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gréves du jour


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263 réponses à ce sujet

#16 Bonobob

Bonobob

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Posté 15 novembre 2007 - 18:56

t'es pas fou, non ? Tant que tu y es, ya qu'à augmenter les feignasses de l'administration dont les cadres se prélassent avec des traitements de nababs.

Franchement, à ce rythme là, je sais pas si je vais rester dans le public au delà de mes 6 années de service.



pas compris le sens du truc là. :unsure:


#17 fabdall

fabdall

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Posté 15 novembre 2007 - 19:02

moi sur le fait qu il font la greve je suis d accord pour defendre leurs droits mais qu a la sncf il m empeche pas les gens de de deplacer ou de se rendre au travail

ils ne t' empéchent pas de prendre ta voiture ou ton vélo ou encore tes jambes...

#18 BIOTTIFOOL RYPAYOUNG

BIOTTIFOOL RYPAYOUNG

    Joueur de 2ème série

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Posté 15 novembre 2007 - 19:55

:crying:
Bon je vais parler en mon nom et je suis assez bien placé pour parler car cheminot en grève depuis deux jours ( le troisième demain).
Je suis en effet conducteur à la SNCF depuis 1985.
Quand je suis rentré dans cette boite à 21 ans il est certain que je ne pensais pas à la retraite mais je respectais les anciens qui nous expliquaient que heureusement qu'il y avait la retraite à 50 ans car le boulot en horaires décalés était très usant.
Dans les médias on entend que ce n'est plus le temps de la vapeur et que la retraite ne se mérite plus à cet age.
Facile de parler d'un métier quand on ne le pratique pas.
Je vais essayer d'expliquer rapidement mon boulot.
365 jours par an 24 heures sur 24.
Je sais on est pas les seuls.
Les vacances d'été repartis sur la carrière de Mai à Octobre.
Merci pour les vacances avec les enfants.
Perso cette année mes congés d'été se sont déroulés du 1 au 24 Mai.
Je vais atteindre la fin d'année avec 11 Samedi Dimanche en repos.
Prise et fin de service à n'importe quelle heure du jour et de la nuit.
30% de travail en service facultatif où on ne sais pas ce que l'on fait du jour au lendemain.
Une grande partie des fériés travaillés.
Noël et jour de l'an compris.
Tout cela pour 3 euros de l'heure en plus.
Ca vaut quand même le coup!!!!!!!!!!!
Une nuit sur deux pas à la maison.
Il m'arrive de passer une semaine entière à ne pas voir ma fille demie pensionnaire à Clermont.
La responsabilité de 600 à 700 personnes en moyenne pour les trains sur Paris.
Ce n'est pas rien quand même.
7 heures de conduite d'affilées sans aucune pause ni arrêt sur les trains de marchandises!!!!!!
Et demain comme remerciements 30 % de moins sur ma retraite si je désire partir au même age.
Tout cela tout seul sur la machine dont les plus anciennes datent de 1953.
Bonjour le confort.
Et oui sur Clermont pas de TGV mais beaucoup de tas de ferraille d'un autre age.
Ceux qui prennent le train savent de quoi je parle.
Je dois aussi assurer le dépannage en ayant les usagers sur le dos et pas toujours aimables et compréhensifs.
Je ne suis pas avec ma pelle à charger le charbon mais je bosse et de plus en plus alors que la paye elle ne bouge pas.
Tout ça toujours seul.
Franchement il n'y a plus que la retraite de bon dans ce boulot.
Et demain???????????
Je me vois mal conduire des gens en toute sécurité à 60 ans!
Voila un petit aperçu du travail d'un cheminot Nanti en grève.
Pour ceux qui pensaient que l'on est payé les jours de grève ( ca existe ) qu'ils réfléchissent que le reste du temps on travaille pour rien!!
Allez j'arrête la car je pourrai écrire toute la nuit.
Je peux aussi vous dire que l'on ne fait jamais grève par plaisir et que toutes les retenues sur la paye seront dur à avaler.
Bonne soirée à tous et merci à ceux qui nous soutiennent.
:ermm:

#19 Ladoux

Ladoux

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Posté 15 novembre 2007 - 20:20

ils ne t' empéchent pas de prendre ta voiture ou ton vélo ou encore tes jambes...


et toc :innocent: moi je suis de tout coeur avec les mecs bon courage, lachez rien !

#20 Bonobob

Bonobob

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Posté 15 novembre 2007 - 20:47

Courage les gars sinon on est tous morts.



#21 fabdall

fabdall

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Posté 15 novembre 2007 - 20:53

:crying:
Bon je vais parler en mon nom et je suis assez bien placé pour parler car cheminot en grève depuis deux jours ( le troisième demain).
Je suis en effet conducteur à la SNCF depuis 1985.
Quand je suis rentré dans cette boite à 21 ans il est certain que je ne pensais pas à la retraite mais je respectais les anciens qui nous expliquaient que heureusement qu'il y avait la retraite à 50 ans car le boulot en horaires décalés était très usant.
Dans les médias on entend que ce n'est plus le temps de la vapeur et que la retraite ne se mérite plus à cet age.
Facile de parler d'un métier quand on ne le pratique pas.
Je vais essayer d'expliquer rapidement mon boulot.
365 jours par an 24 heures sur 24.
Je sais on est pas les seuls.
Les vacances d'été repartis sur la carrière de Mai à Octobre.
Merci pour les vacances avec les enfants.
Perso cette année mes congés d'été se sont déroulés du 1 au 24 Mai.
Je vais atteindre la fin d'année avec 11 Samedi Dimanche en repos.
Prise et fin de service à n'importe quelle heure du jour et de la nuit.
30% de travail en service facultatif où on ne sais pas ce que l'on fait du jour au lendemain.
Une grande partie des fériés travaillés.
Noël et jour de l'an compris.
Tout cela pour 3 euros de l'heure en plus.
Ca vaut quand même le coup!!!!!!!!!!!
Une nuit sur deux pas à la maison.
Il m'arrive de passer une semaine entière à ne pas voir ma fille demie pensionnaire à Clermont.
La responsabilité de 600 à 700 personnes en moyenne pour les trains sur Paris.
Ce n'est pas rien quand même.
7 heures de conduite d'affilées sans aucune pause ni arrêt sur les trains de marchandises!!!!!!
Et demain comme remerciements 30 % de moins sur ma retraite si je désire partir au même age.
Tout cela tout seul sur la machine dont les plus anciennes datent de 1953.
Bonjour le confort.
Et oui sur Clermont pas de TGV mais beaucoup de tas de ferraille d'un autre age.
Ceux qui prennent le train savent de quoi je parle.
Je dois aussi assurer le dépannage en ayant les usagers sur le dos et pas toujours aimables et compréhensifs.
Je ne suis pas avec ma pelle à charger le charbon mais je bosse et de plus en plus alors que la paye elle ne bouge pas.
Tout ça toujours seul.
Franchement il n'y a plus que la retraite de bon dans ce boulot.
Et demain???????????
Je me vois mal conduire des gens en toute sécurité à 60 ans!
Voila un petit apperçu du travail d'un cheminot Nanti en grève.
Pour ceux qui pensaient que l'on est payé les jours de grève ( ca existe ) qu'ils réfléchissent que le reste du temps on travaille pour rien!!
Allez j'arrête la car je pourrai écrire toute la nuit.
Je peux aussi vous dire que l'on ne fait jamais grève par plaisir et que toutes les retenues sur la paye seront dur à avaler.
Bonne soirée à tous et merci à ceux qui nous soutiennent.
:ermm:

je suis d'accord avec toi , mais il n'y a pas que des mecanos à la SNCF
l' AFGAC ne devrait pas penser qu'à vous (meme si je pense que tu n' en fais pas parti puisque tu est en greve )



Courage les gars sinon on est tous morts.

si seulement tout le monde ouvrait les yeux :whistling:

#22 BIOTTIFOOL RYPAYOUNG

BIOTTIFOOL RYPAYOUNG

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Posté 15 novembre 2007 - 20:55

je suis d'accord avec toi , mais il n'y a pas que des mecanos à la SNCF
l' AFGAC ne devrait pas penser qu'à vous (meme si je pense que tu n' en fais pas parti puisque tu est en greve )

Tout a fait d'accord avec toi tous les cheminots sont dans la même merde et je ne fais pas de différence entre nous.
Je ne suis pas à la FGAAC mais à la CGT.
Pour info sur Clermont une grande majorité de la FGAAC sont en grève et ne suivent pas du tout leur fédération.
Merci pour vos soutiens.

#23 luern

luern

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Posté 15 novembre 2007 - 20:57

merci pour ce témoignage a une époque ou tout est communication enfin un peu d'humanité

bon courage a vous

#24 redsox

redsox

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Posté 15 novembre 2007 - 21:14

Pour ceux qui n'ont pas compris mon post. Je suis fonctionnaire, fier de l'être. Et ça me fait chier de me faire traiter de feignasse alors que je bosse comme tout un chacun et que je gagne 2 à 3 fois moins que ceux que je pourrais avoir dans le privé au même niveau de responsabilité. C'est sûr que j'ai d'autres avantages mais c'est pas le bout du monde non plus ;)

#25 crazybib

crazybib

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Posté 15 novembre 2007 - 21:23

je suis d'accord avec toi , mais il n'y a pas que des mecanos à la SNCF
l' AFGAC ne devrait pas penser qu'à vous (meme si je pense que tu n' en fais pas parti puisque tu est en greve )
si seulement tout le monde ouvrait les yeux :whistling:



Ah oui, si seulement...

Mais non, ce serait trop beau, et tant qu'il y a des gens qui paient, faut pas s'en faire...

#26 luern

luern

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Posté 15 novembre 2007 - 21:28

dites merci c'est la tournée a crazy lol

#27 duddu

duddu

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Posté 15 novembre 2007 - 21:36

Bonsoir !

Je vais faire simple ,peut être trop ,mais bon ça stimulera le débat :
Donc si tout le monde passe à 41 annuités c'est injuste mais on espére sauver le systéme (ce qui n'est pas encore sur d'ailleurs) et si on laisse certains régimes dans leur situation actuelle, le systéme, coulera quand même mais certains couleront moins vite que d'autres , à terme ..

Alors que faire sachant que l'on vit en général 20 de plus ,qu'on rentre sur le marché du travail de plus en plus tard et que la situation de l'emploi ne s'arrange pas ??
De même tous les syndicats et syndicalistes sont altruistes et ne pensent pas à eux mais aux autres , alors que tous les gouvernements (de droite et gauche confondus) sont des salauds privilégiés ,bref entre ces deux parties le dialogue est difficile , que faire alors ??

Y a t'il un seul condidat , homme politique sérieux, de droite ou de gauche ,en france et de maniére plus générale en europe , qui peut proposer (voir qui propose)une autre solution pour les retraites que l'augmentation de la durée des cotisations , du montant des cotisations ou une baisse de la pension ???

je suis preneur de la solution ou du moins la lire me rendrait surement moins con !!

Kiss

#28 luern

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Posté 15 novembre 2007 - 21:38

leçon bien retenue duddu , impecc comme chez pernault :flowers:

Les mauvais calculs de la réforme des retraites
Par Mouvements 11H35 15/11/2007

Logo de la revue Mouvements

Invocation trompeuse de l'équité, faux-semblants de la pression démographique, exagérations: la réforme des retraites en général et des régimes spéciaux en particulier sont, selon l'économiste Arnaud Lechevalier, de l'Université de la Viadrana, en Allemagne, conduite au nom d’idées reçues qu’il est urgent de déconstruire.

Quelle est l’importance des régimes spéciaux? Que faut-il en penser en termes d’équité ? Quel est l’usage politique et idéologique qui en est fait?

Le coût des régimes spéciaux est négligeable. Il représente 6 % des dépenses de retraites, c’est-à-dire 0,7 point de PIB, aujourd’hui comme à long terme, et moins de 500 000 cotisants pour plus d’un million de retraités. Le rapport entre salariés et plus de 60 ans est dégradé car il concerne des professions en déclin (mineurs, pêcheurs, SNCF, etc….). Il est plaisant d’observer qu’au cours d’une récente visite présidentielle, Nicolas Sarkozy a rappelé aux pêcheurs que leur régime n’était pas concerné par la réforme. C’est donc que la pénibilité peut être reconnue… Mais c’est un enjeu symbolique, lourd de présupposés. Il y a depuis des années en France un débat confus et peu éclairé autour des notions d’égalité et d’équité. En l’occurrence, "l’équité" semble vouloir dire qu’il faut mettre tout le monde sous la même toise. C’est absolument contraire à l’idée même d’équité.

L’équité consiste à améliorer l’égalité une fois prises en compte les différences. Pour en rester ici à l’acception qu’en donnait Aristote dans l’Ethique de Nicomaque, l’équité intervient quand l’application d’une loi générale est manifestement injuste parce qu’il faut prendre en compte les circonstances particulières de son application.

En réalité, il n’est pas équitable que tous les travailleurs cotisent le même nombre d’années car il faut prendre en compte les conditions particulières d’exercice de certaines professions. La question de la santé et de l’usure au travail mériterait d’ailleurs de faire l’objet d’un débat national et d’une politique de grande ampleur. La bonne méthode eût été de définir au préalable des critères de pénibilité du travail valable dans le privé comme dans le public – ce qui n’est certes pas une mince affaire puisque les partenaires sociaux négocient depuis des mois sur le dossier de la pénibilité, sans succès. Il eût ensuite fallu, sur cette base, que les règles soient réajustées en fonction de ces critères, dans le secteur privé comme dans les régimes spéciaux, compte tenu des compromis sociaux dont ils sont l’héritage. Mais le gouvernement semble appeler de ses vœux une épreuve de force, et Nicolas Sarkozy vouloir montrer à son électorat qu’il ne cédera pas sur les principes. Si l’épreuve de force dure, on risque d’aboutir à un compromis où formellement la durée de cotisation sera de 40 ans, mais où par le jeu de bonifications ou de dispositifs particuliers, l’allongement de la durée effective d’activité pourraient être un peu moindre, tout au moins pour certains métiers « sensibles » relevant des régimes spéciaux. Une fois encore, le débat sur les retraites, sera passé à côté des questions essentielles. Il sera temps de les reformuler à l’occasion du rendez-vous prévu par la réforme Fillon en 2008.

L’INSEE a révisé ses projections démographiques concernant la population française dans les années à venir. En quoi consiste ce changement? Quelle en est la portée?

L’équilibre des régimes de retraites dépend, globalement, de deux facteurs : du taux de remplacement (le rapport entre les niveaux des pensions de retraite et les niveaux des revenus d’activité), et du rapport entre le nombre de retraités et de cotisants. Ce rapport entre retraités et cotisants dépend lui-même du rapport entre le nombre de personnes âgées et le nombre de personnes en âge de travailler. Ensuite, il faut introduire des variables économiques : taux d’activité et taux de chômage pour évaluer qui, parmi les personnes en âge de travailler, a effectivement un emploi et cotise.

Dans ce contexte, l’INSEE a revu la « variante centrale » de ses projections démographiques en 2006 - il faut rappeler que ces variantes sont soumises à une grande marge d’incertitude et que les choix faits par l’INSEE par le passé ont été presque systématiquement trop pessimistes et donc alarmistes. Le taux de fécondité a ainsi été modifié : le nombre d’enfants par femme dans le scénario central était de 1,8, il devient de 1, 9 – ce qui est sans doute là encore discutable, j’y reviendrai. Cela peut paraître insignifiant, mais sur 40 ou 50 ans, cela crée en réalité des différences. Le solde migratoire a aussi été révisé : l’INSEE, jusqu’au milieu des années 1980, retenait un solde de zéro, conforme à la position officielle de la France depuis le blocage de l’immigration en 1974, hors regroupement familial. Dans les années 1990, l’INSEE a consenti à un solde migratoire de 50 000 par an. Le solde retenu à présent est de 100 000, ce qui est plus conforme aux évolutions de ces dernières années – pour ce qu’on en sait. La révision des hypothèses sous-jacentes à la variante centrale change la donne. La population française métropolitaine atteindrait 70 millions de personnes en 2050, contre 64 millions dans les projections de 2002 et le rapport entre le nombre de personnes en âge actif et les plus de 60 ans, actuellement d’environ 2,5 atteindrait, non plus 1,28 en 2050 mais 1,45. A cela s’ajoute que la population active (les cotisants potentiels) devrait progresser de manière beaucoup plus dynamique qu’anticipé en 2002 : au lieu de diminuer de plus 2 millions de personnes par rapport à son niveau de 2001, elle progresserait de 2 millions pour atteindre 28,5 millions en 2050 dans le nouveau scénario central de l’INSEE. Cet écart est imputable à la fois à la révision des projections démographiques (pour 2,2 millions) et à la hausse des taux d’activité (1,4 millions). Il va bien y avoir une augmentation de la part des personnes de plus de 60 ans, qui devrait passer d’un peu plus de 20 % aujourd’hui à un peu moins d’un tiers en 2050, mais cela est lié à l’allongement de l’espérance de vie et à la vague du baby-boom, non pas à une fécondité déficiente, comme pourrait le suggérer une vieille tradition nataliste française. On ne peut, au demeurant, parler de « vieillissement » de la population que si l’on considère que les seuils d’âge ne varient pas à travers le temps. Or ce n’est évidemment pas la même chose d’avoir 60 ans en 1950, en 2000 ou en 2050. Comme le gain d’espérance de vie progressera d’environ 4 à 5 ans d’ici 2050, il faudrait en réalité comparer la part des plus de 60 ans aujourd’hui à celle des plus de 65 ans dans quatre décennies : or cette part va très peu augmenter… Reste qu’il existe un décalage entre les âges biologiques et les âges sociaux : c’est tout l’enjeu des débats autour de l’adaptation des pratiques et des rythmes sociaux aux gains d’espérance de vie.

Quelles conséquences la révision des projections démographiques a-t-elle sur la situation des régimes de retraite à long terme?

A. L. : Logiquement, une réduction du besoin de financement de l’ensemble des régimes publics à long terme. En 2002, le Conseil d’Orientation des Retraites anticipait un déficit des régimes publics de l’ordre de 0, 9 point de PIB en 2020 (avec les hypothèses démographiques de 2002, et après la réforme Fillon de 2003) et de 3, 1 en 2050. Après la révision de la projection, peu de choses changent à l’horizon 2020. D’ici là, la principale chose qui importe, c’est la capacité de l’économie française à renouer avec le plein emploi. A cet horizon, la meilleure politique des retraites, c’est la politique de l’emploi. A plus long terme, à l’horizon 2050, les structures démographiques pèsent d’un plus grand poids. Avec les précédentes projections de 2002, le déficit prévu à cet horizon était de l’ordre de 3,1 points de PIB. Avec la nouvelle variante centrale des projections démographiques, il ne serait plus que de l’ordre de 1,7 point de PIB. Si l’on retient un scénario, jusqu’à présent plus crédible, de 2,1 enfants par femme, le déficit serait ramené à 0,7 points de PIB en 2050, c’est-à-dire à presque rien.

Pour bien situer les choses, il faut rappeler que le déficit actuel annuel de l’Etat correspond depuis plusieurs années à peu près à 3 points de PIB. Il faut en outre rappeler qu’il s’agit là de projections à plus de 40 ans : il suffit de se retourner en arrière – nous sommes alors en 1967 – pour mesurer les bouleversement du monde intervenus depuis lors. Il faut noter au passage qu’au cours des 40 dernières années la part des retraites dans le PIB a augmenté… de 6 points. Les projections ne sont pas inutiles si elles sont bien faites et dessinent des scénarios contrastés qui permettent de nourrir le débat social. Mais tout indique que le rythme des transformations du monde n’est pas prêt de se ralentir et que les incertitudes auxquelles nous avons à faire face ne seront pas moindres… De ce point de vue, il est important de conserver des régimes publics très importants car ils sont seuls à mêmes de mutualiser les « chocs » à venir à l’échelle de la collectivité nationale toute entière et parce qu’ils permettent de multiples arbitrages politiques (entre générations comme entre catégories sociales) ; arbitrages que les retraites privées, reposant sur l’épargne, confient aux marchés financiers…

Quelle(s) réforme(s), quelle politique publique, ces nouvelles statistiques impliquent-elles?

A. L. : L’argument majeur de toutes les réformes, c’est la volonté de ne pas augmenter le coût du travail. Mais en fait, à long terme ce ne sont pas les employeurs mais les salariés qui paient les cotisations sociales. Quand ces dernières augmentent, la part des salaires dans la valeur ajoutée n’augmente pas, ce qui s’explique par le fait que l’augmentation des cotisations est "absorbée" mais avec une moindre progression des salaires nets. A terme, la question est donc de savoir quelle part de leurs revenus les citoyens veulent consacrer à terme aux retraites versées par les régimes publics, en d’autres termes quelle part de leur revenu ils souhaitent voir socialisée (soumis à des mécanismes de redistribution collectifs). C’est l’arbitrage central, qui devrait être explicitement posé et qui en recouvre un autre : celui du partage souhaitable à l’avenir des gains d’espérance de vie. Veut-on les voir affectés à une augmentation de la durée d’activité ou à une augmentation de la durée de retraite, et dans quelles proportions ? Les questions ne sont jamais publiquement posées en ces termes, et pourtant la réforme Fillon a tranché : 2/3 des gains d’espérance de vie doivent se traduire par une augmentation de la durée de l’activité.

Reposer le problème des retraites, c’est aussi reposer le problème de leur niveau à terme. C’est une question compliquée car il y a une grande diversité de cas. Un salarié moyen des années 1990 partait avec 85 % de son salaire net ; après les diverses réformes des régimes de base (1993 et 2003) et des régimes complémentaires, cet ordre de grandeur serait plutôt de deux tiers pour les salariés nés dans les années 60, soit une baisse de vingt points du taux de remplacement. Ces taux de remplacement seront bien inférieurs pour tous ceux qui ont subi la crise de l’emploi depuis leur entrée sur le marché du travail et qui n’auront pas des carrières linéaires et complètes. Quels moyens met-on en oeuvre pour permettre à ceux qui le peuvent de rester plus longtemps en emploi ? Aujourd’hui, bien plus d’un salarié sur deux – surtout les plus précaires – n’est plus en emploi au moment de liquider ses droits à la retraite et l’âge moyen de cessation d’activité est de 57,5 ans. La disposition de la réforme Fillon, négociée par la CFDT en échange de sa signature, qui permet aux salariés ayant commencé a travailler très tôt, 14 ou 15 ans, de partir en retraite à taux plein après 40 ans de cotisation -avant d’avoir atteint l’âge légal de la retraite- a suscité un appel d’air considérable (environ 110 000 personnes en ont fait usage chaque année depuis 2004) qui explique une bonne partie des déficits actuels des régimes d’assurance vieillesse. On mesure l’ampleur du problème.

On ne peut pas améliorer le taux d’emploi des personnels de plus de 55 ans si on ne fait pas des efforts massifs en matière de formation, et des transformations majeures en matière de gestion de la main-d’œuvre dans les entreprises. De ce point de vue le discours patronal consiste toujours et encore à préconiser un report de l’âge légal de la retraite alors même que les employeurs n’ont de cesse "d’externaliser" sur la collectivité le coût des licenciements des "seniors". Cela oblige à repenser la gestion de l’ensemble des carrières salariales et à inventer de nouveaux dispositifs de transition entre l’emploi et la retraite, comme l’avait fait le rapport du Conseil d’Analyse Economique rédigé par Dominique Taddéi. Cette réflexion devrait s’inscrire dans le cadre des projets actuels de sécurité sociale professionnelle qui doivent permettre des mobilités tout au long du cycle professionnel.

Propos recueillis par Najate Zouggari



#29 duddu

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Posté 15 novembre 2007 - 21:45

Bonsoir !

Si j'avais connu ce texte j'aurai rajouté ceci à monpost tiré de ton intervention :

"Il faut noter au passage qu’au cours des 40 dernières années la part des retraites dans le PIB a augmenté… de 6 points. Les projections ne sont pas inutiles si elles sont bien faites et dessinent des scénarios contrastés qui permettent de nourrir le débat social. Mais tout indique que le rythme des transformations du monde n’est pas prêt de se ralentir et que les incertitudes auxquelles nous avons à faire face ne seront pas moindres… De ce point de vue, il est important de conserver des régimes publics très importants car ils sont seuls à mêmes de mutualiser les « chocs » à venir à l’échelle de la collectivité nationale toute entière et parce qu’ils permettent de multiples arbitrages politiques (entre générations comme entre catégories sociales) ; arbitrages que les retraites privées, reposant sur l’épargne, confient aux marchés financiers".

Donc le probléme reste entier et ne répond pas à la question posée : Que faire et comment ??

Kisss

#30 crazybib

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Posté 15 novembre 2007 - 21:51

Franchement il n'y a plus que la retraite de bon dans ce boulot.

:ermm:



Ben voilà, t'as tout bien résumé.

De tes motivations, de ta passion, de tes envies.

Si seulement tu savais à quel point c'est dur pour un carriste de décharger des camions à 4 heures du matin, pour un ouvrier de faire les 3 huit, pour les cadres de la grande distribution de travailler 85 heures par semaines, à quel point c'est déstabilisant pour monter une vie de famille que d'etre sur un siège éjectable, peut etre serais tu plus modéré dans tes propos.

Mais comme tu ne connais rien de tout ça, tu ramènes le propos à ton petit pré carré. Jamais tu ne te battras pour que la pénibilité des autres soit reconnue, seule t'intéresse ta petite soupe sur ton petit feu. C'est bien, c'est altruiste... C'est en somme bien à l'image de ceux qui possèdent contre ceux qui ne possèdent pas. Tu as ton privilège, tu veux le garder juste pour toi.

Pourtant, la révolution, c'était il me semble une histoire d'abolir les privilèges, non ?

Enfin, ceux des autres, surtout.

Ce qui me fait "rire", c'est qu'en privé, les cheminots reconnaissent volontier qu'ils sont privilégiés (je suis petit fils de roulant). Mais devant les caméras, c'est autre chose, forcemment.

D'accord pour parler de pénibilité, mais chez EDF ou à la SNCF, ça risque d'etre dur d'harmoniser tout ça sans se facher entre vous (ceux qui travaillent au guichets accepteraient ils de travailler jusqu'à 65 ans pour que ceux de l'entretien de voies, un vrai métier de chien, celui là, puissent partir à 50 ans ?). L'espérance de vie d'un gazier est plus élevée de 8 ans que celle d'un maçon. Mais de ça, surtout, ne pas en parler, ça nuirait à vos privilèges pour éventuellement les redistribuer à ceux qui en auraient le plus besoin.

Votre solidarité s'arrète au pas de votre propre porte, et c'est bien à cause de genre de "grandeur" d'ame que votre combat est perdu, aujourd'hui ou dans 10 ans. Inexorablement, votre cynisme et votre aveuglement creusent votre propre tombe.

Les gens qui galèrent au quotidien en ont marre de votre bobologie de salariés à vie, de vos mouvements d'humeur pour un oui ou pour un non, d'etre les vaches à lait d'un système qui chaque jour les précarise plus encore et les met sous tension plus grande pendant que vous les empéchez de travailler ou de chercher du boulot. Le boulot, le truc que vous ne chercherez jamais, donc forcemment, vous ne pouvez pas comprendre.

Vous voulez gueuler ? Soit, c'est un droit, mais faites le en respectant votre mission de service au public. Imagineriez vous que les pompiers, les infirmiers, arrètent de travailler et laissent mourrir les gens pour défendre des privilèges qu'ils n'ont d'ailleurs pas ? Bien sur que non.

Et bien moi je fais partie de ceux qui ne trouvent pas normal de bloquer les gens ordinaires. Faites chier le gouvernement si vous voulez, ça me ferait plutot rire, mais lachez la grappe de ceux qui ont besoin du train pour crouter. Meme si ce n'est pas mon cas, l'égoisme dont vous faites preuve est révoltant.

Alors, je connais déja la rengaine, "on n'a pas le choix, c'est eux qui ont commençé, etc, etc..." mais ça ne change rien au fond de l'affaire qui est que l'égoisme de votre combat est tout sauf social. Un quarteron de barrons se battant pour maintenir leurs rentes obligataires ne seraient pas pires que vous, et meme si ça fait mal à entendre, c'est la vérité.

Voilà ce que le cochon de payant avait envie de vous dire.

Maintenant, lachez les chiens, moi, je vais me coucher, j'ai déja 65 heures dans les pattes cette semaine. Et pour ma retraite à moi, je dois me débrouiller bien seul. Mais de ça aussi, vous vous en foutez.

Bonsoir.