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Parlons arbitrage


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840 réponses à ce sujet

#826 kennaugh

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Posté 01 mai 2026 - 19:31

J'ai plutôt l'impression que ça aurait l'effet inverse puisque puisque fatalement les chocs deviennent de moins en moins violents à mesure que le match avance et que les organismes fatiguent.
Faire rentrer des mecs tout neufs et en pleine forme provoque exactement l'effet inverse sans parler du fait que de voir le mec que tu as commencé à travailler se fait remplacer par un mec tout frais est extrêmement frustrant .

Vu les athlètes d'aujourd'hui, pas sûr que la violence des chocs diminuent tant que ça au fil du match. D'autant plus que c'est d'abord les attitudes plus que les intensités qui vont être dégradés.
Mais j'y verrais surtout un danger en mêlée si ça devait arriver

#827 Bougnat et Breton

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Posté 01 mai 2026 - 22:29

Vu les athlètes d'aujourd'hui, pas sûr que la violence des chocs diminuent tant que ça au fil du match. D'autant plus que c'est d'abord les attitudes plus que les intensités qui vont être dégradés.
Mais j'y verrais surtout un danger en mêlée si ça devait arriver

C'est déjà arrivé et ça a duré beaucoup, beaucoup plus longtemps que cette habitude actuelle du remplacement à tout va.

 

à ma connaissance ça n'a jamais provoqué le moindre problème à personne , sauf que la valeur "combat" du rugby en a été glorifiée.


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#828 gregouarrrr

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Posté 02 mai 2026 - 12:06

 

C'est pas vraiment un probleme  de lecture du jeu , lidée c'est que les gars se baissent pour plaquer .. si tu te baisses pas de carton et l'attaquant aura du mal à se projeter la tete en avant sans tomber  :D

le plaqueur qui se baisse qd le joueur adverse arrive en face a plus de chance de se prendre un coup de genou dans la gueule non ?



#829 RCV06

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Posté 02 mai 2026 - 12:39

le plaqueur qui se baisse qd le joueur adverse arrive en face a plus de chance de se prendre un coup de genou dans la gueule non ?

Avec une bonne technique de placage non, 9 fois sur 10 quand les mecs se blessent c'est parcequ ils ont mal fait le geste mal placé la tête.

Après dans le feu de l action si tu les enchaines ça peut arriver 


Vu les athlètes d'aujourd'hui, pas sûr que la violence des chocs diminuent tant que ça au fil du match. D'autant plus que c'est d'abord les attitudes plus que les intensités qui vont être dégradés.
Mais j'y verrais surtout un danger en mêlée si ça devait arriver

Avec l autre vieux BB on a connu l époque sans remplaçant autre que sur blessure.

Ben les types fatiguaient donc ils levaient le pied et nous derrière ça nous ouvrait des espaces.

Même si maintenant ils sont mieux préparés, l intensité baisserait quand même car maintenant ils cavalent partout et jouent a 100 % car ils savent qu ils seront remplacés et s ils ne le sont plus .....


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#830 Alex chocolatines

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Posté 02 mai 2026 - 13:21

le plaqueur qui se baisse qd le joueur adverse arrive en face a plus de chance de se prendre un coup de genou dans la gueule non ?

Le plaquage ça s'apprend à l'école de rugby dès le plus jeune âge, et comme le dit RCV on insiste toujours sur le bon placement de la tete, puis bien enserrer et accompagner. Je crois que chez les pros, certains oublient les fondamentaux. 


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#831 l'ours des tavernes

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Posté 06 mai 2026 - 19:15


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#832 gregouarrrr

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Posté 06 mai 2026 - 20:59

Le plaquage ça s'apprend à l'école de rugby dès le plus jeune âge, et comme le dit RCV on insiste toujours sur le bon placement de la tete, puis bien enserrer et accompagner. Je crois que chez les pros, certains oublient les fondamentaux. 

Oui mais entre l école et le pro tout va plus vite, et ça tape plus fort. faut agir plus vite et c est compliqué...

#833 el landeno

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Posté 09 mai 2026 - 13:10

« Des relations riches avec de la plus-value pour tout le monde » : pourquoi les Français organisent des échanges d'arbitres avec d'autres nations
Les dirigeants de l'arbitrage ont noué des relations avec les autres nations du rugby, dont certaines ayant des Championnats moins réputés que le Top 14 et la Pro D2. Des relations gagnant-gagnant pour exporter le savoir-faire français, et qui ont permis d'accueillir dernièrement un Japonais ou un Argentin.

Il n'est pas rare de voir des arbitres étrangers fouler les pelouses de Top 14 ou de Pro D2. Comme le mois dernier, un programme mené conjointement par World Rugby, la Ligue nationale de rugby et la Fédération française de rugby.

L'idée autour de la mise en place de ces échanges est de permettre aux arbitres français de bénéficier d'une expérience à l'étranger lorsque le contexte s'y prête. Et il existe bien sûr un intérêt sportif. En retour, la France accueille certains arbitres venant d'Uruguay, du Chili, de Géorgie, et donc aussi du Japon ou d'Argentine.

 
 
 

« On est la seule nation au monde à avoir bâti ce système, détaille Mathieu Raynal, manager du secteur professionnel des arbitres de Top 14 et de Pro D2. On fait des échanges avec les nations européennes, mais on tend aussi la main à celles qui ont des Championnats un peu moins forts que le nôtre, pour donner des opportunités à leurs arbitres prometteurs, et les faire monter en compétence. Ce sont des relations riches avec de la plus-value pour tout le monde. »

 
Des discussions autour des règles

Ludovic Cayre (37 ans), qui a notamment officié lors de la finale 2024 du Top 14 entre Toulouse et l'Union Bordeaux-Bègles (59-3), a pu diriger deux matches de League One japonaise en février dernier : « Ils considèrent le Top 14 comme l'un des meilleurs Championnats du monde. C'est une autre culture, de nouveaux modes de communication. Mais là-bas, ils sont tous satisfaits que l'on vienne apporter notre expérience. »

 

Pour les arbitres de l'Hexagone, la sortie du cocon français est aussi un moyen de se remettre en question pour progresser sur l'aspect technique, mais également dans le domaine physique. « En League One, le ballon est toujours en vie, et les séquences durent parfois près de quatre minutes. C'est la prime à l'offensive. Il faut pouvoir encaisser, et j'ai d'ailleurs ressenti quelques difficultés en fin de match », avoue Cayre. Avec des temps de jeu plus longs et moins de jeu au pied, il évoque aussi la nécessité de faire attention à son placement, encore plus qu'en Top 14.

 

Loin d'être des vacances, ces séjours à l'étranger sont aussi des moyens d'échanger sur la règle. Des réflexions précieuses dans un sport sujet aux interprétations comme le rugby. « J'ai participé à beaucoup de réunions de travail, et j'ai rencontré des arbitres en région pour que l'on puisse partager nos visions », témoigne Cayre.

 

Et c'est aussi un moyen de débattre sur ce qui diffère d'un Championnat à l'autre, comme la mêlée dans le cas du Japon. Au pays du Soleil-Levant, les introductions sont par exemple moins regardées à la vidéo, alors qu'elles sont l'objet d'un focus important en France.

 
 

« Pour l'intérêt de notre sport, c'est important que des arbitres de toutes les nations aient l'opportunité d'acquérir un niveau élevé »

Mathieu Raynal, manager du secteur professionnel des arbitres de Top 14 et de Pro D2

 
 

Après avoir profité de ce dispositif et arbitré dans l'Hexagone, le Japonais Furuse a le sentiment d'avoir surtout dû s'adapter dans des phases de rucks. « Quand j'arbitre chez vous, je dois changer mon focus, et créer un environnement sécurisé pour les joueurs. Il y a toujours des combats pour récupérer la balle », explique-t-il.

 
Échange de bons procédés ou jeu d'influences ?

Difficile toutefois de faire abstraction de l'intérêt diplomatique de ces échanges. Et du contexte dans lequel ils s'inscrivent, avec des discussions et des jeux d'influences qui tournent autour des futures règles, comme cela avait été le cas lors du dernier « Shape of the Game », la réunion organisée par World Rugby réunissant les dirigeants et les responsables de l'arbitrage des différentes Fédérations.

 

De son côté, Raynal ne préfère pas voir les choses à travers ce point de vue, et croit « plutôt qu'il faut partager » au-delà de l'intérêt relationnel. « Ça me semble tout à fait normal d'aider d'autres pays à faire grandir leurs arbitres. Pour l'intérêt de notre sport, c'est important que des arbitres de toutes les nations aient l'opportunité d'acquérir un niveau élevé. »

 
 

« Après, si ça participe à ce qu'on ait de bonnes relations lorsque l'on voudra défendre des causes communes auprès de World Rugby... »

Mathieu Raynal

 
 

Une main tendue « logique » pour l'ancien arbitre international. « Il ne faut pas concevoir ça comme une monnaie d'échange. Quand on a un Championnat aussi fort économiquement et médiatiquement, c'est logique de ne pas fermer les portes. Après, si ça participe à ce qu'on ait de bonnes relations lorsque l'on voudra défendre des causes communes auprès de World Rugby... Mais en tout cas, cela ne les oblige en rien. Qu'ils soient d'accord ou non, ça ne nous empêchera pas d'avoir de bons rapports avec eux au niveau de l'arbitrage. »

 

Des relations gagnant-gagnant pour exposer de jeunes arbitres dans un contexte différent. Car ces futurs garants du jeu officieront aussi, un jour, sur de grandes affiches. Et ils y seront mieux préparés avec un tel dispositif.



#834 La Berthe

La Berthe

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Posté 17 mai 2026 - 19:06

Entre Charabas et Brousset, mon coeur balance.
Le premier est incompréhensible mais le deuxième commence à devenir le roi de la fourette.
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#835 La Berthe

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Posté 28 mai 2026 - 10:05

Coupe du monde - "Je suis toujours fier de la manière dont j'ai arbitré" : Ben O'Keeffe revient pour la première fois sur le quart de finale France - Afrique du Sud

Article rédigé par Quentin Put

 
 
Publié le 28/05/2026 à 10:11
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Ben O'Keeffe est intervenu dans un podcast en Nouvelle-Zélande pour évoquer plusieurs sujets le concernant. Et il a réagi à une question sur le quart de finale de Coupe du monde 2023, celui qu'il a arbitré, entre la France et l'Afrique du Sud (28-29).

 

 

Sa parole était chassée ; on a désormais son témoignage. Ben O'Keeffe est intervenu dans le podcast DSPN, une chaîne néo-zélandaise consacrée au rugby, ce mercredi. Interrogé par Martin Devlin, l'arbitre local balaye de nombreux sujets. Et celui qui nous intéresse particulièrement, de ce côté du globe, c'est son point de vue sur le quart de finale du Mondial 2023 perdu par la France contre l'Afrique du Sud (28-29), match qu'il a arbitré. À ce sujet, il n'éprouve aucun complexe : "C'est un quart de finale entre la nation hôte et l'Afrique du Sud, et c'est l'une des meilleures premières périodes qu'il m'ait été donné de voir en tant qu'arbitre. Forcément, j'ai adoré en faire partie, amorce-t-il. Mais vous avez un match qui se termine à 28-29, donc une équipe qui perd d'un point..." D'autant plus que l'équipe malheureuse s'avère être la France, où se déroule la compétition. "Ce que j'ai trouvé difficile dans les jours suivants, c'est le procès que m'ont intenté les médias, concède le Néo-Zélandais. Je me rappelle être en public, simplement marcher vers la salle de sport avec mes collègues arbitres, et les gens qui me filmaient."

"Je suis persuadé que j'étais la bonne personne pour l'arbitrer"

Une pression qui n'a pas touché que lui : "En passant la douane, ma soeur a été interpelée pour savoir si elle était parente. Elle ne savait pas ce qui se passait, elle venait simplement pour me soutenir. Elle a répondu oui, et a reçu des drôles de regard..."

Dans ce contexte, il a trouvé confort dans la décision de World Rugby de le désigner au centre de la demi-finale, en suivant, entre les Springboks et l'Angleterre. "J'ai adoré pouvoir enchaîner et être sur cette pelouse. J'y suis allé, j'ai arbitré, et j'ai fait du très bon travail."

Mais plus important, que pense-t-il, avec le recul, de sa performance au sifflet du quart ? "Pendant une partie, on prend beaucoup de bonnes décisions mais on commet aussi des erreurs. Toutefois, je suis toujours fier de la façon dont j'ai arbitré le match, surtout avec certaines décisions que j'ai dû prendre. Je suis persuadé que j'étais la bonne personne pour l'arbitrer."



#836 frednirom

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    le Var est dans le fruit.

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Posté 28 mai 2026 - 12:58

ça pique à lire.



#837 Milian

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Posté 28 mai 2026 - 13:39

On doit pouvoir dresser un profil psychologique à Ben O'keffe très intéressant..
Il n'a pas vu les images de la spider cam qui montre que Etzebeth fait bien en avant ?

#838 frednirom

frednirom

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Posté 28 mai 2026 - 13:58

c'est de l'AI.



#839 La Berthe

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Posté 28 mai 2026 - 14:39

Soit O'Keefe est une pipasse doublé d'un coquin, soit Laurent Cardona n'y connait rien au rugby.

 



#840 Lourugby

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Posté 04 juin 2026 - 10:45

Article très sympa sur Charabas et sur sa conciliation entre son rôle d'arbitre et son difficile métier de médecin urgentiste. Il a tout de même beaucoup de courage et de mérite ce garçon  : https://www.lequipe....entiste/1681520

 

 

« On est l'entonnoir de tous les mondes » : la double vie de Thomas Charabas, à la fois arbitre de rugby et...
Karim Ben-Ismail
11–14 minutes
 

« Merci pour ces discussions. Il est 23h30, je sors de l'hôpital... Je suis reparti deux fois en hélico, dont le dernier à 19h40, vingt minutes avant la quille. Mais c'était grave, alors la passion reprend le dessus sur la fatigue. Là, je vais bien dormir. » Ce SMS, un lundi soir, vient clore un week-end intense pour Thomas Charabas, médecin urgentiste à la ville, arbitre de rugby sur ses jours de repos. Deux métiers exigeants et à très haut degré de charge mentale et émotionnelle.


Il a 37 ans, officie au SAMU 64 A à Bayonne. Quatre jours avant ce message, son jeudi avait été difficile. Sur le coup de 17 heures, il avait eu une intervention héliportée. « Un promeneur en randonnée. Le coeur a lâché, raconte Charabas. On a tout donné, plus d'une demi-heure de réanimation. On y croyait. Parfois, on est battus... » Dans le vol du retour, le tumulte de ses pensées filait au rythme des pales du rotor de l'aéronef. « On se dit que c'était son heure. On a mis en place tout ce qu'on pouvait... » Éviter de ressasser, tenter de fixer la lumière : le matin même, il avait souri en aidant à repartir « le coeur d'un monsieur de 50 ans en détresse respiratoire ». Une lutte sans merci face aux secondes « pour que le cerveau n'ait pas de séquelles neurologiques ». Ce jeudi-là, il avait achevé son service après 21 heures.

Le vendredi, pour son jour off, il a fait un peu de gainage dans son garage. Rangé trois stères de bois dans sa maison du Boucau (Pyrénées-Atlantiques). Puis, il s'était enquillé six heures d'autoroute au volant de sa 307 direction Montpellier, où il arbitrait le match de la 9e journée de Top 14 opposant le MHR à Clermont (7-9, le 1er novembre 2025). « Un match serré, chaque coup de sifflet pesait. »

 

Avec les gardes de nuit, Charabas revient à la vraie vie

Vite douché, il a repris la route après la rencontre, saturé d'adrénaline, de cortisol et d'endorphines. Il est arrivé tard dans la nuit chez lui. Le dimanche, il a dormi jusqu'à dix heures et il a passé une bonne partie de la journée à tenter d'échapper aux rotatives de l'examen de conscience. « On repense au match. On se dit : "J'espère que je ne me suis pas trompé sur cette action", "Faut que je revoie les images", "J'ai eu une seconde pour décider", "On peut rater des paramètres". »

Cela n'a pas été le cas ce jour-là, mais il y a parfois un manager, courtois autant que vindicatif, qui envoie le clip d'une ou plusieurs actions litigieuses du match. « Leurs analystes préparent des montages avec quatre angles différents. Sur le terrain, je n'en avais qu'un. Et j'étais en train de courir. » À 20 heures, ce dimanche-là, il en a eu fini de ressasser le rugby. Il est revenu dans la vraie vie avec une garde de nuit. Jusqu'au lundi, 8 heures du matin. Là, il aurait pu rentrer chez lui. « Un collègue m'a demandé de le dépanner », raconte-t-il en riant. Eh bim ! Charabas s'est enquillé une seconde journée de travail d'affilée. Aux urgences. Et c'est en en sortant, à 23h30, qu'il nous a envoyé ce message : « Merci pour ces conversations. »

Dans sa façon de faire face à l'adversité, Charabas est plus impressionnant encore que les colosses qui s'affrontent sur les terrains du Top 14. D'autant plus qu'il semble se galvaniser quand la complexité s'additionne à l'urgence. « On vit des situations difficiles et stressantes avec le SMUR, mais au moins je n'ai pas 15 000 personnes qui sont en train de gueuler ou m'insulter. Quand on arrive sur un accident de la route et qu'il y a six victimes, il faut choisir : lui, c'est grave, lui moins. » Là, comme on dit dans le rugby : « Cela tape fort ».

 

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Thomas Charabas arbitrant un match entre Toulon et le Stade Français, le 23 novembre. (F. Faugère/L'Équipe)

 

Charabas n'est pas l'arbitre le plus athlétique, on lui discerne même un léger embonpoint. Sa force est ailleurs, dans cette capacité hors-norme à tamponner la pression. Côté sommeil, ce baroudeur des nuits blanches s'est résigné à l'essentiel : « On s'endort vite, mais on se réveille au bout de quatre heures, c'est rarement réparateur. » Une vie en mode gyrophare. Par goût, par envie et par besoin, aussi, celui de fuir l'anxiété de l'inaction. « Rester chez moi à ne rien faire, ça m'embête. Me balader dans des centres commerciaux, ça m'emmerde, j'ai besoin d'air ! »

 

Jessica, sa compagne, « [l] e comprend », dit-il. Elle connaît le haut niveau, elle a joué trois-quarts centre à Bayonne en élite féminine. » Elle travaille dans la logistique. Ils reviennent d'un voyage rando à Ushuaïa, à l'extrêmité sud de l'Argentine, en « Terre de Feu », celle qui fait face à l'Antarctique. Parfois, Jessica râle. « Quand j'en fais trop. » Il est « chef de secteur » et responsable des arbitres de la région. Jadis, il donnait aussi un coup de main à l'AS Bayonne, club où il a débuté à 15 ans, et où il a joué deuxième-ligne. Il auscultait les joueurs pour leur licence, se rendait aux matches du dimanche avec sa trousse de secours « pour faire les sutures ».

 

Après ce SMS du lundi il n'a pas trop dormi. Il s'est levé tôt, le mardi matin, pour débriefer son match avec Mathieu Raynal, le chef des arbitres pour la Fédération française de rugby et la Ligue nationale de rugby. Puis il a préparé le prochain match, étudié les équipes qui le concernent, pris en compte le feedback de collègues qui les avaient arbitrées. Pour anticiper les fautes. L'erreur est humaine, elles sont donc multiples. « Elles naissent souvent de la fatigue, quand les gars flanchent physiologiquement, explique Charabas. Mais, il y a aussi la méconnaissance du règlement, beaucoup plus qu'on ne le croit. » Un peu lanceur d'alerte : à l'ère du binaire, où l'on veut écraser la nuance et la complexité, les règles du rugby apparaissent comme un miracle de la botanique humaine.

« Certains vous demandent de mourir. Il faut les sédater, sans pratiquer d'euthanasie active, parce qu'on n'en a pas le droit. On n'est plus médecins, on est accompagnants »

 

Au sujet des grands brûlés :

 

Charabas a grandi à Ondres, dans les Landes. Son père était chirurgien-dentiste, avait sa patientèle. Sa maman était assistante dentaire au cabinet. « Charabas, c'est polonais », déclare-t-il de son accent occitan. Il raconte son grand-père résistant : « Opérateur radio dans le maquis de Chalosse » à une époque où la Dixième Division de Panzer-SS semait la terreur dans les Landes. « Ma grand-mère maternelle, Mathilde, venait du Luxembourg. Elle était officier d'état civil, rédigeait de faux papiers pour aider les Juifs ou les "malgré nous" que la Wehrmacht voulait enrôler de force. »

 

Mathilde est décédée à l'hôpital de Bayonne, où il passe ses nuits. « Je faisais mon internat, j'ai pu m'occuper d'elle. » Il en parle en souriant, on lui fait remarquer : « Parce qu'on a pu l'accompagner comme il fallait. Comme on le fait pour tous les autres patients. » Faire face à la mort « c'est notre quotidien. Parfois, elle est attendue. D'autres fois, brutale, imprévue. » On le perçoit ému quand il évoque les grands brûlés : « Au-delà de 50 % de brûlure au 3e degré, c'est inéluctable. Ils sont comme du charbon. Conscients. Vivants. Ils vous parlent. Vous savez que vous ne pouvez pas les sauver. Certains vous demandent de mourir. Il faut les sédater, sans pratiquer d'euthanasie active, parce qu'on n'en a pas le droit. On n'est plus médecins, on est accompagnants. »

Il évoque l'époque « de moins en moins résiliente, de plus en plus impatiente », la pression qui pèse sur l'hôpital public, le fait de « devoir répondre à tout ce que les autres ne font plus ». Il rappelle l'enjeu social « des personnes âgées, fragiles ou "peu rentables" pour les cliniques privées ». La guerre en Ukraine a mis sous tension le matériel : « Les pièces d'hélicoptère n'arrivent pas, les délais de maintenance mécanique s'allongent. » Il a traversé le Covid, les vagues de TGV sanitaires qui débarquaient dans la région pour désengorger d'autres régions saturées.

 

« Quand tu raccroches, t'as besoin d'un reset, de faire abstraction de tout ce qui s'est passé avant »

Édouard Gault, médecin

 

Quand il n'est pas dans un hélico ou une ambulance, il s'assigne une mission plus délicate encore, celle de « médecin régulateur », celui qui répond aux appels du 15. Une unité opérationnelle hallucinante qui encaisse jusqu'à 1 300 appels un 15 août. Plus de 200 000 appels annuels. Une dinguerie. Charabas s'enquille des vacations de 12 heures. Au téléphone, à la minute, il lui faut opérer un diagnostic, écouter les mots, capter les infos, détecter dans un souffle une détresse vitale. « J'ai mal à la poitrine, ça peut être le signe d'un infarctus, d'une dissection aortique... ou un gars qui avait pris une planche de surf dans le thorax avec une côte cassée. »

 

Écouter, percevoir et comprendre. Décider puis agir, sous pression. Ce n'est pas simple dans le rugby, c'est pire dans la vraie vie. « Parfois, il faut envoyer un équipage SMUR. Pour l'hélico, c'est délicat, si je le déploie, je n'ai plus de cartouches si je dois déclencher un secours en montagne ou un hélitreuillage sur bateau dans le golfe de Gascogne. » Il prend les appels face à plusieurs écrans. Sur l'un d'eux, le logiciel « eRS » indique en permanence la disponibilité des équipes de secours sur une gestion multicanaux (téléphonie, radio, GSM, vidéo, SMS).

Dans cette salle de régulation, médecins, infirmières et assistantes prennent soin d'échanger en se parlant doucement, avec bienveillance. Chaque appel consume les êtres. « Quand tu raccroches, t'as besoin d'un reset, de faire abstraction de tout ce qui s'est passé avant, confie Édouard Gault, le médecin chef qui dirige le service. Prendre quatre secondes pour respirer et se dire : "O.-K., au suivant." »

 

Entre empathie et distance : 

 

Avec, toujours, cette injonction contradictoire d'être ultra-réactif mais infiniment patient. « Non, je ne vous enverrai pas une ambulance parce que vous avez mal à la cheville, madame. Il est trois heures du matin ! Demain vous irez voir votre médecin. » Il s'emporte en racontant cet enseignant insistant parce qu'une collègue « s'est coupé le doigt avec une feuille de papier ».

Les urgences sont un repère ultime dans le désert des solitudes. « Des gens appellent parce qu'ils n'arrivent pas à dormir. » Les urgentistes sont en première ligne face aux violences conjugales, doivent parfois exercer leur métier sous la protection de policiers. « On est l'entonnoir de tous les mondes », dit-il. Il confesse voir moins souvent ses amis. « Je me dis que je suis utile, j'aime rendre service. » Son bipeur vient de sonner pour la septième fois. Il s'interrompt : « Désolé, je dois y aller. » Un homme a eu le thorax écrasé par une ancre de marine de 700 kg sur le bassin d'Arcachon.

Charabas enchaîne sans relâche les jours sans fin. Certains sont plus lourds que d'autres, surtout quand il faut annoncer l'inéluctable à une famille. Ne pas se dissoudre, trouver sa voie entre l'empathie et une distance salvatrice. Samedi soir, en prime time sur Canal+, il sentira la pression d'un match de fin de saison capital, entre La Rochelle et le Stade Français. Ce souffle chaud sera sa bouffée d'air.


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