux périodes de trois matches en quinze jours sur la première partie de saison quand les joueurs sortent d'une préparation estivale avec des effectifs quasi au complet ? Le Top 14 est celui qui prend tous les coups.

Les clubs sont pointés du doigt. Nous empêchons les autres de réussir. Donc on nous propose une nouvelle formule. OK ! Qui nécessite quelques aménagements... On nous rétorque que le calendrier n'est pas bon. OK... Ça ne s'arrête jamais. Et, surtout, la question qu'il ne faut surtout pas aborder, qui faisait pourtant office de vieux serpent de mer du mandat de Bernard Laporte (ex-président de la FFR) : il faut que les joueurs soient plus pris en charge financièrement par la Fédération.

« Le cas des internationaux me fait penser aux enfants de parents divorcés. Déjà, il ne s'agit pas d'une garde partagée.
La FFR a juste quelques week-ends. Aujourd'hui, la « mère fédé » a eu beaucoup les enfants. Le « papa club » a envie de les voir ! »

 

 
 
 

Les contrats fédéraux sont-ils de retour sur la table ?
Pas de manière explicite... Je le répète : on ne peut pas encore taper sur les clubs. Il y a une convention signée jusqu'à la Coupe du monde 2027. La formule des 42 a été vantée comme celle nous permettant d'être champion du monde... La FFR nous en propose une nouvelle, plus protectrice, alors qu'on risque enfin de se mesurer à la Nouvelle-Zélande et à l'Afrique du Sud sur leurs terres lors de tournées d'été dignes de ce nom.

Ma philosophie est : pour battre les meilleurs, il faut être exposé aux meilleurs. Ma volonté est claire : qu'on ne vienne pas me dire comment gérer mes internationaux. Depuis quatre ans, je n'ai pas la sensation d'avoir été un frein à ce que mes joueurs ne puissent pas être performants pour les échéances internationales. Et rebelote, on nous sollicite pour quatre ans de plus.

Et ça, c'est niet ?
Le Stade Toulousain a fait beaucoup d'efforts. Nous sommes prêts à les maintenir. Mais sur un rythme qu'on connaissait et qui nous a permis de nous organiser sur le plan sportif (effectif et recrutement) et financier (salary-cap). Je rappelle qu'il y a déjà eu des modifications dans la rétribution de la Ligue sur les accords concernant les crédits salary-cap. La LNR (Ligue nationale) s'est adaptée en permanence aux besoins de l'équipe de France. C'est peut-être l'adaptation de trop. Vu la période et les efforts consentis, on aurait espéré qu'il y ait une forme d'assouplissement. Au moins sur cette année post-Coupe du monde. Nous avons besoin d'un sas de récupération.

Mettons la machine à laver sur pause pour repartir sur de bonnes bases. Le cas des internationaux me fait penser aux enfants de parents divorcés. Déjà, il ne s'agit pas d'une garde partagée. La FFR a juste quelques week-ends. Aujourd'hui, la "mère fédé" a eu beaucoup les enfants. Le "papa club" a envie de les voir ! (Il se marre). C'est difficile car les joueurs sont pris entre deux feux. Pour ne rien cacher, il y a eu des discours très culpabilisants... Notamment concernant Antoine Dupont. »

 
 

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#9193 Buckaroo

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Posté 26 décembre 2023 - 21:27

Je dois être con, mais je n'ai strictement rien compris. C'est bien simple, j'ai eu l'impression d'être Gourine pendant deux minutes.



#9194 Polochon

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Posté 26 décembre 2023 - 21:44

A priori, il a en a gros que le ST soit utiliser bon gré mal gré pour arriver sur la fin.


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#9195 pims

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Posté 26 décembre 2023 - 21:55

Je dois être con, mais je n'ai strictement rien compris. C'est bien simple, j'ai eu l'impression d'être Gourine pendant deux minutes.

moi j'ai eu peur de ne pas voir une seul fois le nom de notre Soleil cité, mais j'ai été rassuré à la toute fin






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