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France / Angleterre : 14 mars à 21h


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901 réponses à ce sujet

#121 grospaquet33

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Posté 11 mars 2026 - 17:26

Et oui, il y a le mauvais plaquage manqué et le bon plaquage manqué.   :D

Enfin ça fait franchissement adverse quand même, mais c'est pas pareil, c'est un bon plaquage manqué.

tu n'as rien compris ou tu fais semblant de ne pas comprendre.

Du coup je ne me fatiguerais pas plus que ca!



#122 Alex chocolatines

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Posté 11 mars 2026 - 17:29

tu n'as rien compris ou tu fais semblant de ne pas comprendre.

Du coup je ne me fatiguerais pas plus que ca!

J'avoue que j'aime bien te faire gueuler.  :D



#123 Parigot_Paris

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Posté 11 mars 2026 - 17:32

tu n'as rien compris ou tu fais semblant de ne pas comprendre.

Du coup je ne me fatiguerais pas plus que ca!

Il y a encore mieux. Certain modo (il n'y en a qu'un en fait), particulièrement fourbe, profite de son accès aux posts des autres pour les modifier et faire passer ses victimes pour des gogols, des teubés, des ploucs ou des crétins ! :w00t: 



#124 grospaquet33

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Posté 11 mars 2026 - 17:48

Il y a encore mieux. Certain modo (il n'y en a qu'un en fait), particulièrement fourbe, profite de son accès aux posts des autres pour les modifier et faire passer ses victimes pour des gogols, des teubés, des ploucs ou des crétins ! :w00t:

il ne pourra jamais me faire passer pour un gogol, teubé, plouc ou cretin car je le suis deja!

 

mais si jamais un jour j'ai son nom, je lui plante mon balai de cantonnier de 80cm de large au meme endroit que cette balayette qui circule en top14.



#125 Alex chocolatines

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Posté 11 mars 2026 - 18:47

il ne pourra jamais me faire passer pour un gogol, teubé, plouc ou cretin car je le suis deja!

 

mais si jamais un jour j'ai son nom, je lui plante mon balai de cantonnier de 80cm de large au meme endroit que cette balayette qui circule en top14.

Moi j'ai des noms, j'en connais un qui déconne sur les profils, mais je balancerai pas.  :P


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#126 Eastern Outpost

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Posté 11 mars 2026 - 21:06

Il y a encore mieux. Certain modo (il n'y en a qu'un en fait), particulièrement fourbe, profite de son accès aux posts des autres pour les modifier et faire passer ses victimes pour des gogols, des teubés, des ploucs ou des crétins ! :w00t:

 

Au début, j’ai lu tourbe et m’attendais des commentaires du whisky  :D

Puis je l’ai lu une fois de plus  :crying:

 

Merci pour le nouveau mot, pour moi. C’est bien utile,  :hat:



#127 el landeno

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Posté 11 mars 2026 - 21:11

« Le Crunch, c'est entre deux nations qui se détestent mais qui s'aiment en même temps » : cinq Bleus évoquent leur lien au France-Angleterre On célèbre, samedi au Stade de France, une confrontation vieille de 120 ans entre la France et l'Angleterre. Cinq pointures des Bleus - Nicolas Depoortere, Cameron Woki, Charles Ollivon, Louis Bielle-Biarrey et Matthieu Jalibert - évoquent leur lien au Crunch, séculaire pierre angulaire du Tournoi.

Le « media day », pré-Tournoi du quinze de France à Marcoussis, c'est un peu comme les « 3J » aux Galeries Lafayette mais sans la cohue. On fouine. On farfouille. On fait ses affaires. Que vous soyez sponsor, journaliste, instagrammeur, vous trouvez toujours un joueur à interviewer ou un officiel pour discuter. Côté organisation c'est bien foutu. On vous mélange avec des gens que vous n'auriez jamais côtoyés autrement et ce n'est pas si mal.

 
 

Lors de notre passage une dizaine de jours avant le France-Irlande du 5 février (36-14), on a bien sympathisé avec une bande d'opticiens qui avait installé un immense « O » en aggloméré sous la grande halle d'entraînement pour que Julien Marchand y passe la tête (le genre de photo qui ravit les équipes). Tout le monde est bien servi. Le Mag a même été très bien servi. Nous avons eu droit à une matinée entière pour illustrer ce sujet sur le Crunch avec cinq joueurs triés sur le volet, n'ignorant rien de leur ratio victoires-défaites face à l'ennemi héréditaire.

 
 

On leur a demandé de répondre à tout un tas de questions déstabilisantes - vous pensez bien - autour de ce qui est considéré comme le climax du Tournoi, le « moment craquant » comme l'avait qualifié un jour de 1981 un journaliste de l'Irish Times (« excitant »« prépondérant »« capital » ça marche aussi).

 

Cela fait 120 ans que Français et Anglais croisent le fer dans ces joutes mémorielles ravivant les souvenirs douloureux. Pour nous, Jeanne d'Arc sur le bûcher, Azincourt, Waterloo, Mers-El-Kébir, tout ça. Depuis le 22 mars 1906, les Bleus n'ont de cesse de piétiner la rose des Tudor. Les « Bleus ciel » si on veut être tout à fait précis. Figurez-vous que le maillot porté lors de ce tout premier France-Angleterre officiel de l'histoire fut un inédit bleu ciel, eh oui.

 
 
 
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Le trois-quarts centre du quinze de France Nicolas Depoortere. (Theo Saffroy/Theo saffroy)
 
 

Dans cette livrée également frappée des anneaux olympiques, Gaston Lane - le capitaine - ne devait pas se sentir éloigné de son maillot du Racing dont il occupait l'aile, ce qui ne l'empêcha pas, avec les copains, de prendre une dérouillée au Parc des Princes (8-35). Ça s'arrangera par la suite. Le premier match nul a lieu à Twickenham en 1922 (11-11), la première victoire à Colombes en 1927 (3-0). Côté data, les Anglais se sont imposés à 61 reprises, les Français ont gagné 44 fois, il y a eu 7 nuls.

 

Durant des décennies, la suprématie british est restée indiscutable. En général, François le Gaulois se faisait embrouiller par Johnny L'Angliche. « Ils sont sur le point de disjoncter ? Parfait. Continuons à leur filer des coups de pompe ! », inculquait à ses successeurs le deuxième-ligne Wade Dooley (8 Crunches). Réponse postérieure de Sylvain Marconnet (11 Crunches) : « Je suis français donc je cultive une forme de haine envers les Anglais. On me l'a transmise et je la transmettrai. »

 
 

« Gamin, j'attendais ce France-Angleterre durant toute la semaine. Il était hors de question de perdre... »

Louis Bielle-Biarrey

 
 

Pas trop le karma des joueurs actuels Charles Ollivon (4 Crunches), Louis Bielle-Biarrey (2 Crunches), Matthieu Jalibert (4 Crunches), Nicolas Depoortere (1 Crunch) et Cameron Woki (5 Crunches), habitués à jouer avec des Anglais dans leurs équipes de Top 14. Ensemble, ils tenteront d'éteindre le talent insolent de Henry Pollock et consorts samedi au Stade de France dans leur maillot adidas bleu ciel en hommage au match originel de 1906. Lane, le Racingman, les regardera là d'où il est. Fasse que ce bon vieux Gaston ne soit pas déçu.

 
 

Tu connais la signification du terme Crunch ?

Louis Bielle-Biarrey : « Bah, je sais pas trop. À part la plaque de chocolat... »
Charles Ollivon : « La première chose qui me vient à l'esprit, c'est que ça a à voir avec quelque chose qui croustille. Comme la plaquette de chocolat à la fois tendre mais qui pétille en bouche. J'ai toujours bien aimé ce mot. »
Matthieu Jalibert : « Non. »
Nicolas Depoortere : « C'est le chocolat, c'est ça ? (On lui explique comment cela peut se traduire) Très bien. Je le note. »
Cameron Woki : « Je ne connais pas précisément l'origine du nom. En termes de ­rugby c'est forcément lié à l'adversité. Concrètement une rencontre face à l'Angleterre qui nous bat depuis qu'on est petits. C'est un rendez-vous plus qu'important. Le point de destination pour les supporters, les joueurs, les téléspectateurs. C'est un événement. Ça se passe entre deux nations qui se détestent, mais qui s'aiment en même temps. C'est tout ça, le Crunch. »

 
 

Petit, devant la télé, c'était comment ?

L. B. -B. : « Quand j'étais gamin, j'attendais ce France-Angleterre durant toute la semaine. C'était excitant cette rencontre qu'il était hors de question de perdre puisque que c'était les Anglais qu'on avait en face. Beaucoup plus excitant qu'un France-Écosse ou qu'un Galles-France. On regardait le match en famille à Grenoble lors de ces hivers où il fait souvent très froid dans les Alpes. Le feu dans la cheminée nous réchauffait, mon père, mon frère, ma mère et moi. Parfois, mes cousins nous rejoignaient. Il y avait de l'ambiance. On montait le son du poste très fort. »

 

N. D. : « Les Six Nations, ça se passait aux mois de février et mars, un moment où ça caille et où il n'arrête pas de pleuvoir sur Bordeaux. Donc c'était canapé, plaid sur les jambes, chocolat chaud pour attendre les Anglais de pied ferme. On ressentait la tension derrière l'écran de la télévision. Ça amenait de l'émotion et même si on perdait, on passait un bon après-midi. France-Angleterre, c'est aussi le premier match auquel j'ai assisté en tant que spectateur au Stade de France avec mes parents et mon grand frère. Je n'ai ni le souvenir de la date ni du score ni de qui jouait dans les deux camps (rire gêné). J'étais assez petit. »

 
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Ce cliché pris avec Teddy - caniche casté pour l'occasion et donc capé pour la première fois - est un hommage au photographe anglais Martin Parr, disparu en décembre 2025. (Théo Saffroy/L'Équipe)
 

M. J. : « Le dimanche, je regardais les matches du Tournoi avec mon père. Il n'a pas joué à haut niveau mais il a joué quand-même. À Saint-Germain-en-Laye, à Nouméa, dans le sud-ouest avant cela. Au début, il m'expliquait les règles et les actions de jeu puis au fur et à mesure que je grandissais dans le rugby, on regardait les matches "à égalité". Forcément le match contre l'Angleterre était le plus attendu du Tournoi. »

 
 

Ta toute première fois

L. B. -B. : « J'ai disputé deux Crunches. À chaque fois, matches très serrés. Très engagés. Très disputés. Le premier, à Lyon, on le gagne d'un point je crois (2 en réalité, 33-31 le 16 mars 2024). Après la mi-temps, je rentre sur le terrain avec des petits soucis d'intestin liés au fait que je mange trop vite mêlé au stress et aux efforts répétés et je vomis sur mon aile ! Le deuxième, on le perd d'un point à Twickenham après la sirène (26-25, le 8 février 2025), preuve qu'on n'a pas su garder notre concentration jusqu'à la fin de la rencontre. Les matches contre l'Angleterre se jouent à des petits détails qui font qu'à tout moment ça peut basculer. »
C. O. : « J'ai débuté contre les Anglais en 2020 (le 2 février, 24-17). La majorité de l'équipe était très jeune, avec peu d'expérience et peu de sélections. On ignorait si on allait être au niveau face au dernier finaliste de la Coupe du monde mais on avait pour nous une cohésion incroyable. J'ai souvenir d'un stage de pré-Tournoi à Nice où on avait partagé des moments de vie à la montagne, dans un chalet. La mayonnaise avait pris. C'était une nouvelle expérience. Un nouveau groupe. On avait réalisé un match exceptionnel ce jour-là. À titre personnel, j'exerçais mon premier capitanat. J'avais 27 ans. Je ne me rappelle plus précisément mes mots employés devant les gars dans les vestiaires. J'ai davantage évoqué l'attitude, ce qu'on voulait sortir sur le terrain. Le message c'était d'essayer de finir la tête haute. C'est ce qu'on a fait. »

 
 

« Une première sélection contre les Anglais, ça devrait compter triple comme au Scrabble ! »

Cameron Woki

 
 


C. W. : « Une première sélection contre les Anglais, c'est mon cas (2 février 2020, 24-17), ça devrait compter triple comme au Scrabble ! C'était mon premier gros test international et il fallait que je me prépare à un match de haut niveau. Baptiste Serin et Jefferson Poirot, mes coéquipiers à l'UBB, m'avaient expliqué que je n'avais pas forcément de chance de débuter par la rencontre la plus importante du Tournoi mais qu'il fallait que je prenne du plaisir. En même temps, ils m'ont bien fait comprendre que ça restait un match de rugby spécial. Ils avaient utilisé le terme "particulier", je me rappelle. J'avais traduit ça par "adversité". C'était les Anglais, quoi. »

 
 

Les clés du Crunch ?

C. W. : « Un joueur m'impressionne quand on évoque le Crunch, c'est Thierry Dusautoir. "Titi" était un autre joueur quand il jouait contre les Anglais. Dans l'envie, on sentait qu'il se positionnait différemment que dans les autres matches du Tournoi. Je le comprends mieux aujourd'hui parce que moi aussi je me conditionne à l'approche du Crunch. Ce n'est pas qu'on mette plus de sérieux, toutes les rencontres se préparent sérieusement, c'est juste qu'on met un supplément d'âme à affronter l'Angleterre. C'est un match "plus". Je ne saurais pas l'expliquer. En tout cas ce n'est pas une rencontre qu'il faut jouer, c'est une rencontre qu'il faut gagner. Si on n'a pas cette exigence, on n'y a pas sa place. »

 

C. O. : « La présence en défense et l'intensité sont souvent les clés d'un Crunch. Après, si tu veux défaire une équipe d'Angleterre qui tourne aussi bien en ce moment (moins depuis l'interview), il te faut aussi beaucoup de talent. S'il peut y avoir des gestes de classe et quelques moments pour faire basculer la rencontre, forcément ça sera un plus. En 2023, on s'était bien adaptés sur nos circuits et notre jeu de mouvement. Tout le monde était clair là-dessus. Sur le terrain, on a été chirurgicaux (victoire des Bleus 53-10 à Twickenham). Cette année, il n'y aura pas énormément de différence entre la France et l'Angleterre. Il faut s'attendre à un match serré jusqu'au bout. »

 
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Pour le shooting, Cameron Woki est le seul ayant tenu à porter une cravate sous son survêt. Fashion sportif assumé. (Théo Saffroy/L'Équipe)
 

C. W. : « J'ai l'impression qu'il y a beaucoup plus de combat dans un Crunch que lorsqu'on prend l'Irlande ou l'Italie ou les Gallois. La rivalité entre les deux nations est séculaire. Elle dépasse le cadre du rugby et je crois qu'elle ne disparaîtra jamais. Cette façon que les Anglais ont de nous prendre de haut, je la mettrais en parallèle avec le haka des Blacks. Ils ont besoin d'éprouver ce sentiment de supériorité pour performer. C'est leur état d'esprit. Ils nous voient comme des gentils. Je pense qu'on est une équipe fière. Une équipe soudée surtout. »

 
 

On se sent davantage français quand on est opposé aux Anglais ?

L. B. -B. : « Oui. Personnellement, quand je joue contre les Anglais, je pense toujours à ce coq que j'arbore sur la poitrine. Eux, ils ont une rose. Dans mon idée, le coq se frotte à la rose et ça pique. Ce n'est pas agréable. La seule solution c'est de l'arracher. Ça paraît un peu bête énoncé comme ça mais c'est vraiment une vision qui m'habite. »
C. O. : « Ah ça, oui. Encore plus quand tu les joues à Twickenham, je ne sais pas pourquoi. Moi, c'est ce que je ressens des jours avant et des jours après le match. Et même des années après, les images qui me reviennent sont plus celles du match Angleterre-France que du match France-Angleterre. »
M. J. : « Ce que je sais c'est qu'un Crunch fait partie des matches où on a le plus d'adrénaline sur le terrain. Encore plus quand on joue chez eux. Twickenham, c'est un chaudron bourré d'ambiance et de ferveur. Quand les déclarations dans la presse britannique chauffent les joueurs de l'équipe de France avant le match, que le scénario de la rencontre se déroule bien et qu'on arrive à répondre sur le terrain, c'est d'autant plus satisfaisant de gagner à Twickenham. J'espère bien que ça sera le cas pour moi (sur quatre Crunches, il en a gagné deux au Stade de France et perdu deux à Twickenham). »

 
 

« Toutes les autres équipes de l'hémisphère nord espèrent un jour imiter l'Angleterre en Coupe du monde »

Charles Ollivon

 
 

C. W. : « À Twickenham, tu as beau être entouré par 80 000 personnes, tu as toujours l'impression d'être seul contre la terre entière, même si tes propres supporters se sont déplacés en nombre. On est emporté par le brouhaha de l'atmosphère anglaise. On est aussi pris par le mythe que représente ce stade. C'est là où il faut faire bloc, penser à l'équipe, se resserrer. Sinon on peut vite être balayé. »

 
 

Qui sont tes British Idols ?

N. D. : « Pour moi, Jonny Wilkinson est le joueur qui personnifiait le quinze de la Rose. Ce n'est pas pour rien qu'on l'appelle Sir Jonny Wilkinson. C'était un joueur complet, avec énormément de technique. J'ai lu son livre (Jonny Wilkinson, mémoires d'un perfectionniste). Humainement, il me fait l'effet d'une personne en or. »

M. J. : « La routine de Jonny Wilkinson était incomparable. Il était très fort dans les moments d'intense pression où il gardait son sang-froid et réalisait ses gestes à la perfection. J'ai également grandi devant les exploits d'Owen Farrell dont j'appréciais le leadership. Marcus Smith fait partie des ouvreurs de ma génération. Il possède des qualités d'attaque exceptionnelles. Au-delà de leurs qualités rugbystiques, ces trois mecs sont des gagnants. Le genre qui mange rugby, dort rugby, vit rugby. Je me retrouve dans leur personnalité comme dans leur façon de s'exprimer sur le pré. »

 
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Fake news : aucun des Bleus n'apprécie la jelly. Juste après la photo, les joueurs vont la massacrer. (Théo Saffroy/L'Équipe)
 

C. O. : « Immense respect pour les Anglais. Ils ont connu des générations extraordinaires comme celle de la Coupe du monde 2003 avec Wilkinson en maître d' oeuvre. C'est la seule équipe de l'hémisphère nord qui est parvenue à gagner la Coupe du monde. Toutes les autres équipes de l'hémisphère nord espèrent un jour l'imiter. »

 
 

Il y a des essais plus beaux que d'autres dans un Crunch ?

C. W. : « Quand je jouais en jeunes à Massy, je me souviens d'un essai marqué par Gaël Fickou dans les dernières minutes d'un match donnant la victoire à la France à Twickenham (le 1er février 2014, 24-26). Gaël, c'est un joueur dans lequel je me projetais. Il avait un talent hyper précoce, il a commencé très tôt, il a réussi très tôt. J'avais été frappé qu'à son âge (20 ans) il pouvait performer à un tel niveau et faire basculer le cours d'un match aussi important car l'Angleterre de l'époque, ça restait le top du top. Pour son premier Crunch en plus. »

 
 
 

L. B. -B. : « Mes plus beaux souvenirs d'essais dans des Crunches sont ceux de Gaël Fickou en 2014 et de Wesley Fofana l'année d'avant (23 février 2013, victoire de l'Angleterre 23-13). Gaël parce que c'était un jeune qui sauvait l'équipe. Parce que c'était l'essai de la victoire. Parce que la sélection française était moins en forme à l'époque qu'aujourd'hui. L'année d'avant à Twickenham, Wesley Fofana traverse tout le terrain et dépose six défenseurs pour marquer après 70 mètres de course solitaire. Un exploit personnel insensé. »

 
 
 
 

C'est laquelle la pire branlée infligée aux Anglais ?

C. O. : « Des matches, tu en joues énormément. Parmi ceux-là, lesquels sont des matches parfaits ? Trois, quatre, peut-être. Je pense que le Angleterre-France du 11 mars 2023 à Twickenham (10-53) en fait partie. Des images me traversent. La réception du coup d'envoi sous un petit crachin. Le stade comble. Le stade qui gronde. La nuit qui commence à tomber. Il ne faut pas se laisser distraire. Rester focus sur le ballon. Après, ça part. Premières actions. On fait une première mi-temps de rêve (3-27). On termine à plus de 50 points alors que les supporters anglais ont commencé à sortir du stade vingt minutes avant la fin. On voyait les gens descendre les escaliers. C'était full plaisir. Exceptionnel dans tous les sens du terme. »

 
 

« Les Anglais sont toujours dans la provocation, dans la lignée de leurs aînés »

Nicolas Depoortere

 
 

L. B. -B. : « En 2023, je n'y étais pas. J'avais joué la veille face aux moins de 20 ans anglais. C'était passé un peu inaperçu, mais on avait gagné 42 à 7 là-bas. Déjà ça, c'était à marquer d'une pierre blanche. Dans cette catégorie d'âge, la France n'avait pas gagné chez eux depuis 2009, je crois. On avait dormi sur place et au retour, on s'était arrêté manger sur une aire d'autoroute. On avait regardé le match dans un routier. C'était presque un gag au fur et à mesure que le score enflait. Quand on a perdu à Twickenham l'année dernière (26-25), je me suis rappelé ce score hors norme. Et c'est là qu'on se rend encore plus compte de la portée historique de cette journée. »

 
 

Tu les aimes pas un peu quand même les Anglais ?

C. O. : « On sait comment les Anglais peuvent célébrer certaines actions, parler beaucoup, faire des gestes un peu bêtes. Voilà pourquoi on les déteste mais aussi pourquoi on les aime. Il se trouve qu'à titre personnel je connais certains joueurs anglais. Kyle Sinckler et Lewis Ludlam sont mes partenaires au RCT. Quand on s'est joué en sélection, il est possible qu'on ne s'appréciait pas. Puis je les ai côtoyés et j'ai appris d'eux. Sur l'attitude, les routines, le sérieux qu'ils apportent tout au long de la chaîne du rugby. Ce sont des mecs très attachants et professionnels. Je devrais les haïr ? Je ne crois pas. »

 
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Pollock et ses coéquipiers vont-ils apprécier l'hommage au tea time ? Réponse samedi soir. (Théo Saffroy/L'Équipe)
 

N. D. : « Les Anglais sont toujours dans la provocation, dans la lignée de leurs aînés. Pollock incarne ça à la perfection. Un mec chambreur, très bon joueur, insupportable sur le terrain. Maintenant, et au risque de décevoir, j'ai eu l'opportunité d'échanger quelques mots avec lui et j'ai trouvé que c'était une personne agréable. À la fin du match de Coupe d'Europe contre Northampton (le 11 janvier dernier, 50-28), on a discuté vite fait. "Et toi, comment ça va ? Tu passes une bonne saison dans ton club ?" Des petits trucs comme ça mais c'était cool. »
C. W. : « Pollock, j'adore ce mec. J'adore son attitude. Aujourd'hui on a besoin de showmen. On a besoin de joueurs qui sortent du rang. Ses célébrations, ses petites provocs, ça ne me dérange pas du tout. Il peut se le permettre parce qu'il est performant sur le terrain. On n'a rien à lui dire. »

 
 

Mais c'est toujours aussi jouissif de les battre ?

C. O. : « Oui ! »
C. W. : « Quand on parle du Tournoi des Six Nations, toutes les victoires sont importantes mais c'est vrai qu'il y aura toujours un truc en plus contre les Anglais. »
M. J. : « Je ne mets pas plus d'affect que ça dans un match contre l'Angleterre. Ça reste du rugby. Le principal, c'est de gagner. »


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#128 Lourugby

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Posté 11 mars 2026 - 21:37

4 semaines de suspension pour Jégou : https://www.lequipe....-ecosse/1658679



#129 RugbyASM

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Posté 11 mars 2026 - 21:49

C. O. : « J'ai débuté contre les Anglais en 2020 (le 2 février, 24-17). La majorité de l'équipe était très jeune, avec peu d'expérience et peu de sélections. On ignorait si on allait être au niveau face au dernier finaliste de la Coupe du monde mais on avait pour nous une cohésion incroyable. J'ai souvenir d'un stage de pré-Tournoi à Nice où on avait partagé des moments de vie à la montagne, dans un chalet. La mayonnaise avait pris. C'était une nouvelle expérience. Un nouveau groupe. On avait réalisé un match exceptionnel ce jour-là. À titre personnel, j'exerçais mon premier capitanat. J'avais 27 ans. Je ne me rappelle plus précisément mes mots employés devant les gars dans les vestiaires. J'ai davantage évoqué l'attitude, ce qu'on voulait sortir sur le terrain. Le message c'était d'essayer de finir la tête haute. C'est ce qu'on a fait. »

C. W. : « Une première sélection contre les Anglais, c'est mon cas (2 février 2020, 24-17), ça devrait compter triple comme au Scrabble ! C'était mon premier gros test international et il fallait que je me prépare à un match de haut niveau. Baptiste Serin et Jefferson Poirot, mes coéquipiers à l'UBB, m'avaient expliqué que je n'avais pas forcément de chance de débuter par la rencontre la plus importante du Tournoi mais qu'il fallait que je prenne du plaisir. En même temps, ils m'ont bien fait comprendre que ça restait un match de rugby spécial. Ils avaient utilisé le terme "particulier", je me rappelle. J'avais traduit ça par "adversité". C'était les Anglais, quoi. »

 
Il y a des essais plus beaux que d'autres dans un Crunch ?
L. B. -B. : « Mes plus beaux souvenirs d'essais dans des Crunches sont ceux de Gaël Fickou en 2014 et de Wesley Fofana l'année d'avant (23 février 2013, victoire de l'Angleterre 23-13). Gaël parce que c'était un jeune qui sauvait l'équipe. Parce que c'était l'essai de la victoire. Parce que la sélection française était moins en forme à l'époque qu'aujourd'hui. L'année d'avant à Twickenham, Wesley Fofana traverse tout le terrain et dépose six défenseurs pour marquer après 70 mètres de course solitaire. Un exploit personnel insensé. »


 
Du match de 2020 dont parlent Ollivon et Woki, je me souviens surtout de cela (et j'entends encore le commentaire en direct de Matthieu Lartot "il a bouthier les Anglais") :
 
 
 
Et comment ne pas oublier Wesley Fofana qu'évoque Bielle-Biarrey :


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#130 Eastern Outpost

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Posté 11 mars 2026 - 22:07

Ollivon a signé pour UBB?


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#131 RCV06

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Posté 11 mars 2026 - 22:14

4 semaines de suspension pour Jégou : https://www.lequipe....-ecosse/1658679

Il 'sen sort pas si mal !


« Le Crunch, c'est entre deux nations qui se détestent mais qui s'aiment en même temps » : cinq Bleus évoquent leur lien au France-Angleterre On célèbre, samedi au Stade de France, une confrontation vieille de 120 ans entre la France et l'Angleterre. Cinq pointures des Bleus - Nicolas Depoortere, Cameron Woki, Charles Ollivon, Louis Bielle-Biarrey et Matthieu Jalibert - évoquent leur lien au Crunch, séculaire pierre angulaire du Tournoi.

Le « media day », pré-Tournoi du quinze de France à Marcoussis, c'est un peu comme les « 3J » aux Galeries Lafayette mais sans la cohue. On fouine. On farfouille. On fait ses affaires. Que vous soyez sponsor, journaliste, instagrammeur, vous trouvez toujours un joueur à interviewer ou un officiel pour discuter. Côté organisation c'est bien foutu. On vous mélange avec des gens que vous n'auriez jamais côtoyés autrement et ce n'est pas si mal.

 
 

Lors de notre passage une dizaine de jours avant le France-Irlande du 5 février (36-14), on a bien sympathisé avec une bande d'opticiens qui avait installé un immense « O » en aggloméré sous la grande halle d'entraînement pour que Julien Marchand y passe la tête (le genre de photo qui ravit les équipes). Tout le monde est bien servi. Le Mag a même été très bien servi. Nous avons eu droit à une matinée entière pour illustrer ce sujet sur le Crunch avec cinq joueurs triés sur le volet, n'ignorant rien de leur ratio victoires-défaites face à l'ennemi héréditaire.

 
 

On leur a demandé de répondre à tout un tas de questions déstabilisantes - vous pensez bien - autour de ce qui est considéré comme le climax du Tournoi, le « moment craquant » comme l'avait qualifié un jour de 1981 un journaliste de l'Irish Times (« excitant »« prépondérant »« capital » ça marche aussi).

 

Cela fait 120 ans que Français et Anglais croisent le fer dans ces joutes mémorielles ravivant les souvenirs douloureux. Pour nous, Jeanne d'Arc sur le bûcher, Azincourt, Waterloo, Mers-El-Kébir, tout ça. Depuis le 22 mars 1906, les Bleus n'ont de cesse de piétiner la rose des Tudor. Les « Bleus ciel » si on veut être tout à fait précis. Figurez-vous que le maillot porté lors de ce tout premier France-Angleterre officiel de l'histoire fut un inédit bleu ciel, eh oui.

 
 
 
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Le trois-quarts centre du quinze de France Nicolas Depoortere. (Theo Saffroy/Theo saffroy)
 
 

Dans cette livrée également frappée des anneaux olympiques, Gaston Lane - le capitaine - ne devait pas se sentir éloigné de son maillot du Racing dont il occupait l'aile, ce qui ne l'empêcha pas, avec les copains, de prendre une dérouillée au Parc des Princes (8-35). Ça s'arrangera par la suite. Le premier match nul a lieu à Twickenham en 1922 (11-11), la première victoire à Colombes en 1927 (3-0). Côté data, les Anglais se sont imposés à 61 reprises, les Français ont gagné 44 fois, il y a eu 7 nuls.

 

Durant des décennies, la suprématie british est restée indiscutable. En général, François le Gaulois se faisait embrouiller par Johnny L'Angliche. « Ils sont sur le point de disjoncter ? Parfait. Continuons à leur filer des coups de pompe ! », inculquait à ses successeurs le deuxième-ligne Wade Dooley (8 Crunches). Réponse postérieure de Sylvain Marconnet (11 Crunches) : « Je suis français donc je cultive une forme de haine envers les Anglais. On me l'a transmise et je la transmettrai. »

 
 

« Gamin, j'attendais ce France-Angleterre durant toute la semaine. Il était hors de question de perdre... »

Louis Bielle-Biarrey

 
 

Pas trop le karma des joueurs actuels Charles Ollivon (4 Crunches), Louis Bielle-Biarrey (2 Crunches), Matthieu Jalibert (4 Crunches), Nicolas Depoortere (1 Crunch) et Cameron Woki (5 Crunches), habitués à jouer avec des Anglais dans leurs équipes de Top 14. Ensemble, ils tenteront d'éteindre le talent insolent de Henry Pollock et consorts samedi au Stade de France dans leur maillot adidas bleu ciel en hommage au match originel de 1906. Lane, le Racingman, les regardera là d'où il est. Fasse que ce bon vieux Gaston ne soit pas déçu.

 
 

Tu connais la signification du terme Crunch ?

Louis Bielle-Biarrey : « Bah, je sais pas trop. À part la plaque de chocolat... »
Charles Ollivon : « La première chose qui me vient à l'esprit, c'est que ça a à voir avec quelque chose qui croustille. Comme la plaquette de chocolat à la fois tendre mais qui pétille en bouche. J'ai toujours bien aimé ce mot. »
Matthieu Jalibert : « Non. »
Nicolas Depoortere : « C'est le chocolat, c'est ça ? (On lui explique comment cela peut se traduire) Très bien. Je le note. »
Cameron Woki : « Je ne connais pas précisément l'origine du nom. En termes de ­rugby c'est forcément lié à l'adversité. Concrètement une rencontre face à l'Angleterre qui nous bat depuis qu'on est petits. C'est un rendez-vous plus qu'important. Le point de destination pour les supporters, les joueurs, les téléspectateurs. C'est un événement. Ça se passe entre deux nations qui se détestent, mais qui s'aiment en même temps. C'est tout ça, le Crunch. »

 
 

Petit, devant la télé, c'était comment ?

L. B. -B. : « Quand j'étais gamin, j'attendais ce France-Angleterre durant toute la semaine. C'était excitant cette rencontre qu'il était hors de question de perdre puisque que c'était les Anglais qu'on avait en face. Beaucoup plus excitant qu'un France-Écosse ou qu'un Galles-France. On regardait le match en famille à Grenoble lors de ces hivers où il fait souvent très froid dans les Alpes. Le feu dans la cheminée nous réchauffait, mon père, mon frère, ma mère et moi. Parfois, mes cousins nous rejoignaient. Il y avait de l'ambiance. On montait le son du poste très fort. »

 

N. D. : « Les Six Nations, ça se passait aux mois de février et mars, un moment où ça caille et où il n'arrête pas de pleuvoir sur Bordeaux. Donc c'était canapé, plaid sur les jambes, chocolat chaud pour attendre les Anglais de pied ferme. On ressentait la tension derrière l'écran de la télévision. Ça amenait de l'émotion et même si on perdait, on passait un bon après-midi. France-Angleterre, c'est aussi le premier match auquel j'ai assisté en tant que spectateur au Stade de France avec mes parents et mon grand frère. Je n'ai ni le souvenir de la date ni du score ni de qui jouait dans les deux camps (rire gêné). J'étais assez petit. »

 
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Ce cliché pris avec Teddy - caniche casté pour l'occasion et donc capé pour la première fois - est un hommage au photographe anglais Martin Parr, disparu en décembre 2025. (Théo Saffroy/L'Équipe)
 

M. J. : « Le dimanche, je regardais les matches du Tournoi avec mon père. Il n'a pas joué à haut niveau mais il a joué quand-même. À Saint-Germain-en-Laye, à Nouméa, dans le sud-ouest avant cela. Au début, il m'expliquait les règles et les actions de jeu puis au fur et à mesure que je grandissais dans le rugby, on regardait les matches "à égalité". Forcément le match contre l'Angleterre était le plus attendu du Tournoi. »

 
 

Ta toute première fois

L. B. -B. : « J'ai disputé deux Crunches. À chaque fois, matches très serrés. Très engagés. Très disputés. Le premier, à Lyon, on le gagne d'un point je crois (2 en réalité, 33-31 le 16 mars 2024). Après la mi-temps, je rentre sur le terrain avec des petits soucis d'intestin liés au fait que je mange trop vite mêlé au stress et aux efforts répétés et je vomis sur mon aile ! Le deuxième, on le perd d'un point à Twickenham après la sirène (26-25, le 8 février 2025), preuve qu'on n'a pas su garder notre concentration jusqu'à la fin de la rencontre. Les matches contre l'Angleterre se jouent à des petits détails qui font qu'à tout moment ça peut basculer. »
C. O. : « J'ai débuté contre les Anglais en 2020 (le 2 février, 24-17). La majorité de l'équipe était très jeune, avec peu d'expérience et peu de sélections. On ignorait si on allait être au niveau face au dernier finaliste de la Coupe du monde mais on avait pour nous une cohésion incroyable. J'ai souvenir d'un stage de pré-Tournoi à Nice où on avait partagé des moments de vie à la montagne, dans un chalet. La mayonnaise avait pris. C'était une nouvelle expérience. Un nouveau groupe. On avait réalisé un match exceptionnel ce jour-là. À titre personnel, j'exerçais mon premier capitanat. J'avais 27 ans. Je ne me rappelle plus précisément mes mots employés devant les gars dans les vestiaires. J'ai davantage évoqué l'attitude, ce qu'on voulait sortir sur le terrain. Le message c'était d'essayer de finir la tête haute. C'est ce qu'on a fait. »

 
 

« Une première sélection contre les Anglais, ça devrait compter triple comme au Scrabble ! »

Cameron Woki

 
 

C. W. : « Une première sélection contre les Anglais, c'est mon cas (2 février 2020, 24-17), ça devrait compter triple comme au Scrabble ! C'était mon premier gros test international et il fallait que je me prépare à un match de haut niveau. Baptiste Serin et Jefferson Poirot, mes coéquipiers à l'UBB, m'avaient expliqué que je n'avais pas forcément de chance de débuter par la rencontre la plus importante du Tournoi mais qu'il fallait que je prenne du plaisir. En même temps, ils m'ont bien fait comprendre que ça restait un match de rugby spécial. Ils avaient utilisé le terme "particulier", je me rappelle. J'avais traduit ça par "adversité". C'était les Anglais, quoi. »

 
 

Les clés du Crunch ?

C. W. : « Un joueur m'impressionne quand on évoque le Crunch, c'est Thierry Dusautoir. "Titi" était un autre joueur quand il jouait contre les Anglais. Dans l'envie, on sentait qu'il se positionnait différemment que dans les autres matches du Tournoi. Je le comprends mieux aujourd'hui parce que moi aussi je me conditionne à l'approche du Crunch. Ce n'est pas qu'on mette plus de sérieux, toutes les rencontres se préparent sérieusement, c'est juste qu'on met un supplément d'âme à affronter l'Angleterre. C'est un match "plus". Je ne saurais pas l'expliquer. En tout cas ce n'est pas une rencontre qu'il faut jouer, c'est une rencontre qu'il faut gagner. Si on n'a pas cette exigence, on n'y a pas sa place. »

 

C. O. : « La présence en défense et l'intensité sont souvent les clés d'un Crunch. Après, si tu veux défaire une équipe d'Angleterre qui tourne aussi bien en ce moment (moins depuis l'interview), il te faut aussi beaucoup de talent. S'il peut y avoir des gestes de classe et quelques moments pour faire basculer la rencontre, forcément ça sera un plus. En 2023, on s'était bien adaptés sur nos circuits et notre jeu de mouvement. Tout le monde était clair là-dessus. Sur le terrain, on a été chirurgicaux (victoire des Bleus 53-10 à Twickenham). Cette année, il n'y aura pas énormément de différence entre la France et l'Angleterre. Il faut s'attendre à un match serré jusqu'au bout. »

 
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Pour le shooting, Cameron Woki est le seul ayant tenu à porter une cravate sous son survêt. Fashion sportif assumé. (Théo Saffroy/L'Équipe)
 

C. W. : « J'ai l'impression qu'il y a beaucoup plus de combat dans un Crunch que lorsqu'on prend l'Irlande ou l'Italie ou les Gallois. La rivalité entre les deux nations est séculaire. Elle dépasse le cadre du rugby et je crois qu'elle ne disparaîtra jamais. Cette façon que les Anglais ont de nous prendre de haut, je la mettrais en parallèle avec le haka des Blacks. Ils ont besoin d'éprouver ce sentiment de supériorité pour performer. C'est leur état d'esprit. Ils nous voient comme des gentils. Je pense qu'on est une équipe fière. Une équipe soudée surtout. »

 
 

On se sent davantage français quand on est opposé aux Anglais ?

L. B. -B. : « Oui. Personnellement, quand je joue contre les Anglais, je pense toujours à ce coq que j'arbore sur la poitrine. Eux, ils ont une rose. Dans mon idée, le coq se frotte à la rose et ça pique. Ce n'est pas agréable. La seule solution c'est de l'arracher. Ça paraît un peu bête énoncé comme ça mais c'est vraiment une vision qui m'habite. »
C. O. : « Ah ça, oui. Encore plus quand tu les joues à Twickenham, je ne sais pas pourquoi. Moi, c'est ce que je ressens des jours avant et des jours après le match. Et même des années après, les images qui me reviennent sont plus celles du match Angleterre-France que du match France-Angleterre. »
M. J. : « Ce que je sais c'est qu'un Crunch fait partie des matches où on a le plus d'adrénaline sur le terrain. Encore plus quand on joue chez eux. Twickenham, c'est un chaudron bourré d'ambiance et de ferveur. Quand les déclarations dans la presse britannique chauffent les joueurs de l'équipe de France avant le match, que le scénario de la rencontre se déroule bien et qu'on arrive à répondre sur le terrain, c'est d'autant plus satisfaisant de gagner à Twickenham. J'espère bien que ça sera le cas pour moi (sur quatre Crunches, il en a gagné deux au Stade de France et perdu deux à Twickenham). »

 
 

« Toutes les autres équipes de l'hémisphère nord espèrent un jour imiter l'Angleterre en Coupe du monde »

Charles Ollivon

 
 

C. W. : « À Twickenham, tu as beau être entouré par 80 000 personnes, tu as toujours l'impression d'être seul contre la terre entière, même si tes propres supporters se sont déplacés en nombre. On est emporté par le brouhaha de l'atmosphère anglaise. On est aussi pris par le mythe que représente ce stade. C'est là où il faut faire bloc, penser à l'équipe, se resserrer. Sinon on peut vite être balayé. »

 
 

Qui sont tes British Idols ?

N. D. : « Pour moi, Jonny Wilkinson est le joueur qui personnifiait le quinze de la Rose. Ce n'est pas pour rien qu'on l'appelle Sir Jonny Wilkinson. C'était un joueur complet, avec énormément de technique. J'ai lu son livre (Jonny Wilkinson, mémoires d'un perfectionniste). Humainement, il me fait l'effet d'une personne en or. »

M. J. : « La routine de Jonny Wilkinson était incomparable. Il était très fort dans les moments d'intense pression où il gardait son sang-froid et réalisait ses gestes à la perfection. J'ai également grandi devant les exploits d'Owen Farrell dont j'appréciais le leadership. Marcus Smith fait partie des ouvreurs de ma génération. Il possède des qualités d'attaque exceptionnelles. Au-delà de leurs qualités rugbystiques, ces trois mecs sont des gagnants. Le genre qui mange rugby, dort rugby, vit rugby. Je me retrouve dans leur personnalité comme dans leur façon de s'exprimer sur le pré. »

 
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Fake news : aucun des Bleus n'apprécie la jelly. Juste après la photo, les joueurs vont la massacrer. (Théo Saffroy/L'Équipe)
 

C. O. : « Immense respect pour les Anglais. Ils ont connu des générations extraordinaires comme celle de la Coupe du monde 2003 avec Wilkinson en maître d' oeuvre. C'est la seule équipe de l'hémisphère nord qui est parvenue à gagner la Coupe du monde. Toutes les autres équipes de l'hémisphère nord espèrent un jour l'imiter. »

 
 

Il y a des essais plus beaux que d'autres dans un Crunch ?

C. W. : « Quand je jouais en jeunes à Massy, je me souviens d'un essai marqué par Gaël Fickou dans les dernières minutes d'un match donnant la victoire à la France à Twickenham (le 1er février 2014, 24-26). Gaël, c'est un joueur dans lequel je me projetais. Il avait un talent hyper précoce, il a commencé très tôt, il a réussi très tôt. J'avais été frappé qu'à son âge (20 ans) il pouvait performer à un tel niveau et faire basculer le cours d'un match aussi important car l'Angleterre de l'époque, ça restait le top du top. Pour son premier Crunch en plus. »

 
 
 
 

L. B. -B. : « Mes plus beaux souvenirs d'essais dans des Crunches sont ceux de Gaël Fickou en 2014 et de Wesley Fofana l'année d'avant (23 février 2013, victoire de l'Angleterre 23-13). Gaël parce que c'était un jeune qui sauvait l'équipe. Parce que c'était l'essai de la victoire. Parce que la sélection française était moins en forme à l'époque qu'aujourd'hui. L'année d'avant à Twickenham, Wesley Fofana traverse tout le terrain et dépose six défenseurs pour marquer après 70 mètres de course solitaire. Un exploit personnel insensé. »

 
 
 
 
 

C'est laquelle la pire branlée infligée aux Anglais ?

C. O. : « Des matches, tu en joues énormément. Parmi ceux-là, lesquels sont des matches parfaits ? Trois, quatre, peut-être. Je pense que le Angleterre-France du 11 mars 2023 à Twickenham (10-53) en fait partie. Des images me traversent. La réception du coup d'envoi sous un petit crachin. Le stade comble. Le stade qui gronde. La nuit qui commence à tomber. Il ne faut pas se laisser distraire. Rester focus sur le ballon. Après, ça part. Premières actions. On fait une première mi-temps de rêve (3-27). On termine à plus de 50 points alors que les supporters anglais ont commencé à sortir du stade vingt minutes avant la fin. On voyait les gens descendre les escaliers. C'était full plaisir. Exceptionnel dans tous les sens du terme. »

 
 

« Les Anglais sont toujours dans la provocation, dans la lignée de leurs aînés »

Nicolas Depoortere

 
 

L. B. -B. : « En 2023, je n'y étais pas. J'avais joué la veille face aux moins de 20 ans anglais. C'était passé un peu inaperçu, mais on avait gagné 42 à 7 là-bas. Déjà ça, c'était à marquer d'une pierre blanche. Dans cette catégorie d'âge, la France n'avait pas gagné chez eux depuis 2009, je crois. On avait dormi sur place et au retour, on s'était arrêté manger sur une aire d'autoroute. On avait regardé le match dans un routier. C'était presque un gag au fur et à mesure que le score enflait. Quand on a perdu à Twickenham l'année dernière (26-25), je me suis rappelé ce score hors norme. Et c'est là qu'on se rend encore plus compte de la portée historique de cette journée. »

 
 

Tu les aimes pas un peu quand même les Anglais ?

C. O. : « On sait comment les Anglais peuvent célébrer certaines actions, parler beaucoup, faire des gestes un peu bêtes. Voilà pourquoi on les déteste mais aussi pourquoi on les aime. Il se trouve qu'à titre personnel je connais certains joueurs anglais. Kyle Sinckler et Lewis Ludlam sont mes partenaires au RCT. Quand on s'est joué en sélection, il est possible qu'on ne s'appréciait pas. Puis je les ai côtoyés et j'ai appris d'eux. Sur l'attitude, les routines, le sérieux qu'ils apportent tout au long de la chaîne du rugby. Ce sont des mecs très attachants et professionnels. Je devrais les haïr ? Je ne crois pas. »

 
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Pollock et ses coéquipiers vont-ils apprécier l'hommage au tea time ? Réponse samedi soir. (Théo Saffroy/L'Équipe)
 

N. D. : « Les Anglais sont toujours dans la provocation, dans la lignée de leurs aînés. Pollock incarne ça à la perfection. Un mec chambreur, très bon joueur, insupportable sur le terrain. Maintenant, et au risque de décevoir, j'ai eu l'opportunité d'échanger quelques mots avec lui et j'ai trouvé que c'était une personne agréable. À la fin du match de Coupe d'Europe contre Northampton (le 11 janvier dernier, 50-28), on a discuté vite fait. "Et toi, comment ça va ? Tu passes une bonne saison dans ton club ?" Des petits trucs comme ça mais c'était cool. »
C. W. : « Pollock, j'adore ce mec. J'adore son attitude. Aujourd'hui on a besoin de showmen. On a besoin de joueurs qui sortent du rang. Ses célébrations, ses petites provocs, ça ne me dérange pas du tout. Il peut se le permettre parce qu'il est performant sur le terrain. On n'a rien à lui dire. »

 
 

Mais c'est toujours aussi jouissif de les battre ?

C. O. : « Oui ! »
C. W. : « Quand on parle du Tournoi des Six Nations, toutes les victoires sont importantes mais c'est vrai qu'il y aura toujours un truc en plus contre les Anglais. »
M. J. : « Je ne mets pas plus d'affect que ça dans un match contre l'Angleterre. Ça reste du rugby. Le principal, c'est de gagner. »

 

C'est bien gentil toutes ces conneries, mais après une telle branlée ils devraient tous la mettre en veilleuse, on est vraiment loin de mon rugby

La honte l humilité, c'est vraiment des notions périmées


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#132 RugbyASM

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Posté 11 mars 2026 - 22:21

Il 'sen sort pas si mal !


C'est bien gentil toutes ces conneries, mais après une telle branlée ils devraient tous la mettre en veilleuse, on est vraiment loin de mon rugby

La honte l humilité, c'est vraiment des notions périmées

 

Les interviews datent d'avant le début du Tournoi, c'est indiqué dans les premières lignes de l'article...



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Posté 11 mars 2026 - 22:25

 

Les interviews datent d'avant le début du Tournoi, c'est indiqué dans les premières lignes de l'article...

Ben ça change rien, ce genre de trucs c'est un manque de respect et d humilité,  les symptômes de la melonite qui a donné la déroute de samedi.


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Posté 11 mars 2026 - 22:31

Pourquoi un manque de respect et d'humilité ?

 

Je trouve au contraire qu'ils respectent beaucoup cette équipe anglaise, ils déclarent à de nombreuses reprises apprécier ces joueurs, leur talent, leur personnalité et qu'ils savent que ce sera un match difficile et engagé. 

 

"Immense respect pour les Anglais. Ils ont connu des générations extraordinaires comme celle de la Coupe du monde 2003 avec Wilkinson en maître d' oeuvre. C'est la seule équipe de l'hémisphère nord qui est parvenue à gagner la Coupe du monde. Toutes les autres équipes de l'hémisphère nord espèrent un jour l'imiter. »


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#135 RugbyASM

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Posté 11 mars 2026 - 22:37

Ben ça change rien, ce genre de trucs c'est un manque de respect et d humilité,  les symptômes de la melonite qui a donné la déroute de samedi.

 

Je n'ai pas du tout la même lecture de l'article. :huh: C'est au contraire un beau message de respect de l'adversaire, en soulignant que les matchs contre l'Angleterre (d'autant plus à Twickenham) ont toujours une saveur particulière. Ils mentionnent au passage que c'est la seule équipe de l'hémisphère nord à avoir remporté la Coupe du Monde, il y a un mot sympathique à l'encontre de Pollock, Ollivon évoque ses coéquipiers anglais en club. Je trouve cela très intéressant de comprendre comment eux, en tant que joueurs, vivent ces moments-là.


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