Je ne savais vraiment pas où mettre cet article, donc petite parenthèse "famille" pour l'avant match.
"Il a une carrière de fou !" : Briatte, Ojovan, Dessaigne, Scelzo, Aucagne... des histoires de frères, du Top 14 à la Fédérale Comme eux, le rugby est leur passion. Et s’ils n’en ont pas fait leur métier, c’est avec beaucoup de fierté qu’ils les regardent chaque week-end arpenter les terrains de Top 14. Eux, ce sont Thomas Briatte, Daniel Ojovan, Francisco Scelzo, Arthur Aucagne et Baptiste Dessaigne, joueurs de Fédérales et « frères de ».
Lorsqu’on parcourt les feuilles de match le dimanche après-midi sur les mains courantes, leurs noms accrochent l’œil. Non pas qu’ils soient difficiles à prononcer. Mais plutôt parce qu’ils font “tilt” dans l’esprit des amateurs de rugby. Briatte, Ojovan, Dessaigne, Scelzo, Aucagne… Autant de patronymes qui animent le Top 14 chaque week-end, mais pas que. Car à Cournon, Riom (Fédérale 2) ou Issoire (Fédérale 1), on profite tout autant de leurs fulgurances.
Si le monde de l’ovalie regorge d’histoires « père - fils » avec les Ntamack, Roumat, Auradou, voire même « grand-père - père - fils » avec les dynasties Costes ou Elissalde, celles concernant les « frères de » sont souvent plus confidentielles. Surtout quand au sein d’une même fratrie, l’un joue au niveau professionnel et l’autre au niveau amateur. Pourtant, leur passion pour la chose ovale est souvent aussi forte. Et la fierté des uns envers les autres toute aussi réciproque.
Dans le Puy-de-Dôme, ils sont donc au moins cinq à évoluer au niveau Fédéral et à avoir un frère joueur de Top 14. À Cournon, ils sont deux : Thomas Briatte et Daniel Ojovan, cadets respectifs de Romain (Stade Français) et Cristian (ASM Clermont).
Casque de moto sous le coude, ce dernier observe discrètement « Dani » depuis la main courante du stade Couturier, en ce dimanche de mars. Arrivé l’été dernier en provenance de Brioude (Régionale 1), le pilier moldave de 22 ans commence à enchaîner les matchs avec la première du R3CA. « Cela n’a pas été évident pour lui de s’intégrer au début, il est plutôt timide et il y a de la concurrence, commente l’aîné des Ojovan. Mais là, on sent que ça va mieux. »
À la recherche de conseils
Sur le pré, celui qui est mécano dans un garage automobile d’Issoire, donne tout ce qu’il a face à Ris-Orangis, surmotivé par la présence de son grand frère. « Cela me fait toujours très plaisir quand il peut venir me voir, confie-t-il dans un très bon français. Il a toujours été un exemple pour moi. C’est par rapport à lui que j’ai commencé le rugby. » Et même si les deux frangins n’évoluent pas au même niveau, Daniel n’hésite pas à demander des retours sur ses matchs et des conseils. « Je lui donne surtout quelques techniques au poste », explique Cristian Ojovan.
Pour Thomas Briatte, qui a suivi le même parcours que Romain chez les jeunes à Riom et à l’ASM, les opportunités de jouer sous les yeux de son frère sont moins courantes. Le match du R3CA à Bagneux en janvier a tout de même permis aux deux troisièmes lignes de se retrouver.
« Dans ces moments ou au téléphone, on parle souvent de rugby. Par exemple, récemment, on a échangé sur la façon dont ils travaillent la défense ou la touche avec Paris, raconte le Cournonnais. J’essaie de m’en inspirer quand je joue. » Mais ce qui l’inspire le plus, c’est le parcours du grand frère. « Il n’a jamais lâché. Après l’ASM, il est parti à Aurillac, en Pro D2, puis à Agen… Et maintenant, il est au Stade Français, capitaine, il a connu l’équipe de France (1 sélection, le 13 juillet 2024 en Argentine, NDLR)… Pour un petit joueur de campagne, il a une carrière de fou ! »
Beaucoup de fierté
La même fierté habite Francisco Scelzo, le troisième ligne de l’US Issoire, dont le grand frère évolue, lui aussi, sous le maillot rose du Stade Français. D’autant qu’avant d’être « le frère de » Juan Martin, il est « le fils de » Martin Scelzo, ancien pilier emblématique de l’ASM et de l’Argentine. Un nom pas toujours évident à porter. « À Issoire, quelqu’un dont je suis aujourd’hui très proche, m’a dit qu’il y a trois ans, quand je suis monté en première, il était persuadé que j’avais ma chance parce que je m’appelais Scelzo, raconte Francisco. Depuis, il m’a avoué qu’il s’était trompé sur mon cas. Mais ça, c’est un peu l’histoire de notre vie. C’est pour ça que je suis très fier de mon père, mais peut-être encore plus de Juan parce qu’on a vécu la même chose et qu’il a toujours fallu qu’on prouve un peu plus que d’autres “à cause” de notre nom. »
Aucagne. En voilà un autre de nom pas évident à assumer. D’autant que lorsqu’on le porte, on est visiblement condamné à enfiler le numéro 10. Parlez-en à Antoine (Perpignan) et Arthur (en double licence à Issoire et Vichy), les neveux de David, ex-international du XV de France (15 sélections) et de la Section Paloise.
« Le fait qu’avec Antoine (25 ans) on évolue au même poste, c’est super intéressant, pointe Arthur Aucagne (21 ans). On est très proche, on s’appelle toutes les semaines pour se raconter nos matchs, nos entraînements, etc. Et les étés, avant d’attaquer les prépas, on a l’habitude d’aller s’entraîner à buter ensemble. Comme ça, il peut me corriger sur ma technique de tir. » En ces occasions, on est à peu près certain que Paul (13 ans), le petit dernier de la fratrie, n’est jamais bien loin. Car lui aussi évolue au poste de demi d’ouverture au RC Riom… Tel frère, tel frère.
Quand Lucas Dessaigne (ASM) coachait son frère Baptiste à Riom
Chez les Dessaigne, le rugby est une histoire de famille. À tel point qu’à Riom, ils ont un temps été trois à évoluer au sein de l’équipe senior : Stéphane, le père, entraîneur ; Lucas, le fils aîné, entraîneur adjoint (et 3e ligne de l’ASM Clermont) ; et Baptiste, le fils cadet, trois-quarts polyvalent. Ensemble, ils ont notamment vécu la montée de Fédérale 3 en Fédérale 2 à l’issue de la saison 2021-2022. Pour autant, pas question de se faire de cadeaux entre frères. « Lucas est parfois dur, mais je sais qu’il veut le meilleur pour moi », nous avait notamment confiés Baptiste, en mai 2021. Depuis, Stéphane et Lucas se sont retirés du club riomois et Baptiste en est devenu l’un des joueurs cadres.