"Nous voulons accélérer", grâce à un quota de JIFF favorable, l'ASM va bénéficier d'un bonus financier important
Avec une moyenne de JIFF (joueurs issus des filières de formation) supérieure aux objectifs fixés et un bonus financier à la clé, l‘ASM confirme son virage vers l’intégration des jeunes.
C’est le débat qui a animé le landerneau du rugby français en ce début de semaine : le nombre de joueurs JIFF que doit aligner le Racing face à Toulouse pour rentrer dans les clous et ne pas être pénalisé de six points la saison prochaine (en dessous de 16 JIFF en moyenne sur toute la saison, barrages compris). Un sujet qui a eu le don d’agacer le manager Patrice Collazo.
« Concernant le nombre de JIFF qu’il nous faut, on ne découvre rien. Et ça ne nous empêchera pas d’aligner la meilleure équipe contre Toulouse. On n’a pas une chape de plomb au-dessus de la tête avec cette histoire. On aurait pu noter que, contrairement à d’autres équipes, nous n’avons pas fait d’opérations JIFF en lâchant des matches pour en aligner 20 ou 23 sur une feuille. »
Résultat : le Racing s’avance face à Toulouse avec 19 JIFF sur la feuille de match et une équipe très loin d’être amoindrie. Les Franciliens sont passés à une moyenne de 16,04. Circulez, il n’y a rien à voir !
Du côté de l’ASM Clermont, voilà bien longtemps que le sujet n’est plus d’actualité.
En réalité, la menace d’une pénalité n’a jamais plané cette saison au-dessus du Michelin. Avant même l’entame de l’exercice, l’objectif d’une moyenne supérieure à 17 JIFF avait été fixé par le club au secteur sportif. Avec le match à Bordeaux, elle s’élève à 17,54. Et, même en cas de qualification en phases finales, elle ne devrait guère évoluer.
Un avenir prometteur en matière de JIFF
« Nous avons des hypothèses de travail, aussi bien sportives que financières, sur lesquelles nous nous mettons d’accord avec toutes les parties prenantes du club, explique le directeur général Benoît Vaz. Nous avions retenu une base minimale de 17 JIFF. Christophe (Urios) avait donc validé le fait que nous tiendrions cette barre, et c’est ce qui a été fait. C’est important, car cela a une vertu financière : au-delà de 17 JIFF, vous bénéficiez d’un bonus. »
Le club va ainsi percevoir une prime de 220 000 euros de la part de la LNR. Les saisons précédentes, cet objectif n’avait pas été atteint, ce que Christophe Urios avait regretté au moment de dresser le bilan de l’exercice dernier.
« On est à 16,63, il nous manque huit JIFF. Ça me gêne. Je pensais vraiment tenir. L’objectif n’est pas totalement rempli. »
Cette fois, l’ASM est dans les clous. Un cap franchi qui traduit également un virage dans l’intégration des jeunes formés au club. Cette saison, pas moins de treize joueurs issus de l’Académie ont été inscrits sur les feuilles de match. Et hormis Giga Tutisani, Niek Doornenbal et Juan Montilla, tous possédaient le statut de JIFF. Une perspective encourageante pour l’avenir.
D’ailleurs, l’objectif de 17 JIFF est d’ores et déjà reconduit pour la saison prochaine.
Avec la montée en puissance des espoirs et une balance des mouvements favorable (cinq départs de non-JIFF pour seulement trois arrivées*), la barre semble atteignable.
« Le plus difficile était peut-être de tenir la moyenne cette année, analyse Benoît Vaz. Compte tenu de la maturité des jeunes qui sont en train d’éclore, cela devrait être moins compliqué la saison prochaine. Mais nous voulons continuer à accélérer. » Au-delà de 18 de moyenne, l’enveloppe financière serait encore plus importante.
(*) Départs de Rob Simmons, Seilala Lam, George Moala, Irae Simone et Alex Newsome ; arrivées de Darcy Swain, Aj Lam et Etene Nanai-Seturo.