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Stade Rochelais


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Posté 21 avril 2026 - 19:54

Paul Boudehent, le Bleu qui accepte de changer de poste sans broncher à La Rochelle : « J'estime que j'avais comme un devoir de reconnaissance envers le club »
De retour de blessure, le troisième-ligne rochelais Paul Boudehent évoque sans filtre sa saison perturbée par les pépins physiques, son repositionnement en deuxième ligne et l'équipe de France qu'il espère retrouver cet été.

Deux jours après le large succès contre Bordeaux-Bègles qui redonne de l'élan au Stade Rochelais (45-15), Paul Boudehent s'est posé dans une loge du stade Marcel-Deflandre pour parler un peu de lui. Le troisième-ligne polyvalent (26 ans), qui s'est plié au désir de son entraîneur Ronan O'Gara en jouant en deuxième ligne toute la saison, a disserté sur sa vision du métier, avec son lot de déconvenues entre blessures et non-sélections, et la notion de loyauté envers un club qui a toujours crû en lui. Il espère lui rendre cette confiance en le qualifiant pour la phase finale du Top 14. Une mission loin d'être évidente. Cela tombe bien, ce sont celles qu'il préfère.

 
 
 
 

« Contre l'UBB le week-end dernier, c'est la première fois de la saison que vous jouiez en troisième ligne cette saison à La Rochelle. Ces retrouvailles avec le numéro 6 vous ont plu ?
Honnêtement, j'étais très content, parce que c'est mon poste avant tout. J'ai quand même terminé deuxième-ligne en fin de match. Je suis content de dépanner. Tant que je suis sur le terrain, c'est le plus important. Après, j'estime que là où je suis le meilleur, là où j'aide le plus l'équipe, c'est en troisième ligne. En deuxième ligne, je ne fais que dépanner.

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À l'aise en touche, Paul Boudehent évolue régulièrement en deuxième ligne. (F. Faugère/L'Équipe)
 

Neuf titularisations sur dix en deuxième ligne, c'est plus qu'un dépannage, non ?
Bah, ça reste un dépannage. Mais oui, j'y ai passé pas mal de temps.

 
 
 
 
 

Ça demande de désapprendre des choses quand on passe d'un poste à l'autre ?
Absolument. Là, ce week-end, j'ai eu des mauvais réflexes par exemple. Des trucs tout cons. J'ai été un peu aspiré au centre du terrain, là où normalement, je dois être davantage dans les couloirs, sur les extérieurs. Il y a des moments où je me suis dit : "Attends, je joue troisième-ligne aujourd'hui, il faut que je reste là !" J'avais tendance à vouloir enrouler fort, dans le sens. Je me suis fait la réflexion trois ou quatre fois pendant le match.

 
 
 
 

« Pour passer de troisième à deuxième ligne, il ne faut pas être trop léger. Tes piliers vont le sentir en mêlée. Après pour sauver les meubles, tu peux mettre n'importe quel troisième-ligne en deuxième ligne, mais ce n'est pas l'idéal »

 
 

On voit de plus en plus de joueurs évoluer à la fois en deuxième et en troisième ligne. La différence entre les deux postes tend-elle à disparaître ?
Ce sont quand même deux métiers différents. Mais tu peux avoir des joueurs capables de faire les deux. Il y en a plusieurs au club. Cette saison, ceux qu'on a le plus vu faire la navette, c'est Judicaël Cancoriet et moi. Dans le sens inverse, Ultan Dillane, Charles Kante Samba et Kane Douglas, de manière plus exceptionnelle, peuvent le faire. Pour passer de troisième à deuxième ligne, il ne faut pas être trop léger. Tes piliers vont le sentir en mêlée. Après pour sauver les meubles, tu peux mettre n'importe quel troisième-ligne en deuxième ligne, mais ce n'est pas l'idéal.

Pourquoi on voit autant de cas ces derniers temps ?
Des mecs de 2 m et 120 kg, ça ne court pas les rues. Alors que des mecs de 1,90 m à 110 kg (lui fait 1,92 m pour 107 kg), tu en as cinq fois plus. C'est ce qui pousse les entraîneurs à faire ce choix. Si tu veux un bon numéro 4 JIFF (issus de la filière de formation française), ce n'est pas évident parce qu'ils sont tous sous contrat. Quand tu veux en recruter un, ça devient tout de suite très compliqué. C'est pour ça qu'il y a des changements de postes qui sont un peu forcés.

 

Vous avez aussi déjà joué au centre. Est-ce une option que vous pouvez exploiter davantage ?
Techniquement, je peux jouer centre. Mais là, c'est vraiment sauve-qui-peut ! Si je commence à basculer à ce poste, c'est qu'il y a eu 4 blessés, 8 commotions, et c'est vraiment la guerre derrière. (Rire.)

 
 

« Je n'ai aucune pression. Si tu fais bien les choses, tu es le king. Et si tu trompes, ce n'est pas grave »

 
 

Néanmoins, vous aviez pris du plaisir lorsque l'occasion s'est présentée ?
Ah oui, je me suis régalé. Tous ces changements de postes, je trouve ça génial parce que ça te sort un peu de la monotonie. Sinon tu fais tout le temps un peu la même chose, toutes les semaines. C'est comme un bol d'air frais. Les courses, tu les fais différemment, tu ne réfléchis plus de la même manière. Ça te stimule. Évidemment, je préfère jouer troisième-ligne. Mais quand je changeais, que je passais à l'aile ou au centre, j'étais trop content. En plus, tu as tout à gagner, parce qu'au pire, tu fais une erreur. Quand je me retrouve à dépanner à l'aile, je ne défends pas vraiment comme un ailier. On ne devrait pas se trouver des excuses comme ça, mais la vérité, c'est que tu es dans une situation où on te pardonne certaines erreurs. Je ne suis pas vraiment ailier, je suis là pour dépanner. Donc, en fait, je n'ai aucune pression. Si tu fais bien les choses, tu es le king. Et si tu trompes, ce n'est pas grave.

 
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Paul Boudehent avec les Bleus face aux Fidji en novembre. (A. Mounic/L'Équipe)
 

Cette façon de voir les choses est aussi valable quand vous jouez deuxième-ligne ?
Alors maintenant, c'est moins vrai effectivement, parce que ça fait un an que je joue au même poste. Mais au début, je te promets que je pensais exactement pareil. Je le tournais aussi comme ça parce que c'était une manière sympa d'aborder les matches et de se délester de la pression.

 
 

« Quand je suis arrivé à La Rochelle, honnêtement, je n'avais pas le niveau. Le staff, en espoir, puis en pro, a été très patient avec moi »

 
 

Vous voyez cette polyvalence comme une force ou peut-elle desservir en vous catégorisant comme un joueur de complément ?
Cette année, je ne le prends pas vraiment sous cet angle. C'est une réflexion qui est un peu plus profonde que ça. J'estime que j'avais comme un devoir de reconnaissance envers le club. Quand je suis arrivé à La Rochelle (en 2017), honnêtement, je n'avais pas le niveau. Le staff, en espoir, puis en pro, a été très patient avec moi, parce que je n'étais pas forcément le plus simple à gérer. Ils ont pris le temps, ils ont persévéré à vouloir me former. Alors qu'ils n'étaient pas obligés de le faire, ils ont fait le choix de me garder. Cette année, si j'avais voulu penser qu'à moi, j'aurais refusé de jouer deuxième ligne. Mais le club avait besoin de moi.

 

Vous vous êtes senti redevable ?
C'est ça. Le Stade Rochelais m'a beaucoup donné. C'était le moment de rendre. Alors oui, j'entends quand on dit qu'il faut penser à soi, à sa carrière, parce que ça va vite. Et c'est vrai. Mais en même temps, si on n'avait pas été patient avec moi, si le club n'avait pas cru en moi, il ne serait même pas question de se dire que c'est court une carrière. Nous, les joueurs, on est dans une position où on nous donne en permanence. On prend. Là je me suis dit que c'était aussi le moment de donner.

 

Vous étiez si difficile que ça à gérer plus jeune ?
Quand je suis arrivé ici, j'avais 17 ans, je sortais de l'adolescence. Je n'étais pas forcément une tête brûlée, mais je n'avais pas tous les codes du milieu professionnel. J'arrivais de Nantes, et sans manquer d'humilité, le niveau là-bas n'était pas celui à La Rochelle. J'étais en position de force dans mon équipe. Et en arrivant ici, j'étais un joueur parmi tant d'autres. Je ne sortais pas du lot, très loin de là. Je suis arrivé en me disant que ça allait être simple. C'était une erreur de jeunesse, un manque d'humilité. Bref, c'était un peu le schéma classique du jeune de 17 ans qui rencontre le milieu professionnel et qui se casse les dents en apprenant les codes d'une équipe, face à des joueurs qui ont 35 ans, des internationaux qui ont prouvé. Pour résumer, j'étais un petit con (rire). Honnêtement, ça a été très, très dur, mais tellement formateur. Et à ce moment-là, quand j'étais ce petit con, le club a quand même cru en moi alors qu'il n'était pas obligé de le faire.

 
 

« Il y a eu le Tournoi des Six Nations où j'étais avec les copains à Marcoussis mais sans participer... Là, ç'a été vraiment, vraiment dur. J'ai ressenti énormément de déception... »

 
 

Vous n'avez pas joué lors du Tournoi des Six Nations. Gardez-vous les Bleus en tête pour cet été ?
Ouais... C'est dans un coin, on va dire. Je préfère y aller par étapes, pendre les week-ends les uns après les autres. Je vais tout faire pour être prêt. Mais je ne fais pas de plan sur la comète. Si ça doit se faire, ça se fera. J'ai eu pas mal de pépins physiques cette année. J'ai enchaîné deux blessures en janvier (cervicales) puis en mars-avril (genou). Entre-temps, il y a eu le Tournoi des Six Nations où j'étais avec les copains à Marcoussis mais sans participer... Là, ç'a été vraiment, vraiment dur. J'ai ressenti énormément de déception...

 
 
O'Gara salue son « sacrifice »
Le 28 février, après la victoire du Stade Rochelais à Castres (31-26), le manager irlandais Ronan O'Gara avait fait l'éloge de Paul Boudehent et pris une part de responsabilité dans son absence des feuilles de match de l'équipe de France cet hiver. « Paul fait beaucoup de sacrifices pour l'équipe. Je pense que son repositionnement en deuxième ligne avec nous le pénalise par rapport à l'équipe de France. Il serre les dents et fait du bon boulot. Je dois le féliciter pour tout ce qu'il fait pour notre club parce que c'est un immense sacrifice. Paul est très triste de ne pas être en équipe de France et j'en suis un peu responsable. Donc je ne suis pas à l'aise avec ça. »

Titulaire comme numéro 7 des Bleus lors du Tournoi des Six Nations remporté en 2025 et encore face aux Springboks l'automne dernier (17-32), Boudehent n'a plus porté le maillot des Bleus depuis le match de novembre contre les Fidji (34-21), où il était entré en jeu dès la 30e minute. Cette saison avec le Stade Rochelais, il a disputé 12 rencontres, 10 comme titulaire, dont 9 en deuxième ligne. A. Co.
Comment vous faites pour traverser ces moments ?

En pensant à tout, sauf au rugby. En règle générale, quand je sors du centre d'entraînement, je déconnecte complètement. Ce qui m'aide d'ailleurs à rester très investi quand je suis au club. Parce que je fais le plein d'énergie en dehors. Quand j'arrive à l'entraînement, je suis complètement détendu et surtout prêt à travailler, dans de bonnes dispositions. Je sais que si je pensais tout le temps au rugby, je n'arriverais pas à bosser.

 
 

« Je suis du genre à poser toutes les questions possibles pour essayer de comprendre. C'est ce qui m'a aidé au quotidien pendant ma convalescence. J'ai complètement arrêté de penser au rugby »

 
 

Quand vous dites que vous déconnectez, ça veut dire quoi ?
J'estime avoir une chance, qui peut aussi être vue comme un inconvénient la manière de le tourner : je m'intéresse à tout. Demain, si on passe une journée ensemble en tant que journalistes, je vais m'intéresser à tous les points de vue du métier. Je suis du genre à poser toutes les questions possibles pour essayer de comprendre. C'est ce qui m'a aidé au quotidien pendant ma convalescence. J'ai complètement arrêté de penser au rugby, je me suis intéressé à tellement de sujets divers et variés. J'ai essayé de rencontrer des personnes qui ne connaissent rien au rugby. Mais une des difficultés qu'on a dans ce milieu, c'est que c'est très compliqué d'arrêter de parler de rugby. Tous les gens de mon entourage me parlent de ça, tout le temps.

 

Et même les gens de l'extérieur. Votre boulanger débriefe vos matches, non ?
Eh bah, devine ! Dans la tête de tous les gens que je rencontre, Paul Boudehent est joueur de rugby. Et dans la région, les gens adorent ce sport, et ils ont envie de partager cette passion. Mais dans cette petite équation, ce qu'il faut retenir aussi, c'est que cette passion est notre travail. Certains joueurs peuvent en parler tous les jours. Moi, j'aime bien parler d'autres choses. La contrainte qu'on a, c'est que c'est difficile de sortir du cadre du rugby. Dans toutes les discussions que je peux avoir, ça revient à un moment ou à un autre. On te ramène tout le temps au rugby. »

Paul Boudehent en bref
Troisième-ligne de La Rochelle.
26 ans.
1, 92 m ; 107 kg
21 sél. avec les Bleus.
2023 : vainqueur de la Coupe des champions avec le Stade Rochelais.
Palmarès : vainqueur du Tournoi des Six Nations avec les Bleus en 2025.


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Posté 12 mai 2026 - 06:07

Porteur hors norme, infatigable et de retour à son meilleur niveau, le Rochelais Grégory Alldritt postule de nouveau pour le quinze de France
Très bon contre le Racing dimanche soir (24-26), le capitaine de La Rochelle réalise une excellente fin de saison. Suffisant pour retrouver les Bleus cet été ?

Et si le grand Grégory Alldritt était enfin de retour ? Contre le Racing (24-26), La Rochelle a gagné son cinquième match en six rencontres de Top 14. La seule défaite, c'était contre Bayonne, à Anoeta (26-15), et Alldritt n'était pas sur le terrain, touché au visage une semaine plus tôt, contre Pau (20-6). Ce n'est peut-être pas un hasard. Le capitaine des Maritimes rayonne à nouveau : les observateurs assidus de cette équipe rochelaise, qui occupe actuellement la 8e place du classement, assurent même qu'il se rapproche à grands pas de son meilleur niveau, celui qui le plaçait parmi les meilleurs numéros 8 du monde, et qui faisait de lui un titulaire indiscutable en équipe de France. Ce n'est pas si vieux.

 
 
 
 

Dimanche soir, Fabien Galthié, le sélectionneur des Bleus, qui a passé quelques heures à La Rochelle jeudi en compagnie de Laurent Sempéré, un de ses adjoints, a assisté à la rencontre contre le Racing. En pleine préparation du Championnat des nations qui verra cet été son quinze de France affronter la Nouvelle-Zélande (le 4 juillet), l'Australie (le 11) et le Japon (le 18), il a dû apprécier le niveau de jeu d'un de ses anciens hommes de base. Mais est-ce que ce regain de forme sera suffisant pour le convaincre de retenir Alldritt (29 ans, 58 sélections), qui n'avait pas été appelé pour disputer le dernier Tournoi des Six Nations ? Au sein du staff des Bleus, il ne fait pas encore l'unanimité. Et la concurrence à ce poste a fini par éclore. Il faudra attendre la fin des barrages du Top 14, le week-end du 13-14 juin...

Contre le Racing, Perpignan (29-31), et Bordeaux (45-15), match durant lequel il a marqué un essai, il a joué à chaque fois 73 minutes, avec une pause de dix minutes, en seconde période. Cela lui permet de souffler et de repartir un peu plus frais pour le money-time, parfois au poste de deuxième-ligne, comme ce fut le cas dimanche soir. Sa polyvalence et sa santé sont deux atouts qui rassurent Ronan O'Gara, tracassé par un tas de problèmes, un tas d'absences surtout. Dimanche, le manager irlandais a de nouveau perdu deux éléments, Dillyn Leyds et Matthias Haddad. Son capitaine, lui, tient le choc.

 
 
 
 
 

Contre le Racing, son retour dans les dix dernières minutes a fait un bien fou à des Rochelais qui subissaient, reculaient et peinaient à conserver le ballon. Face aux solides et brutaux joueurs du Racing, il a été de tous les combats. Premier attaquant sur les dégagements d'Antoine Gibert ou d'Ugo Seunes, il a été ce qu'il a longtemps été, un porteur hors norme, infatigable, se relevant vite après les impacts pour apporter son soutien dans les rucks. Mais pas seulement. Son jeu a évolué, comme celui de La Rochelle.

 
 
 
Alldritt s'éclate et fait vivre le ballon

À l'issue de la rencontre, O'Gara expliqua que son équipe était en pleine mutation, qu'elle ne pouvait plus détruire comme elle le faisait jadis parce que Uini Atonio a arrêté sa carrière et que Will Skelton connaît quelques soucis avec son corps. La Rochelle joue désormais debout, multiplie les passes, les offloads. Elle attaque beaucoup, utilise la largeur. C'est comme cela qu'elle a inscrit son premier essai, celui de Nolann Le Garrec (15e), après un double échange magnifique entre Leyds et Oscar Jegou. Sur le second, celui de Jegou (31e), elle a récidivé, avec de la vitesse et un tas de solutions pour le porteur du ballon. Jegou a été servi, mais Alldritt était là, à ses côtés.

 

Même s'ils regrettent un manque de réalisme, les joueurs adhèrent, et aiment cette nouvelle approche. Et dans ce nouveau paysage, Alldritt semble s'éclater, s'amuser. Dimanche, il a fait vivre le ballon, avec 13 passes, dont 3 offloads, 2 défenseurs battus et 35 mètres parcourus. À Perpignan, ce chiffre était de 93. Et une semaine plus tôt, à domicile, contre l'UBB, il avait atteint les 87 mètres. Pourra-t-il confirmer, dimanche prochain, contre Toulouse, où il croisera quelques internationaux ?



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Posté 11 juin 2026 - 20:48

« Ce club m’a donné beaucoup plus que je ne lui ai donné » : le toujours enflammé Ronan O’Gara compte bien offrir plus au Stade Rochelais qu’un simple barrage de Top 14
20260607111620-66226xl98328.jpgLa force de persuasion de l’ancien ouvreur irlandais a pesé dans la fin de saison en boulet de canon de son équipe. © Crédit photo : XAVIER LEOTY / SO

Publié le 11/06/2026 à 18h30.
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La dynamique actuelle des Jaune et Noir, qui leur vaut d’avoir arraché la 6e place sur le fil, porte en partie le sceau de la détermination d’un manager rochelais qui a su évoluer au fil des galères, ces derniers mois

« Non, je ne suis pas soulagé. J’ai poussé pour essayer de faire quelque chose, je suis content que le club soit dans le top 6 parce que beaucoup pensaient que j’étais fou. » Avant la qualification sur le fil, ce samedi face au Stade Français (27-22) du Stade Rochelais pour un barrage contre ces mêmes Parisiens dimanche (21 h 05), la dernière fois que Ronan O’Gara avait parlé de folie, c’était en 2022, à Marseille.

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La configuration du barrage entre Paris et La Rochelle, ce dimanche (21 h 05), sera différente de leur dernier match. Si les Jaune et Noir doivent analyser les points qui ont posé problème, ils ne seront pas obligés de se découvrir autant

Le manager irlandais et sa caravelle venaient de décrocher une étoile européenne aux dépens du Leinster. Inconcevable en interne quelques années plus tôt, c’était devenu un objectif logique sous sa férule. Au point d’être reproduit la saison suivante qui, à deux minutes près en finale de Top 14, aurait pu être celle d’un « double doublé ».

Le top 6 n’est « pas une réussite »

En ce 6 juin 2026, décrocher de justesse la 6e place après que La Rochelle, deuxième masse salariale en Top 14, a été éliminée de la Champions Cup en poule n’a a priori rien à voir. Pourtant, sa série de six victoires et sa dynamique de huit succès en neuf rencontres portent aussi le sceau de la force de persuasion du Munsterman. « Je suis très fier d’être le manager de ce club après une saison comme ça parce que c’est un peu [le reflet de] mon esprit quand j’étais joueur. C’est mon esprit de manager mélangé à l’esprit rochelais », estime-t-il.

« On a aussi le droit de se demander ce qu’on a fait sur les deux premiers blocs. Ce n’est pas juste lié aux blessures »

Fin février, après deux défaites de rang à Marcel-Deflandre en Top 14, on en était pourtant très loin. « On parlait de peut-être aller en Pro D2. Il ne s’agissait pas de faire peur, c’était la réalité », glisse le Rochelais. Lorsqu’on lui avait parlé des places qualificatives, Ronan O’Gara avait cinglé : « On est loin du top 6, arrêtez. On est des perdants en ce moment. »

Depuis ce 14 février, les Maritimes ont opéré une sérieuse remise en question générale. Et n’ont perdu que deux fois. Un match offert sur un plateau à Bayonne, à Anoeta, et un quart de finale de Challenge Cup, à Belfast, avec une équipe remaniée pour laisser aux cadres l’espoir de toujours croire au Bouclier de Brennus. Un objectif que l’Irlandais a forcément en tête car « ce n’est pas une réussite d’être dans le top 6 ». Même si, « après toute la merde qu’on a mangée, ça me plaît énormément ».

Des questions en suspens

« ROG » n’en reste pas moins lucide : « C’est extraordinaire ce que [ses joueurs] ont fait, mais on a aussi le droit de se demander ce qu’on a fait sur les deux premiers blocs. Ce n’est pas juste lié aux blessures. On a manqué quelque chose, mais ce n’est pas le moment de poser cette question. »

« C’est important et intéressant de se remettre en question sur beaucoup de choses »

Elle n’est que retardée par l’ancien ouvreur, conscient que ce barrage n’efface rien : « La saison dernière et celle-ci, il y a beaucoup de questions. Je suis complètement d’accord avec les supporters, c’est important pour moi, pour l’équipe, pour eux, de continuer à en poser vis-à-vis de moi, l’homme pour mener cette équipe à l’avenir. C’est important et intéressant de se remettre en question sur beaucoup de choses. »

De fait, au fil des mois galères qui ont suivi la cruelle finale de 2023 – trois trous d’air hivernaux de suite, un 8e de finale européen perdu à Deflandre contre le Munster, pas de qualification en Top 14 en 2025, une palanquée de blessés et l’accident cardiaque de Uini Atonio –, l’Irlandais a évolué.

Connecté à son groupe

Il est toujours ambitieux et impulsif, capable de coups de sang comme de laisser libre cours à ses émotions et de changer d’avis sur le destin de ses joueurs au gré de son feeling. Mais Ronan O’Gara a su modifier le jeu de son équipe en intégrant plus de french flair, il a appris à faire de la place aux jeunes en acceptant qu’ils ne soient pas opérationnels de suite, fait des expérimentations tel un Rassie Erasmus, par exemple avec deux piliers en deuxième ligne face à Newcastle, et accepté d’en finir avec son équipe type.

Surtout, il semble à nouveau très connecté avec un large contingent de son groupe – ses leaders Grégory Alldritt et Nolann Le Garrec en tête – là où une bonne partie a pu être lassée par ses variations d’humeur. « Il a progressé là-dessus », confirme un intime du vestiaire. Voir, à Castres, ses joueurs poser avec une banderole de supporters où figure son portrait ou encore Antoine Hastoy venir lui taper dans la main au milieu du terrain du Racing n’a rien d’anodin.

C’est même prometteur alors que Ronan O’Gara, homme de coups et de coupes, s’est très rarement trompé dans son approche des grands matchs. Capable de dire à son équipe qu’elle est la meilleure du monde, sélections comprises, avant de défier le Leinster en 2023 à Dublin, il embrasse ces événements. « On est là et ça m’excite, ça m’inspire », dit-il, avec l’envie d’offrir autre chose au Stade Rochelais – où les perspectives de prolongation post-2027 sont réelles, quoi que rien ne filtre – : « Ce club m’a donné beaucoup plus que je ne lui ai donné. »

 
 
 
 

 



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Posté 13 juin 2026 - 12:05

« Il contamine, il amène cette grinta, cette envie de gagner » : le Rochelais Nolann Le Garrec a pris en main la destinée des Jaune et Noir
sudouest-photo-1-35836653.jpgShowman et compétiteur hors norme, Nolann Le Garrec est habité par une sacrée rage de vaincre. © Crédit photo : XAVIER LEOTY / SO

Publié le 12/06/2026 à 17h59.
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Au-delà de ses nombreux points marqués dès sa première saison, le n°9 rochelais de 24 ans a très vite imposé son leadership, jouant un rôle clé dans la qualification des Maritimes pour le barrage à Paris, ce dimanche (21 h 05)

« Le Garrec, arrête d’arbitrer ! » Le flanker parisien Ryan Chapuis a-t-il, comme Marcel-Deflandre, eu l’impression que Nolann Le Garrec s’occupait décidément de tout, cette saison, au Stade Rochelais ? On extrapole, le joueur du Stade Français, qui retrouve les Jaune et Noir ce dimanche en barrage après avoir perdu contre eux le 6 juin (27-22), reprochait au demi de mêlée de lever les bras derrière un ruck. Il n’empêche, la séquence raconte la façon dont le Breton entre dans la tête de ses adversaires, acteur central des rencontres.

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La dynamique actuelle des Jaune et Noir, qui leur vaut d’avoir arraché la 6e place sur le fil, porte en partie le sceau de la détermination d’un manager rochelais qui a su évoluer au fil des galères, ces derniers mois

Cela n’échappe à personne car c’est impossible, avec huit essais (dont trois doublés) et 119 points marqués sur les six derniers matchs. Avec 13 réalisations (pour 198 points), il est le premier Rochelais à dépasser 10 essais en une saison de Top 14. Pas mal pour un demi de mêlée de tout juste 24 ans et à peine recruté… Impressionnantes, ces statistiques traduisent imparfaitement l’influence prise par le Morbihannais en un temps record. Même si la façon dont il a parfois été servi, ou celle avec laquelle Antoine Hastoy a accepté de bon gré de lui laisser le but, dit beaucoup.

Des airs de Morgan Parra

En juillet 2025, Patrice Collazo, le dernier des managers de « NLG » au Racing, nous confiait lui mettre « 18/20 » dans le leadership avec « une marge de fou. Il a besoin de se sentir impliqué dans le collectif, d’échanger constamment. Il travaille énormément physiquement, rugbystiquement, en vidéo, dans la stratégie… Il a une très grosse culture rugby, due à l’éducation de son père » Goulven Le Garrec, l’un des coaches de Vannes, qu’il retrouvera en 2026-2027 en Top 14.

« Quand on parle de toi, même en mal, c’est bien. Ça veut dire que tu embêtes et que tu poses problème »

L’aisance, la technique et la vitesse de Nolann Le Garrec font penser à Baptiste Serin. Mais le Maritime a aussi un fort accent de Morgan Parra. Comme le Messin, il a grandi sur une terre où ne bat pas le cœur du rugby français – même si la Bretagne devient un poumon d’avenir – avant de s’imposer très jeune dans deux gros clubs (le Racing 92 puis La Rochelle, contre Bourgoin et l’ASM). Son impact, dès sa première saison, rappelle celui de Parra à son arrivée en Auvergne, au fil d’une année conclue par le premier Brennus de l’histoire des Jaunards.

Et puis, il y a cette attitude. Cette façon de coller au ballon, bien sûr, mais aussi ce défi permanent, ces mots qui avaient valu à son aîné les surnoms de « Ronce » ou de « Merdeux ». Des galons de demi de mêlée. « Il est à la limite. Et encore, même pas… Et puis, quand on parle de toi, même en mal, c’est bien. Ça veut dire que tu embêtes et que tu poses problème », sourit l’actuel entraîneur adjoint des Soldats Roses.

Aucun doute sur son choix

« Il sait où il veut aller, ce qu’il veut faire, comme je savais pourquoi j’étais venu à Clermont, ce que je voulais faire, poursuit Morgan Parra. Sa détermination fait qu’il est très important dans le jeu rochelais, et qu’il arrive à emmener des mecs. Il est pour beaucoup dans le développement et le renouveau de La Rochelle après avoir cherché sa place au sein du groupe après Tawera (Kerr-Barlow, NDLR). Il contamine, il amène cette grinta, cette envie de gagner, de vouloir des titres. De ne jamais être mort, même dans une situation où tout le monde voyait La Rochelle morte… »

« C’est exceptionnel la façon dont on a été porté dans les mauvais comme dans les bons moments »

Ainsi, nombre de supporters jaune et noir craignaient que la mauvaise passe hivernale ne fasse douter le symbole du nouveau cycle maritime de la pertinence de son choix. Le meilleur garant de l’ambition rochelaise à Paris a toujours balayé ces doutes. « J’avais plus de la frustration de se dire : on a tout et pour X ou Y raison, on n’arrive pas à le mettre en place », soulignait l’intéressé avant la 26e journée. « Quand on met tout bout à bout, on voit le vrai visage de notre équipe. On bosse bien avec le staff. C’est bien pour la suite de cette saison, car j’espère qu’il y aura d’autres matchs, et pour le futur. On a créé un début d’identité dans notre jeu, il faut qu’on garde ça. »

Comme un roi à Deflandre

Et puis, Nolann Le Garrec, relais parfait du capitaine Grégory Alldritt, n’est pas prêt à abandonner la ferveur locale, qui a pesé dans son choix de quitter la région parisienne. Le voir taper quatre fois la caravelle sur sa poitrine après son essai contre le Stade Français n’est pas de la comédie pour ce compétiteur hors norme, incapable de faux-semblant sur le chemin du succès. Ce qui n’est pas sans rappeler son manager Ronan O’Gara, dont il est proche.

« On a été accueillis comme des rois ! Et c’est exceptionnel la façon dont on a été porté dans les mauvais comme dans les bons moments, prolongeait le Breton. Après Toulouse (38-10, NDLR), quand on voit les gens heureux, ça donne envie de se mettre en quatre pour eux. Ce sont des connaisseurs, c’est vraiment sympa. Je ne suis pas surpris parce que j’avais déjà joué dans ce stade, je connaissais cette ambiance, mais c’est vraiment exceptionnel. Quand on cherche des petits pourcents en plus, ils sont clairement là. Mis bout à bout, c’est énorme. »

 
 
 
 

 



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Posté 16 juin 2026 - 06:08

Éliminée en barrage, La Rochelle a de bonnes leçons à tirer de sa saison : « Ça doit commencer maintenant »
Corrigé par le Stade Français en barrage (45-5), le Stade Rochelais a achevé une drôle de saison. Il pourra en tirer de bonnes leçons afin de ne pas reproduire les erreurs qui l'ont plongé dans la galère.
Ronan O'Gara l'a souvent répété au cours de la saison : « On a manqué quelque chose, mais ce n'est pas le moment de poser cette question. » Le moment est arrivé. La Rochelle a été balayée dimanche soir en barrage sur le terrain du Stade Français (45-5). Une fin de parcours en forme d'humiliation qui lui laissera finalement peu de regret. « C'est triste à dire, mais sur ce genre de match, c'est presque plus facile de perdre de 40 points que d'un seul », reconnaît Grégory Alldritt.
Le capitaine des Maritimes regrette davantage les accrocs qui ont émaillé sa saison, et poussé l'équipe à puiser dans ses réserves pour arracher sa qualification, quitte à ce qu'il ne reste plus une goutte d'essence au moment de se présenter à Paris. « Au-delà des 45 points, j'ai plutôt la rage sur notre défaite à la 80e à Jean-Bouin en octobre (26-24), sur notre défaite contre Castres à la maison (17-19), sur notre défaite contre Lyon à la maison (24-44), sur notre défaite contre Montpellier à la maison (33-43)... C'est plus ça qui m'embête. C'est là-dessus qu'il faut qu'on travaille : notre régularité tout au long de la saison. On va encore débriefer, on va repartir. »
 
 

« On a vraiment besoin de travailler notre mêlée. Avec Uini (Atonio, chargé de ce secteur), je suis confiant. Mais on ne peut pas y penser seulement en septembre prochain. Ça doit commencer maintenant »

Ronan O'Gara, manager de La Rochelle

 
 

Le premier chantier que les Rochelais devront vite lancer concerne la conquête en général et la mêlée en particulier. Dans ce secteur, le club était le plus mauvais élève du Top 14 lors de la saison régulière avec 2,38 pénalités concédées par match. Face au Stade Français dimanche, ils ont encore vécu un supplice, poussés trois fois à la faute par le pack parisien.

 
 
 
 
 

« On a besoin d'une solution, pose O'Gara, calmement. On a trois mois pour la trouver. La mêlée, c'est le point de départ pour toutes les équipes de Top 14. On a vraiment besoin de travailler. Avec Uini (Atonio, chargé de ce secteur), je suis confiant. Mais on ne peut pas y penser seulement en septembre prochain. Ça doit commencer maintenant. » Avec les départs des piliers Reda Wardi et Joel Sclavi, les jeunes piliers de l'effectif (Penverne, Kaddouri, Luaki, Fraissenon, Kuntelia, Sorin, Galvan, Feao... tous en dessous de 25 ans) devront tenir la baraque dès la reprise.

 
 
 
 
Mieux prévenir les blessures

Mais au-delà de ces atermoiements techniques, ce qui a vraiment pourri la saison des Rochelais, c'est la cascade de blessures qu'a connue le club tout au long de l'année. De la blessure au genou de Jonathan Danty dès le début de saison au tendon d'Achille fragile de Will Skelton, quasiment tout l'effectif a été concerné. À un moment, les Maritimes ont compté jusqu'à 19 absents en même temps. Et sur le dernier match contre Paris, trois nouveaux joueurs sont sortis en grimaçant : Sclavi (mollet), Charles Kante Samba (ischios) et Paul Boudehent (ischios).

 

Confronté à cette infirmerie pleine à craquer, le staff n'a pu suffisamment gérer son groupe, ni faire jouer la concurrence. S'il y a forcément une part de malchance dans cette situation, il faudra veiller à mieux armer les joueurs pour répondre à l'exigence du marathon du Championnat. En février, L'Équipe révélait que le club se séparait du préparateur physique Stephan Du Toit.

 

« Il y a un ou deux hommes faibles dans mon staff qui ont mal parlé et qui ont donné l'histoire à la presse, s'était agacé O'Gara. J'ai l'impression qu'on utilise Steph Du Toit comme la victime de toutes les blessures mais je vous promets que ce n'est pas le cas. » En tout cas, les Rochelais mettront tout en oeuvre cet été pour éviter de revivre une saison aussi galère. Ils affronteront en amical l'UBB le 21 août puis le Munster le 28, à chaque fois à Deflandre. « Si ça peut rassurer les supporters, nous joueurs, on n'est pas satisfaits de finir sur un barrage, promet Alldritt. Et sur les saisons qui viennent, on fera le maximum pour retourner au Stade de France. »



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Posté 16 juin 2026 - 13:48

Cette équipe de La Rochelle me fait malheureusement penser aux jaunards quand ils étaient en bout de courses. Je trouve qu’il y a beaucoup de similitudes : des finales, des titres et de nombreux internationaux. Et quand arrivent les fins de contrats, il est naturellement difficile de ne pas garder ceux qui ont fait gagner. Alors on prolonge. On prolonge des joueurs usés, fatigués, peut-être même blasés et surtout, très souvent blessés. Ils coutent en argent et ne sont plus aussi compétitifs qu’avant. Jusqu’au moment ou ça craque d’un peu partout. Chez eux, Atonio, Skelton, Botia, Bourgarit et un grand passage à vide d’Aldritt. Ici, c’était Fofana, Lapandry, Vahaamahina…on pouvait pas leur demander de partir après tout ce qu’ils avaient donné, mais ne donnaient plus comme avant. Et c’est un peu pareil à La Rochelle. Ca prouve que c’est très compliqué d’avoir une équipe compétitive sur le long terme tout en gardant un semblant de sentiment. On a payé bien cher pour le savoir et les maritimes sont en plein dedans.


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Posté 21 juin 2026 - 18:00

Sixième sur le gong, La Rochelle a fait un peu mieux que sauver les meubles. Si sa saison reste manquée, dans la foulée d’un précédent millésime terminé sans qualification, elle a permis d’impulser une nouvelle dynamique prometteuse pour la suite. À condition de régler plusieurs problématiques importantes

2026 lance clairement le nouveau cycle
sudouest-photo-1-35855648.jpg?v=17818432 Nolann Le Garrec et Oscar Jegou symbolisent le nouvel âge qui s’est ouvert pour le club à la caravelle. XAVIER LEOTY

Avec au moins trois saisons dans la saison, 2025-2026 reste un millésime spécial au moment d’en tirer des enseignements. Le plus évident, car le plus immédiat, c’est que cet effectif a de la qualité, malgré toutes les affres qu’il a vécues. Après 26 journées et une grosse dizaine de rivaux sur la ligne de départ, se classer parmi les six premiers du Top 14 n’a rien d’un hasard.

Mais puisque cela n’était pas l’objectif de départ, la raclée (45-5) subie à Jean-Bouin, en barrage face à Paris, rappelle que ceci ne peut être une satisfaction. Quand bien même cela évite d’envoyer un second signal négatif consécutif aux supporters, aux partenaires, aux concurrents et aux potentielles futures recrues après la première non-qualification du club à la caravelle un an plus tôt.

On essaie de sauver les meubles à la fin. On est obligé de se battre encore contre nous-mêmes

Le choix automnal d’un Émilien Gailleton de favoriser une prolongation au sein de la Section Paloise plutôt que de s’engager en faveur du projet jaune et noir – on y reviendra – montre l’impact que peut avoir à court terme un exercice raté. Celui qui vient de se terminer sur une fausse note entre également dans cette catégorie, notamment avec quatre défaites à Deflandre et l’incapacité de sortir de la phase de poule de Champions Cup.

Des répliques attendues

Car bien que cette épreuve ne fût pas, cette fois, une priorité pour Ronan O’Gara et son staff au regard des déplacements à effectuer, rappelons qu’un bonus défensif à Marcel-Deflandre face aux Harlequins aurait permis aux Rochelais de disputer un 8e de finale dans cette compétition plutôt qu’en Challenge Cup – même si cela les a aidés à se remettre en selle. Rien d’insurmontable face à l’avant-dernier de Premiership, qui n’a gagné que 6 matchs en Angleterre, pourtant les Maritimes n’y sont pas parvenus.

Interrogé sur les promesses nées de la folle série du printemps, Grégory Alldritt ne s’y trompe pas : « Je trouve qu’il y a quand même des similitudes (avec 2024-2025, NDLR). Trop d’erreurs au cours de la saison et on essaie de sauver les meubles à la fin. On est obligé de se battre encore contre nous-mêmes. » Pour autant, une nuance importante existe. L’an dernier, le club avait subi de plein fouet les difficultés nées de plusieurs mauvais choix ; cette fois, il s’attendait à devoir encaisser des répliques, tant la barre ne pouvait être redressée en un seul été.

Avoir à nouveau évité l’accident industriel d’une non-qualification en Champions Cup était une première bonne nouvelle. Terminer dans le top 6 en est une seconde pour un groupe qui était en fin de cycle et qui avait été très peu renouvelé (quatre recrues estivales plus deux jokers), mis à part en interne. La troisième information positive est que La Rochelle est entrée de plain-pied dans un nouvel âge, symbolisé par le niveau et la jeunesse de Nolann Le Garrec.

Quel avenir pour le staff ?

L’intégration réussie, notamment parmi les leaders en place, du demi de mêlée sonne comme un nouveau départ. Et le printemps 2026 matérialise la fin de la transition entre ces deux cycles, que ce soit sur le terrain ou en dehors. Au moment de faire le bilan de la saison passée, nous évoquions la nécessité de stopper l’embourgeoisement du Stade, de réinventer le jeu, de développer des rotations et d’intégrer des jeunes. Autant d’évolutions à l’œuvre ces derniers mois, notamment avec un appétit enfin renouvelé match après match, condition indispensable pour être régulier.

La prochaine étape concerne le staff. Ronan O’Gara et ses adjoints sont tous alignés sur une fin de contrat en 2027 – même si le préparateur physique Florent Gibouin rejoint Toulouse cet été. Leur avenir se joue dès à présent et déterminera également la suite pour le club à la caravelle, qui a une nouvelle fois misé à raison sur la stabilité. Selon nos informations, « ROG » et sa direction avaient prévu de se voir une fois la saison terminée. A priori, les deux parties seraient favorables à l’idée de poursuivre l’aventure ensemble mais, si cela devait se confirmer, avec quelles personnes ? Cela fait partie des discussions importantes qui devraient avoir lieu avant des vacances précédant une année de Coupe du monde, donc particulière.

« C’est une grosse satisfaction pour le staff, pour les supporters et même pour nous, les joueurs, de voir qu’on a un bel effectif qui arrive à faire de belles choses et qui va être encore plus étoffé l’an prochain. Cette intersaison, on en reparlera tous entre nous, promet Grégory Alldritt. Essayer de partir avec ce rythme [de la fin de saison] dès septembre, ça serait bien. » Cela dirait surtout que les mois qui viennent de s’écouler n’auront pas servi qu’à entretenir l’espoir.

Le jeu est sur la bonne voie, mais a besoin de bases solides
sudouest-photo-1-35836565.jpg?v=17818432 Arrivé de Pro D2, Semi Lagivala (à gauche) s’est fait un nom dès sa première année en Top 14. XAVIER LEOTY

C’est le changement le plus notable. Engoncé dans un style monolithique mais, surtout, trop souvent dépourvu d’émotions, le Stade Rochelais avait rarement soulevé l’enthousiasme de ses supporters la saison passée. Aussi, dans le sillage de ses recrues Davit Niniashvili (dont les statistiques confirment à quel point il est une bonne pioche), Semi Lagivala et Nolann Le Garrec, le staff s’orientait vers un jeu plus aéré dès le début du championnat, ce qu’a montré une première journée prometteuse à Bordeaux.

Les absences, notamment liées aux blessures, ont coûté cher, mais ce n’est pas la seule explication au gros trou d’air vécu à l’automne puis en hiver. Ronan O’Gara et plusieurs Rochelais ont en effet reconnu que des changements opérés à l’entraînement ont pesé dans le réveil de la force offensive des Maritimes. Ce qui leur vaut de finir avec la 5e attaque du Top 14 (la 4e au nombre d’essais marqués), la 2e possession et d’être les 3es au nombre de défenseurs battus…

Solidifier la conquête

Autant d’atouts qui leur ont permis de remporter huit des neuf derniers matchs de la saison régulière et qu’il faudra conserver à tout prix dès septembre. Mais La Rochelle, définitivement privée de Uini Atonio et qui devra faire sans Will Skelton de longs mois, a aussi besoin de se réinventer en matière de puissance. Notamment quand les conditions pluvieuses feront leur retour. Car c’est lorsqu’il a fallu s’appuyer sur un rugby d’hiver que les Jaune et Noir ont perdu beaucoup de points.

Et puis, le barrage à Paris comme le profil des quatre demi-finalistes marseillais rappellent que sans conquête fiable, il n’est point de ballon à jouer derrière, donc de salut dans les hautes sphères du rugby. Équipe la plus pénalisée en mêlée, la troupe de Ronan O’Gara doit retrouver de l’assise dans ce secteur, comme en touche, pour exister toute l’année et jouer les premiers rôles aux abords de l’été. Ce sera l’un des enjeux de la présaison autour d’Atonio, désormais coach à temps plein de la mêlée, et Donnacha Ryan, son homologue de la touche.

Une jeune mine d’or en construction
sudouest-photo-1-35797748.jpg?v=17818432 L’amalgame entre jeunes et cadres, à l’image de Charles Kante Samba et Levani Botia – est solide. XAVIER LEOTY

La force du Stade Rochelais version 2025-2026, c’est qu’il a su faire de la place à ses jeunes. Certes, il n’avait pas le choix quand, pros et Espoirs cumulés, il a parfois compté jusqu’à 28 absents. Il a aussi été aidé par le fait d’être reversé en Challenge Cup, avec une phase finale qui a permis de voir éclore la 4e génération d’Elissalde en la personne du polyvalent ouvreur Sacha, le fils de Jean-Baptiste, le petit-fils de Jean-Pierre et l’arrière-petit-fils d’Arnaud (et de Laurent Bidard).

Mais aligner beaucoup d’éléments prometteurs en Champions Cup, en Afrique du Sud, n’était pas seulement destiné à éviter aux cadres un éprouvant voyage. Cette stratégie, prévue bien avant le match de décembre, a été accompagnée par la promotion de Lucas Andjisseramatchi, devenu, à 19 ans, le plus jeune capitaine du club.

Le nombre de jeunes très bons et qui enchaînent donne beaucoup d’ambition pour l’avenir

Nolann Le Garrec, 24 ans, est à peine plus âgé. Avec Davit Niniashvili, qui fêtera ses 24 ans le 14 juillet, ils s’appuient sur une expérience déjà conséquente, en club (128 et 102 matchs en pros) ou en sélection (15 et 48 capes), et prouvent qu’il est bon de gratter du temps de jeu de façon précoce. D’autant que leur apport n’est pas censé se limiter à du court terme pour des Maritimes dont le capitaine (Grégory Alldritt) et le dépositaire du jeu (Antoine Hastoy) n’ont pas non plus 30 ans.

Sept novices identifiés

Aujourd’hui, on peut coucher sur le papier une équipe type des joueurs de moins de 25 ans (dont la plupart sont formés au club) plutôt compétitive. Charles Kante Samba, devenu l’un des leaders de touche et pour qui le barrage était la 21e titularisation de la saison – la 14e de suite en Top 14 – à seulement 21 ans, confirme que les pépites sont prêtes à prendre des responsabilités.

Cette équipe type, donc, aurait ce visage : Niniashvili (23 ans) – Bollengier (22), Lagivala (23), Daunivucu (21), Bosmorin (21) – (o) Jurd (19), Le Garrec (24) – Jegou (23), Andjisseramatchi (20), Timo (22) – Waqanisaravi (23), Kante Samba (21) – Kuntelia (23), Sutdize (22), Penverne (23). Cela sachant que Kaddouri, Feao, Sorin, Fraindt, Couillaud, Pacome mais aussi Garault, Elissalde et Galván ont déjà été impliqués. Et que plusieurs profils identifiés espèrent pouvoir les imiter (Scheibel, Price, Gatteau, voire Berthelot et les Crabos Bouju, Kite ou Sonko-Basin).

« Quand on regarde ce qu’on est capable de produire avec beaucoup de jeunes encadrés par des joueurs ultra-expérimentés, des cadres, ça fait un beau mélange, insiste Nolann Le Garrec. Quand j’ai signé à La Rochelle, tout le monde – les médias les premiers – me parlait d’une équipe vieillissante. Le nombre de jeunes très bons et qui enchaînent – je prends l’exemple de Charles – donne beaucoup d’ambition pour l’avenir. »

Ce n’est d’ailleurs pas anodin si le club a communiqué les prolongations de nombreux éléments prometteurs, dont ceux montant de Crabos cités plus haut, ce qu’il ne faisait pas avant. « Après, on est surtout jugé sur le présent : à nous de répondre », tranche « NLG ». Ce sera notamment vrai pour les piliers dont, pour l’instant, le plus vieux est Aleksandre Kuntelia, alors que ce poste est à maturité lente en mêlée. Il n’empêche, à moyen terme, La Rochelle construit sa propre mine d’or.

Les blessures ont beaucoup trop pesé
sudouest-photo-1-35654205.jpg?v=17818432 Will Skelton n’a joué que 6 matchs de Top 14 cette saison, et un en Champions Cup. XAVIER LEOTY

C’est le chantier prioritaire de l’été. Comprendre pourquoi La Rochelle, déjà pas épargnée la saison passée, a déploré autant de blessures (en particulier musculaires). Au point de compter parfois jusqu’à 28 joueurs (pros et Espoirs) absents en même temps. La fatalité ne peut être mise en cause seule, d’ailleurs Ronan O’Gara s’y est toujours refusé. « On peut en discuter quelques heures en fin de saison, c’est un sujet. Mais ce n’est pas juste de la malchance. Ça, c’est certain », a-t-il soufflé.

C’est important d’accepter l’idée que l’on doit mieux faire les choses, avec plus de précision

Un groupe restreint avec les mêmes joueurs usés par des saisons à rallonge n’a pas aidé. Mais le sujet était si pesant que les différents staffs se demandaient si l’explication ne venait pas d’une défaillance d’un autre service. La solution de facilité aurait donc pu être d’incriminer Stephan Du Toit, le responsable de la préparation physique arrivé du Stade Français en 2024 et parti en février, un peu plus d’un an avant la fin de son contrat.

Inenvisageable pour le manager maritime, quand bien même le club a choisi de demander au Sud-Africain de partir en cours de saison – signe que tout ne roulait pas comme sur des roulettes – après que celui-ci avait dénoncé sa dernière année. « Je dois prendre mes responsabilités. C’est moi le responsable du programme, de la direction » donnée, a aussi affirmé le technicien irlandais. De fait, Du Toit respectait les doléances du patron du staff sportif pour préparer les plannings. Il sera d’ailleurs intéressant de voir si La Rochelle retournera en stage dans les Alpes, après deux séjours estivaux dont les bénéfices n’ont pas sauté aux yeux…

Étudier » toutes les possibilités »

« Quelque chose ne marche pas. J’ai une bonne idée, j’espère que ça va rester privé entre le staff et moi jusqu’à un certain moment, a ainsi développé ‘’ROG’’. Mais la vérité est que pour le moment, on ne sait pas exactement pourquoi [il y a autant de blessures]. C’est important d’accepter l’idée que l’on doit mieux faire les choses, avec plus de précision. Avec une moyenne de plus de 20 joueurs blessés chaque semaine, c’est super facile de comprendre pourquoi on régresse. »

Le départ de Stephan Du Toit avait entraîné une réorganisation en interne, avec les promotions de Jean-Baptiste Paquet et Adrien Vachon. À la lumière de la fin de saison, et d’une infirmerie enfin bien moins remplie, une première solution semble avoir été trouvée. Mais Ronan O’Gara a aussi indiqué que ce sujet devra revenir sur la table cet été, pour repenser les choses. « Compte tenu du nombre disproportionné de blessures, nous manquerions à notre devoir si nous n’étudiions pas toutes les possibilités », a-t-il ainsi écrit dans sa chronique chez nos confrères du média irlandais « Irish Examiner ».

Le diable se nichant dans les détails, l’ancien préparateur physique des Girondins de Bordeaux Éric Bédouet nous avait ainsi raconté qu’un été, une épidémie de blessures au mollet parmi les footballeurs dont il avait la charge provenait d’un problème dans l’eau du centre de thalassothérapie où l’équipe avait effectué son stage… D’où, l’intérêt, donc, d’étudier « toutes les possibilités ».

Le manque de concurrence tue la performance
sudouest-photo-1-35598531.jpg?v=17818432 L’émulation a été intéressante au niveau des talonneurs – ici Nikolozi Sutidze. XAVIER LEOTY

« On a besoin d’avoir de la concurrence, il n’y en a pas. C’est la plus grande maladie pour une équipe professionnelle. On n’a pas de choix, c’est celui qui n’est pas blessé qui joue. » Ronan O’Gara a très souvent pesté sur les blessures et leur impact qu’elles sur son groupe et sur son rendement.

« On était 39 à l’entraînement, soulignait Romain Carmignani le 15 mai. Une chose pas vue sur les périodes creuses où l’on était 26, 27. Là, il y a presque trois équipes sur la pelouse. Pour construire les entraînements, ce n’est pas du tout pareil. » Car quand bien même les éléments disponibles sont parmi les meilleurs, faute d’émulation la semaine, pas de progrès. C’est encore pire quand la peur de se blesser à son tour s’immisce.

L’idéal est d’avoir trois choix pour chaque poste, a insisté « ROG ». « Ce sera important que je n’utilise pas ça comme une excuse, tout comme la reconstruction, poursuivait le manager. Parce que Nolann Le Garrec n’a pas choisi de venir pour participer à une reconstruction, mais pour être un des meilleurs joueurs du monde. »

« L’équipe type, c’est fini »

Or, le demi de mêlée breton, comme l’Irlandais, est un compétiteur hors norme, détestant la défaite du lundi au dimanche. C’est peut-être aussi ce qui a manqué aux Rochelais, au-delà des absents. Grégory Alldritt l’a d’ailleurs laissé entendre quand il a indiqué le plaisir que c’était de pouvoir compter sur un tel relais pendant la semaine, tant Le Garrec pousse tout le monde à hausser les curseurs.

Et puis, il y a la façon de stimuler la concurrence de la part du staff. « La gestion des joueurs est une bonne question pour juillet », a ainsi reconnu O’Gara, pour qui « l’équipe type, c’est fini. Tout le monde doit le comprendre ». Ronan O’Gara avait décroché deux étoiles européennes en s’appuyant sur un groupe réduit. Faisable en Champions Cup, impossible dans le marathon sprinté du Top 14. Un championnat qui exige de préparer ses forces et de ménager sa fraîcheur toute l’année pour être encore plus performant en juin.

Le recrutement est cohérent, et fourni
20260307113100-stademontoisbeziers7656.j Sam Tuifua, le 3e ligne centre montois, fait partie des joueurs attendus en juillet en Charente-Maritime. Matthieu Sartre / SO

Parmi les erreurs identifiées en 2025, le resserrement du groupe autour d’une petite trentaine d’éléments, si forts soient-ils, tient une bonne place. Or, une telle orientation ne peut être corrigée en une seule saison. D’autant plus étranglée par sa masse salariale que le Stade perd des crédits internationaux à mesure que ses Bleus se raréfient, la caravelle retrouvera de la marge en 2027 pour redevenir ultraconcurrentielle sur le marché des pointures.

Cela ne tiendra pas qu’à sa surface financière. Les cas Émilien Gailleton et Tommaso Menoncello le prouvent. Le premier reste à Pau, jugeant le projet de la Section sur une dynamique ascendante, au contraire de celui de La Rochelle. La saison 2024-2025 terminée sans titre et, surtout, sans top 6 en championnat a pesé. Idem pour le centre italien même si, le concernant, la perspective de rejoindre le toujours hyper compétitif Toulouse a supplanté le reste.

McFarland, le gros coup

Ne pas avoir attiré ces internationaux n’est pas neutre, un an après que les ambitieux Nolann Le Garrec et Davit Niniashvili se sont engagés. Pour autant, les Rochelais réalisent, sur le papier, un recrutement cohérent et intéressant, en plus d’être fourni. Il porte le sceau de Pierre Venayre, directeur général clé dans le développement du club et qui, depuis 2025, est aussi au cœur de la direction sportive.

Le SR accentue son rajeunissement avec des éléments vus régulièrement en Pro D2 – le 2e ligne columérin Thomas Adelaïde, le pilier gauche briviste Nathan Fraissenon et le 3e ligne montois Sam Tuifua. Ils seront aussi accompagnés par le puissant et très expérimenté (35 ans) George Moala et par les Sud-Africains David Kriel et Salmaan Moerat. Deux joueurs clubs de moins de 30 ans – le second était capitaine des Stormers et a porté le brassard des Springboks – dont les blessures ne sont pas si graves que craint initialement.

Le polyvalent 3e ligne Theo McFarland, lui, est le gros coup de ce recrutement, tandis que l’ouvreur international écossais Ben Healy est un pari au regard de sa dernière saison, mais sans gros risque. Reste à voir si le club parviendra à recruter un pilier droit d’expérience pour accompagner ses jeunes promesses.

Marcel-Deflandre mérite d’être imprenable
sudouest-photo-1-35459799.jpg?v=17818432 Les Rochelais ont perdu quatre matchs à la maison. XAVIER LEOTY

Il n’est nul besoin de chercher bien loin les points qui ont manqué aux Maritimes pour recevoir un barrage ou, mieux, pour rallier directement les demi-finales marseillaises. Avec trois matchs perdus à Marcel-Deflandre en championnat – toujours en période de doublons – les Rochelais se sont tiré plusieurs balles dans les pieds. Montpellier ayant été nettement au-dessus d’une équipe trop minée par les blessures pour rivaliser (33-43 le 14 février), c’est surtout vrai pour les réceptions de Castres et de Lyon, respectivement 10e et 11e en fin de saison.

Ainsi, face au CO (17-19 le 22 novembre), les Jaune et Noir ont terriblement déjoué, au point de ne savoir quoi faire de l’immense avantage de jouer quelques minutes à 15 contre 12 et d’encaisser un essai sur un renvoi d’en-but contré… Rien à voir, ici, avec les absences. Contre le LOU (24-44 le 31 janvier), le contexte était certes très particulier, quelques jours après l’accident cardiaque de Uini Atonio et son hospitalisation. Il n’empêche, les cadeaux faits ce jour-là étaient beaucoup trop gros.

Un atout précieux

Avec ces 7 points de plus, La Rochelle aurait été au niveau de Paris et Pau, les 3e et 4e. C’est bien sûr du rugby-fiction mais cela matérialise l’importance de limiter au maximum les défaites à la maison. L’élimination dès les poules de Champions Cup face aux Harlequins, le 18 janvier (17-27), en est le bruyant écho. Les coéquipiers de Grégory Alldritt ne peuvent plus se permettre de ne pas être à 100 % devant un public qui a montré, lui, qu’il est prêt à l’être pourvu qu’on lui en donne l’envie.

L’ambiance vécue face à Toulouse puis Paris, lors des dernières sorties à domicile, a ainsi été particulièrement intense. Pourtant habitué, le capitaine rochelais n’a pas manqué de le souligner. Capitale dans la venue de Nolann Le Garrec, cette atmosphère doit être bichonnée, elle est un atout précieux. Cela commence donc par un investissement total à chaque match à Deflandre, peu importe l’identité des joueurs alignés ou le contexte du moment.

2025-2026 en quelques chiffres
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Posté 11 juillet 2026 - 15:15

Le pilier droit des Waikato Chiefs, Sione Ahio, s'est engagé pour deux saisons : https://www.lequipe....-atonio/1703551


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