"Ça me donne beaucoup d’envie": Mathys Belaubre, centre prêté à l'USON Rugby, de retour de deux piges avec l'ASM en Top 14
Mathys Belaubre a effectué son retour à Nevers, après deux semaines à l’ASM et deux matches en Top 14. Une expérience supplémentaire dans sa construction de joueur.
Soins, kiné, récupération. Depuis lundi, Mathys Belaubre est de retour au Pré-Fleuri. Prêté par l’ASM, le centre de l’USON Nevers (1,91 m), 20 ans, reprend l’entraînement commun jeudi 4 décembre et sera dans les tribunes du Pré-Fleuri, à l’occasion de la réception de Dax, vendredi 5 décembre. L’international (-18 et -20) revient sur ses deux semaines de piges à Clermont-Ferrand (Top 14) et ses titularisations à Lyon (défaite 43-24) et face au Stade Français (victoire 36-32).
Comment avez-vous appris que l’ASM demandait votre retour juste pour deux matches ?
C’est Coenie Basson (manager de l’USON) qui me l’a annoncé après le match à Colomiers. Lui était au courant depuis l’après-midi, mais comme on était en pleine préparation, il a préféré attendre. Dès le lundi, j’étais au CEP, le centre d’entraînement de l’ASM. Ça m’a fait bizarre d’y retourner en plein milieu de la saison, même si je connais tout le staff et les gars. J’étais heureux de les retrouver.
Vous avez été surpris que Clermont vous rappelle ?
Je regarde tous les matchs de l’ASM. Ça reste mon club (sourire). Des échos que j’avais, de ce que je voyais à la télé, il y avait beaucoup de casse au centre. Pour combler, ils ont essayé Alex Newsome, un arrière, Lucas Tauzin, un ailier. Christophe Urios (entraîneur principal de l’ASM) m’a appelé le samedi, expliqué la situation. Il trouvait intéressant ce que je faisais à Nevers. Pour lui, et je suis totalement d’accord, ça pouvait être une opportunité de voir où j’en étais.
« Matcher avec Nevers m’a rassuré »
Donc, vous étiez assuré de jouer ?
Dès la discussion avec Coenie, j’ai compris que j’allais jouer contre Lyon. L’ASM n’avait pas 50.000 choix. Pour le match contre le Stade Français, sachant que des gars rentraient de blessure, c’était moins sûr. Finalement, j’ai disputé les deux, avec quasiment 80 minutes de temps de jeu à chaque fois. Je suis content, j’avais très envie de refouler une pelouse du Top 14.
Que retenez-vous de vos matches ?
Déjà, mon prêt à Nevers m’a fait beaucoup de bien, au sens où j’ai pris confiance en moi. Ce qui me manquait la saison dernière. Le fait de beaucoup matcher avec Nevers m’a rassuré. Ça m’a permis de franchir un cap, d’être plus à l’aise dans mon jeu.
Quand je suis arrivé à Clermont, je me suis dit : “Si t’es mauvais, t’es mauvais. Retourne à Nevers et bosse. Par contre, si t’es bon, c’est tout bénef’. Ce n’est que du bonus”. Je ne me suis pas mis de pression. C’est ce qui fait, je crois, que mon match à Lyon a été plutôt bon. Je me suis senti bien. Ça m’a permis aussi de switcher dans ma tête.
C’est-à-dire ?
Mes deux dernières titularisations avec l’ASM en Top 14, à Bayonne et à Bordeaux, n’avaient pas été les meilleures de ma vie… En terme de performances, je n’avais clairement pas été bon.
Vous avez semblé moins à l’aise face au Stade Français.
Je n’ai pas joué au même poste, j’étais 12 à Lyon et 13 face au stade. 12 ou 13, encore aujourd’hui, je suis incapable de dire ce qui me convient le mieux. Je n’étais pas associé, non plus, au même partenaire. Là, c’était avec Léon (Darricarrère). On le connaît pour sa puissance et le déménageur qu’il est. Du coup, on m’a peut-être moins vu, mais je ne me suis pas senti moins à l’aise ou moins bien.
Quelle image garderez-vous de ces deux piges ?
L’image la plus forte, c’est l’essai à la dernière minute contre le Stade Français. Sur le terrain, ça m’a rappelé la fin de match face à Bristol la saison dernière (*). Où on pilonne, on pilonne la ligne et on arrive à marquer. Pareil sur la fin. La communion avec le stade, surtout avec le Michelin, le Graal pour un Clermontois, ce sont des moments incroyables.
Top 14-Pro D2 : « Les impacts sont les mêmes »
Que peuvent vous apporter ces deux matches avec Nevers ?
Depuis que je suis à l’USON, j’ai effectué des progrès que j’ai pu mettre en application avec Clermont. En revenant ici, ça me donne beaucoup d’envie. Quand je vois mon évolution sur la moitié de l’année, je me dis que si je continue comme ça, voire si je fais mieux, je retournerai plus fort à Clermont (**). Ça m’encourage à m’entraîner, à jouer encore plus.
Où se situe la différence entre le Top 14 et la Pro D2 ?
Ça n’engage que moi, mais je trouve que les avants se déplacent plus vite en Top 14. Et comme le rugby commence devant, le jeu va plus vite… En revanche, contrairement à ce qu’on pourrait penser, les impacts sont les mêmes. Limite, je me demande même si ça ne tape pas plus en Pro D2. En Top 14, ça se baisse beaucoup sur les zones de contact. En Pro D2, ils vont plus te chercher en haut et quand tu prends certains tontons, ça fait mal.
Vous avez eu le temps de regarder le match de l’USON à Valence Romans ?
Oui, bien sûr ! J’étais au debrief de l’équipe lundi. Le sentiment reste la frustration. Vu nos derniers résultats à l’extérieur, aller à Valence Romans qui fait peur à tout le monde, surtout à domicile, ce n’était pas évident à négocier. Mais l’équipe a rendu une copie propre défensivement. On a répondu présent à chaque fois qu’ils sont entrés dans nos 22. Même s’il y a eu 0 point à l’arrivée, l’engagement et ce qu’on veut véhiculer tout au long de la saison y étaient.
(*) 33-26 en Challenge Cup sur un essai après la sirène de Thomas Ceyte, ancien capitaine de l’USON.
(**) En fin de saison dernière, Mathys Belaubre a resigné un nouveau bail avec l’ASM jusqu’en 2027, plus une année optionnelle.