"Je suis heureux de la personne qu'il est" : avant Stade Français - ASM Clermont, Juan Martin Scelzo fait la fierté de son père
À 24 ans, Juan Martin Scelzo se fait un prénom du côté du Stade Français. Le solide troisième ligne enchaîne les prestations convaincantes et attend l’ASM Clermont, ce dimanche soir (21 h 05). Son travail et sa force de caractère font l’admiration de son papa. Un certain Martin Scelzo, ancien pilier clermontois.
C’était un samedi d’avril 2011. Après une large victoire sur le promu rochelais, Martin Scelzo effectuait d’émouvants adieux au public clermontois, en compagnie de son frère d’armes Mario Ledesma. Sur la pelouse du Michelin, son fils Juan Martin, tout juste âgé de sept ans, essayait de consoler son colosse de père.
Ce petit bonhomme, vêtu alors d’un maillot de l’ASM un peu large, a bien grandi. C’est désormais un solide troisième ligne d’1,92 m pour 110 kg qui remplit bien sa tunique du Stade Français. Les chiens ne font pas des chats…
Juan Martin Scelzo est en train de se faire un prénom sur les terrains du Top 14. La semaine dernière, à Toulon, l’Argentin a largement contribué au succès des Parisiens sur la Rade. Une performance largement saluée par le staff rose.
« C’est un joueur magnifique, s’est extasié Perry Freshwater, l’entraîneur des avants. Il travaille très dur depuis le début de l’année et il n’avait pas forcément le temps de jeu qui suivait. Mais on a toujours su que l’on pouvait compter sur lui. Je peux vous dire qu’avec cette prestation et celle qu’il avait donnée contre l’Usap, il a changé de dimension ! »
À plusieurs centaines de kilomètres du Var, Martin Scelzo avait bien évidemment les yeux rivés sur son téléviseur. Hors de question pour le paternel de louper un match de son fils. À l’époque où Juan Martin évoluait du côté d’Issoire, l’ancien pilier droit avait pour habitude de reposer son immense carcasse sur la main courante du stade du Mas, chose qu’il continue d’ailleurs de faire avec le cadet, Francisco, troisième ligne chez les « Mauve et Noir ». Martin Scelzo est un papa très attentif à la carrière de ses enfants et n’est pas avare de conseils.
« On débriefe ensemble tous les matchs, tous les entraînements »
« Avec Juan Martin, on échange quotidiennement. Nous avons une très bonne relation. Dès que je peux monter à Paris voir les matchs de Juan, je le fais. On débriefe ensemble tous les matchs, tous les entraînements. Il me parle de toutes les choses qu’il pense bien faire, mais aussi de toutes les mauvaises. J’essaie tant bien que mal de lui donner des conseils, mais il est grand maintenant. Il sait ce qu’il doit faire. Je voudrais surtout qu’il puisse continuer à prendre du plaisir. »
Un papa passionné, mais loin d’être interventionniste. S’il suit de près les prestations de Juan Martin, l’ancien pilier droit ne l’a jamais obligé ou forcé à prendre telle ou telle direction. Même si, à l’inverse des couleurs du Stade Français, tout ne fut pas si rose dans la jeune carrière de Juan Martin Scelzo.
Imprégné du rugby depuis tout petit, l’Argentin a d’abord fait ses classes à l’académie de l’ASM, avec parfois quelques périodes de doute qui lui feront vivre des parenthèses régénératrices du côté de Saint-Genès-Champanelle ou d’Issoire. À cet âge-là, le plaisir d’être avec ses potes prime sur tout le reste. « Je l’ai entraîné un petit peu, se rappelle le paternel. Mais il a toujours décidé de ce qu’il voulait faire. Il a voulu arrêter l’ASM pour aller à Saint-Genès-Champanelle et Issoire, car il avait besoin de se recentrer et d’être avec ses copains. Et il a quand même fini par être professionnel. »
Ne jamais rien lâcher
Bon sang ne saurait mentir, Juan Martin Scelzo n’a jamais rien lâché. Avec opiniâtreté, résilience et travail, le troisième ligne a fini par s’imposer au plus haut niveau. Son choix de quitter l’Auvergne pour rejoindre le Stade Français en 2022 fut un pari risqué. Mais du côté de la capitale, le fils de Martin a trouvé du temps de jeu au plus haut niveau. De mois en mois, la confiance du staff parisien grandit et ses prestations deviennent de plus en plus conséquentes. Juan Martin Scelzo n’a rien eu gratuitement. C’est à la force du poignet qu’il est parvenu à se construire un statut. Cet état d’esprit à toute épreuve reste la chose qui rend le plus fier son papa.
« Je suis heureux de la personne qu’il est. Le voir jouer et enchaîner les matchs, c’est bien évidemment plaisant et je suis très content pour lui. Il voit que tous les efforts qu’il a produits ont fini par payer. Le fait qu’il se soit accroché comme cela est sûrement ce qui me rend le plus fier. »
Ce dimanche soir, « Juanito » a rendez-vous avec l’ASM Clermont pour un match capital en vue du top 6. Verra-t-on Martin Scelzo dans les tribunes de Jean-Bouin ? « Je ne pense pas. Je vais voir mon autre fils, Francisco, jouer avec Issoire. Après, sur un malentendu… pourquoi pas monter sur Paris dans la foulée (rires). Si la folie me prend, je suis capable de faire l’aller-retour dans la soirée. »