ASM Clermont : les chiffres fous de la première saison d'Harry Plummer
Plus la saison avance et plus la classe d’Harry Plummer saute aux yeux des observateurs. Mais ce n’est pas qu’une impression visuelle. Son influence dans le jeu de l’ASM Clermont se traduit également en chiffres. Un peu comme Brock James et Camille Lopez en leur temps…
On n’avait pas attendu les matchs à Toulon (14-34) et face à Bayonne (38-15) pour mesurer toute l’importance d’Harry Plummer au sein du collectif de l’ASM, tant dans la qualité de ses prestations que dans son aura. Mais lors de ces deux dernières sorties, le demi d’ouverture néo-zélandais semble avoir poussé encore un peu plus loin ses curseurs individuels.
Sur la Rade, au-delà de ses 9 points inscrits, il avait notamment avalé 95 mètres ballon en main, battu 7 défenseurs et signé 2 passes décisives. Face aux Basques, samedi au Michelin, il a une nouvelle fois fait admirer sa très large palette dans le jeu d’attaque avec 18 points marqués (1 essai et 6/6 face aux perches), 81 mètres parcourus, 7 défenseurs battus et 2 franchissements.
Des chiffres qui viennent donner encore un peu plus d’éclat à ses statistiques depuis le début de la saison. Pour mieux prendre la mesure du phénomène, on s’est d’ailleurs amusé à mettre ses statistiques en perspective avec celles de ses prédécesseurs, Brock James et Camille Lopez, les deux derniers “grandisse” de l’ASM, lors de leur première saison en « jaune et bleu ».
Une dépendance totale
Avant cette saison, Christophe Urios avait coutume de dire que le premier nom qu’il couchait sur les feuilles de match était celui de Marcos Kremer. Certes, l’Argentin est sur le flanc depuis plusieurs semaines, mais on est à peu près sûr que le manager clermontois avait déjà changé ses habitudes bien avant au profit d’Harry Plummer.
Pour s’en convaincre, Christophe Urios n’a visiblement eu qu’à observer le dépit de son groupe lorsqu’il lui a annoncé que le Néo-Zélandais ne serait pas du voyage à Bayonne, lors de la 7e journée de Top 14. C’était là sa seule absence de la saison en Top 14 : il a disputé 17 des 18 journées depuis le début de la saison, toutes en tant que titulaire. Il cumule ainsi 1.276 minutes de temps de jeu en championnat (seul l’arrière de Montpellier, Banks, en compte plus : 1.440), soit une moyenne de 75 minutes par match !
Avec la Champions Cup - où il a été titulaire face aux Saracens et Glasgow, remplaçant contre Sale et hors groupe face à Durban - il cumule au total 20 feuilles de match pour 19 titularisations et un temps de jeu global de 1.471 minutes.
À titre de comparaison, en 2006-2007, Brock James avait pris part à 31 des 37 rencontres disputées par Clermont (l’ASM était allée en finale de championnat et de Challenge), dont 30 comme titulaire. Son temps de jeu avait, lui, culminé à 2.212 minutes (soit plus de 71 par match).
De son côté, Camille Lopez, qui partageait le poste de demi d’ouverture avec un certain Brock James, avait joué 20 des 37 parties de l’ASM lors de la saison 2014-2015 (Clermont avait atteint les finales de championnat et de Champions Cup), dont 17 comme titulaire. Son temps de jeu s’élevait à 1.449 minutes, soit une moyenne de 72 minutes par match.
Une machine à points
Si les qualités de Plummer en tant que premier attaquant ne faisaient que peu de doute au coup d’envoi de la saison, sa fiabilité face aux perches inspirait, elle, un tantinet plus de réserve après une saison où il n’avait quasiment pas buté avec les Blues d’Auckland. Mais après 18 journées de Top 14, Harry Plummer n’est autre que le meilleur réalisateur du championnat de France avec 201 points inscrits (4 essais, 27 pénalités, 50 transformations) et un honorable taux de réussite de plus de 81 %. Cela représente une moyenne de 11,8 points par match, soit le troisième meilleur bilan du championnat derrière Simmonds (Pau, 12,5 points) et Miotti (Montpellier, 12,1 points).
Pour être complet et mieux situer son apport comptable vis-à-vis de ses deux prédécesseurs, il faut ajouter aux 201 unités inscrites par Plummer en Top 14, les 9 qu’il a aussi marquées en Coupe d’Europe. Ce qui porte à 210 son total depuis le début de cet exercice 2025-2026.
La route paraît encore longue pour atteindre la barre fixée à 434 points par Brock James en 2006-2007, lui qui tournait en moyenne à 14 points par match. L’Australien avait compilé 7 essais, 86 pénalités, 7 drops et 60 transformations toutes compétitions confondues ! En championnat, son taux de réussite face aux perches avait dépassé les 83 %. En revanche, l’ouvreur néo-zélandais a déjà battu le Camille Lopez de 2014-2015 qui, au-delà de partager le poste avec James, laissait aussi, de temps à autre, Morgan Parra prendre la charge du but.
Un chiffre : 60
Formidable attaquant, aussi tranchant que créatif, Harry Plummer, c’est 60 plaquages cassés depuis le début de la saison en Top 14. Seul Matthieu Jalibert (UBB) fait mieux avec 61.
Celui qui est aujourd’hui intégré au staff de l’Aviron Bayonnais avait tout de même enregistré 185 points (1 essai, 41 pénalités, 3 drops et 24 transformations), ce qui représentait environ 9 points par match.
Même si comparer les époques reste un exercice périlleux, au regard des chiffres, l’influence d’Harry Plummer serait donc un peu moins grande que celle de Brock James, mais un poil plus importante que celle de Camille Lopez en leurs temps. Toujours est-il que pour le bien de l’ASM, avoir Harry Plummer sur le pré sera l’une des clés de sa réussite. À voir, maintenant, comment réagira l’organisme d’un joueur qui n’avait jusqu’alors jamais connu plus de 16 titularisations en une saison.