Face à Montpellier, l'ASM a aussi eu la preuve que pour viser haut, elle ne pourra pas se passer de ses meilleurs avants
Au coup de sifflet final, samedi, l’ASM pouvait regretter son choix de ne pas avoir pris les points quand ils se présentaient ou d’avoir manqué de justesse en conquête face à Montpellier (17-20). Mais elle a aussi eu la preuve que si elle veut viser haut dans ce Top 14, elle peut difficilement se passer de certains éléments de son paquet d’avants.
Ce n’est pas le Montpellier le plus spectaculaire qu’on ait vu ces dernières semaines. Loin de là. Pourtant, Joan Caudullo, le manager du MHR, n’a pas hésité à dire après la rencontre qu’il s’agissait « peut-être de la plus grande performance de [s]on équipe depuis le début de la saison ». Au-delà du scénario - qui a vu ses hommes évoluer à 14 contre 15 durant les 20 dernières minutes et malgré tout être capables de l’emporter à la 77e grâce à un essai de Banks -, ce succès envoie surtout un message très fort au reste du Top 14.
Caudullo en a parfaitement conscience. Et s’il continue d’insister pour dire qu’il « signerait tout de suite pour finir la saison 6e », tout porte à croire que son MHR dispose plus que jamais des atouts nécessaires pour viser haut : un état d’esprit irréprochable, une défense intraitable, une attaque pragmatique et une conquête souveraine.
Pourtant, malgré tous ces éléments, l’ASM n’est pas non plus passée très loin du coup parfait, samedi. Avec un peu plus de jugeote sur certains coups, un peu plus de justesse technique sur d’autres, elle aurait aussi pu empocher cinq points et mener fièrement la meute des poursuivants du Stade Toulousain, ce matin, sans qu’on ne s’attarde trop sur sa partie laborieuse et décevante.
Si Christophe Urios et son staff prendront très certainement le temps de rediscuter des choix et des manques de leur équipe sur ce match charnière, un constat devrait néanmoins rapidement apparaître. S’il veut viser haut, Clermont aura besoin de toutes ses forces et notamment devant. Car dès lors que la route s’élève, en termes d’enjeu et d’adversité, une conquête brinquebalante n’amène que très rarement des résultats flatteurs. L’ASM a pu s’en rendre compte face à ce Montpellier, gaillard sur ses bases d’un bout à l’autre de la partie, alors qu’à l’inverse son paquet d’avants semblait perdre en vigueur à mesure que le chrono se rapprochait de la sirène.
Akhaladze, Montagne, Ratuva, Tolofua et Tixeront manquaient notamment à l’appel
Dans des matchs de ce niveau-là, Clermont a besoin de ses meilleurs éléments. Et samedi, il en manquait peut-être trop d’entre eux. Les absences de Selevasio Tolofua (mollet) ou Tevita Ratuva (orteil), deux des hommes les plus en forme de ces dernières semaines, ont forcément changé la donne. Et que dire de celles des habituels piliers titulaires, Giorgi Akhaladze (cheville) et Régis Montagne (hernie cervicale) ? Quatre forfaits auxquels il faut aussi ajouter celui d’un des leaders de l’alignement auvergnat, le vice-capitaine Killian Tixeront.
Ajoutez à cela le fait que Marcos Kremer n’a peut-être pas encore tout à fait recouvré l’ensemble de ses capacités physiques et de ses repères collectifs. Pour rappel, le staff nous avait confié qu’il avait été plus ou moins contraint de le titulariser en raison « des blessures des uns et des autres » alors qu’il s’agissait de son premier match depuis le 3 janvier, à Montauban. Généralement, pour savoir si le troisième ligne argentin va bien, un coup d’œil sur sa ligne de stats aux plaquages suffit. Samedi, il n’en a effectué « que » six, loin des dix-sept du match aller.
Pour son déplacement au Stade Français, dimanche prochain (21?h?05), un autre adversaire solidement pourvu devant, pas sûr que l’ASM ait la chance d’enregistrer beaucoup de retours. À elle d’opérer les réglages, dans les têtes et dans le jeu, pour repartir de l’avant. Car, il ne faut pas l’oublier malgré la déception, Clermont reste un candidat crédible aux phases finales.