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EDF de Galthié


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#12031 el landeno

el landeno

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Posté 15 mars 2026 - 21:21

XV de France. « Il a prouvé qu’il était un vrai titulaire » : Matthieu Jalibert, le grand gagnant de ce Tournoi
20260315115543-lt6431.jpgMatthieu Jalibert a réussi son Tournoi des Six-Nations. © Crédit photo : Laurent Theillet / SO

15 mars 2026  Mis à jour le 15/03/2026 à 20h27.
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Inévitablement scruté, l’ouvreur de l’UBB a réussi un Tournoi remarquable. Son premier vrai accomplissement chez les Bleus, où il semble désormais bien installé

Il est arrivé dans ce Tournoi avec l’étiquette du joueur étincelant en club, leader de l’équipe championne d’Europe en titre, mais dont l’histoire en Bleu était encore flottante, inachevée, frustrante. Six semaines et quatre matchs plus tard (il a raté la réception de l’Italie en raison d’une béquille à un mollet), Matthieu Jalibert ferme cette parenthèse internationale en ayant indiscutablement répondu aux attentes et saisi l’opportunité qui lui était offerte, en l’absence de Romain Ntamack.

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20260314235522-lt66521.jpg?v=1773602859
L’ouvreur international de l’UBB Matthieu Jalibert est revenu sur la victoire dans le Tournoi face à l’Angleterre (48-46), grâce à la pénalité de Thomas Ramos qui a offert le titre à la France, ainsi que sur les semaines qu’il vient de vivre en bleu
1000081554.jpg?v=1773602859

On gardera en mémoire sa prestation magistrale au pays de Galles, récompensée par la médaille d’homme du match. Ses copies livrées contre l’Irlande et l’Angleterre ont également été de très haut niveau. Et en Écosse, malgré la déroute française pendant plus d’une heure, il a été l’un des rares à garder la tête hors de l’eau, y compris en défense, où le joueur de l’Union Bordeaux-Bègles (27 ans, 39 sélections) n’a pas raté un plaquage ce jour-là.

Le bon curseur

S’il peut paraître curieux d’évoquer une telle statistique lorsque l’on parle d’un ouvreur, ce sont précisément ses aptitudes défensives qui avaient jusqu’à présent freiné son installation en sélection. Son Tournoi a confirmé les progrès constatés en club depuis la saison dernière. « Là-dessus, il a vraiment passé un palier, souligne Yann Delaigue (20 capes). Il met beaucoup plus d’engagement, d’intensité, d’envie, et on sent même qu’il y prend du plaisir. »

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Lumineux, l’ouvreur bordelais rayonne dans un système où il partage en réalité le rôle de numéro 10 avec Thomas Ramos

Jalibert a surtout réussi à placer le curseur à la bonne hauteur, entre initiatives individuelles et coups d’éclat d’un côté, et intégration dans le système tricolore de l’autre. La question de la compatibilité d’un numéro 10 aussi offensif et joueur avec un demi de mêlée comme Antoine Dupont se posait. Finalement, ce fut souvent une « charnière à trois » avec Thomas Ramos, et cette association a fait des étincelles, notamment contre l’Irlande et au pays de Galles.

« Il s’est mis au service du collectif et n’a pas trop cherché à briller, observe Christophe Lamaison (37 sélections). J’ai comme l’impression que son comportement de joueur et d’homme a évolué, il est dans une mutation depuis un peu plus d’un an. Et je suis sûr que dans la communication avec certains éléments importants du groupe, dans la semaine, ça a changé aussi. Il rentrait dans le cahier des charges de l’UBB, il rentre aussi dans celui de l’équipe de France désormais. »

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20260205233538-lt55311.jpg?v=1773602859
Le XV de France a commencé le Tournoi des Six-Nations avec une victoire particulièrement convaincante face à l’Irlande (36-14), jeudi soir au Stade de France. Retour sur les principaux enseignements
Hiérarchie bouleversée

Il n’en a pas pour autant oublié son ADN, ce qui fait de lui l’un des joueurs les plus enthousiasmants de la planète rugby : sa capacité à naviguer dans la défense adverse, à effacer des adversaires, à jouer après contact. Au côté de trois-quarts qui dévorent les espaces, et associés à des partenaires en club (Bielle-Biarrey, Depoortere, Moefana), il est apparu en confiance et épanoui. Bref, dans son élément. Au point d’être considéré comme l’ouvreur numéro un des Bleus ?

Jusqu’à présent, il jouait quand Ntamack n’était pas disponible. Mais ce Tournoi a peut-être bouleversé la hiérarchie au poste, au nom du principe de l’homme en forme et des performances réalisées. « Il prend de la maturité, joue des phases finales… Tous nos yeux étaient braqués sur lui et il a montré de quoi il était capable en sélection, estime Lamaison. Il est allé chercher le maillot, je pense que ça va être compliqué de le lui prendre. »

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20250208190306-9571712.jpg?v=1773602859
Toujours aussi talentueux, Matthieu Jalibert affiche au quotidien un visage plus apaisé et déterminé qui rejaillit sur sa manière de jouer

Difficile de savoir s’il participera à la Coupe des Nations l’été prochain (en Nouvelle-Zélande, au Japon et en Australie). Dans l’optique de la Coupe du monde 2027, il a en tout cas marqué des points. « Il a pris une belle option, confirme Delaigue. Rien n’est jamais acquis en équipe de France. Mais il a prouvé dans ce Tournoi qu’il était un vrai titulaire et qu’on pouvait compter sur lui. Maintenant, c’est plutôt à Romain Ntamack de prouver qu’il peut être un sérieux concurrent. »

 


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#12032 Lourugby

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Posté 15 mars 2026 - 21:22

Et pour étayer le débat sur 2027, voici mon ressenti que j'avais publié il y a quelques jours sur l'état du groupe :

 

Je pense qu'il y a effectivement un chantier à venir sur notre pack. Il me semble qu'il y a désormais un réel écart entre les arrières et les avants, les premiers étant mieux définis pour 2027 et plus expérimentés. Si on part par exemple sur une logique de 3/4 joueurs par poste pour préparer 2027 (dans le désordre) : 

 

Les arrières

 

Demi de mêlée : Dupont, Lucu, Serin et Le Garrec > bien défini, costaud et expérimenté

 

Demi d'ouverture : Jalibert, N'Tamack et Ramos en dépannage > Idem 

 

Centres : Brau-Boirie, Gailleton, Moefana, Depoortere, Gourgues et Barassi > Bien défini, costaud mais manque encore un peu d'expérience

 

Triangle : Ramos, Attissogbe, Bielle-Biarrey ; ensuite ballotage entre Dréan, Buros, Barré, Grandidier et Penaud > Bien défini et costaud pour les titulaires, mais manque de clarté et d'expérience pour le reste du groupe

 

Les avants

 

Pilier gauche : Gros ; ballotage ensuite entre Baille (indiscutable s'il retrouve son meilleur niveau, ce qui est loin d'être assuré...), Neti, Priso, Erdoccio, Bertrand... > Costaud et expérimenté pour Gros, mais forte incertitude derrière tant en termes de niveau, que d'impact en sortie de banc, d'expérience et de clarté 

 

Talonneur : Marchand, Mauvaka, Lamothe, Barlot/Massa > RAS, éventuellement un manque d'expérience pour les 3 et 4èmes choix

 

Pilier droit : Aldegheri qui tient péniblement la route faute de mieux et forte incertitude derrière. Du potentiel mais aussi beaucoup de lacunes : Hawkes et Mallez (qui peut également jouer à gauche) sont prometteurs mais novices à ce niveau, Colombe et Bamba irréguliers, Laclayat incertain en mêlée, Montagne pas mal mais encore en apprentissage... > Chantier (presque) total 

 

Deuxièmes lignes : Flament, Guillard, Meafou, Ollivon ? ; ballotage ensuite entre Auradou, Staniforth, Brennan > Bien défini et costaud pour les trois premiers mais manque de profondeur, notamment en cinq. Une question se pose également au niveau de l'équilibre entre certaines combinaisons de deuxièmes lignes et le rendement de la troisième ligne

 

Troisième ligne : Cros, Jegou, Jelonch, Nouchi, Ollivon ?, probablement Boudehent ; ballotage ensuite entre des joueurs prometteurs : Matiu, Gazzotti, Fisher, Zegueur, Woki... et éventuellement Alldritt > pas mal de talent et un réservoir plutôt lisible, mais toujours une belle incertitude et un manque de garanti en huit. Des questionnements également sur la complémentarité avec une deuxième ligne parfois légère



#12033 Ulysse63

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Posté 15 mars 2026 - 21:23


XV de France. « Il a prouvé qu’il était un vrai titulaire » : Matthieu Jalibert, le grand gagnant de ce Tournoi 20260315115543-lt6431.jpgMatthieu Jalibert a réussi son Tournoi des Six-Nations.  Crédit photo : Laurent Theillet / SO






Par Vincent Romain
15 mars 2026  Mis à jour le 15/03/2026 à 20h27.


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Inévitablement scruté, l’ouvreur de l’UBB a réussi un Tournoi remarquable. Son premier vrai accomplissement chez les Bleus, où il semble désormais bien installé


Il est arrivé dans ce Tournoi avec l’étiquette du joueur étincelant en club, leader de l’équipe championne d’Europe en titre, mais dont l’histoire en Bleu était encore flottante, inachevée, frustrante. Six semaines et quatre matchs plus tard (il a raté la réception de l’Italie en raison d’une béquille à un mollet), Matthieu Jalibert ferme cette parenthèse internationale en ayant indiscutablement répondu aux attentes et saisi l’opportunité qui lui était offerte, en l’absence de Romain Ntamack.




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La France remporte le Tournoi des Six-Nations. Matthieu Jalibert : « Je donne le ballon à Thomas et je le vois qui rigole »

L’ouvreur international de l’UBB Matthieu Jalibert est revenu sur la victoire dans le Tournoi face à l’Angleterre (48-46), grâce à la pénalité de Thomas Ramos qui a offert le titre à la France, ainsi que sur les semaines qu’il vient de vivre en bleu
1000081554.jpg?v=1773602859
On gardera en mémoire sa prestation magistrale au pays de Galles, récompensée par la médaille d’homme du match. Ses copies livrées contre l’Irlande et l’Angleterre ont également été de très haut niveau. Et en Écosse, malgré la déroute française pendant plus d’une heure, il a été l’un des rares à garder la tête hors de l’eau, y compris en défense, où le joueur de l’Union Bordeaux-Bègles (27 ans, 39 sélections) n’a pas raté un plaquage ce jour-là. Le bon curseur
S’il peut paraître curieux d’évoquer une telle statistique lorsque l’on parle d’un ouvreur, ce sont précisément ses aptitudes défensives qui avaient jusqu’à présent freiné son installation en sélection. Son Tournoi a confirmé les progrès constatés en club depuis la saison dernière. « Là-dessus, il a vraiment passé un palier, souligne Yann Delaigue (20 capes). Il met beaucoup plus d’engagement, d’intensité, d’envie, et on sent même qu’il y prend du plaisir. »
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XV de France. Pourquoi Matthieu Jalibert s’éclate autant avec les Bleus

Lumineux, l’ouvreur bordelais rayonne dans un système où il partage en réalité le rôle de numéro 10 avec Thomas Ramos

Jalibert a surtout réussi à placer le curseur à la bonne hauteur, entre initiatives individuelles et coups d’éclat d’un côté, et intégration dans le système tricolore de l’autre. La question de la compatibilité d’un numéro 10 aussi offensif et joueur avec un demi de mêlée comme Antoine Dupont se posait. Finalement, ce fut souvent une « charnière à trois » avec Thomas Ramos, et cette association a fait des étincelles, notamment contre l’Irlande et au pays de Galles.
« Il s’est mis au service du collectif et n’a pas trop cherché à briller, observe Christophe Lamaison (37 sélections). J’ai comme l’impression que son comportement de joueur et d’homme a évolué, il est dans une mutation depuis un peu plus d’un an. Et je suis sûr que dans la communication avec certains éléments importants du groupe, dans la semaine, ça a changé aussi. Il rentrait dans le cahier des charges de l’UBB, il rentre aussi dans celui de l’équipe de France désormais. »
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Tournoi des Six-Nations. Match référence, discipline, Jalibert… Ce qu’il faut retenir de la victoire des Bleus face à l’Irlande

Le XV de France a commencé le Tournoi des Six-Nations avec une victoire particulièrement convaincante face à l’Irlande (36-14), jeudi soir au Stade de France. Retour sur les principaux enseignements
Hiérarchie bouleversée
Il n’en a pas pour autant oublié son ADN, ce qui fait de lui l’un des joueurs les plus enthousiasmants de la planète rugby : sa capacité à naviguer dans la défense adverse, à effacer des adversaires, à jouer après contact. Au côté de trois-quarts qui dévorent les espaces, et associés à des partenaires en club (Bielle-Biarrey, Depoortere, Moefana), il est apparu en confiance et épanoui. Bref, dans son élément. Au point d’être considéré comme l’ouvreur numéro un des Bleus ?
Jusqu’à présent, il jouait quand Ntamack n’était pas disponible. Mais ce Tournoi a peut-être bouleversé la hiérarchie au poste, au nom du principe de l’homme en forme et des performances réalisées. « Il prend de la maturité, joue des phases finales… Tous nos yeux étaient braqués sur lui et il a montré de quoi il était capable en sélection, estime Lamaison. Il est allé chercher le maillot, je pense que ça va être compliqué de le lui prendre. »
Sur le même sujet

20250208190306-9571712.jpg?v=1773602859

XV de France : Matthieu Jalibert, l’enfant terrible s’est bien assagi

Toujours aussi talentueux, Matthieu Jalibert affiche au quotidien un visage plus apaisé et déterminé qui rejaillit sur sa manière de jouer



Difficile de savoir s’il participera à la Coupe des Nations l’été prochain (en Nouvelle-Zélande, au Japon et en Australie). Dans l’optique de la Coupe du monde 2027, il a en tout cas marqué des points. « Il a pris une belle option, confirme Delaigue. Rien n’est jamais acquis en équipe de France. Mais il a prouvé dans ce Tournoi qu’il était un vrai titulaire et qu’on pouvait compter sur lui. Maintenant, c’est plutôt à Romain Ntamack de prouver qu’il peut être un sérieux concurrent. »

 
D'ici la CDM, beaucoup de choses peuvent changer mais je suis persuadé qu'il doit être notre 10 numéro 1.
Aucun des 10 actuels ne sont capables de le concurrencer.

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#12034 Stoop

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Posté 15 mars 2026 - 22:00

Mon avis n'est pas très populaire, et je reconnais qu'offensivement il est loin d'être le plus performant, mais je trouve que Fickou manque beaucoup à cette équipe dans son organisation défensive.

C'était l'homme de base de Shaun Edwards et à mon humble avis il faudra compter sur lui pour la coupe du monde.

#12035 Lourugby

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Posté 15 mars 2026 - 22:06

Sur les derniers matchs peut-être, mais sur les premiers, le centre du terrain a été extrêmement solide. Selon moi, c'est plutôt le fait que Moefana, Depoortere puis Barassi étaient en reprise qui a affaibli, et même sérieusement, notre système défensif. 

 

Mais ce qui est certain, c'est que ce dernier dépend énormément du centre, et qu'il vaut mieux que notre paire ne passe pas trop à côté. D'ailleurs, c'est pure supposition de ma part, mais la double blessure de Depoortere et celles de Moefana, Gourgues et Brau-Boirie, sont peut-être une illustration du fait que notre centre est extrêmement sollicité... 


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#12036 cocotte 63

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Posté 16 mars 2026 - 11:11

Ce tournoi gagné, avec un paquet de beaux matchs, a paradoxalement montré quelques fragilités "physiques et organisationnelles", bref, de quoi ne pas s'endormir sur nos lauriers...et donc de rester bien en éveil que ce soit le staff et nos joueurs !



#12037 grospaquet33

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Posté 16 mars 2026 - 11:33

Et pour étayer le débat sur 2027, voici mon ressenti que j'avais publié il y a quelques jours sur l'état du groupe :

 

Je pense qu'il y a effectivement un chantier à venir sur notre pack. Il me semble qu'il y a désormais un réel écart entre les arrières et les avants, les premiers étant mieux définis pour 2027 et plus expérimentés. Si on part par exemple sur une logique de 3/4 joueurs par poste pour préparer 2027 (dans le désordre) : 

 

Les arrières

 

Demi de mêlée : Dupont, Lucu, Serin et Le Garrec > bien défini, costaud et expérimenté

 

Demi d'ouverture : Jalibert, N'Tamack et Ramos en dépannage > Idem 

 

Centres : Brau-Boirie, Gailleton, Moefana, Depoortere, Gourgues et Barassi > Bien défini, costaud mais manque encore un peu d'expérience

 

Triangle : Ramos, Attissogbe, Bielle-Biarrey ; ensuite ballotage entre Dréan, Buros, Barré, Grandidier et Penaud > Bien défini et costaud pour les titulaires, mais manque de clarté et d'expérience pour le reste du groupe

 

Les avants

 

Pilier gauche : Gros ; ballotage ensuite entre Baille (indiscutable s'il retrouve son meilleur niveau, ce qui est loin d'être assuré...), Neti, Priso, Erdoccio, Bertrand... > Costaud et expérimenté pour Gros, mais forte incertitude derrière tant en termes de niveau, que d'impact en sortie de banc, d'expérience et de clarté 

 

Talonneur : Marchand, Mauvaka, Lamothe, Barlot/Massa > RAS, éventuellement un manque d'expérience pour les 3 et 4èmes choix

 

Pilier droit : Aldegheri qui tient péniblement la route faute de mieux et forte incertitude derrière. Du potentiel mais aussi beaucoup de lacunes : Hawkes et Mallez (qui peut également jouer à gauche) sont prometteurs mais novices à ce niveau, Colombe et Bamba irréguliers, Laclayat incertain en mêlée, Montagne pas mal mais encore en apprentissage... > Chantier (presque) total 

 

Deuxièmes lignes : Flament, Guillard, Meafou, Ollivon ? ; ballotage ensuite entre Auradou, Staniforth, Brennan > Bien défini et costaud pour les trois premiers mais manque de profondeur, notamment en cinq. Une question se pose également au niveau de l'équilibre entre certaines combinaisons de deuxièmes lignes et le rendement de la troisième ligne

 

Troisième ligne : Cros, Jegou, Jelonch, Nouchi, Ollivon ?, probablement Boudehent ; ballotage ensuite entre des joueurs prometteurs : Matiu, Gazzotti, Fisher, Zegueur, Woki... et éventuellement Alldritt > pas mal de talent et un réservoir plutôt lisible, mais toujours une belle incertitude et un manque de garanti en huit. Des questionnements également sur la complémentarité avec une deuxième ligne parfois légère

je rajoueterai Desperes en 10, Maximin en 2ieme ligne, Becogné, Capilla en 3ieme ligne

 

Il ne faut pas non plus enterrer des joueurs comme Segonds, Carbonel, Tuilagi, Cramont, Bougarit, Couilloud, Berdeu, William, ...en fait il y en a plein et l'année prochaine sera decisive.



#12038 el landeno

el landeno

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Posté 16 mars 2026 - 19:19

Stratégie à peaufiner, équipe type à dégager : les chantiers de Fabien Galthié en vue de la prochaine Coupe du monde
Victorieux d'un second Tournoi consécutif, le quinze de France n'en reste pas moins perfectible. À un an et demi de la prochaine Coupe du monde, l'objectif suprême, l'encadrement des Bleus a encore du boulot.

L'équipe de France a conservé son titre, de justesse, dans un Tournoi des Six Nations, marqué par la gifle reçue en Écosse (50-40), annihilant au passage les rêves de Grand Chelem. Il y a quatre ans, les Bleus s'avançaient avec beaucoup de certitudes vers la Coupe du monde à domicile.

 
 
 
 

À un an et demi du prochain rendez-vous planétaire en Australie à l'automne 2027, les Bleus semblent encore tâtonner stratégiquement malgré quelques innovations probantes. De même, la chimère d'un quinze type se confirme. Enfin, la gestion encore approximative des moments clés ou des grands rendez-vous pose questions. Autant de chantiers qui attendent le sélectionneur Fabien Galthié et son staff.

 
 
Une stratégie et des innovations à affiner

Question stratégie, la « dépossession » a eu du bon avec le Grand Chelem en 2022 avant que l'équipe de France ne bascule progressivement vers une stratégie de « repossession » pleinement assumée à l'automne 2024. Avec le succès que l'on sait d'un doublé dans le Tournoi (2025 et 2026).

 

Pourtant, cette volonté de tenir et déplacer le ballon, plus difficile à mettre en place, n'a pas semblé aussi exacerbée qu'escompté. Lors des deux derniers matches, face à l'Écosse (50-40) et à l'Angleterre (48-46), les Français ont moins tenu le ballon que leurs adversaires. On a même eu le sentiment que le quinze de France cherchait à s'adapter à la stratégie adverse plutôt que d'imposer la sienne. Mais ce tournant offensif porte ses fruits. Les Bleus, en inscrivant 30 essais, ont égalé leur record d'essais sur une édition de l'an dernier.

 
 
 
 
 
 

Côté innovation, le staff de l'équipe de France a amené quelques retouches. À commencer par l'animation autour du numéro 10, Matthieu Jalibert en l'occurrence. Il a touché plus de ballons qu'à l'accoutumée, histoire d'enrichir la palette de l'équipe de France. Une adaptation stratégique qui a eu du bon avec un Jalibert plus libre, « plus moi-même » comme il le répétera à de nombreuses reprises. Cela a aussi entraîné des ratés avec deux interceptions, synonyme d'essais (Italie et Angleterre). Est-ce que ce choix de mieux équilibrer le jeu entre le 9 et le 10 était dicté par l'absence de Romain Ntamack, et donc le profil de Jalibert ? Pas forcément.

 

Sur le jeu aérien, les Bleus ont également innové en cherchant à claquer le ballon, en créant une poche autour du réceptionneur, plutôt que d'essayer d'attraper à tout prix en l'air. Avec 54 duels aériens réussis sur l'intégralité du Tournoi, les Français sont les meilleurs dans l'exercice (68 % de réussite, loin devant le pays de Galles, second avec 50,9 %). Face aux Anglais, cela a été encore plus flagrant avec un 7/9 aussi bien sur les duels aériens offensifs que défensifs.

 

Enfin, l'art du « off-load » a sévi durant ce Tournoi avec un total de 76 « passes au contact », soit 15 de moyenne par match, le meilleur total (l'Irlande est loin derrière avec 60). C'est 18 de plus que l'an passé (58). Est-ce une vraie volonté ou une conséquence de la présence d'une majorité de joueurs du Stade Toulousain dans l'équipe de départ (8, mais aussi 3 sur le banc) ? Possible puisque les Toulousains sont les champions en la matière avec une moyenne de 17 off-loads par match cette saison en Top 14.

 
d15e7.jpg
 
Matthieu Jalibert aura touché plus de ballons qu'à l'accoutumée dans le Tournoi. Symbole d'une nouvelle réflexion sur l'utilisation de l'ouvreur dans le jeu des Bleus. (P. Lahalle/L'Équipe)
 
Une équipe type à retrouver

Depuis son premier mandat commencé en 2020, Fabien Galthié s'était démarqué de ses prédécesseurs en jouant la transparence avec les médias. À quelques exceptions près, les entraînements étaient ouverts en intégralité et au petit jeu des chasubles, il était aisé de savoir dès la première séance collective de la semaine quel serait le quinze de départ aligné par le sélectionneur pour le match à venir.

 

Durant ce Tournoi 2026, les évidences ont été beaucoup moins marquées. Dès l'ouverture face à l'Irlande, Fabien Galthié a remis de la concurrence, de l'émulation aux entraînements, faisant beaucoup tourner. Une nouvelle tendance qui s'est poursuivie jusqu'à la dernière semaine de préparation pour défier l'Angleterre. Idem dans la composition de son quinze de départ. Si on se replonge quatre ans en arrière, au sortir du Grand Chelem 2022, douze des quinze titulaires du dernier match face à l'Angleterre (25-13) avaient attaqué les cinq rencontres du Tournoi.

 

À un an et demi de la Coupe du monde en France, le patron des Bleus tenait son équipe type. Un an et demi plus tard, au coup d'envoi du Mondial en France, le sélectionneur tricolore avait néanmoins revu ses plans. Neuf des douze « Chelemards » étaient néanmoins titulaires pour le match d'ouverture face à Nouvelle-Zélande (27-13). La faute aussi aux blessures de quatre joueurs (Baille, Willemse, Ntamack et Danty).

 

Quatre ans plus tard, alors que les Bleus viennent de réaliser le doublé dans le Tournoi, les certitudes semblent beaucoup moins nombreuses. Équipe type, expérience collective et devoir de mémoire, les préceptes du premier mandat de Galthié ont volé en éclats. « Une sélection est une photo à l'instant T expliquait Galthié dans nos colonnes avant le Tournoi. Il faut être juste, créer une émulation et une concurrence. Ça veut dire quoi être indiscutable ? Je n'ai pas la réponse. La règle de ce jeu et de la sélection, c'est la place à ceux qui le méritent. » À tel point que le meilleur marqueur de l'histoire des Bleus, Damian Penaud (40 essais), et le plus capé en activité, Gaël Fickou (98 sélections), sont restés chez eux durant l'intégralité de la compétition.

 

Sur les quinze titulaires face à l'Angleterre samedi (48-46), combien le seront encore en 2027 au moment de l'ouverture de la Coupe du monde en Australie ? Les indiscutables se comptent sur les doigts de la main : le pilier gauche Jean-Baptiste Gros, le troisième-ligne François Cros, le demi de mêlée et capitaine Antoine Dupont, l'ailier Louis Bielle-Biarrey et l'arrière et buteur Thomas Ramos. Pour le reste, sur toutes les lignes planent des interrogations. Qui prendra la succession d'Atonio au poste de pilier droit ? Le staff choisira-t-il une deuxième-ligne mobile (Ollivon-Guillard) ou robuste (Flament-Meafou) ? Le match Ntamack/Jalibert à l'ouverture est-il relancé ? Quelle paire au centre du terrain où les talents n'ont jamais été aussi nombreux ? Enfin, l'ombre de Penaud plane-t-elle toujours sur Attissogbe sur l'aile droite ?

 
ccf0d.jpg
 
Louis Bielle-Biarrey fait partie des joueurs indiscutables de l'équipe de France autour desquels peut se construire une équipe type. (F. Faugère/L'Équipe)
 
Des moments clés à mieux gérer

Si l'équipe de France a conservé son titre dans le Tournoi, reste ce petit goût amer et interrogatif. Comme souvent, les hommes de Fabien Galthié renvoient des signes inquiétants de fébrilité quand la route s'élève (Afrique du Sud 2023 et 2025) ou lorsque le scénario s'emboîte mal (Angleterre 2025, Écosse 2026). Sur ce dernier point, on pourrait ajouter le Crunch de samedi soir. Alors que de nombreux observateurs imaginaient « rouler » sur les Anglais, le scénario catastrophe a été évité de justesse avec la pénalité de gagne signée Thomas Ramos sur le gong (48-46).

 

Si Fabien Galthié avait conquis ses joueurs dans son approche stratégique lors de son premier mandat, le sélectionneur semble dégager beaucoup moins de sérénité. C'est ce qu'on a pu remarquer en l'observant dans les tribunes du Stade de France. Dès les premières minutes, nous l'avons entendu s'agacer après ses joueurs. « Jouez simple ! » ou « C'est pas possible ! » ou encore « Mal joué ! ».

 

Visage fermé, l'ancien demi de mêlée transmet-il ce mauvais stress à ces joueurs durant la semaine ou à l'approche de ces matches qui comptent ? Au coup de sifflet final, pas d'effusion de joie pour le sélectionneur contrairement à ses adjoints Laurent Sempéré et Patrick Arlettaz qui l'entouraient. Fabien Galthié, seul, est même resté un long moment debout, comme durant l'intégralité de la seconde période, avant de souffler un bon coup et de rejoindre son équipe dans les vestiaires. Preuve qu'au moment de conclure (Angleterre) ou d'affirmer sa suprématie (Écosse), l'équipe de France ne semble pas encore totalement maîtresse de son destin.

 

Les évictions (Alldritt, Fickou, Penaud) ou les absences (Atonio, Ntamack) de plusieurs cadres peuvent-elles expliquer cette « tremblote » dans les moments cruciaux ? Rappelons que l'expérience cumulée des cinq joueurs cités pèse 326 sélections et 65 de moyenne. En 2023, les champions du monde sud-africains avaient une moyenne d'âge de 31 ans et de 66 sélections au coup d'envoi de la finale (12-11 face à la Nouvelle-Zélande). Face à l'Angleterre, la moyenne d'âge était de 27 ans et 34 sélections pour le quinze de France. Avec un potentiel 8e de finale de Coupe du monde face à l'Écosse ou l'Irlande et de probables retrouvailles avec l'Afrique du Sud (ou la Nouvelle-Zélande) en demi-finales, Fabien Galthié et son staff ont 18 mois pour apprendre à mieux appréhender ce genre de rendez-vous.



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Posté 16 mars 2026 - 20:58

ENTRETIEN. Louis Bielle-Biarrey « sent comment prendre l’espace », analyse Patrice Lagisquet
sudouest-photo-1-33111302.jpgPatrice Lagisquet. © Crédit photo : AFP

Publié le 16/03/2026 à 18h00.
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L’ancien ailier international, qui a entraîné Biarritz, l’attaque des Bleus et le Portugal, salue la qualité de la lecture du jeu dont fait preuve Louis Bielle-Biarrey

Qu’est-ce qui vous marque le plus dans le jeu de Louis Bielle-Biarrey ?

Sa capacité à anticiper, à lire les actions. Mais c’est le cas depuis le début. Sa vitesse de course, il l’a aussi en termes de lecture. Il a toujours ce temps d’avance qui lui permet de marquer des essais. Il lit aussi très bien les initiatives de ses partenaires pour y apporter des réponses immédiatement. En plus, ils le connaissent bien désormais. Ils ont appris à s’adapter à lui, on le voit très bien avec Thomas Ramos et Matthieu Jalibert qui sont de super techniciens. Ils utilisent les gestes techniques qui permettent de le chercher. Comme Antoine Dupont, d’ailleurs, qui lui fait cette passe au pied qui lui permet de marquer.

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Auteur d’un Six-Nations ahurissant, marqué par neuf essais, Louis Bielle-Biarrey trimbale une question dans son sillage : n’est-il pas le meilleur ailier sur la planète rugby actuellement ?

Qui est le déclencheur : Louis Bielle-Biarrey ou le porteur de balle ?

Ils connaissent sa capacité à être au bon endroit au bon moment. Sur le jeu au pied et sur les passes longues, Louis a toujours de super timings pour avoir des prises de balle en accélérant. Il déborde en étant déjà à sa capacité d’accélération maximale là où d’autres, qui ont des capacités d’accélération pourtant similaires, ont peut-être un peu trop anticipé et, du coup, sont à plat. On voit beaucoup d’ailiers qui reçoivent le ballon un peu arrêtés. Même sur les grandes passes, lui, il arrive toujours lancé.

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Auteur d’un quadruplé face à l’Angleterre, l’international français a battu le record d’essais inscrits sur une édition du Tournoi (9 réalisations). Il est le seul joueur de l’histoire à marquer lors de chaque match pour la deuxième année consécutive

Louis Bielle-Biarrey bénéficie aussi de plans de jeu qui lui ouvrent les couloirs…

Oui. Mais il n’y a pas que ça. Il sent comment prendre l’espace et quelle solution apporter à son partenaire qui a le ballon. C’est vraiment la marque des grands finisseurs. Mais c’est aussi lié au fait qu’il est créateur. Il est capable autant de marquer que de faire marquer. C’est aussi ce qui est génial chez lui. Il y a aussi ses petits jeux au pied souvent bien dosés, c’est rare qu’il se trompe : doser ses jeux au pied, par-dessus ou à ras de terre, en pleine course. C’est exceptionnel.

Comment jugez-vous sa progression en défense ?

Il s’est bien amélioré sur ses timings défensifs et sur les ballons hauts. Il a encore une progression dans sa défense sur l’homme. En étant encore plus dur dans ses contacts. Il ferme mieux, ses interventions sont souvent décisives, mais il peut encore lui arriver de relâcher ses plaquages. Ses adversaires sont très puissants. Mais il va encore progresser. Il est tout jeune, il va continuer à gagner en puissance. Il sera encore plus efficace sur l’homme.

 
 
 
 

 



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Posté 16 mars 2026 - 21:14

C'est inquiétant cette volonté de systématiquement faire "gagner en puissance" un super ailier très rapide.

Il y a eu tellement de gâchis à ce sujet.
  • Alligator427 aime ceci

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Posté 17 mars 2026 - 21:04

Les confidences de Matthieu Jalibert, vainqueur du Tournoi des 6 Nations et enfin épanoui avec les Bleus : « J'ai arrêté de me prendre la tête »
Performant avec l'équipe de France pendant le Tournoi des 6 Nations, Matthieu Jalibert a enfin su montrer son vrai visage en bleu. L'ouvreur de l'UBB est revenu sur ses progrès et ses aspirations, renforcées par cette belle période

De retour à Bordeaux, mais toujours au repos, lundi, quand il a accepté de revenir sur le Tournoi des 6 Nations, Matthieu Jalibert avait l'air aussi heureux que fatigué, au moment de nous accorder de son temps. Fatigué, parce que la compétition a été longue et le titre bien célébré, tard dans la nuit de samedi à dimanche, au Dernier Étage, un rooftop parisien réservé par la FFR pour les joueurs et leurs proches. Heureux, parce que l'ouvreur de l'UBB (27 ans, 39 sélections) a enfin montré son vrai visage en sélection, celui d'un animateur tranchant et inspiré. Il évoque cette fierté d'avoir été lui-même avec l'équipe de France.

 
 
 

« Quelques jours après le match fou contre l'Angleterre (48-46) et ce trophée soulevé au Stade de France, que vous reste-t-il de cette soirée ?
De l'émotion, du plaisir, de la fierté aussi. Là, ça retombe un peu, mais ce sont des moments qui sont suspendus dans le temps. Ça a été compliqué, mais le principal, c'est qu'on a été capables de gagner le trophée. Tu gagnes sur le gong, sur une pénalité décisive, après un match de fou, pendant lequel les deux équipes ont eu des moments forts... Le dénouement fait que la joie est encore plus incroyable. Même pour les spectateurs, ça a été quelque chose de bien kiffant. Mais nous, comme l'a dit Antoine (Dupont), si on avait pu se le rendre un peu plus facile, on aurait pris aussi ! L'approche avait été plutôt bonne, il y a eu des secteurs où on a été défaillants, ce qui nous a mis en difficulté. Mais avec l'expérience collective et la force de tous les joueurs, il n'y a jamais eu d'affolement, on y a cru jusqu'à la dernière action. On savait qu'on pouvait renverser la table. Quand la pièce tombe du bon côté, c'est cool de gagner comme ça.

Que s'est-il passé quand vous avez tendu le ballon de la dernière pénalité à Thomas Ramos ?
Quand on a l'avantage, on voit Antoine qui essaie de trouver une solution, et Thomas crie : "Stop, stop, c'est bon, on prend les points". Le ballon était dans mes mains... et je vois qu'il rigole ! Dans ma tête, je me dis : "Mais il est fou !" Tout le monde serait submergé par la pression, mais non, lui vit pour ces moments-là. C'était juste du kif pour lui de se dire : "OK, c'est pour moi, j'ai le destin de l'équipe entre mes mains." Ça montre aussi le bonhomme que c'est. Beaucoup d'expérience, de cran et de sérénité dans les grands moments. Nous, on l'a payé aussi avec l'UBB, quand on jouait face à lui, donc quand je lui donne le ballon, je sais que c'est gagné. Thomas, c'est le meilleur buteur du monde et il ne rate quasiment jamais.

 
 

« J'en avais marre de porter le maillot bleu et de rentrer chez moi en me disant que je n'avais pas joué mon jeu »

Matthieu Jalibert

 
 
 
 

Avez-vous aussi le meilleur ailier du monde, Louis Bielle-Biarrey, auteur de quatre essais ce soir-là ?
Il s'en rapproche ! Il continue d'affoler les compteurs et, en tout cas, c'est l'ailier qui crée le plus de danger et qui score le plus. On est très contents de l'avoir dans notre équipe, parce que dans des matches comme ça, il nous sort de belles épines du pied.

 
 
 
 

Il vous impressionne encore ?
Oui. Alors, ses qualités physiques en attaque, on les connaît tous, mais on dirait qu'il n'a pas de limites. Même sur des secteurs où tu ne l'attends pas forcément, il continue à progresser, comme les ballons hauts, la défense. Physiquement, il s'est épaissi, il est beaucoup plus dur au contact. Et il est très humble, continue de travailler. Il n'est jamais satisfait. Il peut avoir marqué quatre essais et venir te voir à la fin du match pour te dire : "Là, j'aurais dû faire ci ou ça". Et on lui répond : "Ça va, calme, t'en as déjà mis quatre !" Ça résume le bonhomme.

Le Tournoi 2025 figure à votre palmarès, mais vous n'y aviez disputé qu'un match, une défaite à Twickenham (26-25). Celui-ci, le considérez-vous comme votre premier vrai titre avec la sélection ?
Oui, clairement. Déjà, l'année dernière, je n'ai pas eu la médaille. Ça veut tout dire. Quand tu joues un match sur cinq, tu te sens moins concerné par la victoire finale. Sur le palmarès, ça comptait mais, personnellement, celui-là a beaucoup plus de saveur. Il y a eu de la joie, de la fierté. J'ai pris conscience de la chance qu'on a de vivre ces moments-là. J'ai aussi eu des moments compliqués en équipe de France, donc il y avait beaucoup de soulagement et de plaisir d'avoir pu regoûter à ce maillot bleu et de décrocher un titre.

 
 

Vous évoquez ces moments compliqués en bleu. Qu'est-ce qui a fait que cette année, vous les avez mis derrière vous ?
C'est compliqué à dire. C'est à l'image de ma carrière, et de tout ce que je fais depuis que je joue au rugby. J'ai parfois des échecs, j'ai parfois été triste, mais je n'ai jamais rien lâché. J'ai fait preuve d'abnégation et, parfois, le destin te redonne une chance. Je voulais la saisir à fond, juste être moi-même. J'en avais marre de porter le maillot bleu et de rentrer chez moi en me disant que je n'avais pas joué mon jeu. Je voulais qu'on voie le vrai Matthieu sur le terrain et m'épanouir pleinement au sein du collectif. Au fond de moi, je savais que j'avais le niveau international et que je pouvais m'éclater au milieu de tous ces fabuleux joueurs.

 
 

« Je suis énormément attendu sur la défense, on ne me loupe pas, donc je suis content d'avoir répondu positivement »

Matthieu Jalibert

 
 

Considérez-vous que l'on a vu le vrai Matthieu Jalibert ?
Je pense ! En tout cas, moi, j'ai pris beaucoup de plaisir. Quand je joue relâché, que je suis bien dans ma tête, je sais de quoi je suis capable. J'ai la chance de jouer comme à Bordeaux, avec de grands joueurs, qui nous mettent dans l'avancée, qui nous permettent d'avoir des ballons rapides et fluides. Après, j'ai juste été moi-même, j'ai joué libéré, fait ce qu'on me demandait avec mes qualités. Il y a aussi l'évolution du système de jeu en attaque, qui fait que j'étais dans de meilleures conditions pour m'exprimer, collectivement et individuellement.

 

Ce système de jeu offensif a mis en évidence le trio que vous formez dans l'animation, avec Antoine Dupont et Thomas Ramos. Comment a-t-il pris forme ?
Assez naturellement. On est trois joueurs qui aimons le jeu de mouvement, la prise d'initiative. On parle le même rugby, donc ça n'a pas été compliqué de se trouver. Avec Thomas, il y a eu une bonne permutation, ce qui lui a permis de prendre un peu le rôle de numéro 10 et, à moi, d'utiliser les espaces extérieurs. On a pris beaucoup de plaisir et ça s'est vu sur le terrain, il y avait une bonne entente. On s'est tous mis au service du collectif, avec nos qualités et nos défauts. On a réussi à trouver pas mal de solutions.

Cette répartition des responsabilités vous a-t-elle libéré ?
C'est plus un déclic que j'ai eu dans ma tête. Avec Antoine et Thomas, j'ai déjà joué pas mal de matches, mais ça ne s'était pas forcément passé comme ça. Je me suis remis en question par rapport à ce que je pouvais apporter, les points sur lesquels on m'attendait. Une fois que je suis bien dans ma tête et dans mon corps, ça se fait naturellement. J'ai arrêté de me prendre la tête, j'ai juste voulu jouer mon jeu.

 

Estimez-vous aussi avoir montré vos progrès en défense pendant le Tournoi ?
C'est un travail que j'effectue depuis un an et demi, avec Aurélien Cologni (entraîneur adjoint à l'UBB). Je le remercie pour ça, je me sens beaucoup mieux dans ce secteur-là, mais il fallait que je le confirme au niveau international. Tout n'a pas encore été parfait mais, dans l'envie que j'y ai mis, j'ai montré une meilleure image. Je sais que je suis énormément attendu là-dessus, on ne me loupe pas, donc je suis content d'avoir répondu positivement, même si on peut toujours faire mieux.

 
 

« Aujourd'hui, je pense être plus complet que je ne l'aie jamais été »

Matthieu Jalibert

 
 

Votre relation avec Fabien Galthié est-elle aussi devenue plus fluide ?
On s'était toujours plutôt bien entendus, mais il y avait quelques points sur lesquels on devait échanger. On a eu une discussion franche, au cours de laquelle chacun a pu dire ce qu'il pensait : il m'a expliqué ce qu'il attendait de moi et j'ai aussi exprimé mon ressenti. Avec le temps, on a mûri de cette discussion. Tout s'est fait assez naturellement. Aujourd'hui, la relation est très bonne et ça m'a apporté beaucoup de sérénité et de confiance pour aborder le Tournoi.

 
 
92 %
Matthieu Jalibert affiche un taux de réussite de 92 % sur ses plaquages lors de ce Tournoi. Il en a réussi 24 sur 26 tentés.

Thomas Ramos a souligné les 96 points encaissés lors des deux derniers matches (50 contre l'Écosse, 46 face à l'Angleterre), suggérant que, dans une grande compétition, ça ne pardonnerait pas...
On se prépare aussi en vue de la Coupe du monde 2027, c'était à ça que faisait référence Thomas. On sait, pour l'avoir vécu en France, à quel point c'est dur. Tous les matches sont raides, c'est parfois plus difficile pour l'attaque de marquer des points... Ce sont des matches avec énormément de tension et, si on prend 50 points par match, ça veut dire qu'il faudra en marquer au moins 51 pour gagner... Et c'est toujours plus compliqué. Il faut qu'on arrive à être beaucoup plus réguliers et cohérents sur notre défense et sur notre discipline, choses qu'on a réussies à faire sur nos trois premiers matches. Les deux derniers donnent un goût amer par rapport à ça. Mais c'est bien, ça nous donne une marge de progression et de travail en vue des futures échéances.

 
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Matthieu Jalibert à la manoeuvre face à l'Angleterre, samedi. (A. Mounic/L'Équipe)
 

Ce titre avec les Bleus vous donne-t-il envie d'aller disputer le Championnat des nations l'été prochain, avec notamment un rendez-vous en Nouvelle-Zélande ?
Ce que je veux, c'est jouer avec l'équipe de France. J'espère vous dire qu'on sera en finale en Top 14, mais je ne peux pas le savoir. Les saisons sont longues, on est cramés physiquement, on a besoin de récupérer. On verra comment ça va se passer en club sur la fin de saison, mais si j'ai l'opportunité d'y aller, c'est avec grand plaisir.

 

Au regard de votre passé en équipe de France, est-ce que vous savourez d'autant plus ce moment ?
Quand tu entends partout que tu n'as pas le niveau international, que tu ne sais pas défendre à haut niveau, etc., même si tu essayes d'en faire abstraction, c'est impossible de ne pas voir tout ce qui se dit. Au fond de moi, j'avais cette conviction et cette envie de prouver, pour faire taire toutes ces personnes. C'est une première pierre que j'ai posée. J'espère pouvoir continuer à évoluer à ce niveau. Là, c'est le top. J'enchaîne les matches, je me sens bien, j'ai gagné une coupe d'Europe avec mon club, maintenant le Tournoi des 6 Nations... Il y a toujours des progrès à faire, dans tous les secteurs. Mais aujourd'hui, je pense être plus complet que je ne l'aie jamais été. Ça me donne beaucoup de confiance et l'envie de progresser encore pour m'installer au plus haut niveau. »

 
 
Sur le pont dès dimanche en Top 14
Matthieu Jalibert a repris l'entraînement avec l'Union Bordeaux-Bègles mardi, et devrait postuler pour affronter Toulouse, dimanche, lors de la 19e journée de Top 14, au stade Atlantique (21h05). « C'est un match qu'on ne peut pas galvauder, surtout dans notre position. Avec notre classement, on n'a pas trop de marge de manoeuvre (l'UBB est 5e du Top 14, avec 5 points d'avance sur Toulon, 7e). On est obligés de gagner. On va repartir au charbon ! » L'ouvreur devrait ensuite bénéficier d'une semaine de repos, avant de retrouver son club pour la Coupe des Champions et le huitième de finale à domicile contre Leicester, le 5 avril (16 heures).


#12042 Y&B

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Posté 19 mars 2026 - 07:17

Avec tout ça, comment Galthié va faire pour remettre le copain de Toto … :)

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Posté 19 mars 2026 - 12:26

Avec tout ça, comment Galthié va faire pour remettre le copain de Toto :)


Pour moi, cela dépendra des matchs, ils ne faut pas les opposer, on a besoin des 2. On a 2 bons ouvreurs, en espérant que Ntk retrouve son niveau.

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Posté 19 mars 2026 - 13:15

Si je suis Galthié aujourd'hui, j'ai un mini débat à régler. Ntamack est un joueur exceptionnel dans l'histoire des ouvreurs du xv de France, cadre de mon équipe depuis que je suis là, mais qui n'a plus retrouvé son meilleur niveau. Cependant, Dupont n'a pas non plus retrouvé son meilleur niveau, mais s'il est moins en vue c'est aussi parce qu'il y a désormais Jalibert, un très bon ouvreur à ma disposition, en grande forme et qui est très joueur de ballons. On n'y échappera pas: il n'y a qu'un seul ballon, et deux éléments de charnière très ballons-dominants ne peuvent s'exprimer pleinement, en même temps, comme ils le feraient en club. Donc Jalibert peut le faire en club car Lucu est ce 9 régulateur, ainsi que Dupont peut le faire à Toulouse car Ntamack est plus ce régulateur en 10. Donc Dupont Ntamack fonctionne bien sûr très bien ensemble. Mais Jalibert est meilleur individuellement aujourd'hui. Que fais-je de Ntamack ? Je le garde dans le groupe et je le titularise dépendant du match, et j'alterne avec Jalibert ? Ou je le vois comme remplaçant de luxe pour tuer les matches, en no.23 (car banc 6-2) qui peut aussi rentrer au centre ?



#12045 Lourugby

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Posté 19 mars 2026 - 13:59

Le retour de N'Tamack et la confirmation de Jalibert en bleu sont une excellente nouvelle pour le coup. 

 

On est maintenant très solide à la charnière avec d'excellents joueurs, également très expérimentés en bleu, et ce aussi bien à l'ouverture (NTM, Jalibert, Ramos en dépannage) qu'à la mêlée (Dupont, Lucu, Le Garrec, Serin). On connait donc le terreau sur lequel on va bâtir pour les 18 prochains mois, ce qui va favoriser les automatismes et la création du jeu avec les autres arrières. 

 

On a souffert sur les derniers matchs à cause d'un centre du terrain en reprise, mais quand il était en forme à l'instar des trois premiers rencontres, on a vu une incroyable solidité défensive couplée à des offensives meurtrières. Nous allons donc poursuivre sur cette excellente direction en sachant que N'Tamack nous apportera d'autres qualités que Jalibert, ce qui ouvre d'autres options en fonction des matchs et va les pousser à se surpasser pour être le numéro un à l'ouverture. 

 

C'est bénéfique pour tout le monde :)






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