Pardon pour le retard....
Pourquoi l'ASM Clermont est déjà au pied du mur avant de se déplacer à Perpignan
On n’est pas encore à la mi-saison, mais l’ASM est déjà au pied du mur. Avec plus rien à espérer de la Champions Cup, Clermont est plus que jamais dans l’obligation de s’imposer à Perpignan, ce samedi (16 h 35), pour continuer d’exister en Top 14. Le tout dans un contexte de plus en plus pesant.
Que tout cela semble loin… Il y a un mois et demi, Folau Fainga’a et Michael Ala’alatoa volaient dans les airs du Septeo Stadium de Montpellier, portés en triomphe par leurs futurs ex-coéquipiers après qu’ils ont décroché leur première victoire de la saison à l’extérieur (7-9).
Avec ce succès, Clermont venait d’effacer sa défaite inaugurale, au Michelin, face à Toulouse (24-34). Harry Plummer et ses partenaires pouvaient partir en vacances avec le sentiment du devoir accompli et une ambition décuplée au vu du calendrier qui les attendait en Top 14 et alors que la Champions Cup allait débuter. Mais ils étaient loin d’imaginer que tout cela allait prendre un si vilain tour quelques semaines plus tard.
Car, depuis la reprise, l’ASM n’affiche plus les mêmes certitudes. Tant dans l’état d’esprit que le jeu proposé. Et les résultats s’en ressentent avec trois roustes reçues à Lyon (43-24), aux Saracens (47-10) et face à Sale (14-35), entrecoupées d’une victoire obtenue après la sirène face au Stade Français (36-32) qui prend de plus en plus des allures de trompe-l’œil.
« On ne fait pas assez les choses collectivement et c’est ce qui me préoccupe. Je nous trouve très éparpillés, on ne fait pas bloc, reconnaissait Christophe Urios, samedi soir, après la défaite face à Sale. Quand tu prends quatre essais aux Saracens (sur sept, NDLR) à la fin de chaque mi-temps, c’est que tu lâches… On n’arrive pas à retrouver le liant qui faisait notre force avant les vacances, on est trop hétérogènes. »
Quand Fritz Lee sème le trouble...
Ce samedi, alors que les choses n’ont pas mis longtemps à tourner vinaigre, le Michelin n’avait pas le cœur à jouer les 16e hommes comme il avait pu le faire face à Paris. Au-delà du faible niveau de jeu affiché (clairement pas adapté à la philosophie de cette Champions Cup où la vitesse et le mouvement priment plus que tout), jamais il n’a ressenti le moindre sentiment de révolte de la part de ses protégés.
Quand on connaît l’attachement du public « jaune et bleu » à cette Coupe d’Europe, c’est pourtant le minimum à lui offrir dans un tel contexte… S’il y avait de la colère dans les sifflets qui sont descendus des tribunes, il y avait peut-être aussi un peu d’inquiétude. Car il faut bien l’avouer, avec plus rien à attendre (ou presque) de la Champions Cup, Clermont est au pied du mur avant de se déplacer à Perpignan, ce samedi (16 h 35).
« Je n’ai pas besoin qu’on me siffle pour savoir si je fais bien ou pas mon boulot. Aujourd’hui, j’ai honte du match qu’on a fait et de notre état d’esprit, reconnaissait Christophe Urios qui est le seul Clermontois à être venu s’exprimer en conférence de presse samedi. Il faut qu’on se remette très vite dans le sens de la marche. Il faut survivre. Et pour ça, il faut gagner des matchs. »
Au-delà de l’affront que cela représenterait de devenir la première équipe à tomber face à l’USAP cette saison, en championnat, l’ASM se mettrait alors en bien mauvaise posture dans la course aux phases finales, alors que suivront la réception de l’Union Bordeaux-Bègles et un voyage à Montauban. Deux rencontres où la victoire ne sera pas plus négociable.
Dans ce contexte, et pour s’éviter un début de crise, le club a tout intérêt à faire bloc. En ce sens, pas sûr que la sortie de Fritz Lee, sur les réseaux sociaux, soit du genre à aider la cause. En commentaire d’une vidéo publiée sur Instagram par nos confrères de Rugbyrama où l’on voit Christophe Urios en conférence de presse, l’ancien troisième ligne et capitaine de l’ASM n’a pas fait les choses à moitié : « Le problème vient de l’intérieur du vestiaire. Ça fait presque trois ans que ce projet est en place et il n’a rien amélioré en particulier dans mon club de cœur. Rien n’a vraiment changé sous cette direction… »
Pour étouffer ce potentiel début d’incendie, rien ne sera plus efficace qu’une victoire à Aimé-Giral. Sous peine de vivre une très pénible deuxième partie de saison…