Après Toulon, c'est le Racing (Bis !) qui vient s'imposer au Michelin... ex forteresse imprenable devenue un hôte très accueillant pour ses visiteurs. Et un constat implacable, l'ASM ne rivalise plus avec les cadors et doit ranger aux oubliettes ses (fausses ?) ambitions de titre, qu'il soit français ou européen.
Les Jaune et bleu, irréprochables d'abnégation hier, auraient pu arracher un mini hold-up, mais il ne changerait rien à la situation actuelle. Celle de l'inconstance d'une équipe qui rime avec l'inconséquence de ses dirigeants.
L'héritage Cotter qui aura porté Azéma durant 1 an s'est envolé et les lacunes criantes sportives et de politique du club ressortent en pleine face.
Les raisons d'une inéluctable rentrée dans le rang sont multiples :
- la faiblesse qualitative de l'effectif déjà, qui résulte en grande partie d'un recrutement inexistant et mal ciblé. Prenons l'exemple de la 1ère ligne. Rarement l'ASM aura présenté une 1ère ligne aussi pauvre. Quel contraste avec celle championne de France en 2010, un Domingo dominant avant ses malheureuses blessures, un Ledesma au sommet une doublette Scelzo-Zirakashvili à droite qui faisait peur à tout le monde ! Hier, c'est Debaty, Kayser et Kotze qui ont débuté le match...Oui, les 2 piliers n'ont pas démérité... mais quel contraste ! Et que dire de la prolongation de 3 ans offerte à Kayser, totalement absent les 50 minutes où il n'a rien apporté.
- la politique du club : Priorité aux structures avec un centre de perfectionnement très couteux qui a provoqué... une avalanche de blessures hallucinantes, au détriment du sportif et du recrutement d'1 voire 2 joueurs de très haut niveau...
On savait avant la saison qu'une blessure de Zirakashvili serait catastrophique sur le rendement du pack... rien n'a été fait pour trouver une alternative crédible... et 3 semaines après sa fracture du bras, aucun joker n'a été recruté...il n'y a pas de qualité sur le marché pleurniche le manager... Toulon et Montpellier, eux, ont trouvé... forcément quand on ne cherche pas... et pourtant il va falloir le faire dans l'urgence... alors qu'une forte suspicion de fracture de la main est suspectée pour Ric... ou comment prendre en pleine figure une gestion à la "petite semaine"...
Communiquer sur des ambitions de titre avec l'effectif de cette saison est une utopie, pour ne pas parler de malhonnêteté intellectuelle de dirigeants dont les discours lisses et à la gomme finissent pas devenir lassants, à défaut d'être hilarants.
- les limites d'Azéma ? A l'ASM, on ne prend pas de risque c'est bien connu. On fait dans le propre sur soi, le poli et le politiquement correct. Bref un peu à l'image de son coach, qui après une 1ère saison probante et sur la lancée des fondations posées par Cotter, rentre dans le rang et semble sans solution. On a parfois l'impression de voir jouer l'EDF version St André, sans ligne directrice !
Et des choix de joueurs (très) contestables. Azéma semble refuser de vouloir amener un peu de folie dans le jeu... et les joueurs. Fernandez reste cloitré 80 minutes sur le banc quand la lenteur de Lopez frappe les esprits de 17000 personnes. Quel risque à prendre à faire entrer au moins une demi-heure le jeune Argentin sans complexe ?
Kayser installé dans un rôle de numéro 1 au talon... et fantomatique, à de rares exceptions depuis 1 an. Oui mais lui a resigné 3 ans et donc joue...
Rougerie, courageux et aligné par défaut, mais qui semble commencer à faire sérieusement son âge.
Bref, l'avenir s'annonce bien incertain... alors que la qualification en 1/4F de Coupe d'Europe reste sur un fil et que celle en championnat est loin d'être acquise avec un calendrier très défavorable sur la phase retour (déplacement chez tous les cadors) et 3 doublons pendant le Tournoi...qui rendent le déplacement à Agen capital.
Mais, chut, on est à Clermont, surtout pas de bruit, on pourrait nous entendre. On coule? Non pas encore, mais si ce devait être le cas, taisez-vous, coulons, mais en silence...