À l’image du quart de finale entre l’UBB de Matthieu Jalibert et le Stade Toulousain la saison passée, c’est uniquement dans les matchs de phase finale que la Champions Cup trouve son intérêt. © Crédit photo : Archives AFP
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Si le format actuel de la Champions Cup est figé jusqu’en 2030, des discussions sont en cours pour tenter de redynamiser une compétition parfois bancale. L’une des pistes ? Supprimer la phase de poules
Si la Champions Cup peut s’apparenter à un organisme en constante évolution, la fréquence à laquelle ses mutations sont envisagées démontre qu’elle n’a pas encore trouvé une forme viable et durable jusqu’à présent. Cette saison encore, plusieurs mesures ont été décrétées par l’EPCR pour tenter de redynamiser une formule régulièrement décriée.
Le système des bonus offensifs sera désormais calqué sur celui ayant cours en Top 14 (1) et seuls les trois premiers de chaque poule seront automatiquement qualifiés pour la phase finale. Les quatre places restantes reviendront aux équipes ayant inscrit le plus de points toutes poules confondues et quel que soit leur classement.
Ces « mesurettes » n’auront évidemment pas d’influence sur l’iniquité intrinsèque provoquée par l’intégration des provinces sud-africaines en 2022. « On joue [notre] destin sur quatre matchs alors que les provinces sud-africaines mettent leurs équipes type à domicile et envoient leurs espoirs à l’extérieur, cela n’a ni queue ni tête », avait ainsi déploré le manager d’une UBB désormais double championne d’Europe, Yannick Bru, en fin de saison dernière.
Mais avant même de savoir si elles sont de nature à gommer les défauts les plus flagrants d’une formule qui avait permis l’an passé à Leicester et aux Bulls de se qualifier en phases finales – alors qu’ils n’avaient remporté qu’une seule victoire au terme d’une phase qualificative marquée par une profusion de matchs à sens unique –, des réformes de plus grande ampleur sont envisagées en coulisses.
Proposition franco-anglaiseSi le format instauré en 2023 – 24 clubs répartis en quatre poules de six – est figé jusqu’en 2030, des discussions entre l’EPCR, la LNR, la Premiership anglaise et l’URC ont été entamées il y a plusieurs mois déjà pour une bien plus profonde remise à plat. « Il faut qu’on réfléchisse à ça dans une logique d’oxygénation du calendrier », avait aussi déclaré Yannick Bru. C’est le sens d’une proposition soutenue par les clubs français et anglais.
« On est favorable à une réduction de huit à six dates pour alléger le calendrier »
Dans une entente cordiale, leurs représentants font cause commune pour que la Champions Cup soit disputée par 16 équipes seulement au lieu de 24. À savoir cinq formations issues de chacune des ligues auxquelles il faut ajouter le tenant du titre. Elles prendraient part à une compétition dépourvue de phase qualificative, débutant immédiatement par des matchs éliminatoires. Les huitièmes et les quarts de finale seraient disputés en aller et retour, avant d’en passer aux demies et à la finale jouées en une manche sèche.
« On est favorable à une réduction de huit à six dates pour alléger le calendrier et avoir une coupe d’Europe plus élitiste et dynamique », explique-t-on dans la partie française. La solution a des avantages évidents.
« Ce qui pose question aujourd’hui, c’est cette phase de poule qui est illisible dans sa préparation et compliquée dans son exécution »
L’intérêt sportif serait revigoré et en adéquation avec le souhait émis par Yannick Bru à la veille de la finale l’an passé : « Ce qui me convainc moi, c’est la magie des phases finales. Ce qui pose question aujourd’hui, c’est cette phase de poule qui est illisible dans sa préparation et compliquée dans son exécution. »
Accessoirement enfin (euphémisme…), pour un rugby français qui a toujours estimé que ses maigres marges de manœuvre n’existaient qu’au niveau des coupes d’Europe, cela permettrait de desserrer l’étreinte imposée par l’enchevêtrement des calendriers. Le fait que la première journée de cette édition ait été avancée en octobre par rapport aux années précédentes – une demande des ligues en lien avec une séquence internationale plus longue qu’à l’accoutumée en novembre (2) – en est une nouvelle illustration.
Moins de matchs, moins d’argentLa formule comporte toutefois certains écueils. Des limites qui expliquent d’ailleurs probablement pourquoi elle n’a pas encore réuni le consensus. Une absence de phase de poules est fatalement synonyme d’un nombre de matchs à disputer bien moindres. Et donc de rentrées financières tronquées.
Pour les provinces celtes et irlandaises, en proie à des environnements économiques difficiles, c’est un enjeu évident. Mais ça l’est également pour les clubs français habitués à aller loin dans la compétition et dont la constance autorise à espérer recevoir en phase finale.
Par ailleurs, si d’aventure un représentant français ne parvenait pas à remporter la Champions Cup, le Top 14 n’aurait plus que cinq qualifiés au lieu de huit actuellement. « Ça demande d’évaluer tout ça », admet-on en coulisses. Si la ligne d’horizon se situe en 2030, les acteurs espèrent toutefois arrêter une décision dans la saison. Pour enfin atteindre un seuil de viabilité pérenne ?
(1) Les équipes devront garder trois essais de différence avec leur adversaire. (2) Le Championnat des nations occupe quatre dates en novembre.














