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Alors que les scores fleuves se multiplient, les équipes de bas de tableau peuvent-elles fausser la fin du Top 14 ?
À trois journées de la fin de la phase régulière, les cinq dernières équipes au classement n'ont déjà plus rien à jouer. Cette démobilisation, qui s'est déjà ressentie lors de la précédente journée, peut-elle avoir une influence sur la course au top 6 et à celle pour une place direct en demi-finales pour les équipes de tête ?« Il faut avoir joué et être allé sur le terrain pour savoir que les matches de Top 14, à ces niveaux-là, à quatre journées de la fin, quand tout le monde veut des points, ça demande un supplément d'âme, ça demande quelque chose. » La déclaration est signée Laurent Labit, le manager sportif de Perpignan quelques minutes après la lourde défaite de son équipe à Clermont le week-end dernier (45-14). « Vous n'avez qu'à regarder les résultats de la journée, pour ceux qui ne jouent rien, c'est difficile de rivaliser avec des équipes qui sont lancées pour aller sur les phases finales », a-t-il poursuivi.
Joint en début de semaine, le technicien a précisé sa pensée : « On connaît la difficulté des matches face à ces équipes. Dans ta tête, ce n'est pas juste une question de savoir comment on joue et la qualité des joueurs. Ça reste difficile à appréhender dans la tête des joueurs. Il faut avoir un supplément de motivation, d'autant plus quand tu vas à l'extérieur. »Lors de cette 23e journée du Top 14, les six premiers du classement ont battu les six derniers, classés de la 9e à la 14e.
En grande majorité avec des écarts fleuves, excepté le Bayonne - UBB (38-40). Un constat partagé par Julien Puricelli, un des entraîneurs adjoints du LOU (11e), lourdement battu au Stade Français (59-17) : « Nous étions face à une équipe qui a une dynamique ultra-positive alors que nous, l'objectif est de finir le moins pire possible. Face à ces deux dynamiques opposées, est-ce que nous étions à 100 % mentalement ? Je n'ai pas la réponse... »
« La clé, c'est la dynamique collective. À ce moment de la saison, ça paraît difficile de changer la donne quand tu n'as plus rien à jouer »
Joan Caudullo, manager de Montpellier
La particularité de cet opus du Top 14 réside dans le fait qu'on sait depuis belle lurette que Montauban (14e), seulement officiellement relégué depuis ce week-end, était condamné à retrouver la Pro D2. Idem pour l'USAP (13e), dont la place de barragiste est entérinée depuis plusieurs mois. « On pense déjà à l'acces-match », avoue Labit, qui avait procédé à un gros turnover pour le déplacement à Clermont. Du coup, Bayonne (12e), Lyon (11e) et Castres (10e) se retrouvent dans un ventre mou sans enjeu. Ces cinq formations peuvent-elles « fausser » la course à la qualification ?
« Non, assure Laurent Labit. Il faut quand même aller chercher les matches. Bordeaux s'est employé pour aller gagner à Bayonne. À domicile, devant leur public, les équipes sont plus difficiles à prendre. Il reste des matches pièges. Mais en déplacement, c'est plus compliqué. Quand tu reçois des équipes comme Montauban et Perpignan, mais aussi Lyon et Bayonne, c'est plus abordable. »
Comment motiver ses troupes quand on n'a plus rien à jouer ? Après la déroute du LOU sur la pelouse du Stade Français, Puricelli reconnaissait la difficulté de la tâche : « On tente de mobiliser les joueurs, mais aujourd'hui (samedi), on a surtout vu de la démobilisation. Après, il reste des objectifs, dont celui de continuer d'afficher un bon visage à l'extérieur, d'avoir de la constance. Là, c'est raté. Mais l'équipe doit aussi tourner car certains joueurs ont beaucoup joué. Il y a également un management à faire en pensant déjà à la saison prochaine. Même si ça n'excuse pas notre défaite. On a enfin pour objectif de terminer à une meilleure place que les deux dernières saisons (11e à chaque fois). »
Joan Caudullo, le manager de Montpellier (2e), qui est dans l'autre camp, celui qui vise la qualification, précise : « La clé, c'est la dynamique collective. À ce moment de la saison, ça paraît difficile de changer la donne quand tu n'as plus rien à jouer. Donc c'est sans doute plus facile d'aller à Bayonne ou Lyon qu'à Toulouse ou Bordeaux. Mais face à une équipe qui ne joue rien, la pression est sur toi. C'est la problématique. Et je remarque que Lyon continue de gagner à domicile quand même... Castres (qui reçoit le MHR samedi), c'est une équipe qui est dure à domicile et je les imagine mal lâcher, surtout contre nous (rires). »
« Il ne faut pas s'attendre à beaucoup de surprises d'ici la fin de saison régulière »
Laurent Labit, manager de l'USAP
« Il ne faut pas s'attendre à beaucoup de surprises d'ici la fin de saison régulière, prédit Labit. Elles ne peuvent venir que si un gros te prend par-dessus la jambe avec aussi des gestes non maîtrisés et des cartons qui peuvent niveler le match. » Romain Briatte, troisième-ligne du Stade Français, a d'ailleurs prévenu avant le déplacement à Montauban : « Ils n'ont plus rien à perdre et voudront faire un gros match pour bien finir devant leurs supporters. Sapiac, ça pique. Il faut y aller avec les pecs en avant. » Le Stade Français (4e) semble d'ailleurs bénéficier du meilleur calendrier sur les trois dernières journées avec trois rencontres face à deux équipes sans enjeu (Montauban et Bayonne) et potentiellement une troisième, lors la dernière journée, si le Stade Rochelais n'a plus rien à jouer. Réponse le 6 juin vers 23 heures
Et pour compléter :
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