"Être frontal, cela ne suffit pas pour affronter les grandes équipes" : l'attaque de l'ASM Clermont à l'heure du réveil ?
Depuis le mois de novembre, l’attaque clermontoise avait tendance à manquer d’imagination et de créativité. Dimanche soir, face à La Rochelle, celle-ci s’est montrée plus en verve avec deux beaux essais à la clé. Une panoplie à ressortir si l’ASM veut jouer les premiers rôles.
Par Arnaud Clergue (La Montafgne)
Publié le 27 janvier 2026 à 06h00
Il y a eu bien sûr les deux essais traditionnels sur ballons portés, un point fort qui ne se dément pas de journée en journée pour les Clermontois. Mais contrairement à la dernière sortie en Top 14 à Montauban, les hommes de Christophe Urios ont été capables de montrer autre chose dans le jeu. Les deux essais inscrits par Harry Plummer et Joris Jurand ont notamment dû ravir une bonne partie du public du Michelin. Deux séquences durant lesquelles les Clermontois ont joué debout, ont passé après contact et ont cassé la ligne de défense adverse. Et avec ces superbes réalisations, le sentiment de ne pas avoir beaucoup vu cela ces derniers temps.
Christophe Urios s’en est défendu après la rencontre. Pour le manager, c’est ce que met en place son équipe depuis le début de la saison.
« On a attaqué, on a tenu le ballon, on a marqué de beaux essais. Mais c’est ce qu’on fait depuis le début de la saison. Il y a eu un passage plus difficile depuis le 12 novembre, où ce n’était pas bon. Mais vous ne retenez que ce qui n’est pas bon (sourire). »
Dans les faits, l’ASM est la deuxième attaque du championnat derrière les maîtres en la matière que sont les Toulousains, et devant la patrouille de France bordelaise. Cette saison, Clermont tourne à 33,4 points de moyenne. Au niveau des essais, les hommes de Christophe Urios en marquent 4,33 par match, ce qui les place là aussi sur le podium derrière Toulouse et l’UBB. Si l’on regarde la répartition, 40 % des essais auvergnats ont été inscrits par des avants. Des données qui tendent à étayer les dires du manager.
Mais là où Christophe Urios a également raison, c’est que depuis le début du deuxième bloc, à Lyon au mois de novembre, les mouvements offensifs clermontois ont manqué d’imagination et de construction. Dimanche soir, les partenaires d’Harry Plummer ont effectué 11 offloads. C’est plus que lors de la réception de l’UBB (5) ou que lors des défaites à Perpignan (4) et à Lyon (8). Au niveau des franchissements, Clermont fut aussi plus à l’aise face aux Maritimes (5 breaks) que lors de ses précédentes sorties de novembre ou de décembre. Christophe Urios l’a d’ailleurs assez souligné, il a eu du mal à reconnaître son équipe lors de cette reprise.
Une Moala dépendance??
Avant la trêve internationale, l’ASM paraissait en effet plus créatrice. À Montpellier, les hommes de Christophe Urios avaient eu du mal à concrétiser, mais ils avaient su se créer des occasions (13 offloads, 8 breaks). De même à La Rochelle ou au Racing, sans pour autant gagner. Sans parler des orgies d’essais au Michelin face à Pau, Montauban ou Castres… Trois matchs durant lesquels les Auvergnats se sont montrés en verve et très inspirés.
Mais on peut aussi trouver d’autres pistes d’explication. Avec le retour aux affaires de George Moala (le 6 décembre en Champions Cup aux Saracens), les mouvements auvergnats ont eu tendance à passer beaucoup par le puissant centre tongien. On ne pourra pas les en blâmer tant ce dernier met les siens dans l’avancée (91 mètres après contact et 10 défenseurs battus en deux rencontres de Top 14). Mais le jeu clermontois fut peut-être aussi trop dépendant des qualités de George Moala.
Reste que cette réception de La Rochelle a montré la marche à suivre aux joueurs clermontois. Ils en sont convaincus : c’est en améliorant ce genre de copies qu’ils pourront rivaliser avec les tout meilleurs.
« Si l’on veut aller plus loin, il faudra que l’on s’appuie sur la qualité de nos trois-quarts, remarque Selevasio Tolofua. Nous avons essayé de jouer debout et c’est passé. Être frontal, cela ne suffit pas pour affronter les grandes équipes. Il va donc falloir développer encore davantage notre jeu afin d’avoir un gros bagage en fin de saison. »