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France / Italie : 22 février à 16h10


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56 réponses à ce sujet

#31 Parigot_Paris

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Posté 16 février 2026 - 11:46

En italien "mêlée" se dit "mischia" et l'expression française "no scrum no win" se traduit par "no mischia, nel culo la balayetta". De rien. :flowers:



#32 Alligator427

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Posté 16 février 2026 - 11:49

https://actu.fr/spor...e_63846719.html


Slimani rappelé. Je ne serais même pas surpris qu'il soit sur la feuille face à l'Italie.

#33 Parigot_Paris

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Posté 16 février 2026 - 11:54

https://actu.fr/spor...e_63846719.html


Slimani rappelé. Je ne serais même pas surpris qu'il soit sur la feuille face à l'Italie.

Il ne triche pas. Il a le bras court et les appuis mobiles, c'est tout. :flowers:


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#34 Le vieux Tullois

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Posté 16 février 2026 - 12:13

Il ne triche pas. Il a le bras court et les appuis mobiles, c'est tout. :flowers:

Ce sont des handicaps ....

Dans la vie il vaut mieux avoir le bras long et des appuis solides ...

Je pourrais citer plein d'exemple d'hommes sans qualité qui s'en sortent tès bien car ils ont ses deux atouts dans leur jeu....



#35 julien

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Posté 16 février 2026 - 12:23

https://actu.fr/spor...e_63846719.html


Slimani rappelé. Je ne serais même pas surpris qu'il soit sur la feuille face à l'Italie.

 

Peut-être le pilier qui apporte le plus de garantie à droite en mêlée

Mais sort de blessures et n'a plus joué depuis fin décembre


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#36 Eria

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Posté 16 février 2026 - 12:32

 

Peut-être le pilier qui apporte le plus de garantie à droite en mêlée

Mais sort de blessures et n'a plus joué depuis fin décembre

surement a sont grand age un des meilleur des piliers droit d'Europe ,s'il peut prendre encore un petit billet avant sa retraite ,lui il court pas mais voila comme Garuche a l'horizontale ça ne bouge plus...



#37 Bon Chasseur

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Posté 16 février 2026 - 13:51

Pour ma part, j'avais essayé de résumer la situation des droitiers en France. L'idéal serait d'avoir deux droitiers costauds et un troisième qui tient la route, comme la quasi totalité des autres nations. Et à ce titre, je pense qu'il y a quelques motifs d'espoirs, en étant optimiste bien sûr  :) :

 

Hawkes : une formation de talonneur qui lui permet d'être particulièrement explosif et dynamique dans le jeu. Il est très puissant et habile balle en main, actif, présent au sol et commence à très bien tenir sa mêlée. J'ai hâte de le voir chez les bleus car son potentiel est franchement exceptionnel. 

 

Mallez : droite ou gauche ? Le staff toulousain souhaite le voir à droite, celui de l'équipe de France le voyait plutôt à gauche... En tout cas, il avait impressionné Robertson lors de la tournée d'été et ses dernières prestations à droite sous le maillot du capitole sont très intéressantes. Un pilier costaud en mêlée, très dynamique dans le jeu et habile techniquement. Est-ce qu'il va donc se fixer à gauche en bleu, pour combler le possible déclin de Baille, capitaliser sur son excellente tournée et offrir une seconde solution de pilier dynamique derrière Gros, où se fixer à droite pour apporter des solutions à ce poste en souffrance ? Les paris sont ouverts mais s'il confirme, on tient à un pilier de haut-vol. 

 

Montagne : Il ne faut pas oublier son excellente tournée d'été où il avait su rivaliser dans un contexte difficile. Plus en délicatesse en novembre, pour une multitude de raisons connues, mais il assure l'essentiel et prend progressivement de l'expérience. Je trouve qu'il a largement le niveau pour à minima assurer le rôle de troisième larron qui tient la route, voire assurer un des deux rôles de costaud qui pèse sur l'adversaire. 
 

Colombe : On connait son irrégularité, ses possibles difficultés en mêlée et sa lutte quotidienne contre les problèmes de poids. Mais il est aussi capable de très bien jouer, à l'image de son excellente entrée contre les Blacks en novembre 2024. J'espère que Toulouse le façonnera afin qu'on puisse compter sur un autre droitier prometteur. 

 

Laclayat : Il retrouve des couleurs sous le maillot palois et figure parmi les tous meilleurs droitiers du championnat dans le jeu. Reste donc à confirmer en mêlée pour retrouver le maillot bleu. 

 

Tatafu : Excellent profil dans la lignée d'un Atonio ou d'un Tameifuna mais qui doit impérativement être en capacité d'enchainer. Ollivon ou Jalibert sont passés par là et ont réussi leur pari. Puisse Tatafu prendre le même chemin. 

 

Bamba : Gros potentiel mais pas sûr qu'il dispose de la maturité et de l'implication nécessaire. Dommage, mais un miracle ou une prise de conscience sont possibles... 

 

Aldegheri : Il ne progressera vraisemblablement plus mais il tient la route faute de mieux. Une troisième solution crédible si besoin, reste dorénavant à trouver les deux costauds... 

 

Donc en somme, il est possible de se stabiliser à ce poste. Beaucoup de candidats toquent à la porte mais il faut maintenant une dernière petite progression pour deux/trois d'entre eux pour atteindre le rendement attendu... Et personnellement, je crois beaucoup en Hawkes et Mallez, et je pense que Montagne peut également atteindre un très bon niveau. Croisons les doigts :)

mais t'oublie le plus grand espoir là-dedans.

Rabah Slimani.

Blague à part, il devient plus utile que jamais avec papa Atonio retraite prém et Tatafu qui termine personnage de bédé (tragi)comique. 

 

Pour faire court sans tous les reprendre, pour répondre à la simple question: qui est le droitier titu du XV de France en Aus 27 ? Montagne à 25 ans a un an pour se parfaire, Aldé pas populaire mais le plus de garanti et Laclayat à revoir. Je mise aujourd'hui sur Aldé.



#38 julien

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Posté 16 février 2026 - 14:39

retours de Page-Relo et Capuozzo pour l'Italie.

Brex toujours absent



#39 Lourugby

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Posté hier, 16:44

Selon Rugbyrama, on partirait sans surprise sur le même XV de départ. 

 

En revanche chez les remplaçants, Nene devrait céder sa place à Barassi. Meafou a pu s'entrainer normalement et Colombe, Montagne et Slimani ont alterné comme remplaçants au poste de pilier droit. 


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#40 Parigot_Paris

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Posté hier, 16:50

Dommage que Néné ait raté son entrée au Pays de Galles mais avec Galthié ça pardonne peu. :crying:



#41 Lourugby

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Posté hier, 17:00

Au contraire, je pense qu'il est très ouvert au développement progressif des joueurs, cela ressort souvent de ses discours. 

 

Mais le cas Nene est différent. C'est un très bon joueur mais il part de loin dans la hiérarchie et ne doit sa sélection qu'à des circonstances très favorables : Moefana, Depoortere et Gourgues blessés durant le même match et Barassi encore en reprise. 

 

Aujourd'hui, il y a trois paires de centres de très haut-niveau qui jouent ensemble en club. Il est donc difficile pour Nene de faire son trou dans ces conditions et il est logique que Galthié préfère s'appuyer sur ce formidable terreau. 


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#42 Bon Chasseur

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Posté hier, 17:57

Dommage que Néné ait raté son entrée au Pays de Galles mais avec Galthié ça pardonne peu. :crying:

Et oui, il jouait gros, Néné.

Bon maintenant qu'elle est faite celle-là, je lâche juste que j'aimerais bien revoir Slimani sur ce match. Il répondrait ptet à ce fameux pb de mêlée.


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#43 Alex chocolatines

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Posté hier, 18:35

Dommage que Néné ait raté son entrée au Pays de Galles mais avec Galthié ça pardonne peu. :crying:

Avec le choix qui s'offre à Galthie façon "les grands buffets", il ne va quand même pas se priver de choisir le meilleur.  B)  


Et oui, il jouait gros, Néné.

Bon maintenant qu'elle est faite celle-là, je lâche juste que j'aimerais bien revoir Slimani sur ce match. Il répondrait ptet à ce fameux pb de mêlée.

En mêlée fermée, il fait souvent du petit bois le Rabounet, Excellent sur cette phase de jeu. Peut etre souvent victime de la roublardise de ses vis à vis qui laissaient penser à l'arbitre que c'était lui le fautif. Ce qui lui est souvent reproché, c'est son manque de mobilité dans le jeu, pilard à l'ancienne quoi. 



#44 Bon Chasseur

Bon Chasseur

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Posté hier, 19:37

^ et carrément son manque d'engagement. Traîner derrière les rucks, avec un bras posé sur un coéquipier devant lui dans le tas, style je suis dans l'action mais en fait ne l'est pas, c'est son dada. Trottiner genre il se replace mais il fait juste observateur de l'action sans jamais se proposer à hauteur, mettre la main sur le porteur de balle qui est déjà plaqué par un coéquipier en l'accompagnant juste au sol style il contribute défensivement... mais bon, en mêlée il défonce (parfois, souvent), donc bon. Ce serait cool de le voir en papa à la CDM, même, voyageons, rêvons.



#45 el landeno

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Posté aujourd'hui, 07:20

Les rencontres d'Aristide Barraud (3/5) - Paolo Garbisi, génie italien trop poli Pendant le Tournoi des Six Nations, Aristide Barraud raconte cinq histoires liées aux adversaires des Bleus. La troisième mène l'artiste et ex-rugbyman à Rome, avec Paolo Garbisi, l'ouvreur italien qu'il connaît depuis son adolescence.

C'était il y a deux ans mais j'ai toujours honte de moi. Ça avait pourtant bien commencé, je vivais un après-midi de dolce vita, mes lunettes de soleil caressées par le soleil de Rome dans les tribunes présidentielles du Stadio Olimpico. Victoire historique pour la Nazionale contre l'Écosse (31-29), euphorie générale à l'arrivée des joueurs dans les salons champagnisés.

 
 

Dans un coin plus calme, j'ai retrouvé Paolo Garbisi et son frère Alessandro, juste deux minutes, le temps de se donner des nouvelles. Je les connais depuis plus de dix ans. Dans les équipes jeunes de Mogliano où j'ai fini ma carrière, ils étaient déjà deux phénomènes dont le monde du rugby entendrait parler.

Un jour, après mon entraînement personnel, Paolo était venu me demander si j'acceptais quelques séances avec lui, il avait 16 ans et moi 25, son âge aujourd'hui. On a vécu des moments précieux sur le terrain, je regardais ses matches le dimanche. J'avais compris qu'il serait le futur grand numéro 10 italien pour la prochaine décennie.

 
 

Alors, ce jour de soleil contre l'Écosse dans le Tournoi des Six Nations 2024, je l'avais admiré déployer la gamme complète de son jeu. Défense impeccable, jeu au pied précis et polyvalent, animation de l'attaque respectueuse du plan de jeu avec une pincée de fulgurances. Le match avait été intense, ambiance de derby Lazio-Roma, mon coeur battait fort encore en discutant avec les deux fratelli une heure après le coup de sifflet final.

 
 
 
 
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Sur un terrain d'entraînement de Rome, Paolo Garbisi laissera rentrer de jeunes fans. À la fin de la séance, il les remerciera et leur donnera son survêtement et son t-shirt. (Aristide Barraud)
 

C'est précisément à ce moment-là que j'ai basculé dans la honte car je me suis permis de donner mon avis à Paolo sur ce qu'il pourrait améliorer. C'était pourtant son moment, quelques heures précieuses hors de la pression avec ses proches et j'ai été lourd, imposant mon jugement sans demander son avis. « Tu dois sortir de ta bonne éducation, t'imposer encore plus, avec agressivité et hargne s'il le faut. Tu es un des trois meilleurs numéro 10 sur la planète. Moi, je le sais, mais on n'est pas assez à le dire. »

 

J'ai vu dans ses yeux qu'il me trouvait inadapté. Il m'a pourtant répondu : « Merci Aristide, je vais travailler ça. » Voilà Paolo, un immense joueur mais trop poli. J'aurais mérité un vaffanculo, comme souvent avec les enfoirés qui te donnent leur vérité, dans le sport comme pour le reste. Ils parlent d'eux-mêmes, ils voient en toi leurs propres manquements, les défauts qu'ils s'efforcent de ne pas regarder chez eux.

 
 

« Mon frère, ma soeur, mon père, ma fiancée. Ce sont les quatre personnes auprès de qui je peux me réfugier si tout va mal »

Paolo Garbisi

 
 

C'était mon cas, je parlais de ma propre carrière, de ma difficulté lors de mes jeunes années en Top 14 et Pro D2 à prendre le rôle, à l'arracher. Moi, je l'ai attendu en travaillant dur, bloqué dans les principes de mon éducation. À ce niveau, le mérite ne suffit pas. On parle du haut de la pyramide et atteindre les sommets d'un sport est une ascension asphyxiante que peu d'humains peuvent comprendre.

 

Alors, il y a un mois, à quelques jours d'un nouvel Italie-Écosse pour le Tournoi des Six Nations 2026, c'est une bouffée d'oxygène que je voulais offrir à Paolo, récemment mis en difficulté dans son club de Toulon où le maillot de titulaire ne lui est plus assuré. J'y vois encore cette difficulté d'asseoir son rôle et ma honte revient en l'attendant devant le Palazzo Farnese de Rome, l'ambassade de France en Italie.

 
 
 
 

Je me jure cette fois de poser des questions plutôt que d'infliger des affirmations. Son taxi arrive, on entre par les immenses portes en discutant de la météo, il pleut des cordes depuis un mois et les rues sont vides. On monte l'escalier immense, imaginé par Michel-Ange pour laisser passer des carrosses et des chevaux. On discute en français et en italien, heureux de découvrir ce palais secret que peu de gens visitent.

 

Dans la galerie des Carracci, chef-d'oeuvre caché de Rome, je regarde son visage caravagesque prendre la lumière de ce jour de pluie. L'innocence qu'il portait à notre rencontre se lit encore dans ses yeux, il est tel que je l'ai toujours connu, calme et souriant, vivant son émerveillement sans joie démonstrative. À trois jours d'un match capital dans sa carrière, au milieu de chefs-d'oeuvre mythologiques, je lui demande s'il sent déjà monter la pression.

 
« En grandissant, cette partie d'instinct pur, je l'ai un peu perdue »

« Moi tu sais, je suis assez tranquille avant les matches.

 

Tous les matches ?
Oui, mais j'ai aussi compris que le fait de ne pas se sentir nerveux est une protection pour mon corps, pour gérer ce stress. Parfois, au début de ma carrière, il m'arrivait de me sentir trop tranquille, tranquillissimo. J'ai fait un travail avec une psychologue du sport, elle m'expliquait que mon corps gère le stress en me donnant l'information d'être tranquille.

 

Une fausse information, tu penses ?
Je ne sais pas, mais mon corps le gère comme ça.

 
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Paolo Garbisi au milieu de chefs-d'oeuvre du Palazzo Farnese de Rome, début février. (Aristide Barraud)
 

Je me souviens de toi à 16-17 ans, tu avais beaucoup de doutes. Pas sur toi-même mais plutôt sur ce que disent les gens. Très jeune, tu étais déjà au coeur d'attentions démesurées et lors de moments qu'on avait en privé, tu disais : "Tout le monde dit que je suis un phénomène mais je n'ai pas du tout cette impression."
Parfois, je voudrais retrouver qui j'étais à cette époque-là. Aujourd'hui, je pense trop, il y a trop de réflexions qui me bloquent et me séparent du simple plaisir de jouer, d'être sur le terrain.

 

Mais honnêtement, tu connais des joueurs qui prennent du plaisir chaque jour dans cette vie de joueur de haut niveau ?
Non, aucun. Enfin je ne sais pas, on ne parle jamais de ça avec les autres joueurs. Déjà, en général, moi, j'ai des difficultés à me confier et raconter ce qu'il y a dans ma tête à d'autres personnes. Souvent, je m'arrête et me dis : "Calme-toi, tente de revenir aux sensations de jeunesse, quand tu t'amusais, que le rugby était la plus belle chose au monde." Au contraire, aujourd'hui, je subis parfois les journaux, les supporters, la télévision, les réseaux. Plus jeune, ça me faisait du bien de lire les bonnes choses que les gens disaient de moi. J'ai pris cette habitude de lire ces avis, ces commentaires mais aujourd'hui, malgré le chemin parcouru, si je lis des choses négatives, ça me... comment dire...

 
 
 

Ça te déprime ?
Oui.

 

Ça te touche ?
Oui. Je n'arrive pas à oublier ou juste laisser passer ces commentaires.

 

Et dans ton monde privé, tu as des personnes à qui parler ? À qui te confier ?
Oui, heureusement, ma famille. Mon frère, ma soeur, mon père, ma fiancée. Ce sont les quatre personnes auprès de qui je peux me réfugier si tout va mal. Je peux trouver de la joie, de la sérénité, de la bonne humeur. Ce sont les uniques personnes au monde qui ont pour seul intérêt ce que je suis réellement, au plus profond. Toutes les autres personnes ont un intérêt, attendent que je sois fort, performant, comme ci ou comme ça.

 

C'est de l'amour vrai, ils te veulent heureux.
Oui, sans conditions.

 
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Avec l'équipe d'Italie, au centre d'entraînement. (Aristide Barraud)
 

Ça me fait penser à une discussion avec ta maman, en 2018, je pense. Trois ans après la fin du rugby pour moi. Elle m'avait dit : "Tu as le regard si tranquille maintenant. Quand tu jouais, tu avais le diable dans les yeux et aujourd'hui ils sont différents, le diable est parti." Je crois que dans ma vie de joueur, il n'y avait pas que du plaisir.
Moi non plus, il n'y a pas que du plaisir mais j'aimerais que ce soit le cas.

 

Au niveau auquel tu joues, tu penses que c'est possible ?
C'est difficile, on doit trouver un équilibre où le plaisir a une place importante et revenir à la base de tout ça, notre passion.

 

Est-ce que tu as déjà dit vaffanculo à quelqu'un ?
Oui, je l'ai déjà dit.

 

C'est arrivé souvent ou ça t'a juste échappé une fois comme ça ?
Nan, c'est arrivé quelques fois, et beaucoup autour de mes 18 ans.

 
 

À cause de quoi ?
Sur le terrain, pour des erreurs techniques répétées, d'erreurs qui nous empêchent d'avancer, de développer notre jeu.

 

Ça t'a libéré ?
Sur le moment, j'avais la sensation que ça évacuait de la frustration mais ensuite je regrettais beaucoup. J'allais demander pardon le jour d'après.

 

Tu arrives à dire pardon ?
Oui, peut-être même un peu trop.

 

En même temps, je le vois en grandissant, s'excuser est un des grands pouvoirs de l'être humain. Demander pardon, c'est ouvrir une porte vers quelque chose de meilleur.
Oui, je suis d'accord, mais je suis heureux d'être capable de le faire, ça ne me pèse pas.

 
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Paolo Garbisi dans la galerie des Carracci. (Aristide Barraud)
 

Demander pardon, c'est élégant et je t'ai toujours vu comme une personne élégante. Dans ton apparence bien sûr mais aussi dans ton comportement. Comment tu es avec les autres, ta discrétion. Mais je vois aussi cette bonne éducation comme une carapace qui pèse sur ta capacité à atteindre ce potentiel de devenir un des tout meilleurs ouvreurs du monde.
Oui, c'est assez juste... Il y a ces histoires de sportifs qui atteignent leur niveau maximum et défient les lois du possible car ils venaient d'un milieu difficile, ça a été leur motivation pour leur famille, cette faim, ce feu intérieur. Moi, je n'ai jamais ressenti ça. J'ai eu la chance de naître dans une famille qui n'a manqué de rien. Au contraire, j'ai toujours beaucoup eu. Je n'ai jamais ressenti ce besoin, cette responsabilité de me battre pour me sauver en quelque sorte.

Je suis persuadé que ta marge de progression se situe sur ta capacité de dire : "Vaffanculo, c'est moi le boss, je prends les clés et c'est comme ça. Que ce soit à Toulon ou avec l'Italie."
Je ne possède pas cette capacité. J'aimerais beaucoup l'avoir mais non, je ne l'ai pas encore. À 17 ans, j'étais davantage arrogant sur le terrain, plus autoritaire. Aujourd'hui, je suis devenu un peu plus timide et respectueux. Ça me fait douter parfois, j'aimerais retrouver cette innocence, cet instinct de jouer peu importe les conséquences. J'ai toujours été un joueur instinctif mais en grandissant, je sens que cette partie d'instinct pur, je l'ai un peu perdue. Au-delà des parties techniques et stratégiques à améliorer, j'aimerais retrouver cet instinct, cette légèreté. »

 
« Être une bonne personne, surtout pour les gens que j'aime »

Un soir de juillet 2017, Paolo a 17 ans. Je suis dans le Vercors et m'apprête à passer la nuit au sommet du Grand Veymont, à 2 400 mètres d'altitude, protégé du vent par un parapet de pierre à quelques mètres du vide. La 3G est bonne cependant et Paolo m'appelle en visio. Clermont vient de lui faire une offre pour entrer au centre de formation et approcher le groupe professionnel.

 

Il est tourmenté face à ce choix et veut mon avis. Je le lui donne, entouré de bouquetins dans un coucher de soleil indécent. Dans le salon Rouge du Palazzo Farnese, je lui rappelle ce moment, il éclate de rire.

 
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Paolo Garbisi admet avoir besoin de retrouver un peu de hauteur et de légèreté. (Aristide Barraud)
 

« Je m'en souviens bien mais tu sais ce jour-là, c'est ma mère qui voulait me persuader de partir à Clermont, elle était sûre que tu serais d'accord alors on t'a appelé.

 

J'étais d'accord avec elle, c'était une opportunité importante mais tu n'y as pas été et tout s'est bien passé, tu as écouté ton instinct ?
Disons la vérité, j'avais peur.

 
 

« Au moment de signer avec Montpellier, les peurs n'existaient plus, il n'y avait plus que l'envie d'y aller, de vivre cette aventure »

Paolo Garbisi

 
 

Peur de quoi ?
De partir de chez moi à 17 ans, d'aller dans un autre pays, d'être loin des miens.

 

Sur le moment, je m'étais dit que c'était une folie de rater cette opportunité mais je regardais à travers ma propre histoire. Aujourd'hui avec le temps et à travers tes yeux, je crois que tu as fait le bon choix.
Pendant cette période de décision, à chaque fois que j'y pensais, quelque chose en moi n'allait pas. C'était intérieur, physique. Et ma mère pensait que je devais partir alors j'en arrivais à me dire : "Mais pourquoi ils m'ont fait cette proposition ? Ils ne pouvaient pas me laisser tranquille ?" Ils ont déséquilibré quelque chose. J'allais décevoir ma mère, c'était dur pour moi. En revanche, quatre ans plus tard, au moment de signer avec Montpellier, les peurs n'existaient plus, il n'y avait plus que l'envie d'y aller, de vivre cette aventure. Au niveau humain aussi, de vivre mon destin.

 

J'ai arrêté de jouer à l'âge que tu as aujourd'hui. Les dix dernières années ont été riches. Qu'est-ce qu'on pourrait te souhaiter pour les années à venir ?
Sur le terrain, ce serait de réussir à m'améliorer, de pouvoir m'imposer avec l'Italie ou dans mon club. Trouver la pure joie de jouer, le plaisir. En dehors du terrain, j'aimerais construire une famille avec mon amoureuse. Me stabiliser encore plus comme homme, être une bonne personne, surtout pour les gens que j'aime.

 
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D'un naturel introverti, Paolo Garbisi confie : « Aujourd'hui, je pense trop, il y a trop de réflexions qui me bloquent. » (Aristide Barraud)
 

Si je me souviens bien, ta famille est dans le domaine du textile. Tu aimerais suivre cette voie après le rugby ?
Oui, mon grand-père a créé une entreprise familiale en 1970, il y travaille encore aujourd'hui à 86 ans, il y est tous les jours. Ma maman et mes oncles y travaillent aussi dans les différents secteurs. C'est quelque chose que j'aimerais pouvoir faire, prendre la relève dans l'entreprise familiale. »

 

Le soleil italien est revenu le lendemain, j'ai ressorti mes lunettes de soleil pour le voir sécher le terrain d'entraînement, coincé entre les pins parasols et les sept collines de Rome. Paolo y enchaîne les frappes, ses gestes sont précis et moi, à dix mètres de lui, je suis ému de revivre un instant appartenant au passé. Des garçons le regardent derrière les balustrades, les yeux ébahis. Paolo est leur vedette, il les laisse entrer dans l'enceinte et lui renvoyer les ballons.

 

À la fin de la séance, il les remercie bien et leur donne son survêtement et son t-shirt, il finit en culotte. Je prends une photo de cette scène hallucinante mais vous ne la verrez pas. L'éducation, c'est comme les affaires familiales, ça se transmet de génération en génération.

 

En revanche, la gentillesse est un choix, une lutte de tous les jours et elle changera le monde, je vous le dis tout net. J'y crois autant que Paolo libérera bientôt son potentiel. Je le sais depuis plus de dix ans. Je ne suis pas devin mais je sais lire les signes même derrière des lunettes de soleil. Il y a une dernière étape à acter, parfois dire vaffanculo n'est pas de la méchanceté, juste de la liberté.

 
 
 

 

 

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