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Combinaisons/Skills/Technique


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149 réponses à ce sujet

#136 el landeno

el landeno

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Posté 03 janvier 2026 - 14:57

Pourquoi les mitaines ont disparu des terrains de rugby Très en vogue dans les années 2000, complètement oubliées par les joueurs aujourd'hui, les mitaines incarnent une époque : celle des débuts du professionnalisme du rugby et ses gadgets du futur.

C'est désormais un objet de musée, mais il y a vingt ans, c'était un classique. La mitaine a proliféré sur les mains pas toujours gracieuses des rugbymen au début des années 2000. Alors que la discipline prend le tournant du professionnalisme en 1995, les équipementiers réinventent le vestiaire du joueur avec tout un tas d'accessoires plus ou moins utiles : épaulières, cuissard rembourré, casque dernier cri...

 
 

Avec leur grip, les mitaines s'imposent alors comme LE gadget à avoir. « Ces gants ont été créés pour offrir une meilleure adhérence par temps humide, ainsi qu'un confort et une protection accrus, explique Sean Deane, responsable chez Optimum, l'une des marques à la pointe sur le sujet. Au début, nous n'en avons fabriqué que quelques dizaines de paires. Mais une fois distribuées à des joueurs pros, la demande a explosé, le bouche-à-oreille a fonctionné et le succès a été immédiat. »

 
« Enfiler mes gants était comme un signal »

Parmi les joueurs séduits par l'accessoire, il y a Brock James, l'ouvreur australien de Clermont pendant une décennie (2006-2016). « Lorsque je jouais en Nouvelle-Zélande au début des années 2000, les terrains étaient souvent très humides à cause des fortes pluies hivernales. Les mitaines facilitaient la réception du ballon, pose l'icône de l'ASM. Je cherchais constamment à améliorer mes performances, je les ai donc adoptées et ne les ai plus quittées. Après quelques années, c'est devenu une habitude, un réflexe. Enfiler mes gants était comme un signal : c'est le jour du match. »

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Le port des mitaines : une habitude et un réflexe pour l'ancien ouvreur australien de Clermont (ici en 2009) Brock James. (A. Mounic/L'Équipe)
 
 

Directement inspirées des gants portés par les joueurs de football américain, les mitaines n'envahissent pas que les vestiaires des pros. Elles essaiment aussi dans les écoles de rugby. « Dès que nous avons signé des contrats avec de grands joueurs et que les enfants les ont vus à la télévision, tout le monde voulait sa paire de gants », sourit Sean Deane.

« J'en portais au début de ma carrière parce que la sélection australienne en distribuait gratuitement, mais en fait, c'était de la merde !

Matt Giteau, ancien demi d'ouverture des Wallabies

 
 
 

Mais les mitaines étaient-elles si efficaces que ça ? « J'en portais au début de ma carrière parce que la sélection australienne en distribuait gratuitement, mais en fait, c'était de la merde ! », se marre l'ancienne légende des Wallabies, Matt Giteau. Les coutures arrivaient au milieu de la deuxième phalange, ça gênait plus qu'autre chose, pas pour attraper le ballon, mais pour le transmettre correctement. »

Même son de cloche du côté de Jérôme Thion, ancien deuxième-ligne international passé notamment par le Biarritz Olympique, qui a porté des mitaines tout au long de sa carrière : « Peut-être que ç'a pu sauver deux ou trois réceptions en touche, mais ce n'était pas le truc indispensable. Il n'y avait pas de vraie plus-value à porter des mitaines. C'était surtout psychologique, ça te rassurait. Tu te disais qu'avec, tu pourrais attraper plus facilement les ballons. »

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Une main oui, l'autre non : les mitaines version Imanol Harinordoquy, l'ancien troisième ligne du Biarritz Olympique, ici en 2009 face à Clermont. (J. Prévost/L'Équipe)
Remplacées par les sprays collants

Les mitaines faisaient alors partie de la panoplie du guerrier prêt à entrer dans l'arène, comme l'élément d'un costume de superhéros. Elles constituaient aussi une pièce de choix pour les fashionistas du rugby. À l'occasion, certains n'en portaient qu'une, comme le troisième-ligne du BO et des Bleus Imanol Harinordoquy. D'autres les assortissaient au maillot de leur équipe.

« En fonction des matches, je les changeais, avoue en rigolant Jérôme Thion. En équipe de France, j'avais les mitaines bleues, avec le BO, c'étaient les rouges. J'ai arrêté ma carrière en 2013 mais aujourd'hui encore, je prends des pièces sur mes mitaines ! Quand tu vas sortir l'article, je vais recevoir deux trois textos (rires). »

Aujourd'hui, les sprays collants ont remplacé les mitaines, lesquelles ont complètement disparu du paysage. « Avec le temps, l'effet de nouveauté s'est estompé et de moins en moins de joueurs ont continué à les utiliser », reconnaît Sean Deane. « C'était le gadget à la mode mais je ne suis pas étonné que ces gants aient disparu », en rigole Matt Giteau.

Les mitaines resteront donc un tendre souvenir des années 2000, rangées quelque part entre la Tecktonik, MSN et le groupe O-Zone. Mais la mode étant cyclique, peut-être que... « Non, je ne pense pas. C'est enterré, calme Jérôme Thion. Les mecs se sont aperçus que ça ne servait pas à grand-chose (rires). Les mitaines sont devenues obsolètes. Tu ne les verras plus... Mais j'en garde à la maison, on ne sait jamais ! »



#137 Arverne03

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Posté 03 janvier 2026 - 15:10

Pas sûr qu'on ne les revoit plus avec tous ces joueurs qui ont des mains en peau de pêche !  B) 



#138 el landeno

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Posté 05 janvier 2026 - 07:17

« C’était vraiment la stratégie mise en place par le staff » : comment l’UBB a fini par faire exploser le Racing 92
20260103225611-ja97751.jpgL’UBB a inscrit neuf essais, dont sept en deuxième mi-temps, samedi, face au Racing 92. © Crédit photo : Fabien Cottereau / SO

4 janvier 2026  Mis à jour le 04/01/2026 à 15h22.
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L’Union Bordeaux-Bègles a suivi le plan à la lettre face au Racing 92 (62-20), samedi, à Chaban-Delmas : user les poids lourds adverses, avant l’entrée en jeu de ses fusées pour faire la différence et s’envoler vers un succès bonifié

C’est ce qu’on appelle un coaching payant. Alors que l’Union Bordeaux-Bègles était malmenée par le Racing 92 jusqu’à la 55e minute, samedi à Chaban-Delmas, le banc girondin a renversé la vapeur pour infliger un sévère 47-0 (7 essais) en 25 minutes. Les Bordelais se sont ainsi offert un nouveau succès bonifié qui les relance dans la course au top 2. « Il faut les féliciter parce qu’ils étaient mal embarqués et ils ont su renverser la table. Yannick Bru a été plus fort que moi », reconnaissait Patrice Collazo, le manager des Ciel et blanc, le sourire en coin.

Le manager bordelais n’est pas de nature à jouer les « Hannibal » Smith. Si son plan s’est déroulé sans accroc, il avait le triomphe modeste à la fin de la rencontre. « On avait imaginé un scénario compliqué qui se débriderait dans le money-time », expliquait-il. Et ce plan, il l’avait en tête depuis le début de la semaine.

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Malmenée jusqu’à la 55e minute, l’UBB a fini par accélérer pour s’offrir un large succès bonifié face au Racing 92 (62-20) ce samedi soir à Chaban-Delmas. Elle grappille un peu son retard dans la course au top 2
L’apport du banc

« C’était vraiment la stratégie mise en place par le staff, appuie le trois-quart centre Nicolas Depoortere, auteur d’un doublé en fin de match (64e, 69e), comme Louis Bielle-Biarrey (73e, 78e). On savait que le Racing allait venir avec des intentions, un gros pack, une grosse ligne arrière très dense, très physique. On savait aussi qu’une équipe comme ça, au bout d’un moment, physiquement, au niveau du cardio, elle pouvait exploser. »

Si l’essai refusé à Habosi, suivi du carton jaune d’Escobar (55e), ont été un déclic, l’UBB a pu compter sur ses entrants pour faire la différence : Ben Tameifuna et Jean-Luc Du Preez ont apporté toute leur puissance et les lignes arrière ont appuyé sur l’accélérateur. « Le banc a apporté de la fraîcheur, on a pu exploiter à fond notre rugby et eux, ils étaient un peu dans le dur, résume Nicolas Depoortere. C’est ce qui a fait la différence ». Et cette différence s’est effectuée à la vitesse grand-V. « On a l’habitude, on s’entraîne comme ça, avec des séquences à très haute intensité sur 2 minutes 30 ou 3 minutes, confie le pilier tongien Ben Tameifuna. Ce genre de matchs, on sait faire. Mais les “big boys” comme moi, on doit essayer de suivre Nico (Depoortere) et Louis (Bielle-Biarrey). C’est un bon équilibre à trouver. »

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20260103225617-ja97691.jpg?v=1767536549
L’Union Bordeaux-Bègles a remporté un large succès bonifié face au Racing 92 (62-20) ce samedi soir à Chaban-Delmas lors de la 14e journée de Top 14. Les déclarations d’après-match
Chacun dans son rôle

Lorsque le Racing 92 semblait prendre le dessus en début de seconde période, « c’est sûr, on s’est fait peur, reconnaît Nicolas Depoortere. Mais on est resté droit dans nos bottes, on a suivi notre plan de jeu, on n’est pas sorti des rails et ça fait que le résultat, derrière, il est avec nous. On a bien préparé ce match toute la semaine. »

Pour tenir le bras de fer, le staff de l’UBB avait misé sur l’association Van Rensburg – Moefana au centre, et avait placé Depoortere et Bielle-Biarrey sur le banc. « Il était question de se passer le témoin et de jouer chaque minute avec un rôle et un travail spécifique, explique Yannick Bru. Les joueurs connaissaient parfaitement leur rôle. On est heureux que ça se passe comme ça. Les 40 points d’aujourd’hui ne reflètent pas la différence entre l’UBB et le Racing. Mais quand une équipe baisse les bras à ce niveau et n’a plus de carburant dans le moteur, ça marque beaucoup, surtout avec les joueurs qu’on a. Donc voilà, il ne faut pas s’emballer ».

 

 



#139 Le Marseillais

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Posté 19 janvier 2026 - 20:16

Je savais pas trop ou poster, donc je pose ça là

Sur un forum briton, on demande comment on appelle en Français un deuxième ligne gros porteur de ballon, mais pas sauteur 

Vous avez une idée ? 



#140 Silhouette

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Posté 19 janvier 2026 - 20:17

Je savais pas trop ou poster, donc je pose ça là

Sur un forum briton, on demande comment on appelle en Français un deuxième ligne gros porteur de ballon, mais pas sauteur 

Vous avez une idée ? 

Un buffle ? 



#141 PataClum63

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Posté 19 janvier 2026 - 21:01

À l'ASM on ne sait pas non plus car on n'en appel pas 



#142 Alex chocolatines

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Posté 19 janvier 2026 - 21:07

Je savais pas trop ou poster, donc je pose ça là

Sur un forum briton, on demande comment on appelle en Français un deuxième ligne gros porteur de ballon, mais pas sauteur 

Vous avez une idée ? 

Un Merluche ?  :D



#143 el landeno

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Posté 19 janvier 2026 - 21:47

Imbernon



#144 Bougnat et Breton

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Posté 19 janvier 2026 - 23:10

Une mule



#145 el landeno

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Posté 24 janvier 2026 - 18:53

Du terrain au banc de touche : entraîne-t-on différemment selon le poste auquel on a joué ?
Anciens joueurs de haut niveau, les managers du Top 14 utilisent au quotidien le leadership et le sens tactique dont ils faisaient preuve durant leur carrière sur le terrain. Mais le poste qu'ils occupaient a-t-il conditionné leur envie d'entraîner et leur façon de coacher ?

Dis-moi à quel poste tu as joué, je te dirai quel entraîneur tu es. On pourrait grossièrement résumer le destin des rugbymen qui enfilent le survêtement une fois leur carrière achevée par cette simple formule. Ce serait un brin caricatural, on l'admet. Mais il y a tout de même un peu de ça quand on se penche sur le passé de joueur des managers du Top 14.

 
 
 
 

La question est simple : le poste auquel on a joué influence-t-il le choix de devenir entraîneur ? Et cette interrogation en appelle une seconde : entraîne-t-on différemment en fonction du poste auquel on a joué ? À bien y regarder, certaines confréries du rugby sont surreprésentées parmi les numéros 1 des staffs, que ce soit en Top 14 ou au niveau international.

 

Celle des troisième-ligne figure en bonne place, mais leur plus grand nombre dans les effectifs et sur le terrain joue en leur faveur. Il semble ainsi plus surprenant de voir autant de talonneurs, de demis de mêlée et de demis d'ouverture - des postes ultra-spécifiques avec un seul représentant sur la pelouse - dans le paysage archi-concurrentiel des entraîneurs.

 
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(Infographie/L'Équipe)
 
 
 
 

« On a toujours été là ! », s'amuse l'ancien numéro 9 Pierre Mignoni. Le manager de Toulon justifie la forte présence de ses pairs dans le milieu du coaching par la nature même du poste : « Quand tu es demi de mêlée, tu es le plus petit et tu commandes tout le monde. Ou plus exactement tu as la main sur tout le monde, sur ton équipe. D'une certaine façon, tu manages les avants quand tu joues, mais tu as aussi le lien avec les trois-quarts. Tu as cette capacité à comprendre les deux jeux. C'est toi qui fais le lien. Donc c'est forcément un poste qui t'amène à entraîner plus facilement plus tard. »

 
 
 
 

Le demi de mêlée et l'ouvreur tiennent des rôles primordiaux dans la conduite du jeu, que ce soit en termes de raisonnement tactique ou de prises de décisions. Autant de qualités nécessaires pour devenir manager. Concernant le talonneur, poste le plus représenté parmi les coaches du Top 14 à l'heure actuelle (Yannick Bru à l'UBB, Joan Caudullo à Montpellier et Christophe Urios à Clermont), il dispose d'autres atouts, notamment au niveau du leadership.

 
 

« Incontestablement, le poste de talonneur est un poste de leader (...) Ce sont souvent des garçons qui ont de la personnalité »

Fabrice Landreau, ancien talon et entraîneur de Grenoble de 2009 à 2014

 
 

« Je crois qu'on a naturellement le respect de ceux qui travaillent sans le ballon, de l'empathie pour ceux qui ne sont pas toujours dans la lumière, et les bons managers savent mettre en valeur le travailleur de l'ombre », expliquait Bru, coach des champions d'Europe bordelais, à L'Équipe fin 2015 quand les numéros 2 commençaient à squatter les staffs professionnels de Top 14 et de Pro D2.

 

« Incontestablement, c'est un poste de leader, poursuit Fabrice Landreau, ancien talon qui a notamment entraîné Grenoble. Parce qu'il est au coeur du réacteur dans le paquet d'avant. Ce sont souvent des garçons qui ont de la personnalité, des leaders de jeu, des combattants. Ils ressentent vraiment, physiquement, les temps forts et les temps faibles. Donc, ils sont souvent amenés à prendre des décisions. C'est peut-être pour ça qu'ils embrassent plus facilement une carrière d'entraîneur. » L'expérience du combat, au coeur du pack, offre au talonneur une légitimité quand il s'agit d'envoyer ses troupes au charbon.

 
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(Infographie/L'Équipe)
 

En revanche, on retrouve relativement peu de piliers et de deuxième-ligne parmi les managers. « On en voit un peu plus à l'étranger, avec des gars comme Steve Borthwick (sélectionneur de l'Angleterre), Marco Bortolami (entraîneur de Trévise, Sale puis Black Lion et de la Géorgie), Leo Cullen (entraîneur du Leinster) ... », répond Romain Sazy, ancien seconde barre qui a intégré le staff du Stade Rochelais cet été.

 

Si piliers et deuxième-ligne se font si rares, c'est en raison de leur hyper-spécialisation. Bien souvent, on les retrouve dans l'encadrement, à des postes en charge de la mêlée ou de la touche, rarement au premier rang. « D'une manière générale, on se construit d'abord comme spécialiste avant de devenir manager, estime Landreau. Et après, l'appétit vient en mangeant. C'est là où tu ressens la fibre ou pas de savoir manager, de pouvoir construire un groupe, de l'accompagner. »

 
 

« Plus que le poste, c'est lié à ta personnalité, à l'entraîneur que tu as à l'intérieur de toi »

Pierre Mignoni, manager de Toulon

 
 

Les ailiers aussi sont peu nombreux sur les bancs. Leur position excentrée, loin du jeu et des autres, ne les incite pas forcément à prendre le costume d'entraîneur principal par la suite, même s'ils existent de parfaits contre-exemples (Guy Novès, Philippe Saint-André, Joe Schmidt...).

 

« Mais plus que le poste, c'est lié à ta personnalité, à l'entraîneur que tu as à l'intérieur de toi, insiste Mignoni. Tu peux avoir des très grands demis de mêlée qui ne peuvent pas entraîner. Et il y a des managers qui ont fait des carrières de joueur très modestes, voire pas de carrière du tout, et qui sont d'excellents entraîneurs. »

 

« Il n'y a pas de règle, je ne vais pas te dire qu'il faut avoir été demi de mêlée ou talonneur pour être manager, conclut Sazy. Ce qui fait l'entraîneur que tu deviens, c'est la somme de plein de choses : les managers que tu as croisés, ta façon de jouer au rugby, ton parcours... Tu te développes avec l'environnement dans lequel tu as baigné. Certains ont connu uniquement le Top 14. D'autres ont connu des expériences à l'étranger. Tu essaies de tirer le meilleur de chaque personne que tu as croisé dans ta carrière. »

 
 
 


#146 Elvis Presto

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Posté 09 février 2026 - 18:59

Je ressors un titre d'article de LMT.

" ...

Pro D2 : "C'est peu courant", quelle est cette technique utilisée en touche par le Stade Aurillacois ?

Le Stade Aurillacois a montré contre Mont-de-Marsan plusieurs combinaisons en touche avec un seul lifteur pour porter le sauteur. Une technique rare, déstabilisante, mais qui comporte des limites.

Article réservé aux abonnés

Par Mathieu Brosseau

Publié le 18 décembre 2025 à 10h43

... "

 

 

Quelqu'un peut-il l'afficher en intégralité, svp ?

Et, la technique vaut-elle d'être débattue sur le fofo ?



#147 Le Marseillais

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Posté 09 février 2026 - 19:28

Je pense qu'effectivement, c'est un sujet intérréssant.



#148 el landeno

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Posté 15 mars 2026 - 12:49

Comment retrouver l'équilibre ? Six anciens grands internationaux de sports co racontent leur passage de joueur à entraîneur
En quoi une carrière de joueuse, de joueur aide-t-elle quand on devient entraîneur ? Comment transmettre son savoir ? Six anciens grands internationaux de sports co (basket, foot, handball, rugby et volley) livrent des clés. Chacun dans un thème mais tous unis par la même passion : transmettre.

Short et maillot remisés, son cabinet de kiné attendait Laurent Tillie (62 ans), mais après quelques mois de pratique, l'ancien capitaine des Bleus du volley (406 sélections) a basculé dans une carrière d'entraîneur : « L'adrénaline du week-end, de la saison me manquait. » Il mènera Earvin Ngapeth et sa bande au titre olympique en 2021, consécration qu'il n'a pas vécue en tant que joueur. Un statut que Tillie s'est efforcé d'oublier afin de ne pas « polluer » sa carrière d'entraîneur. Frédéric Fauthoux (53 ans), joueur d'un seul club (Pau-Orthez), puise notamment dans son éducation à présent qu'il porte la double casquette de coach de Bourg-en-Bresse et de sélectionneur des Bleus du basket.

 
 
 

Première femme à la tête d'une équipe masculine professionnelle de football (Clermont, en Ligue 2, en 2014), aujourd'hui avec les filles de l'OM, Corinne Diacre (51 ans) a eu la fibre alors qu'elle jouait encore. Sa collègue du Paris FC, Sandrine Soubeyrand (52 ans), s'attache à mettre l'humain au service de la performance.

 
 

Élément clé du premier titre mondial des handballeuses françaises en 2003, Raphaëlle Tervel (46 ans), désormais coach de Brest, a saisi la nécessité de ne pas oublier la dimension mentale. Jean-Baptiste Élissalde (48 ans) a bien compris l'obligation de mettre de la distance entre ses anciens partenaires rugbymen.

Frédéric Fauthoux (basket)

 

« On est toujours guidés par quelque chose »

 
 
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Frédéric Fauthoux a effectué l'intégralité de sa carrière de joueur à Pau-Orthez. Il a pris la tête de l'équipe de France en 2024. (P. Lahalle - S. Mantey/L'Équipe)
 

« Les valeurs personnelles sont transmissibles La transmission, c'est en rapport à sa propre éducation. Je viens d'un petit village (Horsarrieu, Landes), où l'entraide n'est jamais loin de la transmission. On avait toujours un exemple devant nous. Quand ton voisin, qui n'a jamais entraîné, t'apprend à shooter, quand tu vois tes parents transmettre dans le bénévolat. À 18 ans, je passe pro à l'Élan Béarnais, à Pau, et on me demande d'entraîner les tout-petits. Je l'ai fait naturellement, par conviction, et parce que j'aime ça. La chance de ceux qui font ce métier, c'est qu'ils commencent leur vie par une passion absolue. On est toujours guidés par quelque chose. Nous, c'est l'instituteur qui nous avait transmis son amour du basket. Et les anciens, bien sûr.

 
 
 

Ensuite, on devient manager selon sa personnalité, et moi j'aime les gens, j'aime partager avec eux et donc je transmets naturellement. C'est aussi comme ça que je fonctionne avec mes joueurs, je ne peux pas changer ma nature profonde même si mon rôle est parfois d'être dur, de prendre des décisions, mais ce n'est pas pour autant qu'on ne peut pas transmettre quelque chose de positif. C'est toujours pour le bien collectif. On peut dire : "Ah, il est trop proche de ses joueurs", sauf que cela n'empêche pas d'être dur avec certains si c'est bien pour le collectif. Pour moi, la transmission est simple quand il y a de la passion et que c'est ta nature profonde. Ça, c'est valable de la même façon pour les jeunes et pour des pros comme ceux que j'entraîne aujourd'hui.

Avec les petits, il y a beaucoup plus d'affect, d'apprentissage et donc le discours dans la forme est différent. Évidemment, avec des pros, on est davantage dans l'aspect technique, le professionnel disons. Mais on passe aussi par l'émotion, leur ressenti. Au très haut niveau, il y a forcément moins d'affect et une hiérarchie établie pour ne pas laisser d'intervalle dans les transmissions. Avec les étrangers, c'est peut-être un peu plus long, à cause de la barrière de la langue et de la culture, on doit donc d'abord apprendre à se connaître pour savoir qui est en face. Mais je leur transmets aussi les mêmes choses qu'aux Français. » Ar. L.

 
 

Corinne Diacre (football)

 

« Mon père m'a inspirée »

 
 
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Corinne Diacre a raccroché les crampons en 2007. Elle a ensuite dirigé notamment l'équipe de France de 2017 à 2023. (P. Lahalle - B. Cremel/L'Équipe)
 

« J'ai passé mes diplômes très jeune. Dès l'âge requis, c'est-à-dire dès la majorité, j'ai commencé parce que j'avais déjà cette envie de transmettre. J'étais joueuse (à Soyaux, Charente) mais à l'époque, c'était un peu différent puisqu'on était amatrices. Tout de suite, j'ai souhaité les mercredis après-midi rendre un petit peu ce que j'avais reçu. J'ai commencé par des jeunes. Mon père, qui a été un joueur plus qu'amateur, mais qui était éducateur aussi, m'a inspirée. Je jouais dans un club, mais la qualification et la compétence des éducateurs que j'avais étaient ce qu'elles étaient. En plus, à l'époque, dans les jeunes catégories, on ne s'entraînait qu'une fois par semaine.

 

Mon père a été un peu ce deuxième entraîneur. à travers nos face-à-face, tous les échanges, il m'a apporté énormément. Déjà, il m'a permis d'apprendre à me faire des retours personnels sur mes matches et des retours objectifs, puisqu'il était assez pointilleux sur les analyses. Ça m'a beaucoup apporté. J'étais aussi un peu, au-delà de l'aide de mon père, autodidacte puisqu'à l'époque, j'étais beaucoup dehors avec un ballon et un mur. J'ai appris beaucoup de choses par moi-même. J'avais envie d'aider ces jeunes qui n'avaient pas forcément eu le même parcours que moi. Les aider à évoluer un peu plus vite, notamment sur l'aspect technique. La transmission, le fait de partager aussi ce que moi, j'avais appris seule. Tout simplement.

Passer mes diplômes à 25 ans m'a déjà servi en tant que joueuse. C'était assez pointu sur l'aspect tactique. Mon jeu a changé. Je voyais le jeu différemment. Je le voyais beaucoup plus vite, j'avais un temps d'avance. C'était bien car la vitesse n'était pas une de mes qualités. Ça m'a permis de continuer à progresser en tant que joueuse. Quand j'étais encore à la Fédération, je voulais m'inspirer de ce qui s'était fait en Belgique chez les garçons, notamment avec Roberto Martinez. On avait essayé, avec Franck Thivilier (ex-DTN adjoint), de mettre ça en place. L'idée était, pendant les rassemblements de l'équipe de France féminine, de proposer, sur la base du volontariat aux joueuses, de passer un diplôme. Je n'ai pas eu le temps de le mettre en place. Mais ça aurait intéressé certaines joueuses. » Sy. D.

 
 

Jean-Baptiste Élissalde (rugby)

 

« Le petit golf entre potes, c'était fini »

 
 
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Avec le Stade Toulousain, Jean-Baptiste Élissalde a décroché deux titres de champion de France (2008, 2012) et a aussi été double champion d'Europe (2005, 2010). Il est directement devenu entraîneur des arrières en 2011 alors qu'il était encore joueur. (N. Luttiau - P. Lahalle/L'Équipe)
 

« Je suis passé directement de joueur à entraîneur (des arrières) au Stade Toulousain en 2011, en continuant même à jouer quelques matches pour compenser les absences liées à la Coupe du monde. Le premier jour, je savais que j'allais me faire brancher par mes anciens partenaires, j'étais le premier à brancher, mais je n'étais pas inquiet. Je l'étais plus par rapport aux autres entraîneurs, Guy Novès et Yannick Bru. Est-ce que j'allais être à la hauteur de ce qu'ils étaient en train de mettre en place ?

 

Avec les joueurs, une petite frontière s'était installée, pas forcément très bien balisée. Clément (Poitrenaud) et Fred (Michalak) avaient balancé du papier toilette sur notre bureau. J'avais souri mais ça n'avait pas plus du tout à Yannick (Bru). Pareil avec un proche, qui après quatre-cinq semaines, m'avait fait une petite réflexion devant tout le monde, pour amuser la galerie. Je l'avais pris un peu en déconnant, mais il m'avait mis en porte-à-faux. J'avais été un peu déstabilisé. J'avais chopé le joueur : "Tu ne peux pas me parler comme ça devant tout le monde, même si on est potes, même si c'est sur le ton de la plaisanterie." Et c'était réglé.

 

J'ai aussi dû prendre de la distance hors du terrain : le petit golf entre potes du jeudi, c'était fini. Plus de resto, plus de soirée en après-match. Ce n'était pas ma place. Et puis imaginez : tu fais une troisième mi-temps, tu bois un ou deux coups, les joueurs en boivent dix, et le mardi d'après, il y en a un qui se pète à une cuisse. Si tu es sorti avec eux, qu'est-ce que tu veux dire ? Sur cette vie hors terrain, tu sais ceux qui font les cons, puisque tu as fait le con avec eux. Que veux-tu dire à X ou Y qui fumait des clopes au balcon de sa chambre, alors que tu le faisais avec eux quelques mois auparavant ?

 

J'ai décidé de ne pas me prendre la tête par rapport à ce qu'ils faisaient en dehors. Mais de me focaliser sur le fait d'être le plus objectif possible dans mes choix, d'être pertinent dans mes analyses et d'amener des choses à l'entraînement. Des joueurs m'avaient fait part de leurs attentes pour arrêter certains exercices routiniers, j'en avais tenu compte. Je me suis aussi vite aperçu qu'en donnant trop la parole, on pouvait basculer dans le chaos (sourire). Ça m'a plus aidé que desservi de bien les connaître. Et puis on gagnait, il y avait beaucoup de grands joueurs, alors que je sois bon ou mauvais, ça ne changeait pas grand-chose. Je les accompagnais, quoi ! » A. Ba.

 
 

Laurent Tillie (volley)

 

« Je ne veux pas être le modèle »

 
 
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Laurent Tillie a disputé 406 matches sous le maillot de l'équipe de France, avant de la diriger entre 2012 et 2021. (N. Luttiau - P. Lahalle/L'Équipe)
 

« Du jour où je suis devenu entraîneur, je n'ai plus été joueur. C'est le truc le plus dur à faire peut-être. Quand tu donnes des explications, des conseils, ne pas se référer à son passé de joueur. Je ne veux pas être le modèle. Par contre, le vécu est une force incroyable. Tout ce qui est ressentiment, partage de sensation, approche du geste ou de la compétition, je l'ai dans les tripes, la peau et la tête, avec plus d'expérience que le joueur. On transmet en essayant de donner des clés, des consignes qui doivent être partagées et comprises.

 

Avoir été joueur aide pour trouver plus vite la bonne clé, car je sais ce qu'on ressent quand on réceptionne, on attaque, on passe, etc. Donc je vais plus vite à l'essentiel et je peux plus facilement comprendre l'impact sur le joueur. Le vécu fait qu'on est plus proche de la compréhension et des sensations du joueur. On entraîne comme on n'aurait pas voulu être entraîné : la démonstration par le négatif est une excellente démonstration.

Tous les types d'entraînement, de remarques des coaches que je n'aimais pas, j'essaye de les éviter. Comme cette consigne de coach : "Il ne faut pas rater son service !" Ah ben je suis con, je n'y avais pas pensé ! Histoire de te rajouter de la pression. Si on considère que le service-réception est un point important du jeu, travaille-le du lundi au samedi, tous les jours. À l'époque, on ne faisait le service-réception que le vendredi soir et le samedi matin, et jamais dans la semaine. Ou rester une demi-heure sur un exercice qui ne marche pas et toi, tu ne dis rien, tu fais ton exercice. L'entraîneur ne s'en aperçoit pas. Je pense être capable de voir si l'exercice est bon ou pas. S'il ne l'est pas, je change. » Ak. C.

 
 

Sandrine Soubeyrand (football)

 

« À travers ma pratique à haut niveau, je l'ai vécu, je me suis créé des codes »

 
 
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Sandrine Soubeyrand a longtemps détenu le record de sélections chez les Bleues (198), avant d'être dépassée par Eugénie Le Sommer il y a un an. Elle est l'entraîneuse du Paris FC depuis 2018. (J.-L. Fell - J.-B. Autissier/L'Équipe)
 

« Les joueuses ont besoin qu'on les comprenne, qu'on les écoute, qu'on fasse attention à elles. Ce n'est pas en hurlant que je vais y arriver mais en étant attentionnée avec chacune d'entre elles, de manière différente. J'ai eu beaucoup de coaches interventionnistes, car c'était le modèle, mais aussi un qui était comme un père. Il me disait : "OK, ça va aller, ça va bien se passer, il n'y a pas de problème." C'était Bruno Bini (son sélectionneur chez les Bleues entre 2007 et 2013). Il était plus paternaliste, un peu moins centré sur l'aspect terrain, davantage sur l'humain. Je me suis dit que je ne serai jamais comme lui, parce que je n'ai pas sa personnalité, je ne veux pas lui ressembler. Mais c'est un côté qu'il faut prendre en compte, mettre en avant.

 

Ça ne peut pas n'être que ça, car il faut nourrir celles qui sont à fond sur la perf', le détail, et celles à fond sur l'affect. Il faut que je relie les deux tout le temps. J'aime tout le monde mais je veux que tu progresses, qu'à la fin de la séance, de l'année, tu puisses dire : "J'étais là, je suis là." Exemples : Gaëtane (Thiney) progressait peut-être sur le leadership et pas sur le foot à 39 ans. Aujourd'hui, Clara (Mateo, 28 ans) va continuer à progresser, sur le leadership, mais elle est encore en train de progresser sur le foot.

Je vais être exigeante mais aussi bienveillante car c'est une génération qui en a besoin. La nôtre aussi mais on a grandi dans d'autres codes. Mais pour autant, les codes sont quand même sur l'exigence. Car pour être reconnu, il faut gagner, faire des résultats. On a beaucoup reproché à Bruno (Bini), qui était sur l'humain, de ne pas être sur la perf', alors qu'il l'était. L'humain était au service de la performance.

 

Parfois, on a plus besoin de perf' collectivement, parfois on a plus besoin d'humanité individuellement, ou collectivement même. Il faut que j'arrive à mettre le curseur toujours au bon endroit. Mon job au quotidien, c'est à la fois de continuer à faire progresser avec bienveillance, et parfois il faut un peu bousculer. À travers ma pratique à haut niveau, je l'ai vécu, je me suis créé des codes, je suis devenue la personne que je suis à travers aussi les gens que j'ai rencontrés. » Sy. D.

 
 

Raphaëlle Tervel (handball)

 

« Si tu n'as pas été joueuse, tu ne peux pas te rendre compte de comment cette charge mentale peut influer sur ton corps »

 
 
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Raphaëlle Tervel a été handballeuse professionnelle de 1996 à 2014. Elle est l'entraîneuse de Brest depuis 2024, poste qu'elle quittera à la fin de la saison. (N. Luttia - J.-M. Hervio/L'Équipe)
 

« Là où je trouve qu'avoir porté le short et le maillot amène le plus, c'est de se rendre compte de la fatigue mentale que provoquent les répétitions et les enchaînements des matches tous les deux ou trois jours. Si tu n'as pas été joueuse, tu ne peux pas te rendre compte de comment cette charge mentale peut influer sur ton corps. La fatigue physique n'est pas la pire. La pire des fatigues, ce n'est pas les jambes, c'est la tête. Aujourd'hui, il y a plein de moyens de récupérer physiquement mais mentalement, il n'y a rien d'autre que le vrai break pour régénérer la tête.

 

Après toutes les compétitions, à jouer tous les deux jours pendant deux à trois semaines, moi qui ne fais jamais de sieste, pendant quinze jours, je ne faisais que dormir toute la journée, au moins trois ou quatre siestes par jour. Pas parce que j'étais cuite physiquement mais parce que dans la tête, tu puises énormément. Il fallait reposer le cerveau.

Si tu prépares vraiment tous les matches, à apprendre par coeur tous les points forts, les points faibles, les systèmes des adversaires... Je travaillais beaucoup avec la visualisation. Mais tu t'épuises. Et le lendemain, tu changes d'adversaire qu'il faut analyser, et ça pendant deux à trois semaines. Donc à présent que je suis entraîneuse, dès qu'on a petite fenêtre où on peut lâcher, je lâche pour oxygéner le cerveau et ensuite réenclencher. Je fais très attention à ça.


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Posté 16 mars 2026 - 07:11

« On n'est plus un sport de gros boeufs » : ce que les nouvelles règles visant à augmenter le temps de jeu effectif au rugby ont changé au niveau amateur
 
En février 2025, quatre nouvelles règles pensées pour accélérer le rugby s'appliquaient au monde amateur. Un an après, les acteurs dressent le bilan.

Le genou serait, actuellement, l'arme la plus puissante de la première ligne de rugby. En le posant lors de la mêlée, le temps s'arrête et permet à toute l'équipe de reprendre son souffle. « C'est l'un des derniers trucs de filou qu'il nous reste » confie Timothée, qui joue pilier et talonneur à Bonnétable, près du Mans. Ce club de R3, le plus bas niveau hexagonal, a connu, comme toutes les autres structures, une évolution des règles visant à augmenter le temps de jeu effectif. Un système appliqué d'abord chez les pros lors de la saison 2024-2025 et qui limite, par exemple, à 60 secondes le temps de la transformation ou à 30 les alignements en touche. Timothée râle gentiment : « Pour nous, les gros, c'est dur. On a moins de temps morts. C'est vraiment fait pour avoir un jeu léger qui avantage les trois-quarts. »

 
 
 

Les changements de règle, le rugby y est habitué. Mais ils interviennent le plus souvent à l'intersaison. Cette fois, il a fallu s'adapter au creux de l'hiver. Pierre-Etienne Bouysset, entraîneur du club aveyronnais de Bretenoux Biars Vayrac en R1 ne s'en offusque pas : « C'est dans la culture du rugby de respecter les règles. Pour celles-ci, c'était une des premières fois en cours de saison. Alors, j'ai l'impression que les arbitres n'ont pas été trop trop tatillons pour laisser le temps aux équipes de s'habituer. Et puis, sur le terrain, ils parlent beaucoup avec les joueurs pour dire ce qui peut être fait ou non. » De la pédagogie dans l'action.

 
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La préparation estivale des clubs amateurs a été adaptée en vue de ces nouvelles règles. (A. Mounic/L'Équipe)
 
La progression du temps d'effort

Si chacun a improvisé en cours de saison, la préparation estivale suivante a été organisée pour augmenter l'endurance. Illustration à Espalion, autre pensionnaire de R1 en Aveyron, où le président a sollicité un préparateur venu de Fédérale 2. Jérémy, le centre et capitaine, approuve : « On a suivi une vraie prépa en ajoutant des séances de cardio et de physique. Ça s'est vu tout de suite pendant les premiers matches, où on était plus dans l'évitement et la fluidité. C'était moins le jeu ''campagnard'' qu'on avait avant, quoi. » Résultat confirmé par un statisticien dépêché en début de saison : temps de jeu effectif mesuré à 36 minutes, soit 2 minutes de plus que le temps de jeu effectif moyen en senior amateur relevé sur plus de 200 matches par une étude anglo-saxonne en 2023.

 
 
 
 

Avec cette progression du temps d'effort, les organismes s'usent plus rapidement et les staffs ont dû modifier leur gestion de match. Ainsi, l'ère des starters et des finishers s'est également installée sur les premiers échelons des championnats. Sébastien Cangrand, entraîneur de l'US Saint Palaisienne en Fédérale 3, évoque son nouveau coaching : « Je n'hésite pas à sortir mes joueurs beaucoup plus tôt, notamment dans mes deux premières lignes. Pour qu'ils acceptent sans rechigner, il a fallu expliquer. L'avantage, c'est que ça permet d'impliquer davantage le banc. »

 
L'arbitre, gardien du rythme

Côté sifflet, Damian, arbitre en Occitanie, tire aussi un bilan positif : « Les joueurs se sont bien adaptés. Si le regroupement sur les touches ne se fait pas assez rapidement, on doit siffler bras cassés. Je pense n'en avoir sifflé que 3 depuis 1 an. » Mais l'arbitre est conscient du surplus d'énergie demandé aux effectifs et agit en fonction. Parfois, il lui arrive « d'oublier » de démarrer le chrono de 60 secondes pour les botteurs.

 
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Les règles anti temps mort ont pour objectif de rendre le jeu plus spectaculaire pour le public. (F. Lancelot/L'Équipe)
 

Julia, 2e ligne du RC Auch en Fédérale 2 et en équipe de France militaire, a vu l'évolution de la touche. « Comme il y a moins de temps, on y va beaucoup plus à l'instinct. La mise en place en touche est très courte et c'est devenu un vrai lancement de jeu plutôt qu'une zone d'impact. » Alors qu'elle joue à deux niveaux différents qui n'ont pas les mêmes règles, la jeune femme incarne l'adaptation permanente demandée aux joueurs de rugby : elle a droit au plaquage jusqu'à la taille avec son club et plus haut avec les Bleues. « Mais parfois, je confonds » se marre-t-elle.

 
Du rugby campagne au rugby champagne

Après l'interdiction du plaquage simultané en 2019, les règles « anti temps morts » avaient comme objectif de rendre le jeu plus spectaculaire pour attirer le public. Résultat tangible selon les clubs amateurs contactés qui nous ont tous indiqué une progression du nombre de spectateurs le long des mains courantes. Espalion compte ainsi 500 supporters de moyenne avec des fièvres jusqu'à 1000. À Bonnétable, Timothée relève aussi cette différence : « Même en Régionale 3, le niveau a beaucoup évolué. On n'est plus un sport de gros boeufs et les spectateurs nous disent que c'est plus rythmé. Les dernières règles font aussi qu'on se fait moins mal parce qu'on cherche la vitesse plutôt que la confrontation. » Un dernier atout pour le première-ligne : « Avec la vitesse, on fait aussi beaucoup plus de fautes de main... Et ça amène des arrêts de jeu parfois utiles pour souffler. »



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Posté 28 mars 2026 - 12:22

Entre premier et deuxième centre, une frontière de plus en plus brouillée : « De toute façon, aujourd'hui, il faut savoir faire les deux »
Proches sur le terrain, les premier et deuxième centres conservent des missions distinctes. Mais leurs différences de profils sont de moins en moins tranchées et la polyvalence devient un atout.

Voilà un joueur qui a le sens de l'harmonie. Pour sa sixième titularisation en Top 14 avec La Rochelle, depuis son arrivée tardive en Charente-Maritime en novembre dernier, Adrien Séguret va équilibrer son bilan samedi soir à Anoeta face à Bayonne (21h) : trois rencontres commencées au poste de premier centre, ces dernières semaines, après trois autres entamées dans le rôle de second centre, au coeur de l'hiver dernier. L'ancien Castrais est utilisé en 12 comme en 13 depuis le début de sa carrière, presque à parts égales, et, à travers son cas comme celui d'autres polyvalents, c'est comme si les limites se brouillaient un peu plus entre ces deux postes voisins.

 
 
 
 

Comme pour compliquer l'énigme, le Top 14 a connu certains petits malins, ou grands superstitieux, qui, même lorsqu'ils étaient titularisés au poste de numéro 13, tenaient à porter en match un maillot floqué du 12. Demandez à un certain Wesley Fofana... Alors qu'est-ce qu'un premier centre ? Que fait de différent de lui un second centre sur le terrain ? La distinction entre les deux est-elle toujours pertinente ?

 
 

« Le 12 est très costaud, il fait des points de fixation, transforme des ballons pas simples à jouer en ballons plus dynamiques. Le 13 est un accélérateur, avec plus de champ, qui transforme le jeu par son explosivité »

Jean-Baptiste Dubié, ancien centre

 
 

« La base du poste de 12, c'est de faire avancer l'équipe et assurer la continuité du jeu autour de lui, tente de définir l'ancien centre Franck Azéma. En faisant un raccourci, tu vas lui demander d'avoir un profil plutôt solide, capable de gagner la ligne d'avantage pour mettre l'équipe sur l'avancée. Le 13, lui, serait plus capable de jouer les espaces, avec plus de vitesse. » Jean-Baptiste Dubié, qui a principalement évolué au poste de second centre, vole au secours de l'ex coach de Perpignan, réticent à l'idée d'enfermer ces joueurs dans des cases trop restrictives, pour fignoler le portrait. « Le 12 est très costaud, il fait des points de fixation, transforme des ballons pas simples à jouer en ballons plus dynamiques, s'essaye à son tour l'ancien centre de l'UBB. Le 13 est un accélérateur, avec plus de champ, qui transforme le jeu par son explosivité et qui aura surtout un rôle très important et difficile à gérer en défense, parce qu'il va colmater des brèches et défendre des zones plutôt que des hommes. 

En schématisant encore plus, le premier centre, ça serait le balèze, plus proche des zones de collision où il ne laisse pas sa part aux autres, quitte à mettre le nez dans quelques rucks, et le second, plus léger et rapide, serait là pour jouer les coups, offensifs comme défensifs. Leur petit nom anglais donne plus d'indices : le 12 est l'« inside centre », celui au coeur du trafic, le 13 est l'« outside centre », qui voit plus au large. Pour bien simplifier l'équation, on a concocté un petit tableur à l'ancienne, garanti sans IA, pour mesurer et peser tous les centres alignés en Top 14 lors de la 19e journée : les 12 affichaient 1,87 m de moyenne pour 100 kg, les 13 se limitaient à 1,82 m pour 93 kg.

 
 
 
 

« Tout dépend de la qualité de tes joueurs. Moi ce que j'aime bien, c'est d'avoir des garçons capables de créer de l'incertitude, de ne pas être lisibles »

Franck Azéma, ancien centre

 
 

« Mais c'est réducteur, s'insurge Azéma. Tout dépend de la qualité de tes joueurs. Moi ce que j'aime bien, c'est d'avoir des garçons capables de créer de l'incertitude, de ne pas être lisibles. » Et Dubié, sans doute marqué par ses années montoises, embraye : « si André Boniface nous entendait parler comme ça, il serait fou de rage ! Avec son frère Guy en 13, il ne parlait que de connexion, de binôme. » Car ce qui fait aussi un 12 et un 13, c'est leur association, leur complémentarité, et le système de jeu.

 
 
De l'importance de la polyvalence

« Tu as des 12 qui peuvent être un deuxième 10, qui ont des mains, et sont capables de jouer autour d'eux », insiste ainsi Azéma. La morphologie et le jeu du 13 qui accompagnera ce « second five eighth », le nom néo-zélandais spécifique de ce 12 plus créateur, en seront modifiés. Un exemple parlant ? La paire Matt Giteau - Mathieu Bastareaud du Toulon vorace 2013-2015, avec l'Australien crédité d'un petit 1,78m pour 84kg, et le Français à 1,83m pour 125kg.

Les deux postes peuvent donc s'offrir à des gabarits et des styles variés. Mais est-il possible d'exceller dans les deux, comme un Gaël Fickou, ou un Tommaso Menoncello, qui a joué 12 comme 13 pour l'Italie dans le dernier Tournoi ? « Dans un rugby d'aujourd'hui où, derrière, il y a moins de remplaçants et où on cherche la polyvalence, observe Rémi Lamerat, je trouve qu'au poste de centre, pouvoir couvrir les deux caractéristiques, c'est intéressant pour un entraîneur. »

 

Il en rigole, plein d'autodérision, parce que lui, cette polyvalence, il ne l'avait pas. L'ancien Clermontois était du genre frontal. « Ma génération, on était dans l'idée de casser la ligne pour faire avancer l'équipe, parce qu'on avait fait un aveu d'impuissance, comme quoi la défense prenait toujours le pas sur l'attaque, reprend celui qui a arrêté en 2023. On en parlait récemment avec Basta (Mathieu Bastareaud), Henry Chavancy ou Alexandre Dumoulin : on venait tous de la 3e ligne, à l'école de rugby, et on a été passés au centre avec cette mode qu'ont eu les staffs français, calquée sur les Anglais champions du monde 2003, cette ligne de golgoths, avec la paire Will Greenwood (101 kg) - Mike Tindall (100 kg). Ce n'est plus vrai aujourd'hui. »

 

Les profils contemporains sont plus athlétiques, capables de jouer sur les deux registres, puissance et vitesse, et ça leur ouvre les portes de la polyvalence. Avec la perspective d'enrichir leur jeu. « Ça m'a permis d'étoffer ma palette, nous disait Nicolas Depoortere en décembre, après quelques semaines à jouer en 12 à l'UBB, poste qu'il avait très rarement occupé jusqu'alors. Je me sens plus riche à mon poste. J'ai appris des petits ''tips'', surtout sur des placements et des courses. Entre le 12 et le 13, le point commun, c'est le combat. Et moi, j'aime ça. De toute façon, aujourd'hui, il faut savoir faire les deux. »


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