Franchement il n'y a plus que la retraite de bon dans ce boulot.

Ben voilà, t'as tout bien résumé.
De tes motivations, de ta passion, de tes envies.
Si seulement tu savais à quel point c'est dur pour un carriste de décharger des camions à 4 heures du matin, pour un ouvrier de faire les 3 huit, pour les cadres de la grande distribution de travailler 85 heures par semaines, à quel point c'est déstabilisant pour monter une vie de famille que d'etre sur un siège éjectable, peut etre serais tu plus modéré dans tes propos.
Mais comme tu ne connais rien de tout ça, tu ramènes le propos à ton petit pré carré. Jamais tu ne te battras pour que la pénibilité des autres soit reconnue, seule t'intéresse ta petite soupe sur ton petit feu. C'est bien, c'est altruiste... C'est en somme bien à l'image de ceux qui possèdent contre ceux qui ne possèdent pas. Tu as ton privilège, tu veux le garder juste pour toi.
Pourtant, la révolution, c'était il me semble une histoire d'abolir les privilèges, non ?
Enfin, ceux des autres, surtout.
Ce qui me fait "rire", c'est qu'en privé, les cheminots reconnaissent volontier qu'ils sont privilégiés (je suis petit fils de roulant). Mais devant les caméras, c'est autre chose, forcemment.
D'accord pour parler de pénibilité, mais chez EDF ou à la SNCF, ça risque d'etre dur d'harmoniser tout ça sans se facher entre vous (ceux qui travaillent au guichets accepteraient ils de travailler jusqu'à 65 ans pour que ceux de l'entretien de voies, un vrai métier de chien, celui là, puissent partir à 50 ans ?). L'espérance de vie d'un gazier est plus élevée de 8 ans que celle d'un maçon. Mais de ça, surtout, ne pas en parler, ça nuirait à vos privilèges pour éventuellement les redistribuer à ceux qui en auraient le plus besoin.
Votre solidarité s'arrète au pas de votre propre porte, et c'est bien à cause de genre de "grandeur" d'ame que votre combat est perdu, aujourd'hui ou dans 10 ans. Inexorablement, votre cynisme et votre aveuglement creusent votre propre tombe.
Les gens qui galèrent au quotidien en ont marre de votre bobologie de salariés à vie, de vos mouvements d'humeur pour un oui ou pour un non, d'etre les vaches à lait d'un système qui chaque jour les précarise plus encore et les met sous tension plus grande pendant que vous les empéchez de travailler ou de chercher du boulot. Le boulot, le truc que vous ne chercherez jamais, donc forcemment, vous ne pouvez pas comprendre.
Vous voulez gueuler ? Soit, c'est un droit, mais faites le en respectant votre mission de service au public. Imagineriez vous que les pompiers, les infirmiers, arrètent de travailler et laissent mourrir les gens pour défendre des privilèges qu'ils n'ont d'ailleurs pas ? Bien sur que non.
Et bien moi je fais partie de ceux qui ne trouvent pas normal de bloquer les gens ordinaires. Faites chier le gouvernement si vous voulez, ça me ferait plutot rire, mais lachez la grappe de ceux qui ont besoin du train pour crouter. Meme si ce n'est pas mon cas, l'égoisme dont vous faites preuve est révoltant.
Alors, je connais déja la rengaine, "on n'a pas le choix, c'est eux qui ont commençé, etc, etc..." mais ça ne change rien au fond de l'affaire qui est que l'égoisme de votre combat est tout sauf social. Un quarteron de barrons se battant pour maintenir leurs rentes obligataires ne seraient pas pires que vous, et meme si ça fait mal à entendre, c'est la vérité.
Voilà ce que le cochon de payant avait envie de vous dire.
Maintenant, lachez les chiens, moi, je vais me coucher, j'ai déja 65 heures dans les pattes cette semaine. Et pour ma retraite à moi, je dois me débrouiller bien seul. Mais de ça aussi, vous vous en foutez.
Bonsoir.