« Comment s'était passée la phase de transition en 2011 lorsque vous êtes nommé et que Marc Lièvremont est encore en poste, puis quatre ans plus tard lorsque Guy Novès vous succède ?
Même si c'est monnaie courante maintenant, ce n'est pas idéal quand un entraîneur finit une Coupe du monde mais que son remplaçant est déjà connu. En 2011, jamais je ne devais remplacer Marc Lièvremont. Guy Novès était favori puis ça s'est fait pour moi en août juste avant le début de la compétition. Pour le leadership, c'est moyen. Quatre ans plus tard, je savais que j'allais arrêter. Fabien Galthié, lui, est sous contrat jusqu'en 2028. Il sera tranquille pour l'Australie sans fausse rumeur. Tout sera clair et tant mieux. Il y a déjà suffisamment de pression pendant la préparation et la compétition.
Dévoiler l'identité du futur homme fort trop tôt pourrait être un problème ?
Cela peut l'être philosophiquement mais les joueurs sont pros. Six mois avant, ils savent souvent qu'ils auront un nouvel entraîneur la saison suivante. Ce n'est pas si problématique, mais c'est plus cohérent que le débat sur le nouveau sélectionneur ait lieu après le bilan de la Coupe du monde. Et non pas en amont.
Si jamais la compétition se passait mal en 2027, les mois suivants pourraient-ils être compliqués pour Fabien Galthié ?
Dans ce cas-là, tout dépendra des finances de la Fédération. Elle peut très bien recruter un nouveau sélectionneur à partir de janvier pour qu'il commence dès le Six Nations 2028. Bien sûr, ça représenterait quatre ou cinq mois de plus à payer. En cas d'accident, je ne vois pas Fabien repartir sur le Tournoi suivant. En revanche, si ça se passe bien, il continue pourquoi pas pour un troisième mandat. Et s'il est champion du monde, il peut aussi très bien arrêter de lui-même. Il serait de toute façon tranquille en termes de notoriété pour faire des interventions bien payées. (Rires.)
« Deux personnes se dégagent. Ugo Mola montre ce qu'il sait faire à Toulouse. Yannick Bru a été adjoint en sélection. À Bordeaux, il fait un très gros boulot comme numéro 1 »
Quel serait le meilleur timing pour le choix du sélectionneur et l'annonce officielle ?
Si Fabien Galthié obtient un bon résultat en Australie, en étant finaliste ou demi-finaliste, il peut faire le Tournoi suivant et là on réfléchit sur une prolongation de trois ans supplémentaires. Si ça ne se passe pas très bien, il faudra de vraies négociations fin 2027 avec une étude des personnes disponibles. C'est plus cohérent que le nouveau sélectionneur lance son mandat par le Six Nations 2028. Sinon il n'aura que trois Tournois avant le Mondial 2031. Or le vécu commun est capital. Un choix devrait être pris dès décembre en cas de nouveau sélectionneur.
Qui sont les mieux placés selon vous en cas de départ de Galthié ?
Deux personnes se dégagent. Ugo Mola montre ce qu'il sait faire à Toulouse. Yannick Bru a été adjoint en sélection (de Philippe Saint-André puis Guy Novès). À Bordeaux, il fait un très gros boulot comme numéro 1. Moi ça ne me manque pas ! (Il se marre.) »






