Posté 12 août 2020 - 12:51
Le rugby des clubs est, comme toute autre entreprise soumis à la loi de l'offre et de la demande.
Tant qu'un club a plus d'actifs que de dette, il peut éviter la faillite.
Les actifs, ça ne devrait pas tellement varier (sauf ceux que la crise pousserait à vendre pour avoir un peu de liquidité temporairement).
La dette est conditionnée par le déficit, c'est à dire revenus - dépenses.
Les revenus, c'est majoritairement sponsoring puis TV puis stade (places + hospitalités) puis merchandising. À priori tous devraient baisser. À voir dans quelle proportion.
Les dépenses, c'est majoritairement les salaires des joueurs (11.3+M max pour des budgets en top 14 allant de 15 à 35M). La plupart des clubs ont communiqué sur une baisse de salaire des joueurs.
La question, c'est de savoir si c'est dans l'ordre de grandeur des baisses des revenus.
D'après ce que je lis, ici ou ailleurs, il y a une attente assez forte de reprise du championnat. Du coup je pense que les diffuseurs et sponsors, même affaiblis par la crise, auront une incitation assez forte à continuer d'investir dans le rugby. Pour les stades c'est plus compliqué. Ça dépendra de décision politiques (jauge 5000 ou plus) et individuelles (les gens souhaitent-ils s'entasser dans un stade ? À priori au football la reponse semble être que oui).
Personnellement, je ne suis pas inquiet pour la survie du rugby pro. Peut-être verra-t-on un ou deux clubs en réelle difficulté, mais même si le rugby est dirigé par des débiles profonds, je ne vois pas les autres clubs rester insensibles à ces alertes. C'est une question de survie.
Par ailleurs, ce n'est qu'une crise temporaire. Les joueurs on globalement accepté une baisse de salaire qui permet aux clubs de respirer. La question, c'est si ça permettra aux clubs de tenir jusqu'à échéance des contrats. Après les renégociation ou recrutement extérieurs (ou les jeunes qui passent pro) se verront probablement proposer un salaire un peu plus faible. En adéquation avec les revenus du club. Et l'équilibre se refera naturellement.
Tant qu'un joueur moyen continuera à gagner 10 fois plus qu'un tourneur fraiseur, il n'aura pas tellement de raison de refuser. Après en D2, l'équation est un peu différente.
Le côté négatif, c'est que ça avantage les clubs de mécènes aux poches illimitées au détriment des clubs dépendant des rentrées d'argent mentionnées plus haut.