Le Biarritz Olympique n’a pas encore validé son budget pour la saison 2024-2025 auprès de l’autorité de régulation du rugby (A2R). C’est le travail des prochaines semaines. Appelé à prendre la présidence du directoire en juillet, Arnaud Dubois en a présenté un autour de 9 millions d’euros. Il doit prouver à l’instance qu’il est capable de réduire drastiquement le train de vie du club. Il y croit. Le budget de l’équipe Gave-Aldigé se situait au-dessus des 11 millions d’euros pour l’exercice qui vient de s’achever. Le réduire autant d’une saison à l’autre est-il faisable ou utopique, sachant qu’il y a des charges incompressibles ? L’ex-avocat devra être convaincant auprès de l’A2R. De Gave à Kampf, le club a toujours eu besoin d’environ trois millions d’euros de ses mécènes en fin de saison pour boucler son budget.
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Le principal poste concerne la masse salariale joueurs. « Si on ne prend que les salaires en brut, on est à 2,6 millions d’euros, indique-t-il. Avec les avantages en nature, on arrive à 2,8 ou 2,9 millions d’euros. Notre engagement envers le conseil de surveillance est de ne pas dépasser les 3 millions d’euros sur les trois prochaines années. » Aujourd’hui, le BO compte 32 contrats professionnels (voir infographie) pour un maximum de 35 autorisés. L’homologation des contrats dépendra de la bonne tenue des comptes. « Si on est capable, par exemple, d’avoir trois millions d’euros de partenariat d’ici le 30 juillet ou 15 août, il n’y aura pas de problème. Si on n’a fait que 20 % du budget escompté en termes de recette, l’instance va nous demander des garanties. »

Le casse-tête des contrats d’image
Les nouveaux patrons du club pourront compter sur un soutien municipal élevé. Si l’on occulte l’apport de la Ville au centre de formation (350 000 euros) et à l’association (300 000 euros), la SASP bénéficie d’environ 1 150 000 euros d’aides, répartis comme suit : 550 000 euros hors taxes de contrat d’images (660 000 euros TTC), 100 000 euros de subvention et 550 000 euros, ajoutés dans la fameuse fiducie, « destinée à être utilisée dans le cadre d’un achat de prestations auprès du BOPB au cours de la saison 2024-2025 ». Ce dernier point sert en partie à couvrir les droits d’image payés à l’étranger par la précédente direction.
Avec le changement de propriétaire, il n’est plus possible pour les joueurs étrangers de toucher des droits d’image à Hong Kong, via la société de Louis-Vincent Gave
Avec le changement de propriétaire, il n’est plus possible pour les joueurs étrangers de toucher ces compléments à Hong Kong, via la société Gavekal Limited de Louis-Vincent Gave. Selon le contrat de cession paraphé lors de la passation, que « Sud Ouest » a pu consulter, ces montants doivent être réintégrés à la masse salariale pour ne pas léser les joueurs étrangers. Ils concernaient sept joueurs (Joseph, Kibirige, Searle, Dyer, Tolaï, Matthews et Morgan) pour un montant total de 222 000 euros. Une somme nette d’impôts qui représenterait presque le double pour le BO si elle devait être « chargée » en France. D’où le casse-tête des nouveaux dirigeants et leur volonté de ne pas retenir ces gros contrats s’ils veulent s’en aller. C’est déjà le cas avec Billy Searle, nous y reviendrons.
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Dyer, Joseph et Kibirige les mieux payés
Le salaire brut ne dit pas tout. Si c’était le cas, Adrian Motoc serait le joueur le mieux payé de l’effectif biarrot, devant les recrues Filimo Taofifenua (Oyonnax) et Yohan Beheregaray (Clermont). Les trois sont les seuls à dépasser la barre des 100 000 euros brut annuel. Si l’on s’attarde sur le cas du deuxième ligne roumain, entre son salaire sur douze mois (114 850 euros brut, environ 89 500 euros net) et le plan d’entreprise du BO (11 845 euros perçus en net), il touche environ 100 000 euros net par saison.
Plus gros salaire brut de l’effectif, le deuxième ligne roumain Adrian Motoc n’est pas le joueur le mieux rémunéré du BO.
Émilie Drouinaud
C’est moins que Johnny Dyer, le joueur le mieux payé du groupe. Le Fidjien perçoit 96 000 euros brut (environ 75 000 euros net) mais tous les avantages à côté gonflent sensiblement ses revenus : 20 000 euros net de droits d’image, un peu plus de 40 000 euros pour son habitation à Arcangues et 9 600 euros net d’intéressement. Le deuxième ligne gratteur de 32 ans émarge à environ 145 000 euros net par an, avec 8 000 euros de billet d’avion et 650 euros de titres de séjour en sus.
« On ne va pas forcer les gens à jouer pour le BO. Mais ce que je constate, c’est que le Biarritz Olympique fait toujours rêver »
Jonathan Joseph (33 ans) n’est pas loin derrière. L’international anglais aux 54 sélections touche un peu plus de 140 000 euros net par an. Si son salaire (45 432 euros brut, 35 500 euros net) est dans les dix plus petits du Biarritz Olympique, ce n’est qu’un leurre. L’ensemble est rehaussé par les droits d’images (60 000 euros), la couverture de ses frais de logement à Bidart (environ 40 500 euros), 4 543 euros net d’intéressement, 4 000 euros de billet d’avion pour rentrer quand il le souhaite en Angleterre et 500 euros de titres de séjour.
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Zack Kibirige complète ce podium. L’ailier aux dix essais vaut un peu plus de 115 000 euros net annuellement. Outre son salaire (75 472 euros brut, 59 000 euros net), il s’appuie sur 50 000 euros versés en Asie du sud-est et 6 500 euros net d’intéressement. Il bénéficie d’autres avantages, comme 2 000 euros de billet d’avion et 450 euros de titres de séjour.
Acebes et les autres pistes
Johnny Dyer, Jonathan Joseph et Zack Kibirige seront-ils là dans quelques semaines ? Rien n’est moins sûr à l’heure où il est toujours bon d’alléger la masse salariale. « Tout le monde est libérable, rappelle Arnaud Dubois. Si des joueurs pensent qu’ils peuvent gagner plus d’argent ailleurs, ils peuvent partir. On ne va pas forcer les gens à jouer pour le BO. Mais ce que je constate ces derniers jours, c’est que le Biarritz Olympique fait toujours rêver. Les joueurs sont capables de faire de gros efforts. »
Mathieu Acebes (Perpignan) a donné son accord. Il devrait rentrer prochainement dans la masse salariale de son club formateur.
AFP
Est-ce que ce sera le cas des trois plus gros salaires de l’effectif ? Ils sont sous contrat jusqu’en 2025. Rompre leur bail aurait un coût, à moins de trouver le terrain d’entente idéal, à l’image de Billy Searle qui a accepté de casser son contrat - qui courrait jusqu’en 2026 - sans indemnités pour s’engager à Agen. Le demi d’ouverture anglais percevait 84 000 euros brut annuellement. À ce salaire, il fallait ajouter 40 000 euros de droits d’image à l’étranger et 7 200 euros d’intéressement. Deux montants qu’il percevait net d’impôts. Il touchait également 500 euros de billet d’avion et 225 euros de frais de titre de séjour.
Ces économies doivent permettre de finaliser le recrutement car l’effectif est encore bancal sur certains postes (pilier, troisième ligne polyvalent notamment)
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Arnaud Dubois et Shaun Hegarty ont réalisé une autre bonne opération, d’un point de vue financier. Elle est indépendante de leur volonté. Engagé avec le BO par un précontrat, l’ouvreur Thibault Debaes a préféré poursuivre son aventure à Vannes, promu en Top 14. Les dirigeants ont consenti à sa demande. Ils économisent ainsi 90 000 euros de salaire annuel brut durant deux ans. Ces économies, entre autres, doivent permettre de finaliser le recrutement car l’effectif est encore bancal sur certains postes (pilier, troisième ligne polyvalent notamment). Le BO cible plusieurs profils dont ceux de Cornell du Preez (Toulon, troisième ligne), Kyle Godwin (Lyon, centre), Thomas Dolhagaray (Bayonne, ouvreur), Enzo Selponi (Provence, ouvreur), Mathieu Acebes (Perpignan, ailier) et Nikoloz Narmania (Carcassonne, pilier). Pour les trois derniers, l’accord serait entériné.